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Poésie

Posts Tagged ‘caniveau’

Le ciel de janvier est tendu (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019



Illustration    
    
Le ciel de janvier est tendu
Comme une peau de tambour

Dans le caniveau
Un filet de cristal
Emprisonne
Les scories du jour

Rue de Lagny
Une feuille grise et fripée
Se pose à mes pieds

Je me hâte

Personne ne m’attend

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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La souris d’église (Herbert Zbigniew)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018




    
La souris d’église

Une souris affamée allait droit devant elle au bord du caniveau.
Au lieu de fromage, on mit une église sur son chemin.
Elle y entra non par humilité, mais par hasard.
Elle fit tout ce qu’il fallait: elle rampa jusqu’à la croix,
s’inclina devant les autels, dormit sur un banc.
Nul grain de manne ne lui tomba du ciel.
Dieu s’occupait alors de calmer les océans.

(Herbert Zbigniew)

 

Recueil: Corde de lumières oeuvres poétiques complètes
Traduction: Brigitte Gautier
Editions: LE BRUIT DU TEMPS

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FLÓRA (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    

FLÓRA (1)
« Hexamètres»

Croulent les tas de vieille neige,
le zinc de la gouttière fuit,
Fondent les blocs de gel noircis
que le jus de l’hiver délave
Avant de gonfler d’abondance
le gargouillis des caniveaux.
En-allés les jours si légers,
ah, le pauvre azur en frissonne !
Mais déjà un rouge désir
vers l’aube lance sa chemise :
Vois combien je t’aime, inquiet
de cet éveil, ô ma Flóra !
Ô ravissant dégel, tu as
arraché le deuil de mon coeur
Comme on libère du bandage
la plaie, et je prends mon essor !
Mе revient le flux de ton nom
tout de beauté, tout de douceur,
et je tremble songeant aux jours
d’hier, à ma vie loin de toi !

2
Mystères

Quand les mystères résonnent,
je suis au guet, mon amour.
Ma fidélité est comme
un carcan pour mon corps gourd.

Tu rougiras, comprenant
ce que ronde et le vent disent :
oeil et coeur… mes postulants
pour ta dévotion acquise…

Moi aussi, j’écris mon chant :
Si je t’aime, mon amour,
fais de même en allégeant
cet attachement si lourd !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Le mouvement (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



le mouvement

un groupe de piétons
très proches au feu rouge
fait rêver qu’on les garde
pour une scène de reconnaissance
dont pourraient faire partie
quelques bruits d’avertisseurs
puis ils enjambent le caniveau
et disparaissent
à la pointe de ce que l’on croyait savoir

(Hédi Kaddour)


Illustration

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Retouche au caniveau (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2017



retouche au caniveau

enfance aux bateaux de papier
tirés de journaux de finance
grands allumeurs du feu des bûches
rues sans égouts de préférence
il y venait aussi des fils de riches

(Daniel Boulanger)

Illustration

 

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À deux heures du matin (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



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À deux heures du matin

À deux heur’ du matin lorsque les chaises volent
Lorsque les poignards luisent
Aux aubes qui ne naissent pas
Lorsque les coups de poing s’abattent sur nos crânes
Nous demandons toujours notre demi pression

Pressons pressons garçon pressons
Pressons pressons pressons pressons pressons
À trois heur’ du matin lorsque le sang s’écoule
Du copain effondré au ras et sur le zinc
Quand nos larmes ne coulent plus
Quand nous rêvons d’être dingues
Nous recommandons un demi pression
Pression
Et nous disons au garçon pressons pressons

Il y a toujours la Seine
Avec ses hanches lourdes
Quand la lune la mord
Et que là-bas au loin
La péniche glissant
S’en va devers le port

Alors
Nous allons
Et nous rentrons
Dans notre dernier bar
Pour le geste de l’Art
Et nous disons
Au garçon
Un demi pression
Un demi pression
Pressons pressons pressons pressons

En nous en retournant
Nous voyons déjà notre ombre
Et la foule qui court
Vers de viles besognes
Et la mort au soleil
Et le sang qui ruisselle
Le long de notre cravate

Nous pressons
Sa photo
Avant de sombrer dans
Le caniveau.

(Jean-Claude Demay)

 

 

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Le caniveau (Gilles Guilleron)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2016



Sous la pluie d’été
le caniveau
se prend pour l’Amazone

(Gilles Guilleron)

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FIGURATIONS (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2015



 

Rafal Olbinski _35

FIGURATIONS
PROSE

Tu me manques mais maintenant
Pas plus que ceux que je ne connais pas
Je les invente criblant de tes faces
La terre qui fut riche en mondes
(Quand chaque roi guidait une île
A l’estime de ses biens (cendre d’
Oiseaux, manganèse et salamandre)
Et que des naufragés fédéraient les bords)

Maintenant tu me manques mais
Comme ceux que je ne connais pas
Dont j’imagine avec ton visage l’impatience
J’ai jeté tes dents aux rêveries
Je t’ai traité par-dessus l’épaule

(Il y a des vestales qui reconduisent au Pacifique
Son eau fume. C’est après le départ des fidèles
L’océan bave comme un mongol aux oreillers du lit
Charogne en boule et poils au caniveau de sel
Un éléphant blasphème Poséidon)

Tu ne me manques pas plus que ceux
Que je ne connais pas maintenant
Orphique tu l’es devenu J’ai jeté
Ton absence démembrée en plusieurs vals
Tu m’as changé en hôte Je sais
Ou j’invente

(Michel Deguy)

Illustration: Rafal Olbinski

 

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Creux de caniveau (Anick Baulard)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2015



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Creux de caniveau
soleil, huile de vidange
arc-en-ciel du pauvre

(Anick Baulard)

Illustration

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Nous sommes tous dans le caniveau (Oscar Wilde)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2015


reflet

Nous sommes tous dans le caniveau,
mais certains d’entre nous regardent les étoiles.

(Oscar Wilde)

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