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Poésie

Posts Tagged ‘caresse’

En jupe de peluche noire (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



En jupe de peluche noire

En jupe de peluche noire,
Avec des chapeaux tout fleuris,
Mes folles amours de Paris
Chantent autour de ma mémoire.

Elles ont des cheveux d’or pur,
Et, sous les blanches cascatelles
Des guipures et des dentelles,
Des seins de lis veinés d’azur.

Avec une audace espagnole,
Ma gourmande caresse n’a-
T-elle aux genoux de Rosina
Moqué les verrous de Barthole ?

N’ai-je pas promené ma main,
Avec des luxures d’artiste,
Sous des chemises de batiste
Embaumant l’ambre et le jasmin ?

(Jean Moréas)

Illustration: Jean-Gabriel Domergue

 

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LES FILLES DE LA PLAGE (Gérard Lenorman)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



femme plage

LES FILLES DE LA PLAGE

Les filles de la plage
Sont belles à croquer
Se bronzant c’est l’usage
Au soleil de l’été
Les filles de la plage
Sous les rayons brûlants
Montrent leurs avantages
D’un air indifférent
Et moi je les regarde
Et pense cependant
A Brive-la-Gaillarde
Où ma douce m’attend.

Les filles de la plage
Ont des regards qui font
Qu’on rêve d’abordage
Qu’on rêve d’abandon
Les filles de la plage
Font la nuit et le jour
Sur un lit de nuages
De sable et de velours
Et moi je m’y attarde
Et pense cependant
A Brive-la-Gaillarde
Où ma douce m’attend.

Les filles de la plage
Quand elles en ont assez
Vont vers d’autres rivages
Et vous laissent tomber
Les amours de la plage
Sont vite dépassées
Ne laissent que l’image
De rêves caressés
Et moi je les regarde
Se perdre dans le temps
A Brive-la-Gaillarde
Je reviens tout content
A Brive-la-Gaillarde
Où ma douce m’attend.

(Gérard Lenorman)

Illustration

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Conte d’amour X (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



Conte d’amour X

Ce jour-là, les flots bleus susurreront plus bleus
Le long des côtes blanches,
Et du soleil frileux, les rayons plus frileux
Se joueront dans les branches.

Malgré le rude hiver, les fleurs de l’églantier
Souriront grand’ouvertes,
Et l’on verra changer les cailloux du sentier
En émeraudes vertes.

Les loups pour les agneaux auront des soins exquis,
Et sous l’oeil bon des aigles,
Les grands vautours feront la cour, en fins marquis,
Aux colombes espiègles.

Les dames, aux propos galants des séducteurs,
Ne seront pas rebelles,
Et les Almavivas, malgré les vieux tuteurs,
Enlèveront leurs belles.

Car ce jour-là, jour saint, vaillamment attendu,
Dans tes chastes prunelles,
Mes yeux retrouveront le paradis perdu
Des amours éternelles.

Car ce jour-là, les coeurs par le bonheur brisés,
Mes lèvres dans les tiennes,
Nous nous rappellerons en de nouveaux baisers
Nos caresses anciennes.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Homme je vous le prédis (Paul-Marie Lapointe)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



 

Catherine Réault-Crosnier  02-1

homme je vous le prédis
les fleurs seront permises
les arbres paumes innombrables ouvertes à la caresse
les oiseaux nicheront dans les yeux des filles
les chansons

et tout sera changé
comme on l’avait espéré
dans la solitude de nos amours

(Paul-Marie Lapointe)

Illustration: Catherine Réault-Crosnier

 

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Le temps est un affreux pillard (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



 

Jean Delville  047 [1280x768]

Le temps est un affreux pillard

Vos robes légères
vos robes fougère
vos robes de soyeuse écaille
souples et larges auréoles
vos robes étaient des corolles
mouvantes autour de vos tailles

Vos robes de lentes
plissures mourantes
tulipes aux minceurs qui flambent
de chaudes vapeurs indiscrètes
souffles menus d’une voilette
à la caresse de vos jambes

Je les ai tant aimées
dans les autrefois de mon temps
vos robes comme des fumées
sous les vins doux d’autres printemps

De ces candeurs dans leurs regards
que je ne vois bien qu’aujourd’hui
aujourd’hui où il est trop tard
car j’ai largement dépassé mon minuit

Blonds visages dans des foulards
pour des tendresses infinies
vous êtes tout nouveaux je pars
moi qui saurais si bien bercer vos agonies

Ô ma jeunesse évanouie
le temps est un affreux pillard

(Louis Calaferte)

Illustration: Jean Delville

 

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Qui était et n’est plus derrière les mains qui font signe ? (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020



Qui était et n’est plus derrière les mains qui font signe ?
Un coup de vent fit hésiter le paysage
dont la caresse plaisait aux vitres,
et dans la transparence il n’y eut plus rien.

Maintenant, le vide devient une question qui s’étend
et mange les réponses jusque dans notre bouche.
Demain le reste du corps sera repris et bougé douleur par douleur,
aussi faible qu’une fumée en plein ciel dénouée de sa source de feu.

