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Posts Tagged ‘canari’

Comme ils disent (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2018




    
Comme ils disent

J’habite seul avec maman
Dans un très vieil appartement
Rue Sarasate
J’ai pour me tenir compagnie
Une tortue, deux canaris
Et une chatte

Pour laisser maman reposer
Très souvent je fais le marché
Et la cuisine
Je range, je lave, j’essuie
À l’occasion je pique aussi
À la machine

Le travail ne me fait pas peur
Je suis un peu décorateur
Un peu styliste
Mais mon vrai métier
C’est la nuit
Où je l’exerce travesti
Je suis artiste

J’ai un numéro très spécial
Qui finit a nu intégral
Après strip-tease
Et dans la salle je vois que
Les mâles n’en croient pas leurs yeux
Je suis un homme, oh!
Comme ils disent

Vers les trois heures du matin
On va manger entre copains
De tous les sexes
Dans un quelconque bar-tabac
Et là, on s’en donne a cœur joie
Et sans complexes
On déballe des vérités
Sur des gens qu’on a dans le nez
On les lapide
Mais on le fait avec humour
Enrobé dans des calembours
Mouillés d’acide

On rencontre des attardés
Qui pour épater leur tablée
Marchent et ondulent
Singeant ce qu’ils croient être nous
Et se couvrent, les pauvres fous
De ridicule

Ça gesticule et parle fort
Ça joue les divas, les ténors
De la bêtise
Moi, les lazzis, les quolibets
Me laissent froid, puisque c’est vrai
Je suis un homme, oh!
Comme ils disent

À l’heure où naît un jour nouveau
Je rentre retrouver mon lot
De solitude
J’ôte mes cils et mes cheveux
Comme un pauvre clown malheureux
De lassitude

Je me couche mais ne dors pas
Je pense à mes amours sans joie
Si dérisoires
À ce garçon beau comme un dieu
Qui sans rien faire a mis le feu
À ma mémoire
Ma bouche n’osera jamais
Lui avouer mon doux secret
Mon tendre drame
Car l’objet de tous mes tourments
Passe le plus clair de son temps
Au lits des femmes

Nul n’a le droit en vérité
De me blâmer, de me juger
Et je précise
Que c’est bien la nature qui
Est seule responsable si
Je suis un homme, oh!
Comme ils disent

(Charles Aznavour)

 

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Septembre attaché au figuier (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Marina Katsaros
    
Septembre attaché au figuier
On tournait le dos à l’été ramasseur de noix vides
Siffleur de jeunes abeilles
Les derniers feux de la saint-jean enfumaient les lampes insomniaques
Les encriers

Suspendus à la ceinture du père
On courait moins vite que le paysage
Le chemin risquait d’arriver sans nous à la maison
se lover dans nos lits
renverser l’écuelle du chat
manger les graines jaunes du canari

Mais le père se disait plus long que le chemin
Plus fort que le train
Des épaules de loup au long cours
Des bras hauts comme des madriers
Le père trayait la forêt le fleuve entre chien et crépuscule
fendait d’un coup de hache le froid récalcitrant

Une forge dans sa poitrine le père abritait le feu

Seule l’odeur blanche de la neige le calmait
Ses coulées sur nos murs avaient la douceur du ventre de l’alouette
La compassion des pierres du cimetière

(Vénus Khoury-Ghata)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Poème sur « Enfances »
Traduction:
Editions: Printemps des poètes 2012

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La jolie sandwicherie (Alain Serres)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Ah ! la jolie sandwicherie
dont la salade
marque les pages
d’un roman en pain de mie.
J’y lis:
« La vie est une bille
de mie de pain.
On la mange, et hop ! on a toujours faim! »
Sous son store jaune canari,
Ah, comme elle est simple et jolie
l’histoire de la sandwicherie !

(Alain Serres)

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Prestige (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Prestige, la lune de nouveau pleine
et le lapin dans le chapeau.

Prestige, la femme qui se réveille entière
et les souvenirs qui lui reviennent.

Prestige, la colombe rescapée du déluge
et le canari remonté de la mine, plus vivant
que le phénix, rôti sous la cendre.

Prestige, le tombeau vide du magicien
qui marchait sur les eaux et multipliait les pains.
Prestige, l’imitation de la mort et la résurrection.

(Gérard Macé)

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Corbeau! (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



Avec une doublure de canari,
ils essayaient de me tromper.
Mais moi, sans trêve, je disais:
« Corbeau! Corbeau! »
Ils se sont lassés.

