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Poésie

Posts Tagged ‘caverne’

Glisser (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2019



Glisser
Dans le cantique
De la caverne
Qui s’inventa.

(Guillevic)

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Parce qu’il y a certains livres (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019


 


 

Francis Picabia -   (6)

Parce qu’il y a certains livres qui sont
étincelles de pain doré,
Parce que ce sont livres à longue saveur plus
longue que mon temps
Parce que ruminante est la connaissance du dévolu.

Parce que mon corps est pesant de mémoire
autant que de jours
et qu’étant plus pesant il a plus d’élan.

Parce que le dessin de ma bouche
est le dessin d’une autre bouche
parce que je suis étranger à mon passage
et immuable dans l’immuable quête…

Peut-être que l’immobilité a reçu message
des bords mordorés qui dévorent leurs couleurs
Peut-être que la pulsation qui fêle chaque seconde
naît des confins noirs des midis de nudité.

Ruée de ma rivière et de ton fleuve ignorant saules
et prés pour se confondre
et se consumer à l’embouchure
Et nous voici centre de vie pic et caverne
Ma langue est la bêche humide qui prépare le creux
de la fécondité…

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Francis Picabia

 

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La caverne (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2018


 

La caverne me protège de la douleur;
Dans ses flancs, j’ignore la peur;
Hors de ses murs obscurs, je meurs,
Hors de son toit ailé
Aucun lieu ne me recouvre.
Ses bruits résonnent comme des cloches,
Mais quand ils cessent, d’autres sons
Reviennent, plus tristes et plus secrets.
Ange, descends.
Aucune caverne dans l’air
Ne t’abrite,
Aucune rivière ne te purifie,
Aucune vague ne bénit ton pied.
Caverne, mon Jourdain,
Son silence est un charme argenté,
Ange, je porte ma rivière autour de mon cou,
Ma caverne est ceci et cela,
Mais elle m’éloigne du vent
Et me rassure.

(Dylan Thomas)

 

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Les poissons (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Les poissons vivent
dans les cavernes de l’eau

qu’en se déplaçant
ils ouvrent et obstruent.

(Gérard Le Gouic)

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LA PYTHONISSE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018




Illustration: John Collier
    
LA PYTHONISSE
pour John Hayward

Je suis cette caverne hantée par les serpents
Dont l’ombilic engendre le destin des hommes.
Toute sagesse jaillit d’un trou dans la terre :
Les dieux se forment dans mon obscurité,
puis se dissolvent.

De ma matrice aveugle sortent tous les royaumes,
Et dans ma tombe les sept dormeurs prophétisent.
Nul enfant pas encore né qui ne s’éveille à mon rêve,
Nul amant qui ne finisse par trouver en moi sa tombe.

Je suis ce lieu brûlant dont on a peur et soif,
Où l’homme et le phénix sont consumés,
Et de mon lit impur et bas se lèvent
De nouveaux fils, de nouveaux astres, de nouveaux ciels.

***

THE PYTHONESS
For John Hayward

I am that serpent-haunted cave
Whose navel breeds the fates of men.
Ail wisdom issues from a hole in the earth:
The gods form in my darkness, and dissolve again.

From mil blind womb ail kingdoms corne,
And from my grave seven sleepers prophesy.
No babe unborn but wakens to my dream,
No lover but at last entombed in me shall lie.

I am that feared and longed-for burning place
Where man and phoenix are consumed away,
And from nay low polluted bed arise
New sons, new suns, new skies.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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Le regret de ses réseaux (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2018




    
Le regret de ses réseaux

L’air et l’eau dans ton nuage
Si nuage est ce regard
Cette pensée qui disperse
Le regret de ses réseaux

L’air nocturne sur ta bouche
L’animal pur de ton souffle
Et l’hôte impur de ta couche
Où mourir dans ta dépouille

Quand la hanche et las ton ventre
Soudainement s’alourdissent
L’air est noir sur ta bouche lisse
L’eau de la nuit vient dans tes jambes

Langue soumise et volontaire
Dans la fraîcheur et le feu
Muscle frais dans la caverne
Où ne règne aucune parole

Je n’ai pas de raison plus juste
De clairière plus résolue
A m’instruire en impatience
À l’exemple de la mort

Pressé de vivre en ce lieu
Dans la maison de l’abîme
De chair et de peau sublime
À la trace enfin de Dieu

(Jacques Chessex)

 

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Congo, Congo (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



tam tam  2

Congo, Congo couleur de feu dans le grand rêve revenez
dans le songe Liberté tout de bronze revêtu !
Congo comme un puma qui guette dans les cavernes
végétales de l’ombre ! Congo avec les grands signes du tamtam
qui déchirent ta peau ! Congo d’ébène pour les négoces
du voleur et les gains du pirate,
Congo de chair humaine pour qui est négrier,
Congo de femmes nues pour le cinémascope!

(Hubert Juin)

Illustration

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La fente (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration:  Gustave Courbet
    
La fente

Si je regarde en toi fente

dans tes pentes dans tes plis sondant
Descendant par l’ombre et la moire à ton noir
Si je rôde et respire à tes alentours
Glissant du relief par la zone rose
Au secret gorgé de ce noir À la faille à la gorge, fente dans sa plissure avisant

Maintenant scrutant la buée belle à voir
Ce glissement à ta chaleur déjà liquide
Madame la fente où règne l’Odeur

O regardant par l’entaille le délice

de sueur, de fétide miel
Dans le val ce silence noir
De sombre suc musicien
Si descendant rôdant encore à cette orée
Je me tue à percer un chemin autre À la caverne visiteur épuisé de zèle
Quand la tonne parfumée exhale
Et coule en pluie à ta paroi

ruisselante robe définitive À ma bouche bien avant le drap des morts

O fente si je viens en toi

Par la langue et l’œil ouvrant ta nuit sacrée

Descendant par les haltes un songe noir comme un fleuve

Enfoui l’oubli muet dans tes pentes
Si j’allume au fond de la chambre
Cette lampe, fente, tes alentours sur la strie
Noire à l’ombre offrant la glu à me tuer
Visiteur encore rêvant mangeant la lumineuse suie

(Jacques Chessex)

 

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BLASON SECRET (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



BLASON SECRET

Si dans le pli quadruple moire
La lèvre a ce cours clair et fauve
Encore caché, la quatrefeuille
Jardin à choyer buissonneux

Si la bouche appliquée à Bouche
Où ne trouver dents ni palais
La langue allant dans la claire ombre
Et l’odeur de mer, son travail

Ô mort toi tu n’auras ce lait
Qu’après le sonnet, soie du jour
Au creux de la cuisse l’enclos
Printanier de Secrète chose
Je me voue à ta braise rose
Caverne où mourir, chant dispos

(Jacques Chessex)

Illustration: Paul Avril

 

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SILICE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018



SILICE

État stable du sable
après son grand tournoi contre le feu.
Si endurci
qu’il raye jusqu’à la mémoire des cavernes.

(Jacques Lacarrière)

Illustration

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