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Posts Tagged ‘céleste’

J’essayais d’imaginer Solitude pire qu’aucune que j’aie jamais vue (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



J’essayais d’imaginer Solitude pire
Qu’aucune que j’aie jamais vue —
Une Expiation Polaire — un Présage dans l’Os
De l’atrocement proche Mort —

Je fouillais l’Irrécupérable
Pour y puiser — mon Double —
Un réconfort Hagard surgit

De l’idée que Quelque Part –
A Portée des Griffes de la Pensée —
Demeure une autre Créature
De l’Amour Céleste — oubliée —

Je grattais à notre Paroi —
Comme On doit forcer les Murs —
Entre un Jumeau de l’Horreur — et Soi —
Dans des Cellules Contiguës —

Je parvins presque à étreindre sa Main,
Ce devint — une telle Volupté —
Que tout comme Moi — j’avais pitié de Lui —
Peut-être avait-il — pitié de moi —

***

I tried to think a lonelier Thing
Than any I had seen —
Some Polar Expiation — An Omen in the Bone
Of Death’s tremendous nearness —

I probed Retrieveless things
My Duplicate — to borrow —
A Haggard comfort springs

From the belief that Somewhere —
Within the Clutch of Thought —
There dwells one other Creature
Of Heavenly Love — forgot —

I plucked at our Partition —
As One should pry the Walls —
Between Himself— and Horror’s Twin —
Within Opposing Cells —

I almost strove to clasp his Hand,
Such Luxury — it grew —
That as Myself— could pity Him —
Perhaps he — pitied me —

(Emily Dickinson)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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VISION (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



Illustration: John Clare
    
VISION

J’ai perdu l’amour du ciel de là-haut
J’ai dit non aux désirs de la terre d’en-bas
J’ai senti les douceurs de l’amour inventé
Je n’ai pas d’ennemi sinon l’enfer lui-même

J’ai perdu les joies de la terre mais senti l’ardeur
De la flamme céleste en moi surabonder
Jusqu’à l’heure où la beauté et moi nous devînmes
Le poète de l’immortalité

J’ai aimé — mais la femme fit défection
Alors me dérobant à son renom flétri
Et volant au soleil son éternel rayon
J’ai écrit jusqu’à l’heure où la terre ne fut qu’un nom

Dans chaque langue de la terre
Sur chaque rive et chaque mer
J’ai donné à mon nom immortelle naissance
Et tenu mon esprit avec les libres

***

A VISION

I lost the love of heaven above
I spurned the lust of earth below
I felt the sweets of fancied love
And hell itself my only foe

I lost earth’s joys but felt the glow
Of heaven’s flame abound in me
Till loveliness and I did grow
The bard of immortality

I loved but woman fell away
I hid me from her faded fame
I snatch’d the sun’s eternal ray
And wrote till earth was but a name

In every language upon earth
On every shore o’er every sea
I gave my name immortal birth
And kept my spirit with the free

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Qui d’un pas céleste (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



 

Illustration
    
Qui d’un pas céleste
glisse et tournoie

Qui là-bas passe
à la dérobée ?

par les chemins
de fortune ?

Quelle ombre en deçà
au-delà

en filigrane
danse

que nul mot
ne dessine ?

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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La fontaine (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
La fontaine

Dans la pâleur de l’air se dresse mon désir,
Fraîche rumeur sans repos sur un fond de verdure,
Telle une svelte colonne tronquée dont la grâce
Couronne le calme déjà céleste des eaux.

Bananiers et châtaigniers bordent de lisses avenues
Et emportent tout au loin mon soupir diaphane,
De chemins lumineux en nuages légers,
Du vol ralenti des colombes grises.

Au pied des statues vaincues par le temps,
Alors que je copie leur pierre dont le charme a figé
Ma tremblante sculpture de ces instants liquides,
Unique entre les choses, je meurs et toujours renais.

Ce jaillissement sans fin vient de la lointaine
Cime où tombèrent les dieux, des siècles
Passés, et son accent de paix baigne encore la vie
Qui dore faiblement le bleu de ma fougue glacée.

En moi flottent au vent les traces apaisées
De vieilles passions, de gloires et de deuils d’antan,
Ils demeurent, dans l’ombre naissante du soir,
Mystérieux face à la vaine rumeur de l’éphémère.

