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Poésie

Posts Tagged ‘carte’

ILE (Herri Gwilherm Kèrourédan)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2021



ILE

c’est le roc innommé
aucun signe sur les cartes
aucun geste contre le jusant
le bras hors du marais

c’est le caillou ponctuel
bloc sur les rides brisées
bloc dans les longues flèches des voix
le sommet des merveilles

l’ombilic mural de la fleur des vents

(Herri Gwilherm Kèrourédan)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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INVENTAIRE (Lionello Fiumi)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



 

Carl Vilhelm Holsoe Asleep

INVENTAIRE

Aux quatre coins de moi-même,
mélancoliquement je cherche
tout ce qui me manque à l’appel!

Où, mon fluide pas
qui feuilletait pour moi les horizons
ainsi que les pages d’un livre
d’images merveilleuses ?
Où, ma main qui serrait les jours
comme un jeu coloré de cartes
dont je pouvais tirer même la bonne ?
Quel miroir me rendra
la courbe exacte du sourire ?
Quelle plume saura traduire
les cadences de quels vers ?

Veuf de tout ce qui fut,
amputé de ce qui pouvait être
et désormais ne sera plus sur cette terre,
qu’attendre donc, qu’attendre
sinon, dans la roche creusée,
le bref horizon d’une bière ?

Pourtant — grâce très grande! — il reste
le coeur : il est plein de toi :
les yeux, les joues, les lèvres, les cheveux
et la voix grave et le sourire
et cette main qui me caresse
et te transfuse peu à peu
dans mes fibres les plus secrètes,
et ton pas qui est le mien.
Puisque tu es en moi,
puisque tu es moi.

(Lionello Fiumi)

Illustration: Carl Vilhelm Holsoe

 

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J’aimai (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



 

J’aimai les mots les plus banals
que nul n’osait plus prononcer.
La rime « amore-fiore » m’enchanta, elle la plus
vieille et la plus difficile au monde.

J’aimai la vérité qui se trouve au fond,
presque un rêve oublié, que la douleur
redécouvre amie. Avec la peur au cœur
on s’en approche, on ne l’abandonne plus.

Je t’aime toi qui m’écoutes et toi ma bonne
carte qui m’est restée à la fin de mon jeu.

(Umberto Saba)

Découvert chez Lara ici
 

 

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Je regarde cette carte (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2020



Illustration   
    
Je regarde cette carte annonçant une naissance,
pendant un instant,
mon visage s’illumine.

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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Comme chaque année (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2020




    
Comme chaque année,
ces deux, trois poèmes similaires que
m’adresse un ami sur sa carte de nouvel an.

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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CONSTELLATIONS D’HUMILITÉ (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2020




    
CONSTELLATIONS D’HUMILITÉ
Je n’ai pas pu être ton printemps…
STANKA PENTCHEVA

Pendant que j’évoque les esprits
de mes ancêtres païens
pour qu’ils m’apprennent les pas de la ronde
qui peut amener deux jours d’été
en plein décembre,
il aiguise les cisailles rouillées
de ses devoirs familiaux
et découpe les soleils
que je dessine au-dessus de la ville.

Tu n’étais pas encore née
quand j’ai vécu mon printemps,
me dit-il, tu es venue trop tard
pour être mon automne
et je ne sais que faire
avec tous ces soleils
qui font mal aux yeux
de mon quotidien.

Chaque matin depuis lors j’étale
tous les soleils et lunes découpés
pour composer une nouvelle carte céleste :
celle des constellations d’humilité.

Chaque matin il s’assoit sur le balcon
pour boire son café
mais un brouillard épais et humide
s’empare de son corps
et j’ai du mal à trouver
sur ma carte
où placer le soleil noir
qui apparaît
au fond de sa tasse de café.

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’envie de vivre (Gérard Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2020



Illustration: Flo DS
    

L’envie de vivre
S’écoule lentement

Derrière les pierres
Une mer d’écritures

Que les vagues effacent
Sous la vague céleste

Est-ce le désir
Qui brouille les cartes

Être le seul n’importe
Cousu dans la déchirure

Dans le grain de poussière
Je trouve mon paradis

Se taire et trembler
Dans l’exubérance des voix

(Gérard Lemaire)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Un poète à hauteur d’homme
Traduction:
Editions: du Contentieux https://lecontentieux.blogspot.com/

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LA ROSE DE LESBOS (Henrik Nordbrandt)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2020




    
Poem in Dutch Spanish, English, French, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Malaya, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla

