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Posts Tagged ‘célébrer’

A LA PLUS BELLE FEMME DU BATEAU DES FLEURS (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




    
A LA PLUS BELLE FEMME DU BATEAU DES FLEURS
Ouan- Tsi

Je t’ai chanté des chansons en m’accompagnant de ma flûte d’ébène,
des chansons où je te racontais ma tristesse, mais tu ne m’as pas écouté.
J’ai composé des vers où je célébrais ta beauté ;
mais en balançant la tête tu as jeté dans l’eau les feuilles glorieuses où j’avais tracé des caractères.
Alors je t’ai donné un gros saphir, saphir pareil au ciel nocturne,
et, en échange du saphir obscur, tu m’as montré les petites perles de ta bouche.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Célébrer (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
Célébrer ce qui n’existe pas.
Est-il un autre chemin pour célébrer ce qui existe?

Célébrer l’impossible.
Est-il une autre façon de célébrer le possible?

Célébrer le silence.
Est-il une autre manière de célébrer la parole?

Célébrer la solitude.
Est-il une autre voie pour célébrer l’amour?

Célébrer l’envers.
Est-il une autre forme de célébrer l’endroit?

Célébrer ce qui meurt.
Est-il un autre chemin pour célébrer la vie?

Le poème est toujours célébration
car il est toujours l’intensité
extrême d’un fragment du monde,
son épaulement de ferveur restituée,
sa poignée d’enthousiasme,
sa plus juste prononciation, la plus ferme,
comme si la voix avait soudain fleuri.

Le poème est toujours célébration
même si sur ses bords se reflète l’enfer,
même si le temps se crispe comme un organe blessé,
même si l’histrion funambulesque qui pousse les mots
disperse ses cabrioles et pirouettes.

Rien ne peut occulter l’infini.
Son geste est plus large que l’histoire,
son pas, plus long que la vie.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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Les poètes (Jacques Caçao)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



Ils naissent de la nuit
Sur des chemins d’étoiles
Avec au bout des cils
Des chants d’outre-espace
Avec au creux du cœur
Des fleuves à descendre
Et dans leurs mains tendues
Des partages étranges.
Les Poètes.

Ils montrent des chemins
Pour les temps à venir
Leur tête est balayée
Par des vents versatiles
Qui décrochent leurs feuilles
Quand l’hiver est venu
Et font de leurs cheveux
Des neiges éternelles
Les Poètes

Ils célèbrent nos messes
ET nos fêtes galantes
Ils expatrient l’amour
De la fange vénale
Ils arriment des sons
A nos gestes futiles
Et des signaux d’alarme
A notre devenir.
Les Poètes.

La mort ne les prend pas
Elle enseigne leur force
Purifie leur essence
Et leur cosmologie
Quand leur métamorphose
S’illustre d’un soleil
Tous les peuples résonnent
De croyances obscures;

Ils disent: les Poètes
Ce sont des gentils;
Ou les Poètes ce sont …
Ce sont des visionnaires;
Ou encore, les Poètes
Ce sont des sorciers;
Et même certains disent:
Les Poètes, ce sont des fous!

(Jacques Caçao)


Illustration

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Mots s’amincissent (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018




    
Mots s’amincissent et mots s’étiolent.
Couleur muraille, couleur sépia.
S’ amenuisent au fil des lèvres
ombres d’eux-mêmes et d’autrui.
Ceux qui parlent ne célèbrent
qu’un nuage de fumée.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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LE CHANT (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



Illustration
    
LE CHANT

De cette pièce nue
où s’argentaient les suies
sortait la voix
pour célébrer
une chevelure
lisse aux reflets bleus ;
celui qui chantait
à veste de lustrine
à chemise en toile bise
ouvrit la fenêtre
sur la campagne fauve ;
un râteau doucement
caressait une allée
dans la clarté figée
par l’attente d’oiseaux.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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MAISON À DEUX GENOUX (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Louise Bourgeois
    
MAISON À DEUX GENOUX

j’habite la maison à deux genoux
je hante sa hauteur et profondeur
et je monte âme et corps en tous sens
. mais je voudrais que profondeur soit haute
pour que je poursuive et habite l’air
respiré avec celle que je respire
. elle est demeure mouvante et célébrée
elle s’est ouverte à toute respiration
je la prends comme l’air et comme soif
. elle me donne soi et ce qui est
et pourtant n’est pas ce qui contente

(Jean-Pierre Faye)

 

Recueil: Eclat Rançon
Traduction:
Editions: De la Différence

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Soudain les choses (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2018



Illustration
    
soudain les choses prennent connaissance
de leurs vraies natures en célébrant
l’instant né au bout du doigt

la fourmi qui dit ceci, là, sa
façon d’être dehors

Bob* dit, nothing wiser than a moment

* Robert Creely
(rien de plus sage qu’un moment)

(Israël Eliraz)

Recueil: Août, à la limite des choses perdues
Traduction:
Editions: José Corti

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Si vous m’aimez (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018




    
Si vous m’aimez

Si vous m’aimez, dites-le à la mer,
au feu dans l’âtre, au vent d’automne,
au ciel futur… Ne me le dites pas.
Vous écoutant, j’aurais l’ingratitude
d’aimer la mer, le vent, le feu de l’âtre…
bien plus que vous, bien plus que vos paroles.

Si je retourne à la terre, aux étoiles,
si je renonce à la vie, à la mort,
aux mots que j’aime, à mes poèmes frères
pour célébrer votre seule présence,
je gravirai la pente jusqu’à vous.

Si vous m’aimez, délivrez-vous de n’être
que ce corps neuf apprivoisant le ciel
pour devenir le rêve de mon rêve.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Amis de toute part (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Amis de toute part
reviendrai-je chez vous
partager vos paroles.
Vous m’êtes une fête
sans cesse commencée.
Avec vous je célèbre
l’été qui se prolonge
la moisson continue
gardée au fond des soirs.

Amis de toute part
je vous offre le feu
ma soif et ce poème.

(Max Alhau)

 

 

 

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À part (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
À part

À part le temps
Et ses rouages
À part la terre
En éruptions
À part le ciel
Pétrisseur de nuages
À part l’ennemi
Qui génère l’ennemi

À part le désamour
Qui ronge l’illusion
À part la durée
Qui moisit nos visages

À part les fléaux
À part la tyrannie
À part l’ombre et le crime
Nos batailles nos outrages

Je te célèbre Ô vie
Entre cavités et songes
Intervalle convoité
Entre le vide et le rien.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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