La magie de l’eau fige les instants :
Je suis le divin secours de la peine des hommes,
L’image de qui fuit la lumière pour l’ombre,
Le trouble de la mort devenu mélodie.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Les nuages
Traduction: Anthony Bellanger
Editions: Fata Morgana

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Et j’ai gravi tous les sommets (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Renaud Baltzinger
    
Et j’ai gravi tous les sommets,
J’ai contemplé les autres cieux,
Ma torche était l’oeil du hibou,
Et la rosée céleste du matin.

Suis-moi! Ton regard me supplie,
Tu crois aux paroles semées,
Comme si je devais deux fois
Boire la coupe empoisonnée !

Oh! non, j’ai détruit mes indices,
Et mes pas ne sont plus que cendre !
Tout demeurera inchanté,
Jusqu’au retour de cette Etoile —

L’Étoile, dont je saurai l’approche —
Il me faudra rendre au centuple
Et la grandeur et la bassesse
Que je traîne comme un fardeau!

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Je me repais de bruyères … (Tadeusz Miciński)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



 

Nicholas Roerich. Song of Shambhala

Je me repais de bruyères …

Je me repais de bruyères, de fougères de cuivre,
m’abreuve du soleil d’argent et de l’azur profond.
Les torrents qui débordent —
coulent — par la vallée —
ils s’unissent et confluent —
s’égouttent — à travers les neiges, les rocs —
laissant leur sein diminuer —
leurs épaules se pressent contre les nuages.
Mon âme vole autour des sommets de l’Himalaya —
autour de villes fortifiées —
de pagodes que le cœur seul connaît —
depuis un cloître endormi — j’observe la mer,
mon regard se porte vers le Nirvana céleste, doré et miroitant —
vers les granites noirs, insondables, écumants.

(Tadeusz Miciński)

Découvert ici : poetespolonais

Illustration: Nicholas Roerich

 

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J’attends mon seigneur mais il ne vient pas (Anonyme VIIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



 

Agnès Bockel _le_talus_500_ko

J’attends mon seigneur
Mais il ne vient pas
Je regarde
La plaine du ciel.
La nuit noire
Est venue
Elle s’avance
Et la tempête souffle.
Debout, j’attends,
Sur mes manches
La neige qui tombe
Reste glacée.
Encore une fois,
Mon seigneur viendra-t-il ?
Nous allons nous revoir
Après un temps long comme une liane,
Me dis-je
Pour apaiser mon coeur.
Je fixe mes manches
Et prépare notre couche
Si dans la réalité
Je ne vous rencontre pas, seigneur,
Que du moins en rêve
je vous revoie
Toute cette céleste nuit!

(Anonyme VIIIème siècle)

Illustration: Agnès Bockel

 

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Dans la pénombre de la cathédrale (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017




    
Dans la pénombre de la cathédrale,
Où la veilleuse veille sur l’image sainte,
La nuit vivante plongera bientôt
Ses yeux dans tes yeux sans sommeil.

Des paroles de sagesse céleste
On sent jaillir les forces de la terre.
Sous les voûtes, c’est l’ombre mystérieuse,
lci — le froid d’un banc de pierre.

L’intense feu d’une rencontre brève
A soufflé son haleine de là-haut
Sur tous ces cierges assoupis,
Sur les images saintes, sur les fleurs.

L’inspiration naît du silence,
Et tes desseins me sont cachés,
Et se pressent confusément la connaissance,
Et le frisson de la colombe et du serpent.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Ténèbres (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2017




    
Ténèbres

Ton âme pleure le passé.
Laisse aller ta mélancolie
Qui ravive un amour lassé.
Élève-toi vers la folie.

C’est une clarté indécise,
Ce sont les dernières lueurs
D’un feu qui s’éteint, d’un bonheur
Qu’un souvenir trop pur excise.

C’est une musique céleste
Qui berce et berce et berce encore.
Mais cette harmonie est funeste
À celui qui n’a plus de corps.

Pleure ami, c’est un jour de deuil.
Si la mort frappe à la fenêtre
De ton coeur, montre le cercueil ;
Elle aura pitié de ton être.

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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Il suffit d’un rien (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



 

Il suffit d'un rien

Il suffit d’un rien

Il y a du merveilleux à voir
en allant voir derrière les yeux
Du silence à entendre en ouvrant l’oreille
entre rêve et sommeil
De l’infini à caresser dans la céleste
chaleur animale de l’amour

Il suffit d’un rien,
d’un éclair,
d’un instant toujours trop aveuglant,
toujours indéchiffrable

(Michel Camus)

Illustration

 

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