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Poésie

Posts Tagged ‘cartes’

Parfois (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2021



Parfois d’un vol les oiseaux choisissent mon jardin
Et je les guette
Et j’aveugle ma tête
Mes cerises leur plaisent

Dans mes mains des cartes à jouer ont été mises
Et je vois que je suis attablé

(Pierre Morhange)

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La Dame de carreau (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018


dame_carreau

Tout jeune, j’ai ouvert mes bras à la pureté.
Ce ne fut qu’un battement d’ailes au ciel de mon éternité,
qu’un battement de cœur amoureux qui bat dans les poitrines conquises.
Je ne pouvais plus tomber.
Aimant l’amour.

En vérité, la lumière m’éblouit.
J’en garde assez en moi pour regarder la nuit,
toute la nuit, toutes les nuits.
Toutes les vierges sont différentes.
Je rêve toujours d’une vierge.

A l’école, elle est au banc devant moi, en tablier noir.
Quand elle se retourne pour me demander la solution d’un problème,
l’innocence de ses yeux me confond à un tel point que,
prenant mon trouble en pitié, elle passe ses bras autour de mon cou.
Ailleurs, elle me quitte.
Elle monte sur un bateau.

Nous sommes presque étrangers l’un à l’autre,
mais sa jeunesse est si grande que son baiser ne me surprend point.
Ou bien, quand elle est malade,
c’est sa main que je garde dans les miennes,
jusqu’à en mourir, jusqu’à m’éveiller.
Je cours d’autant plus vite à ses rendez-vous
que j’ai peur de n’avoir pas le temps d’arriver
avant que d’autres pensées me dérobent à moi-même.
Une fois, le monde allait finir
et nous ignorions tout de notre amour.
lents et caressants.

J’ai bien cru, cette nuit-là, que je la ramènerais au jour.
Et c’est toujours le même aveu, la même jeunesse,
les mêmes yeux purs,
le même geste ingénu de ses bras autour de mon cou,
la même caresse, la même révélation.
Mais ce n’est jamais la même femme.

Les cartes ont dit que je la rencontrerai dans la vie,
mais sans la reconnaître.

Aimant l’amour.

(Paul Eluard)

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La fleur du secret (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018


 

Ma mémoire bat les cartes,
Les images pensent pour moi.
Je ne peux pas te perdre,
C’est la fleur du secret,
Un incendie à découvrir.

(Anonyme)

 

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Une main (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



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Une main traverse la porte
mince mince à en souffrir
d’autres mains jouent aux cartes
là-bas là-bas dans les airs
d’autres encor désertent
le grand ennui du ciel

(Raymond Queneau)

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Chanson des trois éléphants rouges (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2016



Trois éléphants rouges rient
Au seuil d’une librairie.

Trois éléphants et la rue
Une perle et la charrue.

Entrez, fous et médecins,
On gracie les assassins.

Trois éléphants et trois marches
De plain-pied dans la débâcle.

Et, putains aux yeux de verre,
Trois cent mille réverbères,

Entrez, violeurs et saints,
On fête les assassins.

Trois éléphants rouges pleurent
Au bas de notre demeure.

Trois éléphants, l’avenue
Et, belle, une fille nue.

Entrez, vieux metteurs en scène.
Trois beaux éléphants obscènes.

Trois éléphants de la nuit
Un cœur tendre et leur ennui.

Entrez, menuisiers de cendres,
J’ai du bois à en revendre.

Il se prépare un grand feu
Pour les pierres et les cheveux.

Entrez, pauvres et monarques,
Tireurs de frondes et d’arcs

Tireuses de cartes, moites
Dans le vent et dans les boîtes.

Soirées de miel et d’orgies
Pour le sol et les bougies.

Entrez, bonnes fées et faunes,
Ogre, satyres aphones

Jours d’été striés de plumes
Qu’une seule abeille allume

Trois éléphants sur un banc,
Un aigle et le matin blanc.

(Edmond Jabès)

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Chanson pour trois poupées de sucre (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2016



Trois poupées de sucre
et un confiseur.
Trois poupées de luxe
et leur tendre cœur.

Un château de cartes
et trois vieux marcheurs.
Trois petites dames
et leurs pauvres larmes;

Trois colliers de jade
et un accroche-cœur.
Trois filles grasses
et leurs lourdes nattes.

Trois poupées aux anges
et la terre en fleurs.
Du feu dans les granges
et, fidèle, l’heure,

(Edmond Jabès)

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