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Maison sans racines (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



Maison sans racines

Engluée dans tes mailles
Vissée à tes ancrages
Couvant parures et biens

Je me défais de tes cordages
Te laisse à tes façades
A tes entraves de mille riens

Pour célébrer
La Maison sans racines
Entre ses murs dévêtus.

(Andrée Chedid)

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RETOUR AU VISAGE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



 

KESA-FINALE003

RETOUR AU VISAGE

Je veille au portail des mots,
J’entrevois l’empire des images.

Des océans me saisissent,
Des vies m’ont irrigué.

Je m’écartèle aux terres adverses,
Je foisonne de soleils en fragments.

Mais si je reviens au visage,
C’est par ivresse du tendre argile.

Et si je célèbre le visage,
C’est pour sa brèche sur l’unité.

(Andrée Chedid)

Illustration: Katyveline Ruiz

 

 

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A un pivert (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2018



 

A un pivert

Oiseau de décembre dans l’arbre nu
ton cri rauque
me rappelle

la mort que l’on célébrait par des lamen
tations et des vociférations
au temps

jadis plaintes angoissées cris déchirants
des veillées funèbres imprécations contre
la mesquinerie

des dieux doux
rossignol de l’
hiver

les bois suspendent la neige comme
autant de gais
rideaux

***

To a Woodpecker

December bird in the bare tree
your harsh cry sounds
reminding me

of death we celebrated by lamen
tations crying out
in the old

days wails of anguish shrieking
wakes curses that the
gods

had been so niggardly sweet
nightingale of the
winter

woods hang out the snow as if
it were gay
curtains

(William Carlos Williams)

 

 

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NOSTALGIE BIENHEUREUSE (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



 

Igor Morski 1960 -  @ [1280x768]

NOSTALGIE BIENHEUREUSE

Ne le dites à personne, sinon aux sages
Car la foule se moque tout de suite :
Je veux célébrer le Vivant
Qui aspire à la mort par la flamme.

Dans la fraîche sérénité des nuits d’amour
Qui t’engendra, où tu engendras,
Te gagne une étrange contagion
Quand brille la bougie silencieuse.

Tu ne restes plus prisonnier
Dans l’ombre des ténèbres,
Et un désir neuf t’arrache
Vers une plus haute union.

Nulle distance ne peut te décourager,
Tu arrives en volant, fasciné,
Et enfin, amoureux de la lumière,
Tu es, papillon, consumé.

Et tant que tu ne détiens pas
Ce : Meurs et deviens !
Tu n’es qu’un hôte obscur
Sur cette terre ténébreuse.

***

SELIGE SEHNSUCHT

Sagt es niemand, nur den Weisen
Weil die Menge gleich verhöhnet :
Das Leben’ge will ich preisen,
Das nach Flammentod sich sehnet.

In der Liebesnächte Külhung,
Die dich zeugte, wo du zeugstest,
Ueberfällt dich fremde Fühlung,
Wenn die stille Kerze leuchtet.

Nicht mehr bleibest du umfangen,
In der Finsternis Beschattung,
Und dich reisset neu Verlangen
Auf zu höherer Begattung.

Keine Ferne macht dich schwierig,
Kommst geflogen und gebannt,
Und zuletzt, des Lichts begierig,
Bist du, Schmetterling, verbrannt.

Und so lang’ du das nicht hast,
Dieses : Stirb und werde !
Bist du nur ein trüber Gast
Auf der dunklen Erde.

(Goethe)

Illustration: Igor Morski

 

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Je pense que la Vérité est la louange de Dieu (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



Je pense que la Vérité est la louange de Dieu;
que nous devons la célébrer dans nos poèmes pour qu’ils soient purs;
qu’il n’y a qu’une école: celle où, comme des enfants
qui imitent aussi exactement que possible un beau modèle d’écriture,
les poètes copient avec conscience un joli oiseau, une fleur
ou une jeune fille aux jambes charmantes et aux seins gracieux.

Je crois que cela suffit.
Que voulez-vous que je préjuge d’un écrivain
qui se plaît à dépeindre une tortue vivante incrustée de pierreries?
Je pense, qu’en cela, il n’est point digne du nom de poète:
parce que Dieu n’a pas créé les tortues dans ce but,
et parce que leurs demeures sont les étangs et le sable de la mer.

Toutes choses sont bonnes à décrire lorsqu’elles sont naturelles;
mais les choses naturelles ne sont pas seulement le pain, la viande, l’eau, le sel, la lampe,
la clef, les arbres et les moutons, l’homme et la femme, et la gaîté.
Il y a aussi parmi elles, des cygnes, des lys, des blasons, des couronnes et la tristesse.

