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Posts Tagged ‘carillon’

Il était monté tout en haut de Notre-Dame (Jean-Paul Labaisse)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2019




    
Il était monté tout en haut de Notre-Dame,
Se tenant, essoufflé, près du lourd carillon.
L’infirme caressait le fabuleux bourdon
Et la vue de Paris émerveillait son âme…

Sous ses pieds s’étendaient la Seine et ses bateaux,
L’île de la Cité, ses places, ses venelles,
Les flèches et les tours, tranquilles sentinelles…
Plus loin, c’était Montmartre et ses charmants coteaux.

Quasimodo pencha la tête et regarda :
Sur le parvis dansait la belle Esmeralda,
Créoles, caraco doré, châle vermeil.

Et le bossu, parmi les gargouilles sévères,
Les griffons, les serpents, les guivres, les chimères,
Rêvait d’un peu d’amour et d’un rai de soleil…

(Jean-Paul Labaisse)

 

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NOEL (Hugo von Hofmannsthal)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



 

 

NOEL

Les carillons de Noël
Dans le vent nocturne…
Qui sait où sont aujourd’hui
Les cloches
Et les sons de jadis ?

Les sons vivants
Des ans écoulés
Avec leur beauté enfantine
Et leurs cheveux parfumés
Leurs cheveux parfumés de l’odeur de résine
Avec des lèvres et des boucles
Alourdies par les rêves ?

Et d’où viennent les cloches
D’aujourd’hui

Les vagabondes cloches d’aujourd’hui ?
Les jours présents
Glissent dans un souffle.
Qui écoute seulement si c’est une plainte
Ou le rieur mois de Mai
Le rougissant fleurissant mois de Mai ?

(Hugo von Hofmannsthal)

Illustration

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LA CLOCHE FÊLÉE (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



cloche fêlée

LA CLOCHE FÊLÉE

Il est amer et doux, pendant les nuits d’hiver,
D’écouter, près du feu qui palpite et qui fume,
Les souvenirs lointains lentement s’élever
Au bruit des carillons qui chantent dans la brume.

Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux
Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante,
Jette fidèlement son cri religieux,
Ainsi qu’un vieux soldat qui veille sous la tente

Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu’en ses ennuis
Elle veut de ses chants peupler l’air froid des nuits,
Il arrive souvent que sa voix affaiblie

Semble le râle épais d’un blessé qu’on oublie
Au bord d’un lac de sang, sous un grand tas de morts,
Et qui meurt, sans bouger, dans d’immenses efforts.

(Charles Baudelaire)

 

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Il est des nuits(Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



    

Il est des nuits où l’on ne saurait dormir sans les bruits du jour.
Turnhout. Jour de l’An.

Carillons, vos silences
me tiennent éveillé
J’entends les souris
grignoter le parquet
les termites
qui digèrent les poutres
le grésillement des vers
dans les meubles
les râles d’une braise
sous la cendre
les frôlements des corps
où s’usent les caresses

Nous mourons de murmures
vivons de carillons

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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NOUVEAU CREDO DU PAYSAN (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Léon-Augustin Lhermitte
    
NOUVEAU CREDO DU PAYSAN

Bon paysan -dont la sueur féconde
Les sillons clairs où se forment le vin
Et le pain blanc qui doit nourrir le monde,
En travaillant, je dois crever de faim ;
Le doux soleil, de son or salutaire,
Gonfle la grappe et les épis tremblants ;
Par devant tous les trésors de la terre,
Je dois crever de faim en travaillant !

Refrain
Je ne crois plus, dans mon âpre misère,
A tous les dieux en qui j’avais placé ma foi,
Révolution ! déesse au coeur sincère,
Justicière au bras fort, je ne crois plus qu’en toi ! (bis)

Dans mes guérets, au temps de la couvraille,
Les gros corbeaux au sinistre vol brun
Ne pillent pas tous les grains des semailles :
Leur bec vorace en laisse quelques-uns !
Malgré l’assaut d’insectes parasites,
Mes ceps sont beaux quand la vendange vient
Les exploiteurs tombent dessus bien vite
Et cette fois, il ne me reste rien !

Au dieu du ciel, aux maîtres de la terre,
J’ai réclamé le pain de chaque jour :
J’ai vu bientôt se perdre ma prière
Dans le désert des cieux vides et sourds ;
Les dirigeants de notre République
Ont étalé des lois sur mon chemin,
D’aucuns m’ont fait des discours magnifiques,
Personne, hélas ! ne m’a donné de pain !

