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Posts Tagged ‘canne’

Ce sera l’Été — tôt ou tard (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



Ce sera l’Été — tôt ou tard.
Des Dames — avec ombrelles —
Des Messieurs flânant — avec Cannes —
Des Fillettes — avec Poupées —

Coloreront le paysage blême —
Comme un éclatant Bouquet –
Bien que le Bourg, sous du Paros –
En ce jour — soit enseveli —

Les Lilas — ployant depuis mainte année —
Balanceront leur fardeau pourpre –
Les Abeilles — ne bouderont pas le chant –
Qu’ont bourdonné — leurs Ancêtres —

L’Églantine — rougira au Marais —
L’Aster — sur la Colline
Lancera — sa mode éternelle —
La Gentiane — ses plissés —

Puis l’Été repliera son miracle —
Comme les Femmes — plient — leur Robe –
Ou les Prêtres — rangent les Symboles —
Le Sacrement — administré —

***

It will be Summer — eventually.
Ladies —- with parasols —
Sauntering Gentlemen — with Canes —
And little Girls — with Dolls —

Will tint the pallid landscape –
As ’twere a bright Boquet —
Th0’ drifted deep, in Parian —
The Village lies — today —

The Lilacs — bending many a year —
Will sway with purple load —
The Bees — will not despise the tune —
Their Forefathers — have hummed —

The Wild Rose — redden in the Bog —
The Aster — on the Hill
Her everlasting fashion — set —
And Covenant Gentians — frill —

Till Summer folds her miracle —
As Women — do — their Gown —
Or Priests — adjust the Symhols —
When Sacrement — is done —

(Emily Dickinson)


Illustration: Claude Monet

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L’ombre (Natan Alterman)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



Illustration: Bernadette Mercier
    
L’ombre

Il était une fois un homme et son ombre.
Une nuit l’ombre se leva,
Prit les chaussures et le manteau de l’homme,
Les mit et passa de l’autre côté.

Elle ôta le chapeau de son maître de la patère,
Elle tenta également de lui ôter sa tête,
Sans succès. Elle lui ôta le visage
Et le revêtit, sans encombre.
Au matin, elle sortit avec une canne.

L’homme courut après elle dans la rue,
Criant à ses connaissances : «C’est affreux !
C’est une ombre, c’est un comble ! Ce n’est pas moi ! J’écrirai
Aux autorités ! Elle ne m’aura pas !» Ainsi hurla-t-il amèrement,
Mais peu à peu, s’habituant, il se calma. A la fin
Il oublia l’incident.

(Natan Alterman)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: M. Itzhaki et M Garel
Editions: Gallimard

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VIEUX AVEC CANNE (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2017



    

Illustration: Salvador Dali

VIEUX AVEC CANNE

Les vieux quand ils se promènent
communiquent à distance,
leurs cannes claquant le sol ferré de l’hiver,
un, deux, répondant trois,
aussi irrégulier que le pouls sénile
qui les réchauffe un peu.

Tirées de la pochette qui pend
tel un testicule fané à leur taille ceinturée,
des perles sans lustre passent sans passion de l’un à l’autre ;
Les pierres ternes mais tenaces de la haine
sont entre eux trafiquées en douce.

Et la jeunesse avec honte
s’écarte de qui l’aime,
baisse les yeux et couvre
le lustre de sa nudité,
tousse et ne peut rendre le regard bien-aimé.

Les anciens, les anciens se promènent
sans but dans un paysage terne.
La lune est un faucon, à capuche ;
il va geler. Il va vraiment geler,
quand la cloche du lieu retentira
seules des cannes fanées claqueront sur le triste sol ferré de l’hiver.

***

OLD MEN WITH STICKS

Old men walking abroad
communicate across distances
by sticks clumping the iron earth of winter,
one, two, answering three,
irregular as the senile pulse
that warms them dimly.

Drawn from the pouch that hangs
like a withered testicle at the belted waist,
pearls without luster are passed without passion amongst them;
the dim but enduring stones of hatred
are trafficked amongst them by stealth.

And youth from his lover
draws apart in shame,
looks down and covers
the luster of his nudity,
coughs and cannot return the beloved look.

The ancients, the ancients are walking
aimlessly the dim country.
The moon is a falcon, hooded;
there will be frost. There will indeed be frost
when the bell of space rings
with only withered sticks clumping winter’s iron earth dully.

(Tennessee Williams)

 

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

 

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Au long des grilles du Luxembourg (André Salmon)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2017



Bruit d’ailes de hibou,
Les heures dans la sarbacane,
Sonner minuit avec sa canne
Au long des grilles du Luxembourg.

(André Salmon)

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LES ARAIGNEES (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2017



 

LES ARAIGNEES

Dans les maisons où les enfants meurent
Il entre de très vieilles personnes.
Elles s’asseyent dans l’antichambre
Leur canne entre leurs genoux noirs.
Elle écoutent, hochent la tête.

Toutes les fois que l’enfant tousse
Leurs mains s’agrippent à leurs coeurs
Et font des grandes araignées jaunes
Et la toux se déchire au coin des meubles
En s’élevant, molle comme un papillon pâle
Et se heurte au plafond pesant.

Elles ont de vagues sourires
Et la toux de l’enfant s’arrête
Et les grandes araignées jaunes
Se reposent, en tremblant,
Sur les poignées de buis poli
Des cannes, entre les genoux durs.

Et puis, lorsque l’enfant est mort
Elles se lèvent, et vont ailleurs…

(Boris Vian)

Illustration: Odilon Redon

 

 

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Sur le bout de la canne de jonc (Ko Un)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2016



Sur le bout de la canne de jonc petite libellule posée
le monde l’entoure

(Ko Un)

 

 

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Comme un enfant d’autrefois (Georges Schéhadé)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2016



Comme un enfant d’autrefois dont le cri se perd
Dans un verger de pommes blanches
Quand la lune couvre tout de son amour
Je revois dans un miroir désert
Mes souvenirs avec des cannes blanches
Et je ne sais pas qui d’eux ou bien de moi
Est le plus à plaindre
Tellement les années sont cruelles

Lune légère ô miroir d’absence

(Georges Schéhadé)

Illustration

 

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LA PLANTE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2015



heracleum

LA PLANTE

Espèce sauvage dite nuisible
elle dresse sur le ciel
sa tige cannelée et ses grandes ombelles
la sève monte amère en ses canaux.
Le promeneur émacié
qu’on prendra pourtant
bon pour la guerre
d’une canne alerte et sûre
abat pareil végétal triomphant
percevant alors tous ces cris des enfants
qui jouent dans les brumes
il n’en peut plus
de vivre et mésuser de tout au monde.

(Jean Follain)

Illustration

 

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Pauvres mots (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2015



Pauvres mots
qu’il ne saura à jamais
investir
ses désirs claquent
comme la canne de l’aveugle de l’aveugle
sur les pavés

(Bernard Montini)

 

 

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Trottoirs dangereux (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2015



Trottoirs dangereux.
Mais cette année j’affronte la glace
Avec la canne de mon père.

(Seamus Heaney)

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