Que voulez-vous que je pense d’un homme qui, parce qu’il chante la vie,
veut m’empêcher de célébrer la mort, ou inversement;
ou qui, parce qu’il dépeint un thyrse ou un habit à pans d’hermine,
veut m’obliger à ne pas écrire sur un râteau ou une paire de bas?

Je trouve tout naturel qu’un poète, couché avec une jolie petite femme dure,
préfère, dans ce moment, l’existence à la mort;
cependant, si un poète qui a tout perdu dans ce monde, qui est atteint d’une cruelle maladie, et qui a la foi,
compose des vers sincères où il demande au Créateur de le délivrer bientôt de la vie,
je le trouve raisonnable.

(Francis Jammes)

Illustration: Patricia Blondel

 

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A LA PLUS BELLE FEMME DU BATEAU DES FLEURS (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




    
A LA PLUS BELLE FEMME DU BATEAU DES FLEURS
Ouan- Tsi

Je t’ai chanté des chansons en m’accompagnant de ma flûte d’ébène,
des chansons où je te racontais ma tristesse, mais tu ne m’as pas écouté.
J’ai composé des vers où je célébrais ta beauté ;
mais en balançant la tête tu as jeté dans l’eau les feuilles glorieuses où j’avais tracé des caractères.
Alors je t’ai donné un gros saphir, saphir pareil au ciel nocturne,
et, en échange du saphir obscur, tu m’as montré les petites perles de ta bouche.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Célébrer (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
Célébrer ce qui n’existe pas.
Est-il un autre chemin pour célébrer ce qui existe?

Célébrer l’impossible.
Est-il une autre façon de célébrer le possible?

Célébrer le silence.
Est-il une autre manière de célébrer la parole?

Célébrer la solitude.
Est-il une autre voie pour célébrer l’amour?

Célébrer l’envers.
Est-il une autre forme de célébrer l’endroit?

Célébrer ce qui meurt.
Est-il un autre chemin pour célébrer la vie?

Le poème est toujours célébration
car il est toujours l’intensité
extrême d’un fragment du monde,
son épaulement de ferveur restituée,
sa poignée d’enthousiasme,
sa plus juste prononciation, la plus ferme,
comme si la voix avait soudain fleuri.

Le poème est toujours célébration
même si sur ses bords se reflète l’enfer,
même si le temps se crispe comme un organe blessé,
même si l’histrion funambulesque qui pousse les mots
disperse ses cabrioles et pirouettes.

Rien ne peut occulter l’infini.
Son geste est plus large que l’histoire,
son pas, plus long que la vie.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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Les poètes (Jacques Caçao)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



Ils naissent de la nuit
Sur des chemins d’étoiles
Avec au bout des cils
Des chants d’outre-espace
Avec au creux du cœur
Des fleuves à descendre
Et dans leurs mains tendues
Des partages étranges.
Les Poètes.

Ils montrent des chemins
Pour les temps à venir
Leur tête est balayée
Par des vents versatiles
Qui décrochent leurs feuilles
Quand l’hiver est venu
Et font de leurs cheveux
Des neiges éternelles
Les Poètes

Ils célèbrent nos messes
ET nos fêtes galantes
Ils expatrient l’amour
De la fange vénale
Ils arriment des sons
A nos gestes futiles
Et des signaux d’alarme
A notre devenir.
Les Poètes.

La mort ne les prend pas
Elle enseigne leur force
Purifie leur essence
Et leur cosmologie
Quand leur métamorphose
S’illustre d’un soleil
Tous les peuples résonnent
De croyances obscures;

Ils disent: les Poètes
Ce sont des gentils;
Ou les Poètes ce sont …
Ce sont des visionnaires;
Ou encore, les Poètes
Ce sont des sorciers;
Et même certains disent:
Les Poètes, ce sont des fous!

(Jacques Caçao)


Illustration

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Mots s’amincissent (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018




    
Mots s’amincissent et mots s’étiolent.
Couleur muraille, couleur sépia.
S’ amenuisent au fil des lèvres
ombres d’eux-mêmes et d’autrui.
Ceux qui parlent ne célèbrent
qu’un nuage de fumée.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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LE CHANT (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



Illustration
    
LE CHANT

De cette pièce nue
où s’argentaient les suies
sortait la voix
pour célébrer
une chevelure
lisse aux reflets bleus ;
celui qui chantait
à veste de lustrine
à chemise en toile bise
ouvrit la fenêtre
sur la campagne fauve ;
un râteau doucement
caressait une allée
dans la clarté figée
par l’attente d’oiseaux.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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