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Poésie

Posts Tagged ‘célébrer’

Retouche à la grange (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2017




    
retouche à la grange

l’oeuf a la beauté d’un proverbe
le soleil à genoux célèbre
la paille et ses dessous

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie
Editions: Gallimard

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Ce n’est pas sans raison (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



Ce n’est pas sans raison
Que nous avons tremblé
Devant la moindre flamme,

Que devant la bougie,
Devant le feu de bois,
Nos mains se recherchaient,

Sans savoir si c’était
Pour célébrer,
Pour conjurer.

(Guillevic)

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Comme en forêt (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Comme en forêt le long des routes, nous allons
d’arbre en arbre, nous avons l’âge des rameaux
où se plaisent les fruits, le givre,
qui ne s’alarment pas de ce qu’ils durent,
l’humus et l’air, ensemble ils les célèbrent,
à l’ombre, l’accueil nous enracine

(Pierre Dhainaut)

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Tu l’entrevois (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2017




    
Tu l’entrevois

Tu l’entrevois, la belle plénitude
avec sa corne et ses fruits échappés.

Nous avons bu les eaux de tant de sources,
de tant d’oiseaux nous avons bu le chant.

Sommes-nous là pour remercier le ciel
de ces présents que la terre a donnés ?

Nous célébrons de fades artifices
quand le miracle apparaît sous nos yeux.

Et ce miracle — ici tout est miracle —,
c’est que la vie allant de corps en corps

se perpétue au bord de ce cratère
où le feu vif ne brûle qu’au-dedans.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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Je célèbre la chair éclatante et pulpeuse (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017



 

Je célèbre la chair
Eclatante et pulpeuse
Que le temps trahira
Puis sèmera à tous vents.

(Andrée Chedid)

Illustration: Hans Baldung

 

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La nuit ouvre ses yeux (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Jacqueline Fabbri
    
La nuit ouvre ses yeux en nous.
Rien ne retient plus le regard.
On fait corps avec le coeur.
L’onde est porteuse.
Juste à l’angle du temps.
La survie peut être célébrée.
On puise, mais avec une telle précision.

Si nue l’évidence quelle troue tous les pourquoi.
Au fond du charnier, une étoile ivre.
Des empreintes imprimées par le coeur.
Quelques arcs-en-ciel terrassés.
On laisse le bleu creuser son ombre.
Une seule goutte de feu suffit.
Ébloui, obstinément.

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Le lamantin (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017




    
Le lamantin est un être de première main.
Il n’adhère à aucun credo.
Il ne vise aucun au-delà.
Se moque du lendemain.
Peines ou récompenses, paradis ou enfer
— tout cela l’ennuie, insondablement.
Il ne cherche pas à être respectable —
il croît en profondeur.
Il ouvre au silence.
Le lamantin s’exprime —
dans l’insoumission de son discret vertige.

Le lamantin célèbre la lenteur,
la haute justesse des ralentis internes.
Il ne croit pas
au salut par procuration.
Il parie sur
la sagesse
de son propre frémissement.
Il sait s’abandonner;
se laisse inspirer,
renonce à tout point de vue.
La conscience totale est sa seule méthode.
Le lamantin est toujours hors sujet.

Le lamantin n’a aucun principe —
sinon l’absence de tout fondement.
Il porte en lui le grand mystère.
Flotte dans l’inconcevable.
Il ne cherche pas la compétition,
mais l’accomplissement.
Il sort du temps à volonté.
C’est un saint doué d’humour.
Il n’a nul souci d’avoir raison.
N’a que faire
de la mauvaise conscience chronique.
Il préfère l’ouverture à l’amertume.
Le lamantin ne communique pas —
il communie en permanence.

Le lamantin se tient à l’embouchure,
comme un prisme de la création.
Il a le temps,
il fait la planche entre deux eaux.
Il devine
qu’il est une image possible de Dieu —
mais ne s’en soucie guère.
Un bijou facétieux
que n’épuise pas le poids du savoir.
Il sait être grave, mais avec élégance.
Il est pur accueil —
jusqu’à se faire balafrer
par les hélices des hors-bord.
Le lamantin est un Grand Commençant.

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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Elle avait entrebâillé les yeux (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2017



Illustration: Charlotte Musson
    
elle avait entrebâillé les yeux
pour admirer les étoiles
qui ne sont pas pour nous
et pour mourir avant sa mort
elle avait entrelacé les mains
en espérant que le souvenir
de l’amour rallumerait ses yeux
le sourire de ses lèvres
la transparence de son front
comme voulant encore
célébrer la beauté

(Silvia Baron Supervielle)

 

Recueil: Sur le fleuve
Editions: Arfuyen

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Soledad (Bernard de Louvencourt)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2017



    
Illustration: Arkady Ostritsky  

Soledad

Dans l’âcre senteur de poivre et d’arbouse,
Auprès d’un mur chaud que la palme ombra,
Tout au fond du vaste et vieil Alhambra,
Le coude appuyé, rêve une Andalouse.

Où donc est Pedro qui la célébra,
Elle que Pedro voulut pour épouse?
Cette femme semble ou triste ou jalouse
De son pauvre amour qu’un an délabra.

Elle se sent seule auprès du silence ;
Et le vieux jardin, tranquille, balance
Son puissant jet d’eau sur sa vasque d’or.

Puis le vieux jardin frissonne. C’est l’heure.
Le couchant triomphe — et la femme pleure…
Comme le jour blond son amour est mort !

(Bernard de Louvencourt)

 

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Le soir d’été (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017



    

Le soir d’été retient en adoration
Mille oiseaux bleus, charmants et fiers comme des vices
Cependant que s’opère en moi la fusion
D’Aphrodite et d’Hermès avec que de délices !

Le jeune Ange du, lieu me jette un oeil propice,
Et je célèbre la messe de Passion,
En attendant au ciel magique de Sion,
La lune qui doit agréer le Sacrifice.

Des lampyres par l’herbe éveillent sous mes pas
Des clartés que l’Etoile angélique n’a pas ;
Et tout un pan de ciel adorable s’incline

Vers ia masse fleurie et sombre des halliers,
Où je vois, aux accents de la Flûte apriline,
Les Sexes s’irruer comme autant de béliers.

(Ernest Raynaud)

Recueil: Chairs profanes
Editions: Léon Vanier

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