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Posts Tagged ‘carrosse’

L’ABANDON (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 

Stitched Panorama

L’ABANDON

Le carrosse d’or roux, la chaise, le sabot
Qui piaffe au pavé clair et sonne sur la dalle,
N’animent plus la cour vaste, vide et royale
Où se sont tus les pas, le fouet et le grelot.

La porte s’entrebâille et le volet se clôt;
Le vent use, tout bas, la pierre jaune et pâle;
Le silence engourdi crispe de salle en salle
Ses deux ailes de cendre et sa bouche d’écho.

La fontaine qui chante en gouttes dans la vasque,
Ni le faune qui rit sous le marbre du masque,
Ni le vase fleuri, ni les blanches statues

N’ont pu faire s’entresourire l’un à l’autre,
Lui qui porte un miroir, elle qui s’y voit nue,
La Solitude assise et le Passé qui rôde.

(Henri De Régnier)

Illustration

 

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Le plateau Le-you (Li Shang-yin)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Illustration: Liu Haisu
    
Le plateau Le-you

Vers le soir, quand vient la mélancolie
En carrosse sur l’antique plateau
Rayons du couchant infiniment beaux
Trop brefs hélas, si proches de la nuit

(Li Shang-yin)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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AUTOMNES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
AUTOMNES

Ciel gris, bas, bouché, minotaure.
L’odeur des fanes de l’automne
Fume dans les royaumes gris,
Sur les villages assoupis.

On entend des soupirs qui s’ont
Les testaments de la musique;
Un pêcheur mince et bagué d’or
Rit à son image sans yeux.

Sous le frais sourire des aulnes,
On chuchote dans les roseaux.

Le soleil barbu s’époumone
Dans ses carrosses, ses miroirs.
Il y faudrait un cor de chasse,
Une fée au bas des lavoirs,

Une douce pluie d’arentelles,
Un cercueil de verre filé
Et l’impossible odeur de l’ombre
Qui s’ouvre comme une anémone.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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RÉALITÉ (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018



Cypris   hl

RÉALITÉ

La nature est partout la même,
A Gonesse comme au Japon.
Mathieu Dombasle est Triptolème ;
Une chlamyde est un jupon.

Lavallière dans son carrosse,
Pour Louis ou pour Mars épris,
Etait tout juste aussi féroce
Qu’en son coquillage Cypris.

O fils et frères, ô poètes,
Quand la chose est, dites le mot.
Soyez de purs esprits, et faites.
Rien n’est bas quand l’âme est en haut.

Un hoquet à Silène échappe
Parmi les roses de Poestum.
Quand Horace étale Priape,
Shakespeare peut risquer Bottom.

La vérité n’a pas de bornes.
Grâce au grand Pan, dieu bestial,
Fils, le réel montre ses cornes
Sur le front bleu de l’idéal.

(Victor Hugo)

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A une beauté rencontrée en chemin (Li Bo)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2018




Illustration: Ogata Gekko
    
A une beauté rencontrée en chemin

Le cheval blanc, altier, foule les fleurs tombées
Ma cravache pendante frôle le carrosse aux cinq-nuages
De la dame. Soulevant le rideau de perles, d’un sourire
Elle montre, au loin, la maison rouge : « C’est là. »

(Li Bo)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Une voix (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017


 


 

Temple_de_l'Amour_sur_Île_de_la_Jatte

Une voix

Un signal une voix opiacée
tombes
sans fleurs.
J’ai touché le fer noir
et l’acier
des carrosses aux chevaux
suspendus.
Paris ne se réveille pas
de cette nuit
où je t’ai attendu…
enchaîné à des gouttes de pluie
suspendu à l’oeil fixe
d’un pigeon.

(Balbino)

 

 

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CONTE DE FEES (Jacqueline Commard)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2017



CONTE DE FEES

Si j’étais une fée … je te ferais Princesse !
Toi ma petite fille au regard limpide
Ta vie résonnerait en un chant d’allégresse
Pour t’offrir un destin sans image livide.

Tes châteaux en Espagne auraient un goût de vrai
Où tu irais danser au-delà de minuit
Ta pantoufle de vair, par bonheur échouerait
Dans les mains d’un héros des Mille et Une Nuits.

Tes jardins seraient pleins de citrouilles dorées
Pour que de ma baguette en sortent des carrosses
Qui anéantiraient comme un raz de marée
Les crapauds malveillants et les Fées « Carabosse ».

Tes voyages lointains sur des tapis volants
Te feraient découvrir le Pays des Merveilles …
La Lampe d’Aladin, dans le soleil couchant
T’éclairerait sans fin de ses rayons de miel …

Quand je te vois dormir au creux de ton berceau
Soudain je t’imagine en Belle au Bois Dormant
Sortant de son cocon de soie et de cristaux
Et qui prendrait l’Amour pour un Prince Charmant !

Mais … je rêvais tout haut … me revoici sur terre
C’est Toi qui es la Fée de notre quotidien
Lorsque tu apparais, tu portes la lumière
Eblouissant nos vies de tes yeux enfantins !

(Jacqueline Commard)

 

 

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PANORAMA (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2016



PANORAMA

Un carrosse en partance
pour la neige, une fleur
que le sang récompense,
un coquillage où meurt
une chanson de geste,
un vieux malentendu,
est-ce là ce qui reste
de notre amour perdu ?
Jetons-nous dans le vide :
une aile nous viendra,
puis un poème avide
entouré de deux bras,
puis la soif de deux hanches,
dont nos verbes gâtés,
les estimant trop franches,
tairont la nudité.

(Alain Bosquet)

 

 

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La bergère et le gentilhomme (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2016



Que fais-tu là, bergère,
Que fais-tu dans le champ?
Vous endurez la pluie,
Le froid, le mauvais temps.
— Je n’endure ni pluie
Ni froid ni mauvais temps;
Je file ma quenouille,
Gardant mes moutons blancs.
Si tu voulais, bergère,
Si tu voulais m’aimer,
Nous irions à l’ombrette,
Là-bas dans ce vert pré.
Monte dans mon carrosse,
Laisse là ton troupeau;
Tu seras riche dame
Là haut dans mon château.
— Je me moq’ du carrosse
Et du Joli’ château;
J’aime mieux être libre
En gardant mon troupeau.
Les oiseaux de campagne
Sont cent fois plus hardis
Que ceux qu’on met en cage
Aussitôt qu’ils sont pris.

(Anonyme)

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Fantaisie (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2016



Fantaisie

L’homme habitait un quart de pomme ;
La femme, un huitième de poire.
Leur vieille cousine Opportune
Vaquait dans une demi-prune.
Il y avait monsieur Léon
Qui débordait d’un gros citron
Et sa soeur, madame Émérence,
Qui emplissait toute une orange.
Quant à moi, chétive fillette,
Je tenais dans une noisette
Et, comme je n’étais pas grosse,
Il arrivait, les jours de fête,
Que je m’y déplace en carrosse.

(Maurice Carême)

 

 

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