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Poésie

Posts Tagged ‘cap’

ENTRÉE LE MATIN (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



ENTRÉE LE MATIN

Le goéland à manteau noir, ce marin du soleil, garde le cap.
Sous lui, la mer.
Le monde sommeille encore telle
une pierre multicolore qui repose dans l’eau.
Journée inexpliquée. Des jours –
pareils à l’écriture des Aztèques!

La musique. Et j’étais prisonnier
de sa haute lice,
les bras levés – comme une figure
de l’art populaire.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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Garder le cap (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2018



Illustration: Wordart Nuages de Mots    
    
Garder le cap dans la nuit de la langue.
Accepter l’attraction des mots simples
(ce haut tropisme délicieux).

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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Petites leçons d’érotisme (Giaconda Belli)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

Illustration: François Joxe
    
Petites leçons d’érotisme

1
Parcourir un corps dans son extension de voile
C’est s’ouvrir sur le monde
Traverser sans boussole la rose des vents
Îles golfes péninsules digues battues par des vagues furieuses
Pour être plaisante, ce n’est point tâche facile
Ne pense pas y parvenir en un jour ou une nuit de draps en bataille
Il est des secrets dans les pores pour combler tant de lunes

2
Le corps est une carte astrale en langage chiffré
Découvres-tu un astre, peut-être te faudra-t-il alors
Changer de cap lorsque nuée ouragan ou hurlement profond
Te feront tressaillir
Conque de la main que tu ne soupçonnais pas

3
Parcours plusieurs fois telle étendue
Découvre le lac aux nénuphars
Caresse de ton ancre le centre du lys
Plonge suffoque distends-toi
Ne te refuse point l’odeur le sel le sucre
Les vents profonds cumulus rhumbs des poumons
Brume dans le cerveau
Tremblement des jambes
Raz-de-marée assoupi des baisers

4
Attends pied dans l’humus sans peur de la fatigue sans hâte
Ne prétends pas atteindre le terme
Retarde l’entrée au paradis
Place ton ange retombé ébouriffe sa dense chevelure
De l’épée de feu usurpée
Croque la pomme

5
Sens
Ressens
Échange des regards salive imprègne-toi
Tourne et retourne imprime des sanglots peau qui s’éclipse
Pied découverte à l’extrémité de la jambe
Suis cherche secret du pas forme du talon
Courbure de la démarche baies croquant une allure cambrée
Savoure…

6
Écoute conque de l’oreille
Comme gémit l’humidité
Lobe qui s’approche de la lèvre rumeur de la respiration
Pores qui se dressent formant de minuscules montagnes
Sensation frémissante de peau insurgée au toucher
Pont suave nuque descends à la houle poitrine
Marée du coeur susurre à ton oreille
Découvre la grotte de l’eau

7
Franchis la terre de feu la bonne espérance
Navigue fou là où se rejoignent les océans
Traverse les algues arme-toi de coraux hulule gémis
Émerge avec le rameau d’olivier pleure fouissant des tendresses
occultes
Dé‚nude des regards stupéfaits
Éveille le sextant depuis le haut des cils
Hausse les sourcils dilate les narines

8
Aspire soupire
Meurs un peu
Doucement lentement meurs
Agonise contre la pupille accrois la jouissance
Plie le mât gonfle les voiles
Navigue cingle vers Vénus
Étoile du matin
— la mer comme un vaste cristal étamé —
endors-toi naufragé‚.

(Giaconda Belli)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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L’ESPRIT SANS GÎTE (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2018



 

Rockwell Kent   (2)

L’ESPRIT SANS GÎTE

« L’esprit lucide a son gîte en lui-même. »
(Sutra du Yoga)

A présent j’ai franchi le Cap
je me perds dans l’espace océan

mais nager dans ces eaux me plaît

car au loin dans le vide j’entrevois
ah, les signes blancs

*

THE HOMELESS MIND

« The seeing mind is at home in itself »
(Yoga Sutra)

Now I’ve jumped off the Cape
I’m lost in my own ocean

but I’m liking the swimming

for far out in the emptiness
I can see, ah, the white signs

(Kenneth White)

Illustration: Rockwell Kent

 

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Une rose rouge à ma main (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018




    
Une rose rouge à ma main
Si pure
chaque feuille brûle,
à l’instant c’est plein feu
en chacun de mes yeux, ma tête en feu.

