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AVANT-DERNIER MOT (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



AVANT-DERNIER MOT

L’Espace ?
— Mon Coeur
Y meurt
Sans traces …

En vérité, du haut des terrasses,
Tout est bien sans coeur.

La Femme ?
— J’en sors,
La mort
Dans l’âme …

En vérité, mieux ensemble on pâme
Moins on est d’accord.

Le Rêve ?
— C’est bon
Quand on
L’achève …

En vérité, la Vie est bien brève,
Le Rêve bien long.

Que faire
Alors
Du corps
Qu’on gère ?

En vérité, ô mes ans, que faire
De ce riche corps ?
Ceci,
Cela,
Par-ci
Par-là …

En vérité, en vérité, voilà.
Et pour le reste, que Tout m’ait en sa merci.

(Jules Laforgue)

 

 

 

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CECI (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018


 


Ernest Pignon-Ernest

 

CECI

(…)

Ceci fut un vivant
Cette chose fut une personne

Ce sang dilapidé sur le bitume
s’ordonnait, hier encore, dans un réseau de veines
retissait, hier encore, la loi de l’existence

Ce coeur-sentinelle
s’est raidi sous le plomb

Ce sac-à-vermine
abritait des entrailles
où s’ouvrait le plaisir
où germinait la vie

Un rictus a drainé toute la pulpe de ces lèvres
Ces orbites-à-fourmis logeaient oeil et regards.

Ceci fut un vivant
Cette chose fut une personne

L’esprit travaillait cette motte d’indifférence
La parole soulevait cette forme interrompue.

La femme vêtue de noir
tremble dans la tourmente
hurle dans le chaos

S’agglutine aimantée
à ce profil d’écorce
à cette main qui stagne
à ce marécage d’humeurs
à ce balluchon putride

à ce « Toi, que j’appelle
et qui ne sera plus ! »

(Andrée Chedid)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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Soudain les choses (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2018



Illustration
    
soudain les choses prennent connaissance
de leurs vraies natures en célébrant
l’instant né au bout du doigt

la fourmi qui dit ceci, là, sa
façon d’être dehors

Bob* dit, nothing wiser than a moment

* Robert Creely
(rien de plus sage qu’un moment)

(Israël Eliraz)

Recueil: Août, à la limite des choses perdues
Traduction:
Editions: José Corti

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J’aime mon corps lorsqu’il est avec ton corps (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



Illustration: Irina Karkabi
    
j’aime mon corps lorsqu’il est avec ton
corps. Il devient une chose tellement nouvelle.
Muscles mieux et nerfs plus.
j’aime ton corps. j’aime ce qu’il fait,
j’aime ses comment. j’aime sentir la colonne
de ton corps et ses vertèbres,et tremblante
sa fermeté soyeuse et que je vais
encore et encore et encore
l’embrasser, j’aime embrasser ton ceci ton cela,
j’aime,lentement caresser le,scandaleux duvet
de ta toison électrique,et le qu’arrive-t-il
sur la chair entrouverte… Les grands yeux miettes d’amour,

et il se peut que j’aime le frisson

de toi sous moi complètement nouvelle

***

i like my body when it is with your
body. It is so quite new a thing.
Muscles better and nerves more.
i like your body. i like what it does,
i like its hows. i like to feel the spine
of your body and its bones,and the trembling
-firm-smooth ness and which i will
again and again and again
kiss, i like kissing this and that of you,
i like,slowly stroking the,shocking fuzz
of your electric fur,and what-is-it comes
over parting flesh….And eyes big love-crumbs,

and possibly i like the thrill

of under me you so quite new

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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MOTS (Inger Christensen)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018




    
MOTS

mots préparés
dans l’après-ceci

douleur des yeux
proches d’une absence

(Inger Christensen)

 

Recueil: HERBE
Traduction: Janine et Carl Poulsen
Editions: Atelier La Feugraie

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Je parle de ceci (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



Illustration: Gao Xingjian  jian
    

Je parle de ceci

Je viens de là-bas

La course est longue
L’absence est humaine

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Ô ce mot mystérieux (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2017



Ô ce mot mystérieux,
comment pourrais-je jamais le prononcer ?

Oh, comment puis-je dire :
Il n’est pas comme ceci et Il est comme cela ?

Si je dis qu’il est en moi,
l’Univers a honte de mes paroles;

Si je dis qu’Il est en dehors de moi,
je mens.

Des mondes intérieurs et extérieurs
Il fait une indivisible unité;

Le conscient et l’inconscient
sont les tabourets de ses pieds.

Il n’est ni manifesté ni caché ;
Il n’est ni révélé ni irrévélé.

Il n’y a pas de mot pour dire ce qu’Il est.

(Kabîr)

 

 

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Il voit (Pascal Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2016



 

Il voit

Maintenant il ferme les yeux
et il voit.
Il est toute chose
en n’étant ni ceci,
ni cela.

(Pascal Boulanger)

Illustration: Brendan Monroe

 

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Le bambou (Muso Soseki)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2016



Le bambou ! il a l’esprit vide.
J’en fais mon ami.
L’eau ! Elle a bien une nature pure.
J’en fais mon maître.

Sans apporter de poussières les pics et sommets se dressent.
Sans aucune goutte d’eau, les ruisseaux et torrents coulent.
De temps en temps dans la brise au clair de lune,
L’homme de « Ceci »
Fait un jeu de « Ceci ».

[…]

(Muso Soseki)

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Ce goût de feuilles qu’à Paris quand il a plu (Gilbert Cesbron)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2016



Paris-sous-la-pluie-  [800x600]

Ce goût de feuilles qu’à Paris
Quand il a plu,
si vous croyez qu’on en guérit
Ne l’ayant plus,

Si vous croyez qu’une autre ville
Peut aussi bien
Avec un seul arbre tranquille,
un banc, un chien,

Ouvrir les écluses du cœur
comme ceci,
Vous volez un peu de bonheur
De vivre ici.

(Gilbert Cesbron)

Illustration: Christophe Jacrot

 

 

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