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Poésie

Posts Tagged ‘cavalier’

JEU DE CARTES (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018




JEU DE CARTES

Je n’ai que six carreaux
et
sept coeurs.

Aussi une fenêtre d’eau.

Un valet qui ondule
et puis ce cavalier marin
et son épée.

Une reine farouche
aux cheveux sanguinaires
et aux blondes mains d’or.

Maintenant qu’on me dise
je joue quoi j’avance quoi
je mets quoi je retire quoi
ces cartes qui naviguent
ou ces coeurs solitaires
la reine ou l’épée.

Que quelqu’un regarde et me dise,
regarde le jeu du temps,
les heures de la vie,
les cartes du silence,
l’ombre et ses desseins,
et me dise quoi jouer
pour continuer à perdre.

(Pablo Neruda)

 

 

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Vignette (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



Vignette

Elle mire au miroir son visage où neigea
La poudre odorante et que relève une mouche.
On jurerait, vraiment, que le tuteur se mouche,
A côté, d’illicite façon. Mais déjà
Le cavalier de fer de l’antique horloge a
Clamé le quart de cinq de sa stridente bouche.

Le griffon noir, que la camériste frisa
D’un art sûr, tout en taquinant une babouche,
Attend, sur le fauteuil ample en velours d’Utrecht.
Le corsage, à ramage. A traîne et zinzoline,
La jupe. Et, comme elle va sortir en berline
Découverte, elle pique avec un geste sec
Des asphodèles, dans sa chevelure belle,
Belle et bleue et parfumée et qui se rebelle.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Un cheval traverse la steppe (Anonyme)(maître Meng)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Illustration
    
Un cheval traverse la steppe
Sans cavalier.
La neige tombe en flocons légers.

(Anonyme)(maître Meng)

 

Recueil: Le livre des vingt et un poèmes
Traduction:
Editions: William Blake

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Un nuage (Anonyme)(maître Meng)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018




    
Un nuage se cabre
Sous son cavalier:
Ah si le vent
Dispersait les armées!

(Anonyme)(maître Meng)

 

Recueil: Le livre des vingt et un poèmes
Traduction:
Editions: William Blake

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À LA FIN DU CONTE (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
À LA FIN DU CONTE

à la fin du conte
commence une route sans arbres
sans une fontaine où le voyageur puisse se désaltérer
sans une auberge
où le cavalier puisse échanger
son cheval exténué
à la fin du conte
souffle le silence comme une tempête
non pas comme une tempête
il se penche plutôt comme une mère affectueuse
et borde les voix
qui brûlent de fièvre

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

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Qui êtes-vous (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018


Qu’êtes-vous venue faire si près de moi si loin.
comme penchée à la fenêtre voyant surgir
le cavalier futur. comme une voix qui appelle
de fines étoiles, et tout est fort et difficile.
Avec une rose rouge sur le coeur. et ce regard
traversé par le feu. avec tant de nuages
dans la tête. on dirait que toutes les ombres
ont fui et que le sang déborde. qui êtes-vous

Avec ce pur éclat qui est en vous et hors
de vous. lorsqu’on découvre votre visage comme
une eau limpide. qu’on peut boire en elle tout le ciel
et toute la terre. et l’on reçoit soudain le monde

Comme un continent égaré. ses incendies
ses fêtes ses mots ses nombres ses obscurs corridors
ses fers sanglants ses larmes. alors rien n’est plus comme
avant. ni les raisons d’effroi ni le soleil.

Qui êtes-vous dans le rire des fenêtres. dans l’or
des bagues. les robes. les noms des rues. dans les couteaux.
dans les passants impénétrables. et les milliers
de regards. et les millions de paroles. toutes les vies.

Avec ce visage qui est une réponse et une
chaîne. et la question est toujours là. qui êtes-vous
dans les baisers l’air musical les mailles des heures
dans les nuits attendues et l’iris du désir.
Et moi je suis venu dans vos yeux comme on vient
au jour. je suis venu comme un voleur de vie.
dans votre voix. dans l’eau détruite et retrouvée.
aspirant. dormant. ivre. perdu. infiniment.

Qui êtes-vous. chaleureuse. dans les chambres du printemps.
comme un jardin d’eau. comme un chemin qui déferle
et qui ne revient pas. qui êtes-vous. si proche. avec
ces mains de cavalier invisible dans la nuit.

(Lionel Ray)

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Chanson pour le jardin d’une nonne (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Combien de rires, dites, combien de roses
dans le corsage d’une nonne.
Combien de roses fanées,
combien de rires rongés,
combien de corps piétines
pour un seul qui n’existe pas.

Combien de rêves, dites, combien de fièvres
dans le corsage d’une nonne.
Combien de rêves chassés,
combien de fièvres brûlées,
combien de cœurs dépecés
pour un seul qui n’existe pas.

Mais, sur sa monture luisante,
voici le sauveur.
La nonne, à genoux, l’accueille,
tremblante comme une feuille
et blanche comme la douleur.

Combien d’eau dites, combien d’étoiles
dans le corsage d’une fiancée.
Combien de fleuves retrouvés,
combien de bateaux pavoisés,
combien de rives enchantées
pour un jour qui va naître.

Le cavalier d’amour l’emporte
quand, du couvent, la lourde porte
se referme sur les années;

sur les nonnes en prière
qui ne seront plus de pierre.

(Edmond Jabès)

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LE CAVALIER ENVIE LE CHATON DES SAULES (Wang Anguo)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



chaton de saule

LE CAVALIER ENVIE LE CHATON DES SAULES

Un pont coloré enjambe le cours d’eau
La pluie fait tomber les fleurs
Les pétales ne peuvent plus s’envoler
La lune brise le crépuscule sombre
Le parfum, bien que léger, perce le rideau
Pour parvenir jusqu’au cavalier

Le cavalier rôde silencieux
Se demandant où aller l’âme rêveuse
Le voyageur n’égale même pas les chatons des saules
Qui savent pénétrer dans la chambre nuptiale

(Wang Anguo)

 

 

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L’échiquier (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018




Dans leur grave recoin, les joueurs
Gouvernent les pièces lentes.
L’échiquier
Les retient jusqu’à l’aube dans son sévère
Territoire où se haïssent deux couleurs.
A l’intérieur irradient de magiques rigueurs
Les formes : tour homérique, léger
Cavalier, redoutable reine, roi ultime,
Oblique fou et pions querelleurs.

Quand s’en seront allés les joueurs,
Quand le temps les aura consumés,

Assurément le rite n’aura pas cessé.

Dans l’Orient s’alluma cette guerre
Dont le théâtre est aujourd’hui toute la terre.
Comme l’autre ce jeu est infini.

(Jorge Luis Borges)

Illustration: Veronica Kasatkina

 

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Sous le soleil (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018


Un cavalier s’avance
son cheval à naseau fumant
va à l’amble
sur le minerai bleu
les feuilles s’usent sous la marche des nuages
on entend la chute d’eau
à grandes retombées
dans les champs fouissent les lapins gris
sous le soleil tout apparaît
symbole de rien.

(Jean Follain)

Illustration: ArbreaPhotos

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