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Poésie

Posts Tagged ‘cavale’

Méditation grisâtre (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019



Méditation grisâtre

Sous le ciel pluvieux noyé de brumes sales,
Devant l’Océan blême, assis sur un îlot,
Seul, loin de tout, je songe, au clapotis du flot,
Dans le concert hurlant des mourantes rafales.

Crinière échevelée ainsi que des cavales,
Les vagues se tordant arrivent au galop
Et croulent à mes pieds avec de longs sanglots
Qu’emporte la tourmente aux haleines brutales.

Partout le grand ciel gris, le brouillard et la mer,
Rien que l’affolement des vents balayant l’air.
Plus d’heures, plus d’humains, et solitaire, morne,

Je reste là, perdu dans l’horizon lointain
Et songe que l’Espace est sans borne, sans borne,
Et que le Temps n’aura jamais… jamais de fin.

(Jules Laforgue)

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COMME UN REMORDS (Françoise Coulmin)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Illustration
    
COMME UN REMORDS

Avec des espérances et des envies
des petits gestes
en beaux lieux
étangs et peupleraies
prairies séracs chemins profonds

Des stimuli
pour partager petits secrets et lassitudes
non pas dans la futilité la vilenie
ou l’honneur

Si j’avais su à temps
ne rien voir, rien entendre
rien aimer ne rien dire
dans l’impossibilité de changer les choses

Sans cavale
pour chevaucher rêves et mirages
en ces chemins perdus si difficiles

Ne m’attachant qu’aux mots
et côtoyant tous les doutes oubliés
le bien
le mal

Et maintenant
que mes poussières
mes pourritures
sont en terre ou dissoutes en la mer

Même aux gisants les interrogations demeurent.

(Françoise Coulmin)

In Vibrations en partage, anthologie,
Moments du théâtre d’Aurillac, Fr, 2014.

 

Recueil: FLORILÈGE, 30 ans de poésie : SANS ESPOIR JE CÈDE À L’ESPOIR (SEJCE)
Traduction:
Editions: La feuille de thé

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LES PROMENEUSES DU SOIR (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018




LES PROMENEUSES DU SOIR

Eloge
Eloge des sommeils d’amies

Eloge d’épouses de doges
Et de stratèges villes grèges
Ocrées de ceinturons de briques

Eloge à pas de somnambule
Des noctambules promeneuses
Noires cavales de bijoux
Plus grandes, couples sans époux
Que des reines prostituées

Eloge de mélancolie

Femme pour un temps d’avène
Femme pour un temps d’exil
Est-ce que l’enfance était plus claire
Etait plus sombre que mémoire

Que les pas
les palais
les pavés du hasard

(Henry Bauchau)

 
Illustration: Paul Delvaux

 

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Si loin, si proche (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018



Si loin, si proche

Cavale d’or vert
Enfantine amazone
Fleur et licorne
Aussi blanche qu’altière.

Vol immobile
D’après l’amour
D’après le secret
D’après le feu
De chair et de songe.

Si loin, si proche,
Partie pour un soleil seul,
Pour l’orgueil muet
Du sang qui s’apaise,

Et mon regard sur ton sillage,
Sur ton silence de profil,
Sur ta gorge et ta jambe
Appelle.

(Georges-Emmanuel Clancier)

Illustration

 

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La petite chercheuse de coquillages (Jacqueline Saint-Jean)7

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2017



Il marche au milieu du lignage secret
L’écolier court à l’avant
les doigts violents dans les cavales du vent
Il marche comme on se multiplie
amarré à son peuple d’ombres
à ses fables de survie
Par vagues revient comme un chant errant
Mais la plaine s’amplifie
On voit clignoter le cavalier des leurres
et les moissons cachent leurs morts
Reste dans la fragilité des marges
fugace comme un signe
la petite chercheuse de coquillages

(Jacqueline Saint-Jean)


Illustration

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ENTRE LES LIGNES (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2016



ENTRE LES LIGNES

Une cavale qui s’élance devant moi
La clé d’un départ peut-être
Dans cette allure se reconnaître
En avance de deux ou trois soleils

Grande gaîté que tout cela
Je n’ai plus entre les bras
Que la source d’un beau prodige

Être à la rue même en plein bois
Écoutez cette manière de dire
Qu’avec beaucoup de vide en poche
On se retrouve à découvert
Changeant de nom et de loi
Changeant de voix

Écoutez entre les lignes
Ce qui se décline en arpèges en énigmes
Une passion sans chemin de croix
Une merveille insigne
Un espoir à la désespérée
Dans une reprise de violoncelle

Grand décryptage que tout cela
Je n’ai eu qu’à ouvrir les bras
Pour accueillir ce nouveau livre

(André Velter)

Illustration: Salvador Dali

 

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Charmeur d’oiseaux (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



Charmeur d’oiseaux

Charmeur d’oiseaux, de sources et de brises
Aux mains du temps dérobant des joyaux
L’enfant s’en va lumineux d’être libre
Porter sa bouche à la hauteur des eaux
Tout l’univers à son baiser s’enivre.

Tant de chevaux sur la rive s’assemblent
Qu’il n’est plus d’homme à savoir les compter
Sa main caresse une échine qui tremble
La mer approche et vient se refermer
Sur un galop de cavales et d’anges.

Toujours marchant, l’enfant porte remède
À la douleur des plantes de la nuit
Amour le suit, luciole l’éclaire
Et chaque fleur pour lui s’ouvre sans bruit
Le temps de vivre un peu plus haut que terre.

Sur les fronts noirs il souffle des étoiles
Caresse une ombre et délivre un oiseau
Quand vient le temps d’aimer plus qu’un visage
Devenu fruit, silence ou bien ruisseau
L’enfant se mêle à la clarté des astres.

(Robert Sabatier)

Illustration: Lia R.

 

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La neige (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2015



Neige, neige
Plus blanche que linge,
Femme lige
Du sort: blanche neige.
Sortilège!
Que suis—je et où vais-je?
Sortirai—je
Vif de cette terre

Neuve? Neige,
Plus blanche que page
Neuve neige
Plus blanche que rage
Slave…

Rafale, rafale
Aux mille pétales,
Aux mille coupoles,
Rafale-la-Folle!

Toi une, toi foule,
Toi mille, toi râle,
Rafale-la-Saoule
Rafale—la—Pâle
Débride, dételle,
Désole, détale,
À grands coups de pelle,
À grands coups de balle.

Cavale de flamme,
Fatale Mongole,
Rafale-la—Femme,
Rafale: raffole.

(Marina Tsvétaïéva)

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La rose des vents est en cavale (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015


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La rose des vents est en cavale,
suivez, suivez là.

(Charles Dobzynski)

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