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Poésie

Posts Tagged ‘cargaison’

Ensemble (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018


das_schiff_maria_im_sturm

Plutôt être ensemble – ballotés sur la houle –
Qu’un Havre – non partagé par toi.
Plutôt la Cargaison – à bord – ici –
Que les « îles aux épices » –
Et toi – absent –

(Emily Dickinson)

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Ah! ne montez pas à mon bord (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



Salvador Dali

Ah! ne montez pas à mon bord.
Je suis un navire en détresse
Sous l’offense du mauvais sort.
Ma cargaison n’est que tristesse,
Ah! ne montez pas à mon bord.

(Louise de Vilmorin)

Illustration: Salvador Dali

 

 

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La vérité est que je faisais des voyages minuscules (Marie Huot)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



La vérité est que je faisais des voyages minuscules
que personne ne voyait ni ne savait
Des allers-retours rapides à travers la mémoire
Ma petite cour était remplie de feuilles mortes
J’avançais sur un radeau de bois sec et de ficelles
Je n’avais ni voile ni boussole
simplement mon cœur qui se soulevait
quand nous croisions de loin des lanceurs de dés sur la mer
J’avais peur de retourner à la case départ avec ma cargaison d’amour
J’aurais préféré être dans un cheval de Troie
avec ma cargaison de guerre

(Marie Huot)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

 

 

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Que deviennent (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



 

Shoji Ueda 1

Les trains apportent tous les jours de Pologne
leur cargaison de froid sous la bâche de leur neige.
Sur les plumages des corbeaux stationne et sautille avec mon désespoir vague.

Les corbeaux.
La faim des corbeaux blesse l’unité de la neige.
Où dorment l’hiver les corbeaux ?

Et que deviennent — le printemps revenu —
les feuilles mortes des arbres ?

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Shoji Ueda

 

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Plongée dans le naufrage (Adrienne Rich)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016



 

Plongée dans le naufrage

Après avoir lu le livre des mythes,
chargé l’appareil photo,
et vérifié le tranchant du couteau,
j’ai revêtu
l’armure de caoutchouc noir
les palmes absurdes
le masque grave et malcommode.
Je dois le faire,
non comme Cousteau et son

équipe zélée
à bord du schooner inondé de lumière
mais ici, seule.

Il y a une échelle.
L’échelle est toujours là
qui pend innocemment
contre le bord du schooner.
Nous savons à quoi elle sert,

nous qui l’avons utilisée.
Sinon c’est aussi
une pièce de floche marine
un article quelconque.

Je descends.
Barreau après barreau et l’oxygène
me submerge encore
la lumière bleue

les atomes limpides
de notre atmosphère.
Je descends.
Mes palmes m’handicapent,
je descends de l’échelle en rampant comme un insecte
et il n’y a personne
pour me dire quand l’océan
va commencer.

D’abord l’air est bleu et puis
devient plus bleu, puis vert et puis
noir je m’évanouis dans ce noir
mon masque est fort
il pompe mon sang avec force
la mer, c’est une autre histoire
la mer n’est pas une question de force
je dois apprendre seule

à faire pivoter mon corps sans violence
dans l’élément profond.

Et maintenant, il est facile d’oublier
pourquoi je suis venue
parmi tant d’êtres qui ont toujours
vécu ici
agitant leurs éventails crénelés
entre les récifs

d’ailleurs
on respire différemment ici-bas.

Je suis venue pour explorer l’épave.
Les mots sont des intentions.
Les mots sont des cartes.
Je suis venue pour constater les dommages
et les trésors qui prévalent.
Je caresse le rayon de ma lampe

lentement le long du flanc
d’une chose plus permanente
qu’un poisson ou qu’une algue

j’étais venue pour cela :
le naufrage et non l’histoire du naufrage
cela même et non le mythe
le visage noyé regardant toujours
vers le soleil

l’évidence des dommages
usé par le sel et le balancement pour
cette beauté râpée
les membrures du désastre
arrondissant leur témoignage
parmi ceux qui rôdent timidement.

C’est bien ici.
Et j’y suis, l’ondine dont la chevelure sombre
coule noire, l’ondain dans son corps en armure

nous tournons silencieusement
autour de l’épave,
nous plongeons dans la cale.
Je suis elle : je suis lui
dont le visage noyé dort les yeux ouverts
dont les seins portent encore la contrainte
dont la cargaison d’argent, de cuivre et
de vermeil repose
obscurément dans des tonneaux

à demi enfoncés et abandonnés à la rouille
nous sommes les instruments à demi détruits
qui autrefois indiquions une direction
les bûches mangées par l’eau
le compas faussé

Nous sommes, je suis, vous êtes
par lâcheté ou courage
celui qui trouve son chemin

de retour vers cette scène
muni d’un couteau, d’un appareil photo,
d’un livre de mythes

nos noms ne figurent pas.

(Adrienne Rich)

 

 

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