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Posts Tagged ‘(Catulle Mendès)’

Cueillie au printemps (Catulle Mendès)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Le poète se souvient d’une fleur…

cueillie au printemps

Une rose d’un mois d’avril
Sous une étoile qui regarde
Éveilla, malice ou mégarde,
mon désir pas encor viril.

C’est ta bouche au rose grésil
Qui fut pour ton page, Hildegarde,
Une rose d’un mois d’avril
Sous une étoile qui regarde.

J’ai connu les deuils, le péril,
Depuis, et l’angoisse hagarde !
mais qu’importe, puisque je garde
Fraîche en mon vieux coeur puéril
Une rose d’un mois d’avril !

(Catulle Mendès)

 

 

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Oubli (Catulle Mendès)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration
    
Oubli

Allez, vieilles amours, chimères,
Caresses qui m’avez meurtri,
Tourments heureux, douceurs amères,
Abandonnez ce coeur flétri !

Sous l’azur sombre, à tire-d’ailes,
Dans l’espoir d’un gîte meilleur,
Fuyez, plaintives hirondelles,
Le nid désormais sans chaleur !

Tout s’éteint, grâce aux jours moroses,
Dans un tiède et terne unisson.
Où sont les épines des roses ?
Où sont les roses du buisson ?

Après l’angoisse et la folie,
Comme la nuit après le soir,
L’oubli m’est venu. Car j’oublie !
Et c’est mon dernier désespoir.

Et mon âme aux vagues pensées
N’a pas même su retenir
De toutes ses douleurs passées
La douleur de s’en souvenir.

(Catulle Mendès)

 

 

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L’enfant et l’étoile (Catulle Mendès)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2017



L’enfant et l’étoile

Un astre luit au ciel et dans l’eau se reflète.
Un homme qui passait dit à l’enfant-poète:
« Toi qui rêves avec des roses dans les mains
Et qui chantes, docile au hasard des chemins,
Tes vains bonheurs et ta chimérique souffrance,
Dis, entre nous et toi, quelle est la différence?

– Voici, répond l’enfant. Levez la tête un peu ;
Voyez-vous cette étoile, au lointain du soir bleu ?
– Sans doute !
– Fermez l’œil. La voyez-vous, l’étoile ?
– Non, certes. »

Alors l’enfant pour qui tout se dévoile
Dit en baissant son front doucement soucieux :
« Moi, je la vois encore quand j’ai fermé les yeux. »

(Catulle Mendès)


Illustration

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Reste. N’allume pas la lampe… (Catulle Mendès)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2016



William-Adolphe Bouguereau  27_12 [800x600]

Reste. N’allume pas la lampe…

Reste. N’allume pas la lampe. Que nos yeux
S’emplissent pour longtemps de ténèbres, et laisse
Tes bruns cheveux verser la pesante mollesse
De leurs ondes sur nos baisers silencieux.

Nous sommes las autant l’un que l’autre. Les cieux
Pleins de soleil nous ont trompés. Le jour nous blesse.
Voluptueusement berçons notre faiblesse
Dans l’océan du soir morne et délicieux.

Lente extase, houleux sommeil exempt de songe,
Le flux funèbre roule et déroule et prolonge
Tes cheveux où mon front se pâme enseveli…

Ô calme soir, qui hais la vie et lui résistes,
Quel long fleuve de paix léthargique et d’oubli
Coule dans les cheveux profonds des brunes tristes.

(Catulle Mendès)

Illustration: William-Adolphe Bouguereau

 

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Exhortation (Catulle Mendès)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2016



Exhortation

Être homme ? Tu le peux. Va-t’en, guêtré de cuir,
L’arme au poing, sur les pics, dans la haute bourrasque,
Et suis le libre isard aussi loin qu’il peut fuir !

Fais-toi soldat ; le front s’assainit sous le casque.
Jeûnant pour avoir faim et peinant pour dormir,
Sois un contrebandier dans la montagne basque !

Mais, dans nos vils séjours, ne t’attends qu’à vieillir.
Les pleurs mentent ainsi que le rire est un masque ;
Tout est faux : glas du deuil et grelots du plaisir.

Et comme l’eau rechoit, par flaques, dans la vasque,
C’est notre vieux destin qu’en un lâche loisir
Se raffaisse toujours notre volonté flasque

Entre l’ennui de vivre et la peur de mourir.

(Catulle Mendès)

Illustration: James Mensor

 

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Naguère, au temps des églantines (Catulle Mendès)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2016



Naguère, au temps des églantines,
J’avais des peines enfantines.

Mon coeur se gonflait sans raison
Sous les lilas en floraison.

A respirer les chauds calices
Je goûtais d’amères délices.

Sous les étoiles, pâle et coi,
Je pleurais sans savoir pourquoi.

Et maintenant je pleure encore,
Le long des soirs comme à l’aurore;

En hiver, sous le blanc grésil,
Sur les roses pendant l’avril,

Mes larmes tombent à toute heure:
Mais je sais bien pourquoi je pleure !

(Catulle Mendès)

 

 

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