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Poésie

Posts Tagged ‘cèdre’

J’habite le Possible (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



J’habite le Possible —
Maison plus belle que la Prose —
Aux Croisées plus nombreuses —
Aux Portes — plus hautes —

Des Salles comme les Cèdres —
Imprenables pour l’OEil —
Et pour Toit impérissable
Les Combles du Ciel —

Pour Visiteurs — les plus beaux —
Mon Occupation — Ceci —
Déplier tout grands mes Doigts étroits
Pour cueillir le Paradis —

***

I dwell in Possibility —
A fairer House than Prose —
More numerous of Windows —
Superior — for Doors —

Of Chambers as the Cedars —
Impregnable of eye —
And for an everlasting Roof
The Gambrels of the Sky —

Of Visitors — the fairest —
For Occupation — This —
The spreading wide my narrow Hands
To gather Paradise —

(Emily Dickinson)


Illustration: Sylvie Lemelin

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Ма belle, belle colombe (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018




    
Ма belle, belle colombe,
Lève, lève-toi !
La rosée de la nuit recouvre
Mes lèvres et mes yeux.

Les vents parfumés tissent
Une mélodie de soupirs :
Lève, lève-toi,
Ма belle, belle colombe!

J’attends près du cèdre,
Ma soeur, mon amour.
Sein blanc de colombe,
Mon sein sera ton lit.

La pâle rosée recouvre
Comme un voile ma tête.
Ма blonde, blonde colombe,
Lève, lève-toi!

***

My dove, my beautiful one,
Arise, arise!
The night-dew lies
Upon my lips and eyes.

The odorous winds are weaving
A music of sighs:
Arise, arise,
Mу dove, my beautiful one!

I wait by the cedar tree,
Mу sister, my love.
White breast of the dove,
My breast shall be your bed.

The pale dew lies
Like a veil on my head.
My fair one, my fair dove,
Arise, arise!

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Céder (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




    
Céder
Aux migrations de sel
– Quand le vent s’ouvre
Aux oiseaux finissant à des portes de cèdre
Aux jardins couchés des collines

Tes mains portaient l’eau douce sur les roses
Posaient dans l’herbe une peur d’enfant

Elles semblaient venir
De la jeune ombre des nuages
Sans marquer la terre des lampes.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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UN JEUNE POÈTE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



Illustration: Hiroshige
    
UN JEUNE POÈTE
Sao-Nan

Imite la lune grandissante !
imite le soleil levant !

Tu seras pareil à la montagne du Sud,
qui ne vacille jamais,

Et demeure éternellement verte,
comme les pins glorieux et les cèdres !

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Je brouillerais les cartes (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



Illustration: Marie Augereau
    
Je brouillerais les cartes de l’alphabet.
Plus rien ne serait « à sa place ».
Dans un bain de boue,
on verrait s’ébattre les mots.
Cure de jouvence pour leur peau.

Je caresse ta joue,
tes yeux de cèdre bleu,
ce cil original qui dépasse les autres.

Tout deviendrait tactile.

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion

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LES CORBEAUX (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018



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LES CORBEAUX

Les derniers feux du soleil dorent les nuages de poussière
qui flottent autour des remparts de la ville.
Des corbeaux volent au-dessus d’un cèdre où ils passeront la nuit.
Leurs croassements frappent l’oreille de l’épouse d’un guerrier
qui est assise près de sa fenêtre et qui tisse de la soie.
Elle lève la tête.
Elle regarde les remparts.

Voici qu’elle songe à celui qui ne reviendra peut-être pas,
à tous ceux qui ne reviendront peut-être pas.

Maintenant, elle contemple sa couche,
et ses larmes tombent comme une pluie d’été.

(La Flûte de Jade)

 Illustration

 

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LA PLAGE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



    

LA PLAGE

Sur la plage où blanchit la mer dans les ténèbres,
Où le figuier frémit sous le poids des oiseaux,
Un homme, à demi-voix, n’a prononcé qu’un mot :
Celui qui l’a reçu s’éloigne sous les cèdres.

Il est l’heure. Bacchus entreprend sa conquête.
Un rendez-vous l’accable et, comme un ruisseau sourd,
L’espace le pénètre. Il fit nuit. Fait-il jour ?
Qu’importe, dispersez les foyers de la fête.