Poem of the Week Ithaca 643
The rose of Lesbos by Henrik Nordbrandt, Denmark, 1945

From: « Digte / Gedichte », Uitgeverij Kleinheinrich, Münster

– ALL TRANSLATIONS ARE MADE IN COLLABORATION WITH GERMAIN DROOGENBROODT –

LA ROSE DE LESBOS

J’ai reçu cette rose d’une femme inconnue
alors que j’étais en route vers une ville inconnue.
— Et maintenant que je me trouve dans cette ville
j’ai dormi dans ses lits, joué aux cartes sous ses cyprès
je me suis enivré dans ses tavernes
j’ai vu cette femme aller et venir, venir et aller
et je ne sais plus où jeter la rose qui est mienne.
Partout où j’étais flotte son parfum
et là où je n’étais pas
gisent ses feuilles fanées, froissées dans la poussière.

Traduction de Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

DE ROOS VAN LESBOS

Ik kreeg die roos van een onbekende vrouw
toen ik op weg was naar een onbekende stad.
─ En nu, dat ik in die stad ben
in haar bedden sliep, onder haar cipressen kaartspeelde
mij in haar tavernes volgeschonken heb
en die vrouw heb zien komen en gaan, zien gaan en komen weet ik niet meer,
waar ik de roos van mij moet gooien.
Overal waar ik was, hangt haar parfum.
En overal, waar ik niet was,
liggen haar verdorde bladeren, verkreukeld in het stof.

Vertaling in het Nederlands: Germain Droogenbroodt
Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt

***

LA ROSE DE LESBOS

Recibí esta rosa de una mujer desconocida
cuando caminaba por una ciudad desconocida.
─ Y ahora, que estoy en la ciudad,
dormí en sus camas, jugué a las cartas bajo sus cipreses,
me embriagué en sus tabernas,
vi a esa mujer ir y venir, venir e ir
y ya no sé dónde arrojar mi rosa.
En todos los lugares, donde estuve, cuelga su fragancia.
Y en aquellos otros, donde no estuve,
yacen sus hojas arrugadas en el polvo.

Traducción de Rafael Carcelén
Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***

THE ROSE FROM LESBOS

I got that rose from an unknown woman
when I was on my way to an unknown city.
— And now that I’m in town
slept in its beds, played cards under its cypress trees,
drank myself full in its taverns
and have seen that woman coming and going, going and coming,
I don’t know, anymore, where to throw that rose of mine.
Everywhere, where I was, hangs its fragrance.
And everywhere, where I wasn’t,
its withered leaves lie crumpled in the dust.

Translation into English by Stanley Barkan

***

LA ROSA DI LESBO

Ho ricevuto una rosa da una donna sconosciuta
mentre andavo verso una città sconosciuta.
— e adesso che sono in paese
ho dormito nei suoi letti, giocato a carte sotto i cipressi,
mi sono ubriacato nelle sue taverne
e ho visto quella donna andare e venire, andare e venire,
più non so dove gettare quella mia rosa.
Dovunque sono stato, persiste la sua fragranza.
e dove non sono stato,
le sue foglie avvizzite rimangono accartocciate nella polvere.

Traduzione di Luca Benassi
Translation into Italian by Luca Benassi

***

DIE ROSE VON LESBOS

Ich bekam diese Rose von einer unbekannten Frau
als ich auf dem Weg war in eine unbekannte Stadt.
─ Und jetzt, wo ich in der Stadt bin
in ihren Betten geschlafen, unter ihren Zypressen Karten gespielt
mich in ihren Tavernen vollgetrunken habe
und die Frau habe kommen und gehen und gehen und kommen sehn
weiß ich nicht mehr, wo ich die Rose von mir werfen soll.
Überall, wo ich war, hängt ihr Duft.
Und überall, wo ich nicht war
liegen ihre welken Blätter zerknüllt im Staub.