(Jean-François Mathé)

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La pauvre fille (Alexandre Soumet)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
La pauvre fille

« Oh! pourquoi n’ai-je pas de mère?
Pourquoi ne suis-je pas semblable au jeune oiseau
Dont le nid se balance aux branches de l’ormeau?
Rien ne m’appartient sur la terre;
Je n’eus pas même de berceau,
Et je suis un enfant trouvé sur une pierre
Devant l’église du hameau.

Loin de mes parents exilée,
De leurs embrassements j’ignore la douceur,
Et les enfants de la vallée
Ne m’appellent jamais leur soeur!
Je ne partage pas les jeux de la Veillée;
Jamais sous son toit de feuillée
Le joyeux laboureur ne m’invite à m’asseoir;
Et de loin je vois sa famille,
Autour du sarment qui pétille,
Chercher sur ses genoux les caresses du soir.

Vers la chapelle hospitalière
En pleurant j’adresse mes pas,
La seule demeure ici-bas
Où je ne sois point étrangère,
La seule devant moi qui ne se ferme pas!

Souvent je contemple la pierre
Où commencèrent mes douleurs;
J’y cherche la trace des pleurs
Qu’en n’y laissant peut-être y répandit ma mère.
Souvent aussi mes pas errants
Parcourent des tombeaux l’asile solitaire,
Mais pour moi les tombeaux sont tous indifférents.
La pauvre fille est sans parents
Au milieu des cercueils ainsi que sur la terre.
J’ai pleuré quatorze printemps
Loin des bras qui m’ont repoussée
Reviens, ma mère, je t’attends
Sur la pierre où tu m’as laissée! »

(Alexandre Soumet)

 

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… Et voilà (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2020



Illustration: Fabienne Contat
    
Un marin a quitté la mer
son bateau a quitté le port
et le roi a quitté la reine
un avare a quitté son or
… et voilà

Une veuve a quitté le deuil
une folle a quitté l’asile
et ton sourire a quitté mes lèvres
… et voilà

Tu me quitteras
tu me quitteras
Tu me quitteras
tu me reviendras
tu m’épouseras
tu m’épouseras

Le couteau épouse la plaie
rarc-en-ciel épouse la pluie
le sourire épouse les larmes
les caresses épousent les menaces
… et voilà

Et le feu épouse la glace
et la mort épouse la vie
comme la vie épouse l’amour

Tu m’épouseras
Tu m’épouseras
Tu m’épouseras.

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Embrasse-moi
Traduction:
Editions: Gallimard

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MADEMOISELLE SANS SOUCI (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020



Illustration: Andrzej Malinowski
    
MADEMOISELLE SANS SOUCI

Mademoiselle Sans Souci
vêtue de rien d’un peu d’été
Mademoiselle Tôt Partie
à peine là vite en allée

Toute nue dorée de paresse
Mademoiselle Rire aux Larmes
juste habillée de mes caresses
Mademoiselle Fausse Alarme

Rapportez-moi d’où vous allez
Mademoiselle Feu de Paille
un pas perdu deux sous trouvés
trois échos couleur de murailles

le sable roux du sablier
le blond sourd de l’automne proche
le bleu gris du ciel embrouillé
le fuyant d’un pas qui s’approche

Rapportez-moi d’où vous allez
les vraies nouvelles d’où nous sommes
Mademoiselle Voix Voilée
Mademoiselle Profond Somme.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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MES PENSEES (Taras Chevtchenko)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020



Illustration: Taras Chevtchenko
    
MES PENSEES

Mes pensées, mes pensées
Combien vous me torturez !
Pourquoi vous alignez-vous sur ma page
En lignes si tristes ? …
Pourquoi le vent ne vous a-t-il pas éparpillées
Dans la steppe, comme de la vulgaire poussière ?
Pourquoi ne vous êtes vous pas assoupies
Comme l’enfant dans son berceau ? …

*

Le malheur, moqueur, les a fait naître,
En les arrosant de larmes… Pourquoi ne vous ont-elles pas inondées,
Emportées vers la mer, enfouies dans la steppe ?
Personne ne me demanderait ce qui me blesse
Ni pourquoi je maudis mon sort,
Ni pourquoi j’erre dans le monde ? « Je m’en moque »,
Ils n’en parleraient plus ainsi en se moquant …

*

Mes fleurs, mes enfants !
Pourquoi vous avoir aimées, pourquoi vous avoir élevées ?
Y a-t-il un cœur dans le monde entier
Pour vous pleurer ainsi ? .. Peut-être ai-je deviné …
Peut-être y a-t-il une fille,
Cœur tendre, yeux bruns,
Qui pleure sur ces pensées,
Moi, je ne veux plus !
Une larme des yeux noirs de cette demoiselle,
Et le seigneur des seigneurs, je deviendrais !
Mes pensées, mes pensées
Combien vous me torturez !

