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Poésie

Posts Tagged ‘captiver’

LES MAINS (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



LES MAINS

Elle est assise au bord des saisons
Et fait miroiter ses mains comme des rayons.

Elle est étrange
Et regarde ses mains que colorent les jours.

Les jours sur ses mains
L’occupent et la captivent.

Elle ne les referme jamais.
Et les tend toujours.

Les signes du monde
Sont gravés à même ses doigts.

Tant de chiffres profonds
L’accablent de bagues massives et travaillées.

D’elle pour nous
Nul d’accueil et d’amour

Sans cette offrande impitoyable
Des mains de douleurs parées
Ouvertes au soleil.

(Anne Hébert)

Illustration: Chantal Mainguy

 

 

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L’Oiseau-Lyre (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2017



Oiseau-lyre mon oiseau-lyre
Dans les albums de mon enfance
J’aurais cassé ma tire-lire
Et bravé toutes les défenses
Pour aller par des mers de lie
Te captiver en Australie.

(Bernard Lorraine)


Illustration

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Époux, cher à mon coeur (Poème Sumérien)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



 

Époux, cher à mon coeur,
Grande est ta beauté, douce comme le miel.
Lion, cher à mon coeur,
Grande est ta beauté, douce comme le miel.

Tu m’as captivée, laisse-moi demeurer tremblante devant toi :
Époux, je voudrais être conduite par toi dans la chambre.
Tu m’as captivée, laisse-moi demeurer tremblante devant toi :
Lion, je voudrais être conduite par toi dans la chambre.

Époux, laisse-moi te caresser :
Ma caresse amoureuse est plus suave que le miel.
Dans la chambre remplie de miel,
Laisse-nous jouir de ton éclatante beauté.
Lion, laisse-moi te caresser :
Ma caresse amoureuse est plus suave que le miel.

Époux, tu as pris avec moi ton plaisir :
Dis-le à ma mère, et elle t’offrira des friandises ;
À mon père, et il te comblera de cadeaux.

Ton âme, je sais comment égayer ton âme :
Époux, dors dans notre maison jusqu’à l’aube.
Ton coeur, je sais comment réjouir ton coeur :
Lion, dors dans notre maison jusqu’à l’aube.

Toi, puisque tu m’aimes,
Donne-moi, je t’en prie, tes caresses.
Mon seigneur dieu, mon seigneur protecteur,
Mon Shu-Sin qui réjouit le coeur d’Enlil,
Donne moi, je t’en prie, tes caresses.

Ta place douce comme le miel,
Je t’en prie, pose la main sur elle,
Pose la main sur elle comme sur un marteau-gishban,
Referme en coupe ta main sur elle
Comme sur un marteau-gishban-sikin.
Ceci est un poème-balbale d’Inanna.

(Poème Sumérien)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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Quand dans l’alcôve, il m’en souvient (Liu Yong)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



Quand dans l’alcôve, il m’en souvient, Je t’ai connu,
Je n’avais qu’une pensée,
Rester ensemble à jamais.
Mais, qui l’eût cru, à la joie de nos brèves rencontres
A succédé le long chagrin de la séparation.
Le printemps finissant a perdu ses couleurs.
Devant mes yeux embués,
C’est un tourbillon fou de chatons et de fleurs.
J’ai peur que la beauté du site
Ne s’évanouisse à ta suite.

A qui pourrais-je dire ma solitude ?
J’aurais dû m’en douter, tes serments de naguère
N’étaient que paroles légères.
Si J’avais su qu’il me serait si dur de t’oublier,
Dès le début je t’aurais retenu,
Car non seulement tu étais galant et plein de talent,
Mais quelque chose en toi
A captivé mon coeur.
Même si je restais tout un jour sans penser à toi,
Mille fois mes sourcils se fronceraient de peine.

(Liu Yong)

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Elle s’envole (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2016



 

Voyez comme elle se laisse captiver
par le bâton qui bouge, par le minuscule mouvement
d’aile de chaque mouche, par le bruit
de chaque porte qui s’ouvre.
Et quand elle se met sur mes genoux
on dirait que c’est pour toujours, les griffes
presque enfoncées dans ma chair. Mais que passe
un oiseau à la fenêtre, adieu baisers
adieu caresses, elle s’envole.
Et puis, peut-être, revient.

(Patrizia Cavalli)

 

 

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De passage (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2016



De passage

Revit-on jamais
Les moissons d’autrefois
Les errances du passé
Les chimères de jadis
La parole écoulée ?

Nos images
Ne sont-elles qu’image
Nos corps
Ne sont-ils que chimie
Nos pensées
Regagnent-elles le giron primordial ?

Ainsi dérivent
Nos figures
Si tributaires
Si dérisoires

Ainsi nous captive
La Vie
Si prodigieuse
Si illusoire

Ainsi s’esquivent
Nos années
Sitôt vécues
Et consommées.

(Andrée Chedid)

Illustration: Gustav Klimt

 

 

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Tu marches dans les blés (Jean-Yves Yven)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2016



Tu marches dans les blés
Si pareille au soleil
Souple comme rêvée
Femme merveille

Tu captives le vent
Dans le creux de ta robe
Jaune comme printemps
Qui s’éclôt à chaque aube.

Tu glisses les pieds nus
Dans le sable enchanté
D’être enfin reconnu
Comme l’amant retrouvé.

Tu chantes tes mirages
Tes promesses envolées
De revenir trop sage
Dès la fin de l’été.

Tu domptes tes cheveux
Au carcan de tes doigts
Et libères tes yeux
Vers d’autres émois.

J’imagine ton corps
Qui se tend et se donne
A la caresse qui implore
Qui s’éprend et s’étonne.
J’imagine tes lèvres
Sur ma bouche livrée
Aux senteurs de la grève
A l’éternité du baiser.

J’espère enfin ces bruits
Que chuchote l’amour
Qu-delà de l’écrit
Au plus beau de nos jours.

(Jean-Yves Yven)

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LE PALAIS (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2016




LE PALAIS

Nous entrâmes. Rien qu’une salle immense
silencieuse et vide, où la surface du sol miroitait
comme la glace d’une patinoire abandonnée.
Toutes portes fermées. L’air était gris.

Des peintures aux murs. Où l’on voyait
grouiller des images sans vie : des boucliers, des plateaux
de balance, des poissons, des silhouettes de guerriers
dans un monde sourd et muet de l’autre côté.

Une sculpture était exposée dans le vide :
seul, au centre de la salle, se dressait un cheval,
que nous ne remarquâmes tout d’abord pas
tant le vide nous captivait.

Plus faiblement que les murmures d’un coquillage,
on percevait les bruits et les voix de la ville
tournoyant dans cet espace désert et
bourdonnant à la recherche du pouvoir.

Autre chose encore. Quelque chose d’obscur
vint se poster aux cinq entrées de nos
sens mais sans les franchir.
Le sable s’écoulait dans les verres du silence.

Il était temps de bouger. Nous nous approchâmes
du cheval. Il était gigantesque,
noir comme du métal. Une image du pouvoir
restée là après le départ des princes.

Le cheval nous dit: «Je suis l’Unique.
J’ai désarçonné le vide qui me chevauchait.
Voilà mes écuries. Je grandis peu à peu.
Et je mange le silence ici répandu.»

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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