Ô mat carmin
vin gelé qui
éclate soudain en flammes rouges
et sang couleur feu
chaleur des fontaines,
échappé des digues du coeur.

Je peux d’un regard prendre votre lumière,
je peux me coucher humblement, plume voletant,
haletant, haletant pour vous,
je peux me laver au fond des flaques,
je peux tout boire votre brillance
vos douces flammes.

Une rose rouge pour mon sommeil
voyez comme elle est sombre,
du sang dans mon sommeil
un rêve d’ambre,
sur une mer rouge rêvée, moi cap blanc.

Ô triste clapotis
et sombres chocs
autour de mon pied rêveur —
Ô fontaine de deuil,
rêve immobile de femme,
blanc éclatant et sombre comme la suie.

Je peux me rêver près de vous
je peux pleurer, à vos côtés,
vous si rouge dans mon âme —
vous volcan brûlant, â jamais furieux
où je suis tombé.

Mort, o mort,
sombre, sombre rouge figé,
viens, o viens.

Mes mains sont si chaudes —
mes yeux brûlent de fatigue
au fond de ma tête, je ne sais
plus rien, je suis si fatigué.

Des voix dans la rue,
vent et lumière céleste —
autour de moi des mots vides,
mon oreille cède.

1l ne reste rien en moi
que ce pauvre désir affamé —
Il est la depuis si longtemps, si longtemps,
Il ne veut plus partir.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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A l’aube (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018




    
à l’aube
on se lève

on corrige le trajet

la lourde barque-corps
reprend le cap
comme il faut

agenda

faut y aller
on y va

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Peau
Traduction:
Editions: Tarabuste

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BALLADE (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018




    
BALLADE

avec toi dans l’arche de la pluie
entraîne tout ce que tu ne peux dire
si tu es nu partout sera l’entrée
ne cherche pas ses yeux déjà si proches
ils ont veillé tes longs sommeils

ne crains pas ses sûrs doigts de liane
ils nouent les instants futurs
des touffes d’herbe te serviront d’offrande
arrache-les vite sans les choisir
si tu oublies partout sera l’entrée

halée par le chant des arbres
l’arche s’allège avec tous ceux qui montent
même une flaque énumère le ciel
la pluie s’en va te laissant à la barre
si tu es nu partout sera le cap

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Fils d’argent (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Ruskin Spear
    
Fils d’argent, tourbillonnez,
Petits glaçons d’étoiles, voguez,
Tourbillons neigeux, soufflez!

Dans le coeur — soucis légers,
Dans le ciel — chemins d’étoiles
Et palais de neige-argent.

Songes des vents clair-serpentins,
Chants des tourbillons clair-ondulés,
Des yeux de vierge enchanteresse.

Deux ou trois chagrins
Lointains,
Les obscures tables de lois
De la Terre.
Et des navires abandonnés
Au loin.
Et au-delà du cap,
Des voiles.
Et par-dessus la mer,
Des voix.

Et se répand entre les mondes,
Sur les festins oubliés —
La coupe de la nuit ardente,
La coupe pleine de vin sombre

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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AVIONS-NOUS CONVOYÉ LE REFLET D’UN REFLET (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



 

AVIONS-NOUS CONVOYÉ LE REFLET D’UN REFLET

Avions-nous convoyé le reflet d’un reflet
ou mis le cap sur l’analogue

n’avoir plus faim n’abolit pas la faim
et les nommer ne scelle pas les choses

qui pouvait dire,
je suis là où finit le voyage
si le regard levait encore un horizon
sous le couchant défait

certains voulaient la neige pour s’unir au silence
et d’autres une parole
qui chiffrerait d’un mot tout le visible

mais l’oeil qui s’éveillait une nouvelle fois
reflétait aussi bien la fin que le commencement

ailleurs
les pierres mêmes avaient sommeil

(Bernard Noël)

 

 

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Le souffle (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017




    
Le souffle est aussi impérieux sous les portes
sur les caps, tu l’écouteras davantage
amener de très loin la vague immense qui déferle,
les embruns qui se brisent, et tu écouteras de même
ce qui semble un murmure entre tes lèvres
tu y auras conscience à la fois d’être unique
et de n’appartenir qu’au monde.

(Pierre Dhainaut)

 

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