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Poésie

Posts Tagged ‘ceindre’

CHAMP DE MAÏS (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018




    
CHAMP DE MAÏS

Assis dans le mais… j’attends. Mais quoi ? Serait-ce
Le cri de la corneille et le si bel instant
Où la mésange, par son chant,
Fait en sorte qu’il cesse ?

J’aime le tendre azur du soir au souffle frais.
J’en suis tout entouré. Doucement, il m’assaille.
Je pense à toi. C’est un délice. Et je voudrais…
Ceindre ta souple taille.

A présent, je suis seul. Le soleil vient de fuir.
La terre, sous mes pieds, commence à refroidir.
Survolant la sente muette
Ulule la chouette.

Le soleil vient de fuir et j’attends mais en vain.
Je t’attends. Viendras-tu? Reverrai-je tes charmes?
Je pleure sur mon coeur. Tombent de mon chagrin
Quelques secrètes larmes.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Nos vies (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




Illustration: Edouard Drouot
    
Nos vies

Quel repos à l’aventure de vie
si l’étincelle ne ceint plus la terre,
si la pierre ne recèle de
secret
sur les mots d’hier, paisiblement saignés
dans le soir, et l’adieu sur le trottoir?
Silhouette allongeant l’arbre de la main,
ainsi pour élever l’au-revoir
en arme de lumière ; y chante l’antienne,
interrogation sur le point du matin
ou vole des cendres encore chaudes ?

Que vaut la pensée lorsque se joue
la fugue ; la philosophie du soleil
n’éteint pas le feu. Il faut abandonner
le rêve qui ne serait plus qu’un rêve,
car l’étoile seule a droit sur toi.
Homme, ton repos est une fausse note
ton brouillard se lèvera sur l’azur.
Quel usage ferons-nous de nos vies ?
Dériverons-nous sur le chaleil et l’eau ?
car au premier signe il faut guetter
la démesure d’un Absolu possible :

le bonheur parfois s’écrit sur un radeau

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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Mots humides (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



Illustration: Serge Boisse
    
Mots humides

Ô baiser manquant
Bras qui n’étreignent

Des barques loin du bord
Au ventre ceint de miel
Pour des scories de lune

Marécages
Aux yeux ouverts
Saules bougés d’un vent
Silencieux

Je me rappelle
Une marche au bord des bois voûtés
Avec au coeur une liberté

Des mains de fougères
Aux terminaisons ondoyantes.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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AUCUN DIEU (Yves Bonnefoy)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2017




Illustration
    
AUCUN DIEU

Aucun dieu ne l’aura voulu, ni même su,
Aucun ne l’a accompagné dans sa fatigue,
Un rêve, cet enfant sur le boulevard
Qui marche près de lui, ceint de lumière.

Aucun n’est mort à l’heure où il est mort,
N’a pris sa main dans les draps en désordre,
Aucun n’aura jamais travaillé près de lui
Dans l’atelier qui remplaça la vie.

Remonte, dans les mots qui disent le monde,
Son silence, qui les dénie, qui me demande
D’en imaginer d’autres, mais je ne puis.

Personne n’a posé son regard sur lui.
Ce qui aurait pu être ne sera pas.
La parole ne sauve pas, parfois elle rêve.

(Yves Bonnefoy)

 

Recueil: L’heure présente
Editions: Mercure de France

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Les vitres éteintes (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017



Illustration
    
Les vitres éteintes.

Quand le gel attise les étoiles,
Si légères dans la nuit d’hiver,
Volettent les cendres des poètes.

Ils furent des morts discrets :
Un paquet-poste pour cercueil,
Une lettre pour épitaphe.

Maintenant ils ont fait leur nid,
Cherchez-les dans la devinette,
Chasseurs dans l’arbre blottis.

Ne riez pas, perdez-vous dans les branches,
C’est ainsi que Pétrarque rejoignait
Celle par qui le laurier le ceignit.

Ne riez pas, les chasseurs sans fusil,
Tête en bas, nous écoutent et déboulent
Comme des lièvres d’entre les mots.

