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Posts Tagged ‘cendres’

Requiem pour n’importe qui (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



 

Jacqueline Fabbri  soldat mort  52

Requiem pour n’importe qui

Il est mort connue du bois sec.
Ça pouvait être n´importe qui,
Un enfant de l´Andalousie
Ou un frère du soldat Schveik.
Il est mort, la guerre est finie.
On lui fait des funérailles,
Chacun retourne à son travail.
Il est mort et je suis en vie.

Il est mort comme un feu de paille,
ça s´est passé très loin d´ici.
C´est loin l´Afrique et loin l´Asie,
Des mercenaires et ses G.I.
Il est mort de n´avoir su vivre
Quand il fallait vivre à genoux,
Noyé de sang, noyé de boue.
La mort enfin l´a rendu libre.

Il est mort comme du bois sec.
Ça pouvait être n´importe qui,
Le frère de Théodoraki,
Un enfant de Zorba le Grec.
Il est mort, je suis en exil
Et je meurs un peu avec lui,
Chaque fois que tombe la nuit
Sur le soleil du mois d´avril.

Il est mort comme du bois sec.
Ça pouvait être n´importe qui,
Le frère de Théodoraki,
Un enfant de Zorba le Grec.
Il est mort, je suis en exil
Et je meurs un peu avec lui,
Chaque fois que tombe la nuit
Sur le soleil du mois d´avril.

Il est mort, pitié pour ses cendres.
Ce n´est ni l´heure ni l´endroit
Pour demander des comptes à rendre,
Mais les mots viennent malgré moi.

(Georges Moustaki)

Illustration: Jacqueline Fabbri

 

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Combien de rêves (Alain Mabanckou)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



combien de rêves
traînent encore le pas

l’enfance est si loin
le sommeil de l’adulte se couvre
de cendres de nostalgie

il y a des faims insatiables

(Alain Mabanckou)

Illustration

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Pourquoi mon Dieu (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



 

Andrea Orr - American Figurative painter    (1) [1280x768]

Pourquoi mon Dieu

Oh toi qui sais combien mon Dieu c´est fragile un amour
Pourquoi l´avoir laissé mourir sans lui porter secours
C´était un fleuve ivre de vie
Mais la source s´est tarie
Oh mon Dieu pourquoi mon Dieu
Il n´y a plus que l´amertume
Dans mon cœur qui se consume
Oh mon Dieu pourquoi mon Dieu
Qu´adviendra-t-il de moi mon Dieu
Qu´adviendra-t-il de moi de nous
On peut sourire on peut souffrir
On peut mourir d´un souvenir
Pourquoi mon Dieu pourquoi mon Dieu
Oh toi qui sais combien mon Dieu c´est fragile un amour
Pourquoi l´avoir laissé brûler au soleil de mes jours
Il n´y a plus que son ombre
Portant le chagrin du monde
Oh mon Dieu pourquoi mon Dieu
Je n´ose même plus attendre
Qu´il renaisse de ses cendres
Oh mon Dieu pourquoi mon Dieu
Qu´adviendra-t-il de moi mon Dieu
Qu´adviendra-t-il de moi de nous
On peut sourire on peut souffrir
On peut mourir d´un souvenir
Pourquoi mon Dieu pourquoi mon Dieu

Pourquoi mon Dieu…

(Georges Moustaki)

Illustration: Andrea Orr

 

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La terre de ce corps (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



 

La terre de ce corps
Veut
Retourner à la terre

L’eau de mon corps
Veut
Remonter au nuage

L’air de mon corps
Veut
Retrouver l’espace

Le feu de mon corps
Veut
Brûler n’importe où

Les cendres du désir
Veulent renaître

Et je n’aurai jamais

Qu’une âme
Unique pour répéter
Ces mensonges

(Werner Lambersy)

Illustration: Louis Treserras

 

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Quand je t’aimais (Ismaïl Kadaré)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



Quand je t’aimais,
mes pensées vers toi couraient
et ton image m’enveloppait nuit et jour
comme l’antique volcan qui
de ses cendres ensevelit Pompéi
et son pourtour.

