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Poésie

Posts Tagged ‘carré’

LA LETTRE (Marina Tsetaeva)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2019



Illustration: Andrzej Malinowski

    

LA LETTRE

Les lettres — on ne les attend pas
Ainsi. C’est ainsi qu’on attend —
Une lettre. Un lambeau de papier,
Un peu de colle autour.
Et dedans un seul mot. Le bonheur
Et c’est tout —

Le bonheur — on ne l’attend pas
Ainsi. C’est ainsi qu’on attend…
La fin : Ordre aux soldats !
Feu ! Rouge aux yeux.
Trois balles au coeur
Et c’est tout !

Le bonheur ? Non ! Trop vieille,
La beauté dans le vent — partie,
On attend le carré de la cour
Les bouches noires des fusils.

(Le carré d’une lettre
Encre noire et magie)
Pour la mort — jamais vieille
Personne n’est trop vieux !
Le carré d’une lettre…

(Marina Tsetaeva)

 

Recueil: Mon dernier livre 1940
Traduction: Véronique Lossky
Editions: Cerf

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Jadis c’était la couleur du dire (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2019



Illustration: Margaret Brohan
    
Jadis c’était la couleur du dire
Qui inondait ma table sur le versant le plus laid d’une colline
Avec un champ chaviré où une école se tenait, tranquille
Et un carré noir et blanc de filles s’y répandait en jeux ;
Les doux glissoires du dire je les dois détruire
Pour que les noyés enchanteurs se relèvent pour chanter comme coq et tuer.
Quand je sifflais avec des gamins joueurs à travers le parc du réservoir
Où la nuit nous lapidions les froids, les niais
Amants dans la boue de leur lit de feuilles,
L’ombre de leurs arbres était mot à plusieurs obscurités
Et lampe d’un éclair pour les pauvres dans la nuit ;
Maintenant mon dire doit me détruire,
Et je déviderai chaque pierre comme un moulinet.

(Dylan Thomas)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Vision et Prière (et autres poèmes)
Traduction: Alain Suied
Editions: Gallimard

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Tes murs ne tombent pas (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



jaspe_corail_01

Hommage aux anges
[2]

Tes murs ne tombent pas, dit-il,
parce que tes murs sont de jaspe ;

mais pas carrée, ai-je pensé,
une autre forme (octaèdre ?)

glissa à la place
réservée par règle et rite

pour les douze fondements,
pour le verre tréluisant,

car elle n’a que faire du soleil
ni de la lune pour luire ;

car la vision comme nous la voyons
ou l’avons vue ou l’avons imaginée

ou autrefois invoquée
ou conjurée ou l’avions conjurée

par un autre a été usurpée ;
j’ai vu la forme

qui aurait pu être de jaspe,
mais elle n’était pas carrée.

***

Your walls do not fall, he said,
because your walls are made of jasper;

but not four-square, I thought,
another shape (octahedron?)

slipped into the place
reserved by rule and rite

for the twelve foundations,
for the transparent glass,

for no need of the sun
nor moon to shine;

for the vision as we see
or have seen or imagined it

or in the past invoked
or conjured up or had conjured

by another, was usurped;
I saw the shape

which might have been of jasper,
but it was not four-square.

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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DIVIDENDES DU SILENCE (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Illustration: Allison Soong   
    
DIVIDENDES DU SILENCE

Que peut écouter une oreille
quand elle s’appuie sur une autre?

L’absence de la parole
est un long signe moins
qui se dessaisit de son chiffre.

La couleur est une autre façon
de rassembler le silence.

La forme est un espace distinct
qui fait pression sur l’autre espace
comme le ferait une écorce.

Un oiseau recule
devant un soleil carré, noir
et s’arrête à l’envers sur le fil métallique
où se tait une pensée.
Et la pensée recule à son tour devant l’oiseau
comme l’élastique d’une fronde
qui lance des projectiles de silence.

Un poisson affolé
éparpille le coeur de l’eau
au centre de l’Homme
pour y ouvrir l’espace
où peut nager
le silence du poisson,
son acrobatie d’absence.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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Je suis pris dans le remous (Arthur Bidegain)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



 

je suis pris dans le remous
d’êtres sans scrupule
êtres à plusieurs têtes sans
yeux
mais à globes vitrifiés
dont la langue tournoie
sans cesse demandant
grâce mais
tuant dans le même espace
cube triangle carré

(Arthur Bidegain)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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Le carré des étrangers (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018



Le carré des étrangers

Quoi qu’il arrive
je reposerai en la terre
qui m’aura donné asile
Où que ce soit
mon ultime demeure
sera
au carré des étrangers

(Abdellatif Laâbi)

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Chercher, retrouver (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018




    
Chercher, retrouver. La terre
dessine un carré de lumière
où nous pouvons poser nos mains
appuyer notre visage.

Chercher, retrouver
l’éternité de nos vies.

(Hélène Dorion)

 

Recueil: Sans bord sans bout du monde
Traduction:
Editions: La différence

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Dans les carrés de lumière (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



Illustration: Anne-Laure Maison
    
Dans les carrés de lumière
que les fenêtres des immeubles
découpent sur la nuit
se démultiplient les silhouettes
d’un petit théâtre d’ombre
jouant les scènes triviales
de la si fascinante
vie des autres

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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CARRÉ PARFAIT (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018



    

CARRÉ PARFAIT

Rue déserte
Coup manqué
Au loin deux ombres vertes
Le sang noir de la nuit finit par nous sauver
La peau qui m’étouffait tombe sur le pavé
Je respire
Un moment
Et mon coeur est parti sans rien dire
Une aile au bord du poing
Et le toit s’est levé

Ah ! la belle musique
On pourrait s’y tromper
Mais l’homme qui chantait sur la place publique
Oubliant la mesure
Aura tout écouté.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Maison quelque part (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Maison quelque part, un toit
murs carrés dans les vitres. Pluie,
une table des mains bougent – quelqu’un
vit
dans leurs doigts. Presque rien,
les oiseaux qui passent. Leurs traces
dans la vitre, un signe

(Pascal Commère)

 

Recueil: Des laines qui éclairent
Traduction:
Editions: Obsidiane & Le temps qu’il fait

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