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Posts Tagged ‘caresse’

TON FEU QUI TRANSFORME (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019




    
TON FEU QUI TRANSFORME

Effleure mon coeur avec la flamme de la pierre philosophale,
Sanctifie cette vie en la consumant dans Ton feu.
Soulève mon corps afin de le convertir
En une lampe de Ton tabernacle,
Effleure mon coeur avec la flamme de la pierre philosophale.

Que Tes caresses dans le noir, de membre en membre,
Fassent s’épanouir toute la nuit de nouvelles étoiles.
Les traces d’ombre disparaîtront des regards, mes yeux
Ne percevront que Ta lumière de tous côtés.
Toute ma souffrance s’embrasera vers le haut.
Effleure mon coeur avec la flamme de la pierre philosophale.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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J’avais pensé partir… (Stéphane Bataillon)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2019



Illustration
    
J’avais pensé partir…

J’avais pensé partir
avant la fin du jour

Éviter les remous
pour m’en aller léger
et n’encombrer personne

Mais je dois me résoudre
à rattacher la barque
aux lourds anneaux du port
car ce soir il est tard

Trop pour prendre la mer.

*

Je n’ai pas la douleur
Je n’ai pas le besoin
et je n’ai pas l’exil

J’ai juste perdu
Celle que j’aimais.

**

Je t’avais promis une caresse chaque soir
désormais ce sera un poème.

(Stéphane Bataillon)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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L’onde étale (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



les seins poudrés de la lumière
parmi les plis de robe
du parfum

les velours rebroussés
savants de nos salives difficiles
avant le mot

puis le tronc de la chaleur
s’abat

coupé d’un souffle

sous la caresse
ton corps
juste l’onde étale
après la grande gondole

(Werner Lambersy)


Illustration: Pascal Renoux

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Sous la lanterne rouge du passé (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019


 


 

Alain Amevet   la-vieille-dame-au-chat-jpg

Sous la lanterne rouge du passé, la vieille dame assise au balcon de son honneur inventorié
savamment caresse posthume la chatte ronronneuse d’un souvenir.
Quand viendra-t-elle cette dernière page
où l’horloge arrêtée marquera toujours minuit

(Georges Libbrecht)

Illustration:Alain Amevet

 

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J’entends le loriot, sa voix toujours chagrine (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



 

J’entends le loriot, sa voix toujours chagrine,
Je salue le déclin de cet été superbe,
La faucille en sifflant comme un serpent
Tranche l’épi serré contre un autre épi.
Les belles filles moissonnent, et leurs jupes
Volent au vent comme des drapeaux de fête.
Il faudrait maintenant un bruit de sonnailles,
Un long regard sous des cils pleins de poussière.
Je n’attends ni caresses, ni mots doux.
Je pressens des ténèbres sans retour.
Mais viens revoir ce paradis : ensemble,
Nous y étions heureux et innocents.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Les chats aimés (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Les chats aimés
ne vivent pas assez
longtemps — après

leur mort, persiste
sur notre lit une
place douce comme
un silence de fleur,

une place où il fait
bon promener la main,
avant de s’endormir,

les chats aimés laissent
dans les maisons des
ombres proches de ces
caresses qu’on voudrait

tant retrouver, parmi
les gestes désordonnés
que la vie nous impose.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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Printemps (Francis Carco)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Printemps

Je te donne ce coin fleuri,
Ces arbres légers, cette brume
Et Paris au loin, qui s’allume
Sous ces nuages blancs et gris.

mais tu t’en moques. Tu préfères,
À ce soyeux et lent décor,
La bouche avide qui te mord
Et l’étreinte qui t’exaspère.

Cette nuit, l’odeur des lilas
Charge la brise et ta jeunesse
S’épanouit sous la caresse
De ma bouche experte et des doigts

(Francis Carco)

Illustration: Joseph Matar

 

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Printemps du corps (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Printemps du corps

Mon corps ici, mon corps ailleurs, mon corps
Ensoleillé par la mort et qui glisse
De source en fleuve et de fleuve en caresse
Pour se mêler à d’autres floraisons.

