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Poésie

Posts Tagged ‘catastrophe’

JUSQUE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019



Illustration:Ana Cruz
    
JUSQUE

Par milliers millions milliards
voie lactée incalculable
forêt chaque arbre un rappel
chaque campanule autant de cloches
dans les prés du souvenir
chaque nuage jamais retrouvé
dans le ciel de la mémoire
écumes que l’océan impose
pour toutes les marées
celles de la honte du désespoir
de la mélancolie
et les vagues de regrets de remords
qui se brisent quand vient la nuit
Orages oubliés éclairs de colère
éclairs des déchirements
le sang coulera-t-il longtemps
le prochain orage qu’on n’attendait plus
plus jamais
Et pourtant le premier coup de tonnerre
la même catastrophe et la même chanson

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Toujours (Alain Jouffroy)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




    
Toujours comme à la veille d’une catastrophe
ou au lendemain d’une fête.

(Alain Jouffroy)

 

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Fidélité à l’éclair (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




    
[Fidélité à l’éclair, un livre de conversations avec Daniel Gonzales Dueñas et Alejandro Toledo.
Un livre qui s’ouvre d’emblée sur cette question : quel est le sens de la verticalité dans votre poésie ?
Il y répond en évoquant d’abord son expérience de la lecture des poètes dans sa jeunesse, une lecture attentive où lui apparaissait déjà que : ]

Même chez les grands poètes, il y avait des zones plus faibles, un peu lâches,
des zones qu’on pouvait remplacer, laisser de côté.

Je trouvais, ajoutait-il, chez de nombreux auteurs (et aujourd’hui dans la majeure partie de la poésie),
des passages où la description, l’anecdote ou l’effusion sentimentale dévoraient la poésie.

Alors j’ai commencé à éprouver la nostalgie d’une aventure qui serait la recherche d’une poésie plus dense,
où chaque élément serait comme quelque chose d’irremplaçable, où déplacer une virgule,
changer un mot de place ou un blanc serait une catastrophe…

une poésie qui ne se limiterait pas à cultiver l’atmosphère, les réactions sentimentales,
mais qui aurait (qui oserait avoir) possibilité d’unifier une fois pour toutes
ce qui a été si absurdement séparé : la pensée et l’émotion.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Fidélité à l’éclair
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Lettres vives

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Principe d’incertitude (Yves Simon)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018




    
Principe d’incertitude,
théorie des catastrophes,
on croit le monde
en train de se faire
et on le voit se défaire,
renier des convictions
anciennes
et ancrées
dans la terre des pays.
On croit se reposer
sur un tapis de lois
de résolutions,
puis
des fractures
qui semblaient guéries
se réveillent.
Le tourment est sans fin,
l’inquiétude
renaît
à chaque matin.
Le monde
ne s’épuise pas
des querelles
ni des désirs.

(Yves Simon)

 

Recueil: Le souffle du monde
Traduction:
Editions: Grasset

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Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous (André Mage de Fiefmelin)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous,
Où la guerre, la paix, l’amour, la haine, l’ire,
La liesse, l’ennui, le plaisir, le martyre
Se suivent tour à tour et se jouent de nous.

Ce Monde est un théâtre où nous nous jouons tous
Sous habits déguisés à malfaire et médire.
L’un commande en tyran, l’autre, humble, au joug soupire ;
L’un est bas, l’autre haut, l’un jugé, l’autre absous.

Qui s’éplore, qui vit, qui joue, qui se peine,
Qui surveille, qui dort, qui danse, qui se gêne
Voyant le riche soûl et le pauvre jeûnant.

Bref, ce n’est qu’une farce, ou simple comédie
Dont, la fin des joueurs la Parque couronnant,
Change la catastrophe en triste tragédie.

