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Posts Tagged ‘cape’

Idylle morte (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



Illustration
    
Idylle morte

Que fait donc à cette heure Rita ma douce andine
de jonc et de cape;
maintenant que m’asphyxie Byzance, et que sommeille
en moi le sang, comme un pâle cognac.

Où peuvent être ses mains qui d’un humble geste
repassaient dans le soir des blancheurs futures ;
maintenant, sous cette pluie qui m’enlève
l’envie de vivre.

Que sont devenus sa jupe de flanelle; ses
rêves; sa démarche;
sa saveur de canne à sucre d’un Mai villageois.

Elle doit être au soir sur le seuil regardant quelque nuage,
puis elle dira en tremblant : « Quel froid il fait… mon Dieu!»
et pleurera sur les tuiles un oiseau sauvage.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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MARIANA (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018



 

Albena Vatcheva   (22)

MARIANA

Don Pedro viendra à cheval
Comme un fou quand il saura
Que je suis emprisonnée
Pour avoir brodé son pavillon.
Et si l’on me tue, il viendra
Pour mourir à mon côté,
Car il me l’a dit un soir
En m’embrassant les cheveux;
Il viendra comme un saint Georges
De diamants et d’eau noire,
Laissant flotter en l’air la fleur
Eclatante de sa cape vermeille.
Et parce qu’il est noble et modeste,
Pour que personne ne le voie,
Il viendra au petit matin,
Dans le petit matin frais
Alors que sur l’air obscur
Le citronnier brille à peine
Et que l’ombre dessine dans les vagues
Des frégates d’ombre et de soie.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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Sur la place (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



Sur la place dans l’ombre la mousse
croît, et sur la pierre vieille et sainte
de l’église. Sous le porche il y a un mendiant…
Son âme est plus vieille que l’église.

Très lentement, par les matinées froides,
il monte les marches de marbre,
jusqu’à un coin de pierre. Et là on voit
sa main toute sèche dans les trous de sa cape.

Ses yeux aux orbites creusées
ont vu comme passent
les blanches ombres, dans les jours clairs,
les blanches ombres des heures saintes.

(Antonio Machado)

Illustration

 

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Pluie dans la nuit (Nakahara Chûya)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018




    
Pluie dans la nuit
– image de Verlaine –

La pluie ce soir encore entonne sa chanson,
Sa chanson monotone.
Lalala, lalala, toujours la même chanson.
Et voilà la carcasse de Verlaine
Qui passe dans la ruelle au milieu des entrepôts.

Dans la ruelle des entrepôts, c’est l’éclair de la cape,
L’ironie radine de la tourbe.
Mais au bout de la ruelle,
Au bout de la ruelle, l’espoir luit faiblement …
Qu’y a-t-il d’autre que cet espoir ?

A quoi bon toutes ces voitures ?
A quoi bon toutes ces lumières ?
Yeux globuleux, et vitreux, des lampes des cafés !
Au loin la chimie chante.

(Nakahara Chûya)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Nakahara Chûya Poèmes
Traduction: Yves-Marie Allioux
Editions: Picquier poche

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L’indifférence (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Duy Huynh autumn

L’indifférence

Me rejoignit dans sa cape de neige
L’indifférence et je lui pris les mains.

Hiver, hiver, je ne sais rien de vous.
Ni les sonnets de Michel-Ange, ni
Les Vers Dorés qu’écrivit Pythagore
Ne charment plus ma mémoire infidèle.

Chantons, veux-tu, l’écoulement du temps,
Les vieux désirs quand tempêtes s’endorment,
Et la mosquée où tu connus l’exil,
Toi que l’Église avait déjà chassé.

Pétrarque ? Oubli. Ronsard, Apollinaire ?
Oublis. Tristesse, oubli des mots de l’autre.
Accomplis-moi, ma seule indifférence.

(Robert Sabatier)

Illustration: Duy Huynh 

 

 

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Toujours fugitive et toujours près de moi (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Toujours fugitive et toujours
près de moi, dissimulant mal
sous la cape noire le hautain
regard de ton visage pâle.
J’ignore où tu vas et j’ignore
quelle couche nuptiale recherche dans la nuit
ta beauté virginale. Je ne sais
quels songes ferment tes paupières,
ni quel est celui qui a pu entrouvrir
ta couche inhospitalière.

Arrête-toi, beauté
farouche, arrête-toi.
je voudrais sur la fleur amère,
amère de tes lèvres déposer un baiser.

