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Posts Tagged ‘carré’

Tes murs ne tombent pas (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



jaspe_corail_01

Hommage aux anges
[2]

Tes murs ne tombent pas, dit-il,
parce que tes murs sont de jaspe ;

mais pas carrée, ai-je pensé,
une autre forme (octaèdre ?)

glissa à la place
réservée par règle et rite

pour les douze fondements,
pour le verre tréluisant,

car elle n’a que faire du soleil
ni de la lune pour luire ;

car la vision comme nous la voyons
ou l’avons vue ou l’avons imaginée

ou autrefois invoquée
ou conjurée ou l’avions conjurée

par un autre a été usurpée ;
j’ai vu la forme

qui aurait pu être de jaspe,
mais elle n’était pas carrée.

***

Your walls do not fall, he said,
because your walls are made of jasper;

but not four-square, I thought,
another shape (octahedron?)

slipped into the place
reserved by rule and rite

for the twelve foundations,
for the transparent glass,

for no need of the sun
nor moon to shine;

for the vision as we see
or have seen or imagined it

or in the past invoked
or conjured up or had conjured

by another, was usurped;
I saw the shape

which might have been of jasper,
but it was not four-square.

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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DIVIDENDES DU SILENCE (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Illustration: Allison Soong   
    
DIVIDENDES DU SILENCE

Que peut écouter une oreille
quand elle s’appuie sur une autre?

L’absence de la parole
est un long signe moins
qui se dessaisit de son chiffre.

La couleur est une autre façon
de rassembler le silence.

La forme est un espace distinct
qui fait pression sur l’autre espace
comme le ferait une écorce.

Un oiseau recule
devant un soleil carré, noir
et s’arrête à l’envers sur le fil métallique
où se tait une pensée.
Et la pensée recule à son tour devant l’oiseau
comme l’élastique d’une fronde
qui lance des projectiles de silence.

Un poisson affolé
éparpille le coeur de l’eau
au centre de l’Homme
pour y ouvrir l’espace
où peut nager
le silence du poisson,
son acrobatie d’absence.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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Je suis pris dans le remous (Arthur Bidegain)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



 

je suis pris dans le remous
d’êtres sans scrupule
êtres à plusieurs têtes sans
yeux
mais à globes vitrifiés
dont la langue tournoie
sans cesse demandant
grâce mais
tuant dans le même espace
cube triangle carré

(Arthur Bidegain)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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Le carré des étrangers (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018



Le carré des étrangers

Quoi qu’il arrive
je reposerai en la terre
qui m’aura donné asile
Où que ce soit
mon ultime demeure
sera
au carré des étrangers

(Abdellatif Laâbi)

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Chercher, retrouver (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018




    
Chercher, retrouver. La terre
dessine un carré de lumière
où nous pouvons poser nos mains
appuyer notre visage.

Chercher, retrouver
l’éternité de nos vies.

(Hélène Dorion)

 

Recueil: Sans bord sans bout du monde
Traduction:
Editions: La différence

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Dans les carrés de lumière (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



Illustration: Anne-Laure Maison
    
Dans les carrés de lumière
que les fenêtres des immeubles
découpent sur la nuit
se démultiplient les silhouettes
d’un petit théâtre d’ombre
jouant les scènes triviales
de la si fascinante
vie des autres

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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CARRÉ PARFAIT (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018



    

CARRÉ PARFAIT

Rue déserte
Coup manqué
Au loin deux ombres vertes
Le sang noir de la nuit finit par nous sauver
La peau qui m’étouffait tombe sur le pavé
Je respire
Un moment
Et mon coeur est parti sans rien dire
Une aile au bord du poing
Et le toit s’est levé

Ah ! la belle musique
On pourrait s’y tromper
Mais l’homme qui chantait sur la place publique
Oubliant la mesure
Aura tout écouté.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Maison quelque part (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Maison quelque part, un toit
murs carrés dans les vitres. Pluie,
une table des mains bougent – quelqu’un
vit
dans leurs doigts. Presque rien,
les oiseaux qui passent. Leurs traces
dans la vitre, un signe

(Pascal Commère)

 

Recueil: Des laines qui éclairent
Traduction:
Editions: Obsidiane & Le temps qu’il fait

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Ce dernier carré (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018




    
Ce dernier carré
à l’imposture des jours
saura-t-il résister ?

Carré de vigne et de vigie
pour récolter
quelque ivresse ultime.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le Pion (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017




    
Le Pion

Devant une partie d’échecs, souvent,
je suis des yeux la progression d’un Pion
qui pas à pas chemine vers l’avant
et touche enfin à la ligne du fond.
Il marche vers son but de si bon coeur
qu’on peut penser que l’attendent là-bas
on ne sait quels plaisirs et récompenses.
En route il doit subir plus d’une épreuve.
Des fous lui jettent leurs lances de biais ;
il est frappé par des tours qui avancent
en ligne droite ; et de vifs cavaliers
à l’intérieur de leurs carrés s’efforcent
de l’amener à tomber par la ruse ;
tandis que çà et là, menace oblique,
un pion se place en travers de sa route,
envoyé là par le camp ennemi.

Mais il échappe aux dangers qui l’assaillent
et touche enfin à la ligne du fond.

Toucher au but, quel triomphe pour lui,
sur cette ligne ultime, et si terrible !

Car c’est ici que le Pion va mourir
et ses efforts n’ont servi à rien d’autre.
C’est pour la reine, qui va nous sauver,
qui grâce à lui va sortir de la tombe,
qu’il descendra dans l’Hadès des échecs.

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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