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Nous nous émerveillons de la vie (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



Nous nous émerveillons de la vie

Sitôt qu’elle sourit, elle devient étoiles;
Et sitôt que j’ai soif, un cours d’eau frémissant.
Mon ange peut fleurir sous de célestes voiles,
Mais de l’étreindre, moi seul ai droit, ô passant!

Ses yeux sont des forêts que baigne la rosée,
Ses cheveux sont de l’or mêlé d’un noir goudron.
Je voudrais m’allonger comme carpette usée
Sur son seuil. A cela, hélas, elle a dit non.

Baisers dissimulés au coin de nos paroles
Venant furtivement saluer leurs bessons…
Pour faire un si beau rêve, il faut être herbes folles;
Mon amie est le cœur des plus subtils gazons.

Et volent nos baisers que nous sentons éclore.
Ils s’enfuient avec nous, ils s’enfuient dans le soir.
Et nous nous étendons sur le ciel de l’aurore;
Nous bénissons la vie et son divin pouvoir.

(Attila Jozsef)


Illustration: François-Joseph Durand

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HERBE CÉLESTE (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



    

HERBE CÉLESTE

Mes pieds ont foulé une herbe céleste.
Tout le jour le ciel a brillé comme verre.
Mes pieds ont foulé une herbe céleste.
La nuit les étoiles ont roulé solitaires.
Puis mes pieds sont venus fouler la terre
Et ma mère a crié me donnant naissance.
À présent mes pieds vite et loin avancent,
Mais les démange encore l’herbe céleste.
Mais les démange encore l’herbe céleste.

***

HEAVENLY GRASS

My feet took a walk in heavenly grass.
All day while the sky shone clear as glass.
My feet took a walk in heavenly grass,
All night while the lonesome stars rolled past.
Then my feet come down to walk on earth,
And my mother cried when she gave me birth.
Now my feet walk far and my feet walk Fast,
But they still got an itch for heavenly grass.
But they still got an itch for heavenly grass.

(Tennessee Williams)

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Moi aussi j’ai été poète (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2017



Carlos Drummond de Andrade 
    
Moi aussi j’ai été poète.
Il me suffisait de regarder une femme,
et je songeais aussitôt étoiles
et autres substantifs célestes.
Mais il y en avait tant, le ciel était si grand,
ma poésie s’y est embrouillée.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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L’Aurore (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017




L’Aurore est l’effort
De la Face Céleste
Pour à Nos yeux feindre
L’Ignorance du parfait.

(Emily Dickinson)

Illustration

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D’Étincelles notre rencontre (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



D’Étincelles notre rencontre – Silex
Divergents – volant de tous côtés –
Notre séparation, une Hache
Le Coeur de la Pierre clivé –
Nous vivons de la Clarté qui fut Nôtre
Avant d’éprouver la Ténèbre –
Par sa différence avec cette céleste
Étincelle, révélée.

***

We met as Sparks – Diverging Flints
Sent various – scattered ways –
We parted as the Central Flint
Were cloven with an Adze –
Subsisting on the Light We bore
Before We felt the Dark –
We knew by change between itself
And that etherial Spark.

(Emily Dickinson)

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Les bois sacerdotaux (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017



Les bois sacerdotaux chamarraient l’horizon
Où les lampes du soir rallumaient leurs feux rouges;
Au rideau des forêts où mille branches bougent
Peignaient leurs cheveux d’étranges visions.

Une femme parût, de sardoine et d’opale
Décorant son manteau pourpre comme le ciel;
Ses yeux brillaient dans l’or bleui des cheveux pâles.
Sacerdotales fleurs aux feux surnaturels.

Un rebec cajôleur aux doigts des mains divines
Si doucement pleurait que les rois des bois noirs
Appelaient par delà les célestes collines
Les reines accoudées aux balustres du soir.

Un vent plus fort tordit les crinières des bois
Eveillant les orgues des profondeurs sonores
Et la voix se perdit comme efface l’aurore
Dans les voiles du jour les bagues de ses doigts.

(Antonin Artaud)

Illustration: Herb Dickinson

 

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Jour de réconciliation (Gerrit Achterberg)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Jour de réconciliation

Le saint survient. J’ai touché
les frontières de Dieu et de l’homme et de l’animal.
Le voile se fend. Le saint est là.
Le saint des saints s’éveille

Je suis rendu identique à vous.
Vie et mort ne sont plus entrebâillés.
Les parois des quatre régions célestes
pivotent et s’ouvrent. Vous êtes décrochée

du papier qui vous tenait liée
aux lettres, qui étaient rassemblées
pour ce qu’elles savent de vous diversement ;

jeu par soi-même animé en bruissant
jusqu’à tant de feu, que nulle fibre ne reste
entre ce qui est et ce qui écrit là-dessus.