Levant le front et redressant le torse,
Las d’implorer et de n’obtenir rien,
Je ne veux plus compter que sur ma force
Pour me défendre et reprendre mon bien.
Entendez-vous là-bas le chant des Jacques
Qui retentit derrière le coteau,
Couvrant le son des carillons de Pâques :
C’est mon Credo, c’est mon rouge Credo

(Gaston Couté)

 

 

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LE BLEU VENT D’OUTRE-MONTS (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



LE BLEU VENT D’OUTRE-MONTS

Le bleu vent d’outre-monts fait palpiter les frênes;
Il chante au loin du bois un carillon d’été;
Aux prés l’hermine et l’or des marguerites reines,
Et par l’azur sans fin, comme au chant des sirènes
Des récifs répété,
De grands nuages lents vont s’enflant en carènes…

Il sourd du pâturage un murmure sans trêve:
Juin chante au bois nouveau qui redit sa gaîté;
Des barques de foin gris attendent vers la grève,
La mort des fleurs qu’on fauche enivre l’air de sève
Et ma lèvre eût quêté
De la tienne le miel aprilin de ton rêve…

L’heure passe légère et court au crépuscule;
Le soleil près de choir s’est, d’orgueil, arrêté,
Là-bas, royal encore; et la fumée ondule
Du bûcher d’Occident jusqu’au zénith qui brûle…
Mon regard a guetté
Ton âme dans tes yeux où l’avenir recule…

L’heure était telle, et tout est même et se ressemble:
Le fleuve roule encore en lueurs de Léthé,
L’horizon, aussi, tel encore — que t’en semble? —
Est-il un rêve encore où nous rêvions ensemble?
N’as-tu rien regretté?
La nuit, ivre d’encens, est amoureuse et tremble…

Mais! sommes-nous ceux-là que nous avons été?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Cyn McCurry

 

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Chantent les grillons-carillon (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018



Chantent les grillons-carillon,
C’est la fièvre qui frémit,
Crisse le four desséché,
C’est une soie rouge qui brûle.

Les souris s’aiguisent les dents
Sur le fond ténu de la vie.
Une hirondelle ou bien l’enfant
Aura détaché mon esquif.

Que chuchote au toit la pluie —
C’est une soie noire qui brûle —
Mais le merisier entendra
Jusqu’au fond des mers — adieu.

Vu que la mort est innocente
Et qu’on ne peut rien y changer —
Dans la fièvre du rossignol
Le coeur est encore brûlant.

(Ossip Mandelstam)


Illustration

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L’oubli inassouvi (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



L’avare rayon sème d’une once froide
La lumière dans l’humide forêt.
Et moi, je porte en mon cœur lentement
Comme un oiseau gris, la tristesse.

Que puis-je faire d’un oiseau blessé ?
Le firmament se tait, se fige.
Du clocher cerné de brouillard,
On aura dérobé les cloches.

Et la muette, l’orpheline
Altitude à présent se dresse
Comme une blanche tour déserte
Où sont la brume et le silence.

Le matin, insondable de tendresse,
La demi-conscience et le demi-sommeil
Et l’oubli inassouvi,
Des pensées le brumeux carillon…

(Ossip Mandelstam)

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Un pauvre rayon, avec sa mesure froide (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Un pauvre rayon, avec sa mesure froide,
Sème la lumière dans l’humide forêt.
Je porte lentement dans mon coeur la tristesse,
Comme un oiseau gris.

Que faire d’une bête blessée ?
Le ciel s’est tu, il a expiré.
D’un clocher embrumé
On a ôté la cloche.

Et l’air se tient
Muet, orphelin —
Tel une blanche tour vide
Où c’est silence et brume.

Matin, insondable de tendresse —
Mi-songe et mi-réel,
Évanouissement inapaisé —
Le vague carillon de la pensée…

(Ossip Mandelstam)

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Basilique (Daniel Biga)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018



 

Basilique

Le carillon de la Cathédrale à toutes volées s’envole
nous voilà transportés dans les champs de jeunesse
dans les rivières du dimanche matin

ça un poème?
ce ne sont que quelques notes candies
quelques mots caramélisés
autour d’une émotion

(Daniel Biga)

Illustration: Maximilien Luce

 

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