Dans un pays de bois et de fraîches rivières
Un homme sent couler, dans ses veines, son sang.
Il connaît ce pays, ces hommes, leur accent.
Déjà l’odeur du sol lui était familière.

Sur la plage celui qui livra le secret
Gît avec un poignard entre les deux épaules,
Mais sa voix flotte encor sur l’eau, le long du môle
Et répète le mot d’où naquit son regret.

Sans cesse elle redit ces syllabes : Corinthe,
Et la terre gémit de langueur et de crainte.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Contrée suivi de Calixto
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA MONTÉE DU MONT-CARMEL (Saint Jean de la Croix)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




    
LA MONTÉE DU MONT-CARMEL

I

Pendant une nuit obscure,
enflammée d’un amour inquiet,
ô l’heureuse fortune!
je suis sortie sans être aperçue,
lorsque ma maison était tranquille.

II

Étant assurée et déguisée,
je suis sortie par un degré secret,
ô l’heureuse fortune !
et étant bien cachée dans les ténèbres,
lorsque ma maison était tranquille.

III

Pendant cette heureuse nuit,
je suis sortie en ce lieu secret,
où personne ne me voyait,
et où je ne voyais rien,
sans autre guide
et sans autre lumière
que celle qui luisait dans mon cœur.

IV

Elle me conduisait plus sûrement
que la lumière du midi,
au lieu où celui
qui me connaît très bien m’attendait,
et où personne ne paraissait.

V

O nuit oui m’as conduite!
ô nuit plus aimable que l’aurore!
ô nuit qui as uni le bien-aimé avec la bien-aimée,
en transformant l’amante en son Bien-Aimé !

VI

Il dort tranquille dans mon sein
qui est plein de fleurs,
et que je garde tout entier pour lui seul :
je le chéris et le rafraîchis
avec un éventail de cèdre.

VII

Lorsque le vent de l’aurore
faisait voler ses cheveux,
il m’a frappé le cou
avec sa main douce et paisible,
et il a suspendu tous mes sens.

VIII

En me délaissant et en m’oubliant moi-même,
j’ai penché mon visage sur mon bien-aimé.
Toutes choses étant perdues pour moi.
je me suis quittée et abandonnée moi-même,
en me délivrant de tout soin,
entre les lis blancs.

***

I

En una noche oscura,
Con ansiosos amores inflamada,
0 dichosa ventura!
Salí sin ser notada,
Estando ya mi casa sosegada.

II

A oscura, y segura
Por la secreta escala disfrazada,
O dichosa ventura!
A oscura y enzelada,
Estando ya mi casa sosegada.

III

En la noche dichosa,
En secreto que nadie me vela,
Ni yo mirava cosa,
Sin otra luz ni guia,
Sino la que en el coraron ardía.

IV

Aquesta me guiava
Mas certo que la luz de medio día,
Adonde me esperava
Quien yo bien me sabía,
En parte, donde nadie parecía.

V

O noche que guiaste,
O noche amable mas que el albora
O noche que juntaste
Amado con amada,
Amada en el amado transformada !

VI

En mi pecho florido,
Que entero para él solo se guardava,
Allí quedó dormido;
Y yo le regalava,
Y el ventalle de cedros ayre dava.

VII

El ayre del amena
Cuando ya sus cabellos esparcía,
Con su mano serena
En mi cuello hería,
Y todos mis sentidos suspendía.

VIII

Quedóme y olvidóme,
El rostro recliné sobre el amado :
Cesó todo y dexéme,
Uexando mi cuidado.
Entre las azuzenas olvidado.

(Saint Jean de la Croix)

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/carmel/jeandelacroix/jeandelacroix05.htm

 

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Séparation (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018




Séparation

Devant moi le chemin
En pente douce dans le soir.
Hier encore, épris,
Il disait: «ne m’oublie pas».

Aujourd’hui il y a le vent,
Et les cris des bergers,
Et des cèdres tourmentés
Près des sources pures.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Patricia Blondel

 

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Soixante-six fois (Ryo-Nan)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017




    
Soixante-six fois mes yeux
ont contemplé les scènes changeantes de l’automne,
J’ai assez parlé du clair de lune
Ne me demandez plus rien,

Mais prêtez l’oreille
aux voix des pins et des cèdres
quand le vent se tait.

(Ryo-Nan)

 

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