Übersetzung von Ursula Schmalbruch
Translation into German by Ursula Schmalbruch

***

A ROSA DE LESBOS

Recebi esta rosa de uma mulher desconhecida
quando caminhava por uma cidade desconhecida.
– E agora que estou na cidade,
dormi nas suas camas, joguei cartas sob os seus ciprestes,
me embriaguei nas suas tavernas,
vi essa mulher ir e vir, vir e ir
e já não sei a quem oferecer a minha rosa.
Em todos os lugares, onde estive, a presença do seu perfume.
E naqueles outros, onde não estive,
permanecem suas pétalas enrugadas no pó.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by José Eduardo Degrazia

***

LA ROSA DI LESBU

La rosa di Lesbu
Riciviu dda rosa di na fimmina scanusciuta
Mentri stava iennu a na città scanusciuta
─ E ora ca sugnu nto paisi,
ca durmìu ntê so letti, ca jucaiu a carti sutta li cipressi,
mi sazziaiu di biviri nta li taverni
e vitti dda fimmina ca ieva e vineva, vineva e ieva,
non sacciu chiù unni iccari dda me rosa.
La so fragranza ristau in ogni banna unni stesi

E in ogni postu ca non visitaiu
lI so petali ammusciati stannu unturciuniati nta la pulviri.

Traduzioni di Gaetano Cipolla
Translation into Sicilian by Gaetano Cipolla

***

TRANDAFIRUL DIN LESBOS

Am primit trandafirul acela de la o necunoscută
în timp ce mă îndreptam spre un oraș străin.
─ Acum, după ce am ajuns în orașul acela
și am dormit în paturile lui,
am jucat cărți sub chiparoșii săi,
m-am îmbătat prin tavernele lui,
privind cum venea și pleca,
cum se ducea și întorcea acea femeie,
nu mai știu unde să-l arunc.
Oriunde merg, plutește-n aer mireasma lui
și acolo unde n-am ajuns, îmi pare că îi zac
veștede și mototolite petalele în praf.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

Róża z Lesbos

Dostałem tę różę od nieznajomej kobiety
kiedy byłem w drodze do nieznanego miasta.
— A gdy teraz jestem w tym mieście
sypiałem w jego łóżkach, grałem w karty pod jego cyprysami,
upijałem się kompletnie w jego tawernach
i widziałem jak ta kobieta przychodzi i odchodzi, odchodzi i przychodzi,
sam już nie wiem, gdzie mam rzucić tę moją różę.
Wszędzie tam, gdzie byłem, unosi się jej zapach.
I wszędzie tam, gdzie mnie nie było
jej zwiędłe listki leżą pogniecione, w kurzu.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΤΟ ΡΟΔΟ ΑΠΟ ΤΗ ΛΕΣΒΟ

Από γυναίκα άγνωστη έλαβα ένα τριαντάφυλλο
στη νέα πόλη καθώς πήγαινα.
Και τώρα πού έφτασα στην πόλη
και σε κρεβάτι της κοιμήθηκα
κι έπαιξα χαρτιά στα κυπαρίσια από κάτω
κι ήπια ακόρεστα μες στις ταβέρνες της
κι αφού είδα τη γυναίκα να `ρχεται και να πηγαίνει
δεν ξέρω πια το τριαντάφυλλο τί να το κάνω.
Όπου βρισκόμουν ήταν και τ’ άρωμα του
κι όπου δεν ήμουν μαραινόταν και πέφταν
στη σκόνη τα ροδοπέταλα του.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

来自莱斯博斯的玫瑰

我在去一个陌生城市的路上从一个
不认识的女人那里得到了那朵玫瑰。
——现在我在城里了
睡城里的床,在城市的柏树下玩牌,
在城里的酒馆里喝得酩酊大醉
还看到那个女人来了去,去了来,
我再也,不知道,我的那朵玫瑰扔到哪里了
无论我在哪里,到处都悬着那玫瑰的芬芳。
而我不在的地方,处处的
尘土中都皱巴巴地躺着它的枯叶。

汉译:中 国 周道模
Translation into Chinese by William Zhou

***

وردة من ليسبوس

امرأة مجهولة تمنحني وردة .
أثناء طريقي صوب مدينة مجهولة.
الآن، وقد بلغت هذه المدينة
هجعت في أسرتها، لعبت الورق تحت أشجار السرو،
شربت حتى الثمالة في حاناتها
أبصرت المرأة ذاتها تأتي وتغيب، تغادر وتعود.
لا أعلم، بعد الآن، أين ألقي بوردتي هذه
فثمة عطر يضوع في كل مكان أكون فيه
أما الأماكن التي لم أبلغها،
ففيها تكومت أوراق الأشجار التي بعثرها الغبار.