(André Mage de Fiefmelin)

 

 

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Au point du jour (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



au point du jour

il y aurait eu
pour refaire le temps
à force de gestes et de voyelles
des sables violents
comme une catastrophe au point du jour
mais le monde est aussi
ce visage un peu fatigué
qui dodeline dans un train de banlieue
fixe un de ses regards
pour choisir à travers la vitre
une exacte fenêtre allumée

(Hédi Kaddour)

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Y a des punaises dans le rôti de porc (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2018




    
Y a des punaises dans le rôti de porc

1
Lorsqu’attablés avec des camarades
Autour d’un moribond vous rêvez d’avenir
En versant les vins en cascades
Dites-vous pour vous endormir
Que ça va mal et que demain
Vous irez mendier votre pain.
Oui, de Paris à Malakoff
Et de Sydney jusqu’à Melun
Ce ne sont que tourments, chagrins et catastrophes!

Refrain
Ah! ça va mal! Ah! ça va mal!
Le beefsteack est en cheval
Et mêm’ plus fort que le roq’fort
Y’a des punais’s dans l’ rôti d’ porc!
Y’a des pu pu! Y’a des nénesses
Y’a des punais’s dans l’ rôti d’ porc

2
Enfants, prenez garde à votre cervelle,
Ne la surmenez pas, ça la fatiguerait
Trop manger use la vaisselle
Trop penser abîm’ le portrait.
Les chauv’s n’ont jamais mal aux ch’veux,
Les culs-d’-jatte envient les boiteux,
Les cabots envient les sous-off’,
Tout le monde est bien malheureux
Ce ne sont que tourments, chagrins et catastrophes!

3
L’heureux auteur de cette chansonnette
L’a faite avec l’espoir de gagner de l’argent
Pour ach’ter une clarinette
Car il n’est pas très exigeant
Manger c’est bon, ça c’est certain,
Mais il faut manger à sa faim
Et chacune de ces trois strophes
Et ces vers tombant un à un
Ce ne sont que tourments, chagrins et catastrophes!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Dans le temps facile et bleu (Nicole Brossard)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2017



 Illustration: Fabienne Guilhem
    
dans le temps facile et bleu
quand la lumière est lente
et fait des noeuds de toute urgence
avec les ombres et les catastrophes
tu dis qu’il faut de la pluie
de la pluie et encore plus de nuit
que ne peut l’abîme
ou le silence des gens de tendresse

(Nicole Brossard)

 

Recueil: Cahier de roses & de civilisation
Traduction:
Editions: d’Art le Sabord

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Attente (Federico García Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
Attente

L’univers
est en attente de quelque chose
qui encore n’a pas éclos.
La flore infinie
des étoiles
et les faunes de l’âme
retiennent leur souffle
et regardent vers un point
qui est loin
attendant la clé
du mystère,
point qu’attaque la mort
avec un marteau fantastique.
Car si le point lointain
venait à s’effacer du ciel
il y aurait une catastrophe
d’étoiles
un énorme amas
d’étoiles
couronnées de fantastiques
squelettes.

***

Espera

El universo
está en espera de algo
que aún no se ha abierto.
La floresta infinita
de los luceros
y las faunas del alma
contienen el aliento
y miran hacia un punto
que está lejos
esperando la clave
del misterio,
punto que ataca la muerte
con un martillo feérico.
Mas si el punto lejano
se borrara del cielo
habría una catástrofe
de luceros,
un enorme montón
de luceros
coronados por feéricos
esqueletos.

(Federico García Lorca)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Grenier d’étoiles
Traduction: Danièle Faugeras
Editions: Erès

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Le poème oublié (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2016



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Le poème oublié

Le poème avait été oublié dans la cave
et la ville était déserte et désordonnée
comme un cauchemar

L’imprimeur avait fui la catastrophe
qui descendait du ciel
C’était dans une ville ancestrale
et dans la cave de l’imprimeur languissait
le plus beau poème du monde

Le poète l’avait écrit et l’avait oublié
peut-être est-il mort sous un arbre
qui ne comprend pas
Le typographe l’avait composé et oublié
car la vie était trop sonore
comme un coup de canon

(Guy Lévis Mano)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

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