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Poésie

Posts Tagged ‘caresser’

LES STATUES (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



 

Aristide Maillol

LES STATUES

Les feuilles, une à une, et le temps, heure à heure,
Tombent dans le bassin dont le jet d’eau larmoie;
Iphigénie en sang près d’Hélène de Troie,
Danaé, Antigone, Ariane qui pleure,

Marbres purs que le vent soufflette ou qu’il effleure!
Si le torse se cambre ou si la tête ploie,
Héroïque au destin qui caresse ou rudoie,
La statue aux yeux blancs persévère ou demeure.

L’éternelle beauté subsiste à jamais belle.
Le Silence a ployé le crêpe de son aile
Et songe, assis, le coude au socle où il inscrit

Le nom de l’héroïne énergique ou morose
Qui dérobe un sourire ou cache un sein meurtri
Derrière les cyprès ou derrière des roses.

(Henri De Régnier)

Illustration: Aristide Maillol

 

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Femme multiple (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2019



Femme multiple

Habillée de lumière
Ton sourire t’épanouit
Tu as des mains pour boire
Aux sources de la vie

Tu as des jambes à traverser les tempêtes
Et des seins à fendre les flots
Et dans ta robe à fleurs
Ton corps mûrit tous les désirs

Tes mains ouvrent des chemins
Et projettent de la tiédeur
Sur les vitres où se cognent
Des étoiles égarées
Tes yeux fascinent les pierres
Et pétrifient les oiseaux

Dans les frissons de l’aube
Tes regards piègent les êtres
Alors que des rayons errent sur ton corps
Qui s’imprègne de bien-être
Tu t’offres à la lumière
Le reflet de ta voix
Caresse l’écho du miroir
Sous la bénédiction des lampes

Toutes les choses sont belles de toi.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Louis Joseph Raphael Collin

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Ce monde noir où j’entre (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



Ce monde noir où j’entre
Avec des yeux sans bandeaux,
Grands ouverts qui ne voient plus.

Le chemin d’ombre sous mes pas, le chemin d’eau
Caresse l’herbe disparue et des visages
Obscurs glissent autour de moi, s’évanouissent
Sans remous dans la nuit liquide.

Si doucement vous bougez dans mon ventre
Enfants de ma jeunesse
Que vos gestes en moi laissent un toucher d’ailes.

Des branches dans le brouillard se rejoignaient,
J’ai passé devant l’île et j’entendis les armes,
Qui m’appelait de la rive ? qui se plaignait ?
J’ai gardé dans mes mains les traces de vos larmes.
Je respire une odeur de forêts englouties,

O Terre épaisse, aveugle et sous-marine !

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Gao Xingjian

 

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Jade (Bian Shoumin)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2019



Jade lisse au toucher
Soumis aux mille caresses

A toi-même transparent
Tu caresses un seul rêve…

(Bian Shoumin)

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Le soleil rit sur la fenêtre (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019




Le soleil rit sur la fenêtre
Que caresse amoureusement
Le rideau de mousseline
Qui épouse le corps invisible
D’un souffle d’air

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration

 

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Il a suffi (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2019



Illustration: Odilon Redon
    
Il a suffi
D’un léger mouvement des paupières
Souples à caresser les globes
Effervescents d’abolir les objets.

(Jean Tortel)

 

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Quand tu me caresses (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2019




    
Quand tu me caresses
je bondis

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Quand je caresse mon amie (Michel Serres)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2019




    
Quand je caresse mon amie, mes yeux magnifient son regard,
mon tact habille et exalte sa peau qui glorifie la mienne.

L’ego vit et vaut de créer de l’ego chez autrui qui, alors,
peut le rendre au premier au décuple, en vie et en valeur.

(Michel Serres)

 

Recueil: Biogée
Traduction:
Editions: Dialogues

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Il était monté tout en haut de Notre-Dame (Jean-Paul Labaisse)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2019




    
Il était monté tout en haut de Notre-Dame,
Se tenant, essoufflé, près du lourd carillon.
L’infirme caressait le fabuleux bourdon
Et la vue de Paris émerveillait son âme…

Sous ses pieds s’étendaient la Seine et ses bateaux,
L’île de la Cité, ses places, ses venelles,
Les flèches et les tours, tranquilles sentinelles…
Plus loin, c’était Montmartre et ses charmants coteaux.

Quasimodo pencha la tête et regarda :
Sur le parvis dansait la belle Esmeralda,
Créoles, caraco doré, châle vermeil.

Et le bossu, parmi les gargouilles sévères,
Les griffons, les serpents, les guivres, les chimères,
Rêvait d’un peu d’amour et d’un rai de soleil…

(Jean-Paul Labaisse)

 

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Où aller ? (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Ô de quelle façon, avec quel gémissement
nous nous sommes caressés, épaules et paupières.
Et la nuit se terrait dans les chambres,
comme un animal blessé que nous aurions transpercé de douleur.

Étais-tu élue entre toutes pour moi,
n’était-ce pas assez d’être la soeur ?
Ton être était pour moi comme une vallée délicieuse,
et maintenant, à la proue du ciel il

s’incline en une apparition inépuisable
et il étend son empire. Où aller ?
Hélas dans l’attitude de la déploration
tu te penches vers moi, toi qui ne consoles pas.

Lorsque ton visage me fait ainsi me consumer,
comme une larme celui qui pleure,
que je multiplie mon front, ma bouche
autour des traits que je connais pour tiens,
il me semble, par-dessus ces ressemblances
qui nous séparent parce qu’elles sont doubles,
déployer une pure identité.

***

O wie haben wir, mit welchem Wimmern,
Augenlid und Schulter uns geherzt.
Und die Nacht verkroch sich in den Zimmern
wie ein wundes Tier, von uns durchschmerzt.

Wardst du mir aus alien auserlesen,
war es an der Schwester nicht genug?
Lieblich wie ein Tal war mir dein Wesen,
und nun beugt es auch vom Himmelsbug

sich in unerschöpflicher Erscheinung
und bemächtigt sich. Wo soll ich hin?
Ach mit der Gebärde der Beweinung
neigst du dich zu mir, Untrösterin.

Wenn ich so an deinem Antlitz zehre
wie die Träne an dem Weinenden,
meine Stirne, meinen Mund vermehre
um die Züge, die ich an dir kenn,
mein ich über jene Ähnlichkeiten
die uns trennen, weil sie doppelt sind
eine reine Gleichung auszubreiten.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration retirée sur demande de l’artiste

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