ترجمة عن الانجليزية: سارة سليم
Translation into Arab by Sarah Selim

***

लेसबोस से गुलाब

मुझे वह गुलाब एक अनजान महिला से मिला
जब मैं एक अनजान शहर की तरफ जा रहा था।
—और अब मैं शहर में हूँ
अपने बिस्तर में सोए, अपने सरू के पेड़ों के नीचे ताश खेला,
खुद को उसकी सराय में भरपेट पी लिया
और उस औरत को आते-जाते, आते-जाते देखा है,
मुझे नहीं पता कि मेरा गुलाब कहाँ फेंकना है।
हर जगह, जहां मैं था, उसकी खुशबू को लटका देता है।
और हर जगह, जहाँ मैं नहीं था,
इसके मुरझाए पत्ते धूल में लिपटे हुए हैं।

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

その薔薇の花を見知らぬ女から受け取った
見知らぬ街への途中で
‐そして私は今その街にいる
ベッドで眠り、糸杉の木の下でトランプをした
酒場で一人、酒を飲み干した
するとその女が行ったり来たり歩いているのが見えた
その薔薇の花をどこに投げ捨てればよいのか
もはやわからない
どこにいようと
その花の香りがついてきた
そして私がいないところにも
あらゆるところにその香りがあった
枯れた葉っぱが埃のなかでくしゃくしゃになって

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

گل رز از لیسبوس

من آن گل رز را از زنی ناشناس گرفتم
هنگامی که راهی شهری ناشناخته بودم.
و‌حالا که در شهر
روی بسترهایش خوابیده ام و زیر درختان سروش ورق بازی کرده ام
در میخانه هایش نوشیده ام
و آن زن را دیده ام که می آید و می رود،
می‌ آید و می رود،
من نمی دانم، دیگر، گل سرخم را
به کجا پرتاب کنم.
همه جا، هر کجا من بوده ام، عطرش فضا را پر کرده است.
و هر کجا، که نبوده ام،
برگهای پژمرده آن در گرد و غبار فرو رفته است.

هسپیده زمانy
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

РОЗАТА ОТ ЛЕСБОС

Получих тази роза от една непозната жена,
когато бях на път за един неизвестен град.
– И сега като съм в града,
заспал в неговите легла,
играл карти под неговите кипариси,
напълно пиян в таверните му
и съм виждал тази жена да идва и да си отива,
да си отива и да идва,
не знам, вече, къде да хвърля тази моя роза.
Навсякъде, където бях ухаеше на аромата й.
Навсякъде където не отидох
повехнали и смачкани листата й лежат в пахта.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

RÓSIN FRÁ LESBOS

Ókunnug kona gaf mér þessa rós
þegar ég var á leið til ókunnrar borgar.
— Og nú er ég kominn í bæinn
svaf þar í rúmum, spilaði á spil undir kýprusviðnum,
drakk mig fullan á kránum
og sá konuna koma og fara, fara og koma,
ég veit ekki lengur hvar ég á að kasta rósinni minni.
Hvar sem ég var, þar er ilmur hennar.
og hvar sem ég var ekki,
þar liggur visnað lauf hennar í kuðli í rykinu.

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

РОЗА ЛЕСБОСА

Ту розу получил я от незнакомки
на пути в незнакомый город.
─ И вот в этом городе
я спал на кроватях, играл под кипарисами в карты,
напивался в тавернах
и видел, как эта дама приходила и уходила, приходила и уходила,
и я уже не знаю, как мне избавиться от той розы.
Везде, где бы я ни был, витает ее аромат.
И везде, где я не был,
лежат ее увядшие лепестки, затоптанные в пыль.

Перевод на русский Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

BUNGA MAWAR DARIPADA LESBOS

Aku menerima bunga mawar daripada wanita yang tidak dikenali
tatkala dalam perjalanan ke kota yang tidak dikenali.
—Kini aku berada di kota
tidur atas ranjang, bermain kad di bawah pohon sipres,
puas minum di kedai wain
pernah melihat wanita itu datang dan pergi, pergi dan datang,
aku tidak pasti lagi, di mana harus aku buang bunga mawar milikku.
Di serata tempat aku singgah aromanya mewangi
dan di serata tempat aku tiada
berbaring dedaun layu atas debu.

Penterjemah: Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman
Translation into Malay by Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman

***

ANG ROSAS MULA SA LESBOS

nakuha ko ang mga bulaklak na ito mula sa hindi nakikilalang babae
noong ako’y nagpunta sa hindi kilalang lunsod.
– at ngayong ako ay nasa bayan na
natulog sa mga kama, naglaro ng mga baraha sa ilalim ng mga puno ng sipres,
nagpakalango ng husto sa taberna nito
at muling nakita ang babaeng iyon na dumating at umalis, umalis at dumating,
hindi ko na alam, kung paano, saan ihahagis ang mismong rosas na ito.
Kung saan ako naroroon, nakapalibot ang halimuyak nito.
At sa mga dako, na ako’y wala roon,
Ang mga nalantang dahon nito, durog na lumagpak sa mga alikabok.