Ils sont l’oubli, le vent,
S’il pleut ils sont la pluie
Qui ne supplie personne.

Rose de neige, vigne effeuillée,
Nul ne vient sangloter
Sur les vitres éteintes.

J’écris vos noms, amis, soyez heureux,
Tout est sans nom, tout est poussière
Dans l’invisible où rien ne meurt.

(Gaston Puel)

 

Recueil: L’Âme errante et ses attaches

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Nacre sur fond d’or (Paule Riversdale)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2017



Illustration: Anne-Marie Zylberman
    
Nacre sur fond d’or

La forêt s’attendrit à l’écho de ta voix ;
Les lucioles d’or aiguisent leurs lumières ;
Je ceins d’iris ton front de vierge, et je revois
Le frisson blanc de tes paupières.

Mon coeur a réfléchi ton coeur pervers et pur :
Je cueillerai pour toi les roses des allées
Où le couchant s’attarde, ivre d’antique azur
Et de poussières étoilées.

La nacre mêle à l’or ses reflets irisés.
Au loin l’âcre sanglot de la mer s’atténue
Et, sous l’acharnement tiède de mes baisers,
Jaillit la fleur de ta chair nue.

(Paule Riversdale)

 

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Mets ta voix sur le silence (Lucien Denise)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



Mets ta voix sur le silence

mets ton pas au fil du vent
pour mieux ceindre l’air de vivre,
et que tout ton coeur s’enivre
des souffles rauques du Temps.

mets tes yeux sur la lumière
pour ne voir que l’essentiel…
le creux de ton regard, tel
une eau couleur de la pierre.

mets ta voix sur le silence
loin du vertige des bruits,
si tu veux savoir le prix
de ta charnelle existence…

(Lucien Denise)

Illustration: Max Ernst

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A la perverse Ophélie (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



A la perverse Ophélie

LES évocations de ma froide folie
Raniment les reflets sur le marais stagnant
Où flotte ton regard, ô perverse Ophélie !

C’est là que mes désirs te retrouvent, ceignant
D’iris bleus ton silence et ta mélancolie,
C’est là que les échos raillent en s’éloignant.

L’eau morte a, dans la nuit, les langueurs des lagunes,
Et voici, dispensant l’agonie et l’amour,
L’automne aux cheveux roux mêlés de feuilles brunes.

L’ombre suit lentement le lent départ du jour.
Comme un ressouvenir d’antiques infortunes,
Le vent râle, et la nuit prépare son retour.

Je sonde le néant de ma froide folie.
T’ai-je noyée hier dans le marais stagnant
Où flotte ton regard, ô perverse Ophélie ?

Ai-je erré, vers le soir, douloureuse, et ceignant
D’iris bleus ton silence et ta mélancolie,
Tandis que les échos raillent en s’éloignant ?

L’eau calme a-t-elle encor les lueurs des lagunes,
Et vois-tu s’incliner sur ton défunt amour
L’automne aux cheveux roux mêlés de feuilles brunes ?

Ai-je pleuré ta mort dans l’énigme du jour
Qui disparaît, chargé d’espoirs et d’infortunes ?…
— O rythme sans réveil, ô rire sans retour !

(Renée Vivien)

Illustration: Blavatskaya

 

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Les roses jaunes (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2015



Les roses jaunes

Les roses jaunes ceignent les troncs
Des grands platanes, dans le jardin
Où c’est comme un tintement soudain
D’eau qui s’égoutte en les bassins ronds.

Nul battement d’ailes, au matin ;
Au soir, nul souffle couchant les fronts
Des lis pâlis, et des liserons
Pâlis au clair de lune incertain.

Et dans ce calme où la fraîcheur tombe,
C’est comme un apaisement de tombe,
Comme une mort qui lente viendrait
Sceller nos yeux de sa main clémente,
Dans ce calme où rien ne se lamente
Ou par l’espace, ou par la forêt.

(Jean Moréas)

 

 

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