***

Verzoendag

Het heilige gebeurt. Ik heb graakt
grenzen van God en mens en dier.
Voorhangsel scheurt. Het heilige is hier.
Het heilige der heilige ontwaakt.

Ik word geheel met u gelijk gemaakt.
Leven en dood staan niet meer op een kier.
De wanden draaien open van de vier
hemelgewesten. Gij zijt losgehaakt

van het papier, dat u gebonden hield
aan lettertekens, die tesamen stonden
om wat zij wisselend van u bevonden ;

spei door zichzelve ritselend bezield
tot zoveel vuur, dat er geen vezel blijft
tussen wat is en wat er over schrijft.

(Gerrit Achterberg)

Illustration : Sandrine Genet

 

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A deux beaux yeux (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



A deux beaux yeux

Vous avez un regard singulier et charmant;
Comme la lune au fond du lac qui la reflète,
Votre prunelle, où brille une humide paillette,
Au coin de vos doux yeux roule languissamment;

Ils semblent avoir pris ses feux au diamant;
Ils sont de plus belle eau qu’une perle parfaite,
Et vos grands cils émus, de leur aile inquiète,
Ne voilent qu’à demi leur vif rayonnement.

Mille petits amours, à leur miroir de flamme,
Se viennent regarder et s’y trouvent plus beaux,
Et les désirs y vont rallumer leurs flambeaux.

Ils sont si transparents, qu’ils laissent voir votre âme,
Comme une fleur céleste au calice idéal
Que l’on apercevrait à travers un cristal.

(Théophile Gautier)

Illustration: Dina Shubin

 

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Comment faire couler les mots dans ce qui là-haut eut lieu (Haya Ester)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



 

Comment faire couler les mots
dans ce qui là-haut eut lieu
je déshabillai le corps céleste comme on enlève une robe
et mon âme dans sa nudité demeura mélodie
combien de cieux ai-je écoulés, pas de chiffres…
jeunesse d’un vent blanc
pas d’accomplissement
hauteurs du divin
une foule de psaumes n’y pourra rien
musique d’en haut
je fus amoureuse
de la beauté profonde de Dieu!

(Haya Ester)

 

 

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Elle viendra à moi (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



Elle viendra à moi
Elle a mon âme entre ses lèvres
Et mon cœur entre ses paupières
De ses seins jaillit la lumière
De ses hanches l’enfant à naître
Je l’entrevois la très divine
La présence très féminine
Et mes rêves s’entr’illuminent
Aux étoiles des sources fines

Refrain
Elle viendra à moi
Du fond de l’univers
Du bout de l’océan
De l’aut’ côté d’la mer
Des rives du néant
Au soleil de la joie
Elle viendra à moi
La femme de ma vie

Nous boirons aux fontaines vertes
Qui se penchent aux amoureux
Les lacs profonds des mers offertes
Qui viennent battre au fond des yeux
Tu seras pour moi la déesse
Que j’attendais dès ma jeunesse
Celle que j’aimerai sans cesse
Ma fée ma femm’ ma prophétesse

Refrain

Du bout de l’océan
De l’aut’ côté d’la mer
Des rives du néant
Au soleil de la joie
Elle viendra à moi
La femme de ma vie

Nous boirons aux fontaines vertes
Qui se penchent aux amoureux
Les lacs profonds des mers offertes
Qui viennent battre au fond des yeux
Tu seras pour moi la déesse
Que j’attendais dès ma jeunesse
Celle que j’aimerai sans cesse
Ma fée ma femm’ ma prophétesse

Refrain

Tu sais j’aimerai ton visage
Et la pluie le long de ta joue
Comme un enfant je serai sage
Mon front posé sur tes genoux
Je crois ce sera le bonheur
L’infinie tendresse douceur
Ô mon amie petite sœur
Je te donnerai ma chaleur

Refrain

Nous traverserons les forêts
Peuplées de bêtes inouïes
Peut-être c’est vrai je serai
Pour toi le chevalier qui prie
Lentement passeront les jours
Comme les nuits du temps trop lourd
Tu seras la dame à la tour
Du céleste château d’Amour

Refrain

De ce monde nous partirons
L’un à l’autre unis à jamais
Longtemps nos âmes tournoieront
Tu m’aimeras comm’ je t’aimais
Ton âme épousera mon âme
Flotteront fols les oriflammes
Toute la lumière et la flamme
Immense de l’Amour ma femme

Elle est venue à moi
Du fond de l’univers
Du bout de l’océan
D’ l’aut’ côté d’la Terre
Des rives du néant
Au soleil de la joie
Elle est venue à moi
La femme de ma vie
Je suis venu aussi
À elle pour la vie.

(Jean-Claude Demay)

 

 

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