Translated into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

הַוֶּרֶד מלסבוס

קִבַּלְתִּי אֶת הַוֶּרֶד הַזֶּה מֵאִשָּׁה אַלְמוֹנִית
כְּשֶׁהָיִיתִי בְּדַרְכִּי לְעִיר אַלְמוֹנִית.
וְעַכְשָׁו כְּשֶׁאֲנִי בָּעִיר

יָשַׁנְתִּי בְּמִטּוֹתֶיהָ, שִׂחַקְתִּי קְלָפִים מִתַּחַת לַעֲצֵי הַבְּרוֹשׁ שֶׁלָּהּ,

שָׁתִיתִי עַצְמִי לְשָׂכְרָה בְּמִסְבְּאוֹתֶיהָ
וְרָאִיתִי אֶת אוֹתָהּ אִשָּׁה בָּאָה וְהוֹלֶכֶת, הוֹלֶכֶת וּבָאָה,
כְּבָר אֵינִי יוֹדֵעַ הֵיכָן לִזְרֹק אֶת אוֹתוֹ וֶרֶד שֶׁלִּי.

בְּכָל מָקוֹם בּוֹ הָיִיתִי, תָּלוּי וְעוֹמֵד נִיחוֹחוֹ.
וּבְכָל מָקוֹם בּוֹ לֹא הָיִיתִי,
מֻנָּחִים עָלָיו הַקְּמֵלִים, קְמוּטִים בָּאָבָק.
תרגום לאנגלית: ג’רמיין דרוגנברודט וסטנלי ברקן
תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

லெஸ்போஸிலிருந்து ரோஜா மலர்கள்

தெரியாத ஒரு நகரத்திற்குச் செல்லும் வழியில்
தெரியாத ஒரு பெண்ணிடமிருந்து அந்த ரோஜா மலரைப் பெற்றேன்
இப்பொழுது அந்த நகரில் இருக்கிறேன்
படுக்கையில் தூங்கினேன், சைப்ரஸ் மரத்தடியில் சீட்டு
விளையாடினேன்,
முழுமையாக மதுபானம் அருந்தினேன்
அந்தப்பெண் இங்கும் அங்கும் செல்வதைக் கண்டேன்
அந்தரோஜா மலரை எங்கு எரிவதென்று தெரியவில்லை
நான் இருந்த எல்லாஇடத்திலும் அதன் நறுமணம் வீசியது
நான் இல்லாத இடத்தில்
கசங்கிப்போன இலைகள் தூசியோடு கிடந்தன!

Translation into Tamil by Dr. N.V. Subbaraman

***

GULA JI LÊSBOSÊ

Min ev gula ji jineke nenas wergirt
dema ez li ser rê bûm bo bajarekî nenas.
Û niha, ku ez li bajêr im
di nivîna wî de xewkiriye û li bin kajan bi skembwîlê dilîzim
li meyxaneyan min têrmey vexwariye
û jin tê û diçe, diçe û tê
meraq
ez nizanim bêtir, ez gula bi min re kuda bavêjim.

Ez li kuderê bûme, bîhna wê tê.
Û li herdera ez ne li wir bûm
pelên wê çelmisîne, gulok bûne di nav tûzê de.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

লেসবসের গোলাপ

আমি পেলাম গোলাপটি লেসবসের কোন এক অজানা রমণীর কাছ থেকে
যখন আমি ছিলাম পথের পথিক কোন এক অজানা শহরের পথে।
— আর আমি এখন সেই শহরে
নিদ্রায় থাকি এই শহরেতে তাস খেলি এই শহরের সাইপ্রাস গাছের নিচে,
পূর্ণতায় পান করি এই শহরের সরাইখানায়
আর দু চোখে দেখি রমনীরা আসে আর যায় আর আসে,
এখন আমি জানিনা আর কাকে করবো সমর্পণ গোলাপ আমার।
সবখানে যেখানে আমি ছিলাম রয়ে গেছে গোলাপের সুগন্ধ।
আর সবখানে যেখানে আমি ছিলাম না,
সেখানে গোলাপের শুকনো পাতা গুলি শুয়ে থাকে এলোমেলো ধূলোর মাঝে।

