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Posts Tagged ‘canaux’

VERLAINE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



 

Dorina Costras glissando_pictura_inset

VERLAINE

La chanson
que jamais je ne dirai
s’est assoupie sur mes lèvres.
La chanson
que jamais je ne dirai.

Parmi le chèvrefeuille
était un ver luisant
et d’un de ses rayons
la lune perçait l’eau.

Ce fut alors que je rêvai
la chanson
que jamais je ne dirai

chanson pleine de lèvres
et de canaux lointains

chanson de longues heures
dans l’ombre gaspillées

chanson d’étoile vive
sur un jour éternel.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Dorina Costras

 

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Le coeur perd lentement mémoire du soleil (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017



Le coeur perd lentement mémoire du soleil.
L’herbe jaunit.
Le vent fait voler une neige tôt venue.
Juste un peu.

Dans les canaux étroits déjà l’eau se fige,
Ne coule plus.
Il ne se passe jamais rien ici,
Oh! jamais.

Le saule a déployé sur le ciel vide
Sa dentelle en éventail.
Peut-être il valait mieux que je ne sois jamais
Votre femme.

Le coeur perd lentement mémoire du soleil.
Qu’y a-t-il? Le noir?
Peut-être! Une nuit va suffire pour que vienne
L’hiver.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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CE N’EST JAMAIS LE MOMENT (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



 

CE N’EST JAMAIS LE MOMENT

ce n’est jamais le moment
de s’arrêter dans la vie
c’est une affaire d’argent
ou d’amour ou de pari
mais les mouettes reviennent
avec l’hiver et leurs ailes
ressemblent aux demoiselles
qui patinent sur la glace
des canaux d’un autre siècle
et sourient au temps qui passe

dans les yeux de l’adolescente
on voit l’ombre gagner la lande
on voit les prochaines amours
s’étreindre et les ans mourir
on voit les voiles des navires
s’éloigner vers la fin des jours
on voit la mer qui se retire
le ciel s’assombrir et l’été
s’effacer à tout jamais
on voit l’hiver enfin s’étendre
et redessiner la Hollande

nous marchons sur les plages blanches
où l’écume et la neige fondent
sur le sable, dimanche
a des ciels comme des semaines

et les enfants rouges qui aiment
les ballons plus ronds que le monde
écoutent monter la marée
très loin dans la brume des îles
voyagent au large des villes

(Jean-Claude Pirotte)

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LE TEMPS ÉCOUTE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2016


 

LE TEMPS ÉCOUTE…

Le temps écoute,
Chez toi,
Chez moi.

Comme les troncs sur les canaux,
Dans mon coeur s’amoncellent
Les forces que je n’aurai pas.
Tes yeux dansent à la pointe
Des avoines fuyantes.
Sous les champs transparents,
Coule le lait ombreux
Dont tes rêves se nourrissent.

Quand l’orage plantera
Dans les épaules du granit
Ses couteaux de braise,
Je vois ta main descendre,
Défendre
Ton ventre bondissant.

(Jean Rousselot)

Illustration: Marek Stan

 

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La ville n’a pas « voulu » tous ces canaux (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2016


 

La ville n’a pas « voulu » tous ces canaux.
Elle a simplement profité de ses rivières.

(Robert Mallet)

 

 

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La bouteille à la rivière (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2015



Morceaux-de-verre-sur-les-murs

La bouteille à la rivière

Derrière un mur hérissé de tessons de bouteilles,
Deviner la promeneuse est un jeu facile pour les passants.
Mais deviner qui but toutes ces bouteilles
Avant de les briser en multiples tessons,
Mais deviner qui but toutes ces bouteilles, est un jeu plus difficile.

Deviner la promeneuse est un jeu facile pour le passant.
Une ombrelle déforme son ombre, en fait une fleur,
Un bouton de sa robe tombe et se perd dans l’herbe,
Un arbre abandonné entre tous les arbres
Compte les tatouages qui vivent sur son tronc.

Mais deviner qui but toutes ces bouteilles,
Marinier feuillu, que tu jettes au fil des rivières et des canaux
Avec ce mot «je vous aime» et que le courant porte,
A travers les barques des pêcheurs et le péril des barrages et des écluses,
Devant les villas charmantes au pied des coteaux?

Avant de les briser en multiples tessons,
La rivière y vient mirer ses poissons,
Y noue ses plantes homicides,
Et les sirènes d’eau douce, entre toutes traîtresses,
Les font sonner d’un coup de queue.

Mais deviner qui but toutes ces bouteilles est un jeu plus difficile…
Vos bouches, mariniers endormis sur les péniches
Et qui parfois roulez lentement et coulez à pic dans l’eau douce,
A fond de trou de perches et d’anguilles,
Là où les bouteilles à la rivière ne descendent pas.

(Robert Desnos)

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Bruges (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2015



Bruges

Cancanent tes canards,
Bruges-les-Saules,
Sous les planches des môles,
Bruges-les-Arts.

Quand les soleils t’essuient,
Bruges-les-Eaux,
Miroitent tes canaux,
Bruges-la-Pluie.

Tu te mets en dentelles,
Bruges-la-Brique,
Pour tes nuits électriques,
Bruges-la-Belle.

Bière blanche de Bruges,
Bruges-l’Ancienne
Aux cloches magiciennes,
Bruges-Déluge !

Bruinent tes ciels de cendre,
Bruges-les-Ponts,
Tintent tes carillons,
Bruges-la-Flandre.

Tes pignons à redans,
Bruges-la-Brume,
Qu’éclaire un quart de lune,
Bruges-le-Vent !

Bruges, hors du Temps.

(Bernard Lorraine)


Illustration

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