*

Pour les beaux yeux malicieux
Sous de noirs sourcils
Mon cœur s’est emporté, léger,
Il a chanté la langue,
Il a chanté, habilement,
L’obscurité de la nuit,
Les verts cerisiers sombres du verger,
Les douces caresses de la jeune fille…
Les steppes et les monticules funéraires,
Par l’Ukraine,
Mon cœur ne voulait plus
Chanter dans un autre pays…
(…)

*

Mes pensées, mes pensées
Mes fleurs, mes enfants!
Je vous ai éduquées en prenant soin de vous,
Et maintenant ?
Partez en Ukraine, mes enfants !
Dans notre Ukraine,
Comme des orphelins, à travers les chemins de traverse,
Et moi, moi je vais mourir ici.
Vous trouverez là-bas un cœur sincère
Et de tendres mots
Là, vous trouverez la pure vérité,
Et aussi, peut-être, la gloire …

*

Accepte, ma tendre
Ma chère Ukraine,
Mes innocents enfants
Comme si c’était les tiens.

1839 – Saint-Pétersbourg

***
Думи мої, думи мої

Думи мої, думи мої,
Лихо мені з вами!
Нащо стали на папері
Сумними рядами?..
Чом вас вітер не розвіяв
В степу, як пилину?
Чом вас лихо не приспало,
Як свою дитину?..

*

Бо вас лихо на світ на сміх породило,
Поливали сльози… чом не затопили,
Не винесли в море, не розмили в полі?…
Не питали б люде, що в мене болить,
Не питали б, за що проклинаю долю,
Чого нуджу світом? «Нічого робить»,—
Не сказали б на сміх…

*

Квіти мої, діти!
Нащо ж вас кохав я, нащо доглядав?
Чи заплаче серце одно на всім світі,
Як я з вами плакав?.. Може, і вгадав…
Може, найдеться дівоче
Серце, карі очі,
Що заплачуть на сі думи,—
Я більше не хочу.
Одну сльозу з очей карих —
І пан над панами!
Думи мої, думи мої,
Лихо мені з вами!

*

За карії оченята,
За чорнії брови
Серце рвалося, сміялось,
Виливало мову,
Виливало, як уміло,
За темнії ночі,
За вишневий сад зелений,
За ласки дівочі…
За степи та за могили,
Що на Україні,
Серце мліло, не хотіло
Співать на чужині…
(…)

*

Думи мої, думи мої,
Квіти мої, діти!
Виростав вас, доглядав вас,—
Де ж мені вас діти?
В Україну ідіть, діти!
В нашу Україну,
Попідтинню, сиротами,
А я — тут загину.
Там найдете щире серце
І слово ласкаве,
Там найдете щиру правду,
А ще, може, й славу…

*

Привітай же, моя ненько,
Моя Україно,
Моїх діток нерозумних,
Як свою дитину.

1839, С.-Петербург

***

MEUS PENSAMENTOS

Meus pensamentos, meus pensamentos
Quanto você me tortura!
Por que você se alinha na minha página
Em linhas tão tristes? …
Por que o vento não te dispersou
Na estepe como poeira comum?
Por que você não adormeceu
Como a criança em seu berço? …

*

A desgraça, rindo, deu à luz a eles,
Tomando-as de lágrimas … Por que elas não te inundaram,
Por que eles não te levaram para o mar ou foram enterrados nas estepes?
Ninguém me perguntaria o que me machuca
Nem por que eu amaldiçoo meu destino
Nem por que estou vagando no mundo? « Eu não me importo »,
Eles não falavam dessa maneira tirando sarro …

*

Minhas flores, meus filhos!
Por que você ama, por que você se levantou?
Existe um coração no mundo inteiro?
Chorar tanto assim? .. Talvez eu tenha adivinhado …
Talvez haja uma garota
Coração mole, olhos castanhos,
Quem chora sobre esses pensamentos?
Eu não quero mais!
Uma lágrima dos olhos negros desta jovem
E o senhor dos senhores eu me tornaria!
Meus pensamentos, meus pensamentos
Quanto você me tortura!

*

Para belos olhos travessos
Sob sobrancelhas negras
Meu coração se empolgou, luz,
Ele cantou a língua,
Ele cantou, habilmente,
A escuridão da noite,
As cerejeiras verde-escuras do pomar,
As carícias gentis da garota …
As estepes e os montes funerários,
Pela Ucrânia,
Meu coração não queria mais
Cante em outro país…
(…)

*

Meus pensamentos, meus pensamentos
Minhas flores, meus filhos!
Educando-se e cuidando de si mesmo,
E agora?
Vá para a Ucrânia, meus filhos!
Na nossa Ucrânia,
Como órfãos,
E eu vou morrer aqui.
Você vai encontrar lá um coração sincero
E palavras carinhosas
Lá você encontrará a pura verdade,
E também, talvez, glória …

*

Aceite ,meu doce
Minha querida Ucrânia,
Minhas crianças inocentes
Como se fosse seu.

1839 – São Petersburgo

(Taras Chevtchenko)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Ukrainien / Portugais Jacky Lavauzelle
Editions:

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