(Antonio Machado)

Illustration: Christian Schloe

 

 

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PASTOURELLE (Jean de Brienne)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018


 


 

PASTOURELLE

Sous l’ombre d’un bois,
Je trouvai une bergère à mon goût ;
Contre l’hiver, elle était bien protégée,
La fillette aux cheveux blonds.
Quand je la vis sans compagnie,
Je quittai mon chemin et allai vers elle. Aé !

La jeune fille n’avait de compagnon
Que son chien et son bâton ;
A cause du froid, dans sa cape,
Elle était tapie près d’un buisson ;
Sur sa flûte, elle chantait
Garinet et Robichon. Aé !

Quand je la vis, soudainement,
Je me tourne vers elle et mets pied à terre ;
Je lui dis : « Bergère amie,
De bon coeur je me rends à vous :
Faisons de feuilles une cabane,

Et nous nous aimerons gentiment. » Aé !
Seigneur, retirez-vous,
car tel propos j’ai déjà entendu.
Je ne m’abandonne pas
A chacun qui dit : « Viens ça! >.
Ce n’est pas pour votre selle dorée
Que Garinet perdra son bien. » Aé !

« Petite bergère, si cela te plaît,
Dame tu seras d’un château.
Dépouille ta cape grisette,
Revêts ce manteau de vair ;
Ainsi tu ressembleras à la rosette
Qui s’épanouit nouvellement. » Aé !

Sire, voici une belle promesse ;
Mais bien folle est celle qui accepte
Ainsi d’un étranger
Un manteau de vair et une parure,
Si elle ne lui accorde ce qu’il demande
Et ne consent à son désir. » Aé !

« Petite bergère, sur ma foi,
Parce que je te trouve belle,
Dame distinguée, noble et fière,
Si tu veux, je ferai de toi.
Laisse l’amour des garçons,
Et garde-toi toute pour moi. » Aé !

« Sire, paix, je vous prie :
Je n’ai pas le coeur si déchu :
Car j’aime mieux une pauvre joie
Sous le feuillage avec mon ami
Qu’être dame en belle chambre
Et qu’on n’ait cure de moi. » Aé !

(Jean de Brienne)

Illustration: Georges Paul François Laurent Laugée

 

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Chanson de la fille miraculeuse (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Dans sa cape blanche
la lune hèle un fiacre;
pauvre cheval mort
d’avoir attendu la lune.

Avec ses béquilles de feu,
l’étoile ivre de se poursuivre,
étoile le ciel.

Tous les mots que je découvre
ont une origine miraculeuse.

Les tombes ouvertes,
c’est une fille de joie
qui chante à tue-tête.
Elle tient d’une main un crayon,
de l’autre le vent –

pour tous les mots de ma chanson.

(Edmond Jabès)

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L’INDIFFÉRENCE (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



 

Mahira Ates (15)

L’INDIFFÉRENCE

Me rejoignit dans sa cape de neige
L’indifférence et je lui pris les mains.

Hiver, hiver, je ne sais rien de vous.
Ni les sonnets de Michel-Ange, ni
Les Vers Dorés qu’écrivit Pythagore
Ne charment plus ma mémoire infidèle.

Chantons, veux-tu, l’écoulement du temps,
Les vieux désirs quand tempêtes s’endorment,
Et la mosquée où tu connus l’exil,
Toi que l’Eglise avait déjà chassé.

Pétrarque ? Oubli. Ronsard, Apollinaire ?
Oublis. Tristesse, oubli des mots de l’autre.
Accomplis-moi, ma seule indifférence.

(Robert Sabatier)

Illustration: Mahira Ates

 

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LE MAGICIEN (Richard Seff)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



 

LE MAGICIEN

Refrain
Approchez messieurs dames
Entrez sous le grand chapiteau
Venez voir le spectacle
Découvrez un monde nouveau

Vous pourrez voir la voie lactée
Tomber doucement à vos pieds
Et tous les soleils de l’Afrique
Sortir d’une boîte magique
Avec les revers de ma cape
Je ferai apparaître un lac
Puis avec deux ou trois foulards
Voici des cygnes et des canards
(Refrain)

A l’intérieur de ce grand cirque
D’un coup de baguette magique
Je change l’hiver en printemps
Je fais la pluie et le beau temps
Plus de mille colombes blanches
S’envolent soudain de mes manches
Vous verrez la poule aux oeufs d’or
Et bien d’autres choses encore
(Refrain)

Entrez sous le grand chapiteau
Vous pourrez voir dans mon chapeau
Pousser un baobab géant
En trois secondes seulement
Enfin le plus extraordinaire
Ça personne ne sait le faire
J’invente une couleur nouvelle
Et je l’ajoute à l’arc-en-ciel
(Refrain)

Approchez messieurs dames
Approchez messieurs dames.

(Richard Seff)

Illustration: Paul Signac

 

 

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