Que ma non-mort en ses terres vitales
Soit cet oiseau, ce poisson, ces parures
De fleurs et d’ors dans le jardin des mots
Et que ma nuit ne soit qu’une apparence.

Ma bouche parle en d’intenses corolles,
Mon oeil regarde au-delà du rosier,
Mes bras unis sont rives de l’étang
Où nénuphar je chante au ras des eaux.

Ainsi mes mains, les ultimes semeuses,
Sont la semence éparse du blé noir
Et mon échine à tous les vents frissonne
La mort en moi, la mort qui danse encore.

Ce doux pollen aux ailes de l’abeille :
Un peu de moi. Ce bourgeon qui s’entrouvre :
Mon vieux délire ici ressuscité
Par le savoir infini de l’aurore.

Mon corps en moi, mon corps en vous, mon corps,
Cette parcelle éminente du jour,
Pour t’affranchir frère de la durée
Et composer la musique des gestes.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

 

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Je confonds (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019



Illustration: Marie Coisnon  
    
Je confonds les noms des gens,
mais non leurs silences.
Je confonds les feuilles des arbres,
mais jamais leur ombre.

Je confonds dans la caresse
ton tact avec le mien,
mais non ta main avec ma main.
Je confonds ton regard et mon regard,
mais pas tes yeux et mes yeux.
Je confonds ma présence avec mon absence,
mais jamais ton absence et ta présence.

Je confonds ce dieu que j’avais naguère
avec le dieu que maintenant je n’ai plus,
mais non avec celui que mes mots créèrent entre nous deux.
Je confonds très souvent la vie avec la mort,
mais jamais la mort avec la vie.
confonds la matière et le vide,
Mais jamais le vide et un vide.
et je redoute ce pas que je n’ai pas encore fait :
confondre tout ce que je confonds
avec ce que je ne confonds pas
ou peut-être ne confondre plus rien.

Pourtant, je ne sais plus
si confondre quelque chose avec quelque chose
est seulement un subterfuge
pour ne pas les confondre.
Et ne pas confondre une chose avec une autre,
rien qu’un ajournement
de la confusion totale.

***

Confundo los nombres de la gente,
pero no sus silencios.
Confundo las hojas de los árboles,
pero nunca su sombra.

Confundo en la caricia
tu tacto con el mío,
pero no tu mano con mi mano.
Confundo tu mirada y mi mirada,
pero no tus ojos y mis ojos.
Confundo mi presencia con mi ausencia,
pero nunca tu ausencia y tu presencia.

Confundo aquel dios que antes tenía
con el dios que ahora no tengo,
pero no con el que crearon mis palabras
en el medio de ambos.
Confundo muchas veces la vida con la muerte,
pero nunca la muerte con la vida.
Confundo la materia y el vacío,
pero nunca el vacío y un vacío.
Y temo dar et paso que aún no he dado:
confundir todo lo que confundo
con lo que no confundo
o tal vez no confundir ya nada.

Sin embargo, ya no sé
si confundir algo con algo
es solo un subterfugio
para no confundirlos.
Y no confundir algo con algo,
nada mas que un retraso
de la confusion total.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Belle lune d’argent (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



Daniel Worth   The cat the moon and the chimney sweep

 

Belle lune d’argent …

Belle lune d’argent, j’aime à te voir briller
Sur les mâts inégaux d’un port plein de paresse,
Et je rêve bien mieux quand ton rayon caresse,
Dans un vieux parc, le marbre où je viens m’appuyer.

J’aime ton jeune éclat et tes beautés fanées,
Tu me plais sur un lac, sur un sable argentin,
Et dans la vaste nuit de la plaine sans fin,
Et dans mon cher Paris, au bout des cheminées.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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