Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘cendreux’

Jours vides interminables (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2021



Illustration: Tamara Lunginovic
    
jours vides
interminables
écrasés d’ennui

rien ne se propose
de ce qui pourrait
m’apporter
ce dont l’attente
me consume

une région de ténèbres
où tout m’est retiré
de ce qui habituellement
me fait vivre

certes le temps va
mais si lentement
si lentement
et chaque seconde
ronge lancine accable

ce qui me fait
défaut
je l’ignore

je ne le connais
que par ce besoin
que j’en ai

un âpre désir
une torturante
nostalgie

alors
replié dans mes limbes
sourd et aveugle
à ce qui me hèle
voué souvent
à des heures
lasses et cendreuses
j’attends

j’attends
que sourde
la lumière

que meure
le temps

que jaillisse l’eau
dont j’ai soif

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Suspens (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Suspens

Ce prix quasi mortel
ne devais-je pas le payer
et ce grain de folie
n’était-il pas requis
pour que la sève recommence à circuler
et que l’arbre cendreux se couronne
d’une riche floraison de grandes vacances ?

(Michel Leiris)

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Ombres blanches (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
Ombres blanches

Ombres fragiles, blanches, endormies sur la plage,
Dormant dans leur amour, dans leur fleur d’univers,
Ignorant la couleur ardente de la vie
Sur un lit de sable, de hasard aboli.

Librement les baisers depuis leurs lèvres tombent
En l’indomptable mer comme perles inutiles ;
Perles grises ou cendreuses étoiles peut-être
Qui montent vers le ciel en clarté défaillante.

Sous la nuit le monde silencieux fait naufrage ;
Sous la nuit des visages fixes, morts, se perdent.
Seules ces ombres blanches, oh blanches, oui, si blanches,
La lumière aussi donne des ombres, mais bleues.

***

Sombras blancas

Sombras frágiles, blancas, dormidas en la playa,
Dormidas en su amor, en su flor de universo,
El ardiente color de la vida ignorando
Sobre un lecho de arena y de azar abolido.

Libremente los besos desde sus labios caen
En el mar indomable como perlas inútiles;
Perlas grises o acaso cenicientas estrellas
Ascendiendo hacia el cielo con luz desvanecida.

Bajo la noche el mundo silencioso, naufraga;
Bajo la noche rostros fijos, muertos se pierden.
Sólo esas sombras blancas, oh blancas, sí, tan blancas,
La luz también da sombras, pero sombras azules.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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