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Poésie

Posts Tagged ‘castagnette’

Le pangolin (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2020



On a beau être un pangolin
Et ressembler à s’y méprendre
A un tas de pommes de pin;
On a quand même le coeur tendre.

On a beau faire, quand on marche,
Un cliquetis de castagnettes;
On a de l’amour plein la tête
Et des douceurs de patriarche.

On n’a – quand on est pangolin –
Ni la grâce ocellée du paon
Ni la souplesse du félin.

Mais on vit entre bons voisins,
Oublié, mais toujours content,
Dans le blanc silence africain.

(Maurice Carême)

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Qui nous attache? Qui nous menace? (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Qui nous attache?
qui nous menace?
nous protège une jeune danseuse
nue
les bras levés
dans ses mains
brillent
castagnettes de coquillages
secret de cigale.

(Luis Mizón)


Illustration: Claude Prévost

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Fleur de grenadier (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Fleur de grenadier

Après le toréador Havradi, après les processions,
après les courses de taureaux, après les arrivages de la flotte d’Espagne,
ce que les habitants de Mexico aimaient le mieux,
c’était la danseuse Grenadilla.

Seigneurs, bourgeois, matelots, soldats,
tout le monde la connaissait, tout le monde l’admirait,
tout le monde la respectait,
et pourtant ce n’était qu’une pauvre danseuse des rues,
une fille du peuple qui ne connaissait même pas sa famille,
une bohémienne, une saltimbanque.
Mais quand cette bohémienne, cette saltimbanque,
se mettait à danser le fandango, il n’y avait pas de duchesse qui eût l’air plus noble,
la taille plus souple, les gestes plus fiers et plus gracieux que la Grenadilla.
Dès qu’elle paraissait, son tambour de basque ou ses castagnettes à la main,
la foule s’amassait autour d’elle, on faisait cercle,
on se disputait une place pour la voir danser.
Le directeur du théâtre avait voulu l’engager, mais sans succès.
La Grenadilla ne voulait pas être autre chose que la danseuse du peuple,
aussi le peuple l’adorait.
Malheur à celui que eût osé toucher seulement un cheveu de la Grenadilla!

[Mais on ne peut échapper au destin:]
Après trois mois de traversée, le vaisseau qui la portait [vers l’Europe] fit naufrage.
Le corps de Grenadilla fut porté par la vague sur le rivage d’Espagne.
La Fée aux Fleurs, qui se trouvait en ce moment dans ces parages pour surveiller le Jasmin,
recueillit le corps de Grenadilla et permit qu’à l’endroit où elle l’avait trouvé
s’élevât un magnifique bosquet de grenadiers
dont les fleurs et les fruits réjouissent la vue,
comme Grenadilla la récréait autrefois par sa beauté et ses talents.

(J.J. Grandville)

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Quand Marguerite danse (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2016



Quand Marguerite danse
(ou la chansonnette des munificences glorieuses et des récompenses discrètes)

Je vous donne votre beauté, Marguerite,
je vous donne ce qui déjà vous appartient.

Vous voyez, je ne prends rien.

Je vous donne votre belle âme, Pâquerette,
je vous la donne
qui brille dans vos yeux toute.

Vous voyez, je n’y prends goutte.

Je vous donne tout votre charme, Anthémis,
quand vous pleurez de joie en dansant, voyez,

je n’y prends pas même une larme.

Je vous donne vos doigts qui frétillent
en agitant les castagnettes,
Fleur-à-pétales-en-collerette,
et votre pied-de-nez, voyez,

je n’en chipe même pas pichenette.

Je vous donne à qui vous pensez,
quand vous dansez, Marguerite,
à qui déjà vous appartient.

Vous voyez, je ne prends rien.

(Paul Fort)


Illustration: Marie-Paule Deville Chabrole

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