Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘candide’

Le chat c’est un vrai mystère (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 


Illustration: ArbreaPhotos
    
le chat c’est un vrai mystère
tel celui des champignons
que raconte André Dhôtel
dis-moi chat je te demande

quand tu as connu la terre
et le monde d’entre-deux
l’art suprême de te taire
et de fixer l’invisible

avant de nous observer
de ce long regard candide

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Autres séjours
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

NOCTURNE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



NOCTURNE

Je suis là… brume, pluie et boue… un temps de chien…
Oh ! ne plus rien savoir… comme ce serait bien !
Un bec de gaz se meurt – mais est-ce qu’il existe ?
Un ivrogne s’en va par la place si triste.

Toute la ville dort en son linceul humide
Mon aimée en ces murs dort peut-être, candide…
Maisons faites de pierre aux coffres-forts d’acier,
Et aux portes aussi qu’on voit se refermer.

Léger, un piano fredonne à un étage,
Mon ombre dans la boue est un triste bagage.
Les gouttes sautent à terre
La neige sale, ici et là,
Et à une fenêtre, dans un verre,
Une rose jaune regarde en bas.

(George Bacovia)

Illustration: René Magritte

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

AVEU (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018




    
AVEU

Je vous aime, quoique j’enrage,
que ce soit ridicule et vain.
En outre il faut qu’à vos genoux
j’avoue ma sottise et ma honte.
Avec ma figure ! A mon âge !
Il serait temps de s’assagir.
Mais tous les indices sont clairs :
je suis atteint du mal d’amour.
Loin de vous je m’ennuie,— je bâille —
près de vous la langueur m’est douce
et je n’en peux mais : je dois dire,
cher ange, combien je vous aime.
Quand j’entends, venant du salon,
vos pas, le bas de votre robe
ou votre voix juvénile et candide,
je perds d’un seul coup la raison.
Souriez-vous ? Je suis aux anges.
Vous m’ignorez ? J’ai le coeur lourd.
Tout un jour de peine s’efface
si vous m’offrez votre main pâle.

Quand, absorbée par votre ouvrage,
vous laissez ruisseler vos boucles
indolemment, les yeux baissés,
je m’attendris, ne dis plus mot,
vous contemplant comme un enfant.
Vous conterai-je ma détresse,
ma tristesse, ma jalousie,
quand par tous les temps vous allez
au loin, trop loin, vous promener ?
Ou bien vos larmes solitaires,
les propos à deux dans un coin,
ou les petits voyages en ville
ou les soirées près du piano ?
Aline, ayez pitié de moi !
Je n’ose exiger de l’amour.
Il se peut que, pour mes péchés,
je sois indigne d’être aimé.
Faites semblant ! Votre regard
exprime si bien tant de choses.
Je suis si facile à tromper!
Et voudrais tant l’être par vous !

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Louis Martinez
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sucre Candide (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



Sucre Candide

Maman, l’hiver, m’en donnait un petit morceau pour la gorge, quand je partais à l’école.
L’instituteur m’apprit un jour qu’on ne dit pas le sucre candide mais le sucre candi.
Quelle déception ! Le lendemain je doutais du Père Noël et un peu plus tard, je réfléchis à l’existence de Dieu …

(Norge)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

D’aucuns s’étonnent (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



    

D’aucuns s’étonnent de mon chant sombre
à cause de ces jeux gais et de mes candides allégresses.

Je suis ainsi, noire,
et parfois lumineuse par grâce.

Et j’ai un nom qui le dit bien:
Marie Noël, Marie (mara) l’amertume mortelle de ma racine,
Noël mon miracle, ma fleur de joie.

(Marie Noël)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Erre tu rencontreras Toutes les femmes que tu voudras (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Erre tu rencontreras
Toutes les femmes que tu voudras

La passante interdite et charnue dans le soleil
Dans les neiges des prairies creuse un bain de son
Où les miroirs volants viennent boire
Il faut voir s’ouvrir aussitôt
Les lèvres mouillées du printemps
Multitude candide

Les semelles du jour les toits sont négligeables
On les compte pour de l’ombre pour des tombes stériles
Mon paysage féminin a d’autres nids
Tremblants de rires enflammés et de délices douloureuses
D’autres fenêtres où le vent
Agite la chaleur rectangulaire dans ses draps frais
Mon paysage féminin a tous les charmes
Puisqu’il est notre paysage
Ses yeux ce sont nos yeux
Ses seins ce sont nos seins
Soigneusement dressés à se confondre
Un bas plus haut que l’autre nuage c’est le nôtre
Ta nudité lumière me dénude
Il n’y a pas un doigt de mon corps loin de toi
Je ne peux pas abattre la nature entière

Une palme convenue
Se débat sous les pieds de la passante involontaire
Pendant que le moulin des fruits piétine la fleur sa servante.