(Henri Michaux)

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Anniversaire (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



Anniversaire

« Et j’avais cinquante ans quand cela m’arriva. »

Je ne crois plus au langage des fleurs
Et l’Oiseau bleu pour moi ne chante plus.
Mes yeux se sont fatigués des couleurs
Et me voici las d’appels superflus.

C’est en un mot, la triste cinquantaine.
Mon âge mûr, pour tous fruits tu ne portes
Que vue hésitante et marche incertaine
Et ta frondaison n’a que feuilles mortes !

Mais des amis venus de l’étranger,
— Nul n’est, dit-on, prophète en son pays —
Du moins ont voulu, non encourager,
Consoler un peu ces lustres haïs.

Ils ont grimpé jusques à mon étage
Et des fleurs plein les mains, d’un ton sans leurre,
Souhaité gentiment à mon sot âge
Beaucoup d’autres ans et santé meilleure.

Et comme on buvait à ces vœux du cœur
Le vin d’or qui rit dans le cristal fin,
Il m’a semblé que des bouquets, en chœur,
Sortaient des voix sur un air divin ;

Et comme le pinson de ma fenêtre
Et le canari, son voisin de cage,
Pépiaient gaiement, je crus reconnaître
L’Oiseau bleu qui chantait dans le bocage.

(Paul Verlaine)

Illustration: Remy Disch

 

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Jour d’hiver (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2016



 

Jour d’hiver, sans tache, transparent comme le verre.
Mordre la chair saine et blanche d’une pomme.
T’aimer, ma bien-aimée, cela ressemble
Au bonheur de humer l’air dans une forêt de pins.

*

Qui sait, nous ne nous aimerions peut-être pas tant
Si nos âmes ne se voyaient pas de si loin.
Nous ne serions peut-être pas si près, qui sait,
Si le destin ne nous avait séparés.

*

C’est ainsi mon canari, entre toi et moi
Il n’y a qu’une différence de degré.
Tu as des ailes et tu ne peux pas voler
Moi, j’ai des mains et je ne peux pas penser.

*

Fini, dira un jour notre mère Nature
Fini de rire et de pleurer, mon enfant
Et ce sera de nouveau la vie immense
Qui ne voit pas, qui ne parle pas, qui ne pense pas.

(Nâzim Hikmet)

 

 

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Crayons de couleur (Chantal Couliou)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2016



Crayons de couleur

Le vert pour les pommes et les prairies,
Le jaune pour le soleil et les canaris,
Le rouge pour les fraises et le feu,
Le noir pour la nuit et les corbeaux
Le gris pour les ânes et les nuages,
Le bleu pour la mer et le ciel
Et toutes les couleurs pour colorier
Le monde.

(Chantal Couliou)

 Illustration

 

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LA JOIE DE VIVRE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2016




LA JOIE DE VIVRE

Ecris-nous des choses gaies m’ont-ils dit
Nous te promettons de les lire
Quand nous aurons un moment

Docile j’ai mis dans mon sang d’encre
Des canaris des pavots
Le vert de mes propres yeux
Le blanc des murs qui m’enferment

Le temps que ça décante
Je les ai vus mourir et renaître cent fois
Sous les cieux piquetés de testaments apocryphes

Jamais un seul n’est descendu de sa moto
Pour voir où j’en étais avec la joie de vivre.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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Amparo (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2015


 

Amparo,
tu es bien seule dans ta maison,
toute habillée de blanc!

(Equateur entre le nard
et le jasmin.)

Tu l’entends, l’eau qui jaillit
merveilleuse dans ta cour
et les tendres trilles jaunes
du canari.

Tu vois trembler dans le soir
les cyprès et les oiseaux,
toi qui brodes lentement
des lettres sur le canevas.

Amparo,
tu es bien seule dans ta maison,
toute habillée de blanc!

Amparo,
et comme il est dur de te dire:
oui, je t’aime!

***

Amparo

Amparo,
!que sola estas en tu casa
vestida de blanco!

(Ecuador entre el jazmin
y el nardo.)

Oyes los maravillosos
surtidores de tu patio,y el debil trino amarillo
del canario.

Por la tarde ves temblar
los cipreses con los pajaros,
mientras bordas lentamente
letras sobre el cañamazo.

Amparo,
!qué sola estas en tu casa
vestida de blanco!

Amparo,
!y qué dificil decirte:
yo te amo!

(Federico Garcia Lorca)

 

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