Translation into Bangla by Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

(Henrik Nordbrandt)

 

Recueil: ITHACA 643
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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ENFIN (Robert Champigny)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



ENFIN

Quand seront morts le faux le vrai
Trié les cartes les images
Enfin je me reconnaîtrai
Où est le masque où le visage

Trié les cartes les images
Appris enfin ta vie par coeur
Où est le masque oû le visage
Que la parole en écho meure

Appris enfin ta vie par coeur
Il ne faut pas laisser de trace
Que la parole en écho meure
Seul en histoire un zéro passe

ll ne faut pas laisser de trace
Quand j’aurai fait assez l’humain
Seul en histoire un zéro passe
Quoi se reconnaîtra enfin

(Robert Champigny)

 

 

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Habillage (Philippe Claudel)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2020



Illustration: Pascal Renoux
    
Habillage

Mon amour
Mon Dieu que c’est long
Que c’est long
Ce temps sans toi
J’en suis à ne plus compter les jours
J’en suis à ne plus compter les heures
Je laisse aller le temps entre mes doigts
J’ai le mal de toi comme on a le mal d’un pays
Je ferme les yeux
J’essaie de retrouver
Tout ce que j’aime de toi
Tout ce que je connais de toi
Ce sont tes mains
Tes mains qui disent comme ta bouche les mots
En les dessinant dans l’air et sur ma peau parfois
Tes mains serrées dans le sommeil avec la nuit
Dans le creux de ta paume
Tes mains qui battent les rêves comme des cartes à jouer
Tes mains que je prends dans les miennes
Pendant l’amour
Ce matin tandis que le soleil venait à la fenêtre j’ai fermé les yeux
Et ta bouche s’est posée sur ma bouche
La tienne à peine ouverte
Et tes lèvres doucement se sont écrasées sur les miennes
Et ta langue s’est enroulée à ma langue
J’ai songé à l’Italie alors
Au citronnier de Ravello accroché dans l’à-pic au-dessus de la mer
Très bleue
Au vent dans tes cheveux
Tu portais ta robe rose
Elle devenait une fleur
Elle jouait avec tes cuisses et tes bras nus
Le vent la tordait comme un grand pétale souple
Le vent chaud comme ton ventre après l’amour
Tandis que mon sexe dans ton sexe frémit encore et s’émerveille
Que le plaisir a rendu mauves nos paupières
Que nous sommes couchés non pas l’un contre l’autre
Mais l’un à l’autre
Oui l’un à l’autre mon amour
Mon présent s’orne de mille passés dont il change la matière
Et qui deviennent par ta grâce des présents magnifiques
Ces heures ces instants ces secondes au creux de toi
Je me souviens du vin lourd que nous avions bu
Sur la terrasse tandis que la nuit couvrait tes épaules
D’un châle d’argent
Je me souviens de ton pied gauche jouant avec les tresses de ta sandale
La balançant avec une grâce qui n’appartient qu’à toi
Je me souviens de ce film de Nanni Moretti Caro Diaro
Vu dans un vieux cinéma
Des rues de Rome
De la lumière orangée de la ville
Et de la Vespa que nous avions louée quelques jours plus tard
Et nous avions roulé comme Nanni dans le film
Sans but et sans ennui
Dans l’émerveillement du silence de la ville
Désertée pour la ferragosto
Tu me tenais par la taille et tu murmurais à mon oreille
« Sono uno splendido quarantenne »
Et tu riais
Et je riais avec toi sous le nuage des pins parasols
Dans les parfums de résine
Et le soir devant le grand miroir rouillé de la très petite chambre de l’hôtel
Tu jouais un autre film
« Tu les trouves jolies mes fesses ?
Oui. Très.
Et mes seins tu les aimes.
Oui. Enormément. »
Et je disais oui à tout
Oui à toi
Oui à nous
Je sors une heure chaque jour
Cela est permis
Je marche je tourne je tourne en rond
Et rien ne tourne rond
Pour moi sans toi
Pour moi loin de toi et qui n’ai plus que ma mémoire
Pour te faire naître dans mon cerveau
Et l’apaiser l’embraser t’embrasser te serrer te chérir en lui
Hier le surveillant tandis que je rentrais dans ma cellule après la promenade
M’a dit que le confinement allait prendre fin au-dehors

Dombasle-sur-Meurthe, le 20 mai 2020

(Philippe Claudel)

 

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