*

Puis le fruit défloré
Une femme qui se retourne lasse et lente
Nuit après nuit dans tous mes rêves
La vie imposée par la nuit
Une femme qui prend sa source dans mon sommeil
Mon vœu d’aimer
Mon désir de ne pas changer

Elle est le poids perdu des ailes
L’étoile qui ne s’efface qu’au point mort de la flèche.

(Paul Eluard)

Illustration: Jacques Dormont

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Unité (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Unité

Par-dessus l’horizon aux collines brunies,
Le soleil, cette fleur des splendeurs infinies,
Se penchait sur la terre à l’heure du couchant ;
Une humble marguerite, éclose au bord d’un champ,
Sur un mur gris, croulant parmi l’avoine folle,
Blanche épanouissait sa candide auréole ;
Et la petite fleur, par-dessus le vieux mur,
Regardait fixement, dans l’éternel azur,
Le grand astre épanchant sa lumière immortelle.
«Et, moi, j’ai des rayons aussi !» lui disait-elle.

(Victor Hugo)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Parmi des chênes, accoudée (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Parmi des chênes, accoudée

Parmi des chênes, accoudée
Sur la colline au vert gazon,
Se dresse la blanche maison,
De chèvrefeuille enguirlandée.

A la fenêtre, où dans des pots,
Fleurit la pâle marguerite,
Soupire une autre Marguerite :
Mon coeur a perdu son repos…

Le lin moule sa gorge plate
Riche de candides aveux,
Et la splendeur de ses cheveux
Ainsi qu’un orbe d’or éclate.

Va-t-elle murmurer mon nom ?
Irons-nous encor sous les graves
Porches du vieux burg des burgraves ?
Songe éteint, renaîtras-tu ? -non !

(Jean Moréas)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Parmi des chênes, accoudée (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Todd Williams (59)

 

Parmi des chênes, accoudée
Sur la colline au vert gazon,
Se dresse la blanche maison,
De chèvrefeuille enguirlandée.

A la fenêtre, où dans des pots,
Fleurit la pâle marguerite,
Soupire une autre Marguerite :
Mon coeur a perdu son repos…

Le lin moule sa gorge plate
Riche de candides aveux,
Et la splendeur de ses cheveux
Ainsi qu’un orbe d’or éclate.

Va-t-elle murmurer mon nom ?
Irons-nous encor sous les graves
Porches du vieux bourg des burgraves ?
Songe éteint, renaîtras-tu ? – non !

(Jean Moréas)

Illustration: Todd Williams

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il en fut comme d’un crépuscule (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

Christophe Hohler

Il en fut comme
d’un crépuscule immense d’or allègre,
qui se serait, soudain, éteint tout entier
en un nuage de cendre.

— Il m’en resta cette tristesse
des désirs brûlants, quand ils doivent
s’enfermer dans la geôle
de la vérité quotidienne ; ce chagrin
des jardins aux couleurs idéales
qu’efface une lumière sale de pétrole —.

Et je ne m’y résignais pas.
Je le pleurai ; je l’obligeai. Je vis la ridicule
injustice de cette candide fraternité
de l’homme et de la vie,
de la mort et de l’homme.

Et me voici, vivant ridicule, attendant,
mort ridicule, la mort!

***

Fue lo mismo
que un crepúsculo inmenso de oro alegre,
que, de repente, se apagara todo,
en un nublado de ceniza.

—Me dejó esa tristeza
de los afanes grandes, cuando tienen
que encerrarse en la jaula
de la verdad diara; ese pesar
de los jardines de colores ideales,
que borra una luz sucia de petróleo—.

Yo no me resignaba.
Le lloré; le obligué. Vi la ridícula
sinrazón de esta cándida hermandad
de hombre y vida,
de muerte y hombre.

¡Yaqui estoy, vivo ridículo, esperando,
muerto ridículo, a la muerte!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Christophe Hohler

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :