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J’ai rêvé que j’étais un oiseau (Richard Brautignan)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019



    
j’ai rêvé que j’étais un oiseau

J’ai
rêvé
que j’étais un oiseau
perché
sur un pommier

Le soleil
était de sortie
et mes plumes
étaient chaudes.

Je me
reposais
entre deux parades
amoureuses
quand des gosses
m’ont descendu
avec une carabine à plomb.

***
i dreamt i was a bird
I
dreamt
I was a birdsitting
in an apple tree.
The sunwas out
and my featherswere warm.
I was
resting
between courtingsessions
when some kidssnipped me off
with a BB gun.

(Richard Brautignan)

 

Recueil: Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus
Traduction: Thierry Beauchamp / Romain Rabier
Editions: Points

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LES GARS QUI VONT A LA FÊTE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Aymeric Noa

    

LES GARS QUI VONT A LA FÊTE

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau,

Pour y boire chopinette,
Y goûter le vin nouveau,

Y tirer la carabine,
Y sucer le berlingot.

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau,

Sont rasés à la cuiller,
Sont raclés dessous la peau,

Ont passé la blouse neuve,
Le faux-col en cellulo.

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau,

Y faire danser les filles,
Chez Julien le violoneur,

Des polkas et des quadrilles
Et le pas des patineurs.

Le piston, la clarinette
Attendrissent les costauds.

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau.

On boit à la riginglette
Si le branle donne chaud.

Quand ils ont bu, se disputent
Et se cognent sur la peau,

Puis vont culbuter les filles
Au fossé sous les ormeaux.

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau,

Reboivent puis se rebattent
Jusqu’au chant du premier jô,

Le lendemain on en trouve :
Sont couchés dans le ruisseau…

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Et voici la muraille (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



    

Et voici la muraille, elle use le désir,
On ne sait où la prendre, elle est sans souvenirs,
Elle regarde ailleurs, et, lisse, sans pensées,
C’est un front sans visage, à l’écart des années.
Prisonniers de nos bras, de nos tristes genoux,
Et, le regard tondu, nous sommes devant nous
Comme l’eau d’un bidon qui coule dans le sable
Et qui dans un instant ne sera plus que sable.
Déjà nous ne pouvons regarder ni songer,
Tant notre âme est d’un poids qui nous est étranger.
Nos coeurs toujours visés par une carabine
Ne sauraient plus sans elle habiter nos poitrines.
Il leur faut ce trou noir, précis de plus en plus,
C’est l’oeil d’un domestique attentif, aux pieds nus.
Oeil plein de prévenance et profond, sans paupière.
A l’aise dans le noir et l’excès de lumière.

(Jules Supervielle)

 

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