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Posts Tagged ‘cavalier’

Que je suis nu enfin! (Pierre-Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Que je suis nu enfin !
Aujourd’hui je donnerai voix aux tourterelles
A l’encens à la pierre et aux vertes saisons
Prêtez-moi jour objets de la lumière
Bien disposés sur une immense nuit sans fond
Pour la laver d’erreurs essentielles
Et qu’au milieu des villes criminelles
A la recherche des cavaliers blancs
J’erre
Moi faible et qui faiblis toujours du même flanc.

(Pierre-Jean Jouve)

 

 

 

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Je suis comme monté par un cavalier sans visage (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Igor Morski 
    
Je suis comme monté par un cavalier
Sans visage
– il me presse contre mes actes –
Il me bat et me retient, il me fouaille d’événements.
Il me brise aux obstacles
Il change de nom, m’arrête à me briser –
II se moque de mes forces,
Il impose le désordre
Il abuse de mon souffle
Il écrase mon coeur dans sa main
Je ne puis rejoindre sa volonté
Il me chevauche comme un fou
Je tremble et je cours
Je ne puis me retourner pour le voir
— Je ne puis achever de le voir.
Il échappe aux mouvements de mon intelligence

Oh ! Change d’homme…

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHANSON (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

Valérie Sjodin Inspiration-Flow

CHANSON

La fillette au beau visage,
la voici cueillant l’olive,
Le vent, ce galant de tours,
l’a prise par la ceinture.

Passant quatre cavaliers
sur des poulains andalous,
vêtus de vert et de bleu
sous leurs longues capes sombres.

« Viens donc à Cordoue, la belle. »
La belle n’écoute pas.
Passent trois toréadors
à la taille bien cambrée;
leurs vêtements sont orange
et leurs épées d’argent vieux.

« Viens à Séville, la belle. »
La belle n’écoute pas.

A l’heure où le jour se teinte
de violet et se fond
en tendre lueur diffuse,
passe un jeune homme qui porte
roses et myrtes de lune.
« Viens à Grenade, la belle. »
La belle n’écoute pas.

La fillette au beau visage
cueille toujours ses olives,
avec le bras gris du vent
qui la serre par la taille.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Valérie Sjodin

 

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Air de Leang-Tcheou (Wang Han)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



Air de Leang-Tcheou

Le beau vin de raisin dans la tasse de jade lumineux!
J’allais boire, la guitare du cavalier me presse de partir.
Ivre, je me fusse étendu sur le champ de sable.
Il n’y a pas de quoi rire!
Combien, depuis les temps anciens, ont pu revenir de la guerre?

(Wang Han)

 

 

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CHANSON DU CAVALIER (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



 

cavalier 1

CHANSON DU CAVALIER

Cordoue
Lointaine et solitaire.

Cheval noir, grande lune,
Des olives en ma sacoche.
Bien que j’en sache les chemins
Jamais je n’atteindrai Cordoue.

Par la plaine, par le vent
Cheval noir, lune rouge.
La mort est là me regardant
Du haut des tours de Cordoue.

Ah ! qu’il est long le chemin.
Ah ! mon valeureux cheval.
Ah ! que la mort m’attende
Jusqu’à ce que je sois à Cordoue.

Cordoue
Lointaine et solitaire.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration

 

 

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SABOTS (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019


 


 

cavalier

SABOTS

Sur le beau papier
Le pas de la plume
Ranime et rallume
Un vieux cavalier.

Des bruits oubliés
De feux et d’enclumes
Traversent des brumes
De pays pliés.

L’encre de mes yeux
A peine pâlie
Tremble sous la pluie

Où, silencieux,
L’univers délie
Le regard des dieux.

(Gilles Vigneault)

Illustration: Chris Gaunt

 

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NUITS (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2018



Illustration
    
NUITS

Des nuits parfois sont mornes.

Les jardins n’ont plus d’odeur
Il n’est plus de frisson aux feuilles
Le ciel bas est plus rouge entre tant de portiques
Les places sont hantées de spectrales statues
Qui passe en vain s’y hâte.

Des nuits s’appesantissent à l’égal de nos jours.

Nuits d’une vieille ville
Trop vieille
Sans oiseaux sans licornes
Sans cavaliers ni dames folles
Ni faons blessés ni biches ni loups-cerviers
Ni sang frais sur les murs des palais ancestraux.

Les jeux de mains les jeux de mots sont feux
Jeux de mots jeux de mains où l’amour s’égarait
Parmi les cascades les lucioles les pierreries
La mousse des dentelles rompues
Les écharpes de soie jetées sur des yeux fiers
Les rires sous les pluies de pétales.

Nuits comme un théâtre de velours défunt
Où s’exaltent nos souvenirs diminués.

Matins étayés de béquilles.

Il reste un goût de cendre et de pourri
Un goût de fleurs croupies d’eaux fanées
Ce goût d’être déçu qui nous plaît plus que tout.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: L’âge de craie suivi de Dans les années sordides Astyanax et Le Point où j’en suis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au cirque, une nuit, je retrouvai un langage perdu (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




Au cirque, une nuit, je retrouvai un langage perdu
lorsque les cavaliers, torches en main,
faisaient une ronde féroce sur des coursiers noirs.
Ni dans mes rêves de bonheur
n’existera un choeur d’anges
capable de fournir, pour mon coeur,
quelque chose de comparable
aux sons chauds des sabots contre les sables.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Bartabas

 

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Le cheval (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



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Le cheval

Et le cheval longea ma page.
Il était seul, sans cavalier,
mais je venais de dessiner
Une mer immense et sa plage.
Comment aurais-je pu savoir
D’où il venait, où il allait ?
Il était grand, il était noir,
Il ombrait ce que j’écrivais.

J’aurais pourtant dû deviner
Qu’il ne fallait pas l’appeler.
Il tourna lentement la tête
Et, comme s’il avait eu peur
Que je lise en son coeur de bête,
Il redevint simple blancheur.

(Maurice Carême)

Illustration

 

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PENDANT QUE (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



 

Alex Alemany_alexalemanyadolescente02

PENDANT QUE

Pendant que les bateaux
Font l’amour et la guerre
Avec l’eau qui les broie
Pendant que les ruisseaux
Dans les secrets des bois
Deviennent des rivières

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime

Pendant que le soleil
Plus haut que les nuages
Fait ses nuits et ses jours
Pendant que ses pareils
Continuent des voyages
Chargés de leurs amours

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime

Pendant que les grands vents
Imaginent des ailes
Aux coins secrets de l’air
Pendant qu’un soleil blanc
Aux sables des déserts
Dessine des margelles

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime

Pendant que les châteaux
En toutes nos Espagnes
Se font et ne sont plus
Pendant que les chevaux
Aux cavaliers perdus
Traversent des montagnes

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime
Pendant qu’un peu de temps
Habite un peu d’espace
En forme de deux coeurs
Pendant que sous l’étang
La mémoire des fleurs
Dort sous son toit de glace

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime

(Gilles Vigneault)

Illustration: Alex Alemany

 

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