Mais passent les jours.
Aujourd’hui refroidie
la lave rend fertile
les pentes dociles
où mûrissent les vignes.

Que pareillement les pensées
que je t’ai destinées
viennent de leur eau claire
féconder ces vers.

(Ismaïl Kadaré)

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POÈME DU SOIR (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



POÈME DU SOIR

Sur une couche pâmée
L’éclair qu’efface un instant
Met sa robe de fumée
Pour suivre au large le vent

Sur des terres sans mémoire
Chaque pied a son soulier
L’aile est blanche l’aile est noire
Le jour n’est lui qu’à moitié

Sur un manège de cendres
0ù l’homme n’est que ses pas
Le coeur a battu pour surprendre
Ce qu’un regard ne voit pas

C’est l’espoir qu’un monde à naître
De notre ombre ait fait le noir
Et nous riant aux fenêtres
N’ait que nos yeux pour se voir

Sous des quatrains qu’elle inspire
Aux jours qui doutent de toi
La vie a ses dents pour sourire
De ce qui fut une fois

(Joë Bousquet)

Illustration: Alphonse Osbert

 

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Le coeur navigant (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



Le coeur navigant

Loin des cultes
qui nous réduisent en cendres,
Des temples
où le ciel se force en vain une entrée,
Loin des puissances d’airain que d’autres
puissances culbutent

Élisons encore la vie
Au sommet du jour blessé.

Plutôt le fruit hasardeux
Que la lettre de marbre,
Plutôt toujours chercher
Et ne jamais savoir :

Arc à travers buissons,
Aile à travers pièges,
Que la sinistre fresque
d’une vérité bouclée.

Le temps fond comme cire,
Et les verrous ne cèdent qu’au coeur navigant.

(Andrée Chedid)


Illustration

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Presque tout est de si peu d’importance (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



Presque tout est de si peu d’importance.
Mais quand surgit au ciel, comme un nuage incandescent,
l’ineffable,
tout est consumé.
Tout est transformé,
toi aussi tu es transformé,
et ce qui il y a peu te semblait de la plus grande valeur
n’est plus rien.
Tu t’éloignes parmi les cendres de tout
Devenant cendres toi-même.

Presque tout est de si peu d’importance.

***

Det mesta är så betydelselöst.
Men så finns det någonting oerhört som stiger upp som
ett glödande moln på himlen
och förtär allt.
Då blir allting förvandlat
och du själv förvandlad
och det som nyss tycktes dig av största värde
har inget värde alls för dig mer.
Och du går bort genom alltings aska
och är själv aska.

Det mesta är så betydelselöst.

(Pär Lagerkvist)


Illustration

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LE soir, doux berger (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



LE soir, doux berger, développe
Son rustique solo…
Je mâche un brin d’héliotrope
Comme Fra Diavolo.
La nuit latente fume, et cuve
Des cendres, tel un noir Vésuve,
Voilant d’une vapeur d’étuve
La lune au blanc halo.
La Nuit latente

Je suis la fervente disciple
De la mer et du soir.
La luxure unique et multiple
Se mire à mon miroir…
Mon visage de clown me navre.
Je cherche ton lit de cadavre
Ainsi que le calme d’un havre,
O mon beau Désespoir !

Ah ! la froideur de tes mains jointes
Sous le marbre et le stuc
Et sous le poids des terres ointes
De parfum et de suc !
Mon âme, que l’angoisse exalte,
Vient, en pleurant, faire une halte
Devant ces parois de basalte
Aux bleus de viaduc.

Lorsque l’analyse compulse
Les nuits, gouffre béant,
Dans ma révolte se convulse
La fureur d’un géant.
Et, lasse de la beauté fourbe,
De la joie où l’esprit s’embourbe,
Je me détourne et je me courbe
Sur ton vitreux néant.

(Renée Vivien)

Illustration

 

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Les cendres de mon père (Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2016



Chez un potier je suis passé naguère
Qui pétrissait l’argile en cent manières.
J’y vis ce que les autres n’y voyaient:
Entre ses mains les cendres de mon père.

(Omar Khayam)

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