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Poésie

Posts Tagged ‘caresse’

Passent des jours de grand vent (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2020



Passent des jours de grand vent, d’un si grand
vent que débordant des rues il ouvre en plein
ciel un boulevard sans passants. Moi, là dessous
je porte mes mains comme des valises où j’ai
rangé quelques visages, à peine caressés. Le
mien y est aussi, avec sueurs et fatigues, plus
vrai que celui que j’offre à l’air et aux bonjours.

(Jean-François Mathé)


Illustration: Marie-Thomas Scheid

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Tremblement de libellules (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



Plus lente, la ruche neigeuse,
Et le cristal des fenêtres plus transparent.
Sur la chaise négligemment
Est posé le voile turquoise.

Ivre de son ébriété
Et comme ignorée de l’hiver,
Attendrie par la caresse de la lumière,
L’étoffe savoure l’été.

Si la froide éternité pleut
Au fond du diamant glacial,
Ce n’est ici que tremblement de libellules
Promptes à vivre et aux yeux bleus.

(Ossip Mandelstam)

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Dans le bois de la nuit (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2020



Dans le bois de la nuit
Il faudrait des millions de Christine
Et des millions d’Yvon.
Je t’ai embrassée comme une première fois
Petite fille, je te le jure.
Tu sentais la vie comme la bruyère
Comme le dahlia frais de rosée
Sur ma figure.
Ton baiser était nouveau
Profond comme la forêt
Long comme le chemin
Et on s’est perdu
Dans un petit bois d’un petit village
Peut-être qu’on voulait se perdre ?
On a ri comme des gosses,
Regarde les gens,
Ils sont heureux de nous voir.
Endors-toi,
Réveille-toi,
Prends la bruyère
Cours, aime, chante, dis l’amour ; fais l’amour.
On ne peut pas nous tuer
La vie rigole Christine,
Parce que les enfants sont gentils
Quand on ne les frappe pas ;
Parce qu’on était heureux
Avec nos deux mains
Avec nos lèvres
Avec nos caresses
Avec nos yeux bleus et marrons
L’autre jour, l’autre vie dans la forêt
Aujourd’hui, demain je t’aime,
Viens avec la Vie, on se rencontrera,
C’est vrai
J’arrête mes mots parce qu’on s’embrasse,
Tu joues
Tu travailles
Tu ris à côté
de moi et tu me dis « Viens plus près ».
Il faudrait des millions de Christine
Et des millions d’Yvon.
Tu es là comme pour la première fois
Il ne faut pas se perdre
Donne-moi la main,
Ta main qui travaille, qui caresse, qui…
Porte un fusil pour s’aimer.

(Yvon Le Men)

 

 

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Démarche doucine (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2020



Démarche doucine
tu marches flammèche
créole crépuscule
aux jupons superposés
Longue étirée fauve
corolle ouverte
aux félines caresses
Chanel
Tu t’éloignes
et les prothèses du néon
boitent dans la nuit

(Werner Lambersy)

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3ème retouche à la mémoire (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



 

3ème retouche à la mémoire

chienne
sept fois plus vieille que moi

avec aux arrêts de caresse
les yeux de la pitié

(Daniel Boulanger)

Illustration: ArbreaPhotos
 

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Qu’est-ce que tu attends? (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Où vas-tu,
Visage?

Que regardes-tu?
Qu’est-ce
Que tu attends?

Caresse
Ou quoi?

(Guillevic)

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Soeurs d’espérance (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



Soeurs d’espérance ô femmes courageuses
Contre la mort vous avez fait un pacte
Celui d’unir les vertus de l’amour

Ô mes soeurs survivantes
Vous jouez votre vie
Pour que la vie triomphe

Le jour est proche ô mes soeurs de grandeur
Où nous rirons des mots guerre et misère
Rien ne tiendra de ce qui fut douleur

Chaque visage aura droit aux caresses.

(Paul Eluard)


Illustration: Pascal Renoux

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O sommeil (Lionello Fiumi)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



 

Alphonse Mucha   pND [1280x768]

[…]

O sommeil, viens, seul généreux
qui libères cet or afin qu’il étincelle
dans l’astrale clarté du songe;
détache ces fruits dont les sucs
sont plus épais en rêve;
délivre ces chairs d’abricot
d’une parmi toutes les femmes
afin que mes mains puissent, faites rêve,
la modeler alors d’une caresse
infinie et très douce.

(Lionello Fiumi)

Illustration: Alphonse Mucha

 

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Des brusques automates en vitrines (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



 

Des brusques
Automates en vitrines
De tes noëls

Des coups de reins du
Vent dans l’arbre
Des désirs

Et des lampions
Colorés et clignotants
De nos caresses

Et de la digue
Déserte en face du trou
Noir de l’océan

De la houle sans réponse
Du plaisir

Jusqu’à ce que le soleil
Frotte son zeste
De citron

Sur les canines
Et les gencives de l’aube

(Werner Lambersy)

Illustration

 

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REPIT (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2020




    
REPIT

Nombreuses et grandes
Sont mes tentatives —
Dans les profondeurs et dans les hauteurs,
Entre les ténèbres et la lumière,
De l’atome aux galaxies,
Du premier baiser sur les lèvres
Au dernier baiser sur les paupières,
De la fleur au serpent,
Du pain au poison,
De la caresse au poignard,
Du rugissement du lion
Au chant de l’alouette,
De moi,
Saisi par les vrilles du temps,
A toi,
Qui laisses s’enrouler distraitement le temps
Dans ton giron, comme une pelote.
Du rivage de mes heures,
Je contemple les bords de tes éternités.
Mon compas
Elargit son angle
Jusqu’à 180°.
Je regarde,
Et les lointains que j’aperçois
Sont poussière de voie lactée.
Mes ères
Frappent avec des poings d’enfant
A ta porte d’azur
Cloutée d’étoiles.
Que faire ?
Je n’ai pas de bateau qui puisse
Me mener par-delà les frontières de mon être,
Et lorsque je reviens en moi-même, je vois toujours
Des immensités et des ports qui ne sont que rêves.
Ma halte
Est celle du vent
Que l’air délogera
D’entre deux branches frémissantes

(Mihai Beniuc)

 

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