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Poésie

Posts Tagged ‘cendrier’

En chemise bleue (Célie Diaquoi-Deslandes)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



 

fumée bleue

En chemise bleue

Un fume-cigarette dort en chemise bleue
Bleu d’azur sombre bleu de fumée
Fumée de cigarettes défuntes
Un fume-cigarette dort en chemise bleue

Cauchemar peuplé de rires
Rire jaune rire de cristal
Cristal de larmes fugitives
Un fume-cigarette dort en chemise bleue

Dans un cendrier couleur de nuit
Nuit de mains lasses de mains fiancées
Fiancées nubiles fiancées lascives
Un fume-cigarette dort en chemise bleue

(Célie Diaquoi-Deslandes)

Illustration

 

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Un livre, à quoi ça sert ? (J.M.G. Le Clézio)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



Un livre, à quoi ça sert ?
À écrire. Ça sert à écrire, à lire, à dessiner.
À écrire ce qui est écrit, à lire ce qui est écrit.
À dessiner des animaux, des arbres, des poissons, des cendriers, des livres, des hommes, des enfants.
À dessiner tout ce qu’on voit.
A compter aussi, à mettre des chiffres.
À raconter des histoires, l’histoire du hibou, l’histoire de la montagne creuse et de la forêt avec les loups.
À faire le ciel, à faire le soleil. A faire une chemise. À faire un pot de fleurs, et une cigarette.
On dessine. On colorie.
On dessine les maisons.
On dessine les salamandres et les escargots.
On peut les faire à l’endroit, et puis à l’envers.
On peut les faire avec des craies, avec des pinceaux.
Avec des allumettes aussi.
Avec de la paille.
Avec des feuilles.
Avec des cheveux.
Avec de l’herbe. Avec des morceaux de bois.
On peut coller, on peut découper avec des ciseaux.
Un livre, ça peut être une boîte.
ça sert à se rappeler, aussi.
A gribouiller.
À cacher les choses, pour que les autres ne les trouvent pas.
ça sert à envoyer des lettres aussi. À mettre les lettres et les cartes quand le facteur les a apportées.
À coller des photos.
Un livre, ça sert à lire le journal.
On écrit les lettres, les O, les A, les Z, les W.
On écrit ZORRO, CHAT ISABELLE.
Ça sert à courir dans le jardin.
Un livre, ça sert à mettre ce qu’on a rêvé cette nuit.
Quand on s’est bien amusé avec, on n’a plus qu’à le jeter à la poubelle.

(J.M.G. Le Clézio)


Illustration

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A présent je viens je vais là-bas (Yves Artufel)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018




    
A présent je viens je vais là-bas
ça va être long
toutes ces pages à vivre
comme à travers une nuée de papillons
et tout ce qui se perd dans la fumée
de cigarettes au bord d’un cendrier
ou près d’un feu de bois
qui s’est éteint sur un chemin
où personne ne passe plus
mais qui garde en ses pierres
la mémoire du bois mort
et des murs écroulés
les méandres du passé
ce que la main peut contenir
de mémoire et d’extase
de moments hors du temps
d’horizons intérieurs
de papillons bleus des origines
ou des lacs noirs de la détresse

(Yves Artufel)

 

 

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Lentement (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018




    
lentement
le temps passe
à la verticale

on est là
autant que la bouteille
le livre fermé
le cendrier
la table

tout vibre
très peu
d’exister

on rejoint

dans cette pièce
à ce moment
sans murs

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Peau
Traduction:
Editions: Tarabuste

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OÙ S’EN VONT LES RUISSEAUX (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    
OÙ S’EN VONT LES RUISSEAUX

Dans les rues à minuit ne coule aucun ruisseau
il ne naît qu’avec l’aube et le bon balayeur
qui lui ouvre la porte et dirige ses pas
pousse dans son eau claire ordures, feuilles mortes
les tickets de métro les cendriers vidés
tout et n’importe quoi file vers cette bouche
qui avale le ru pour le rendre à l’égout
Il renaît à l’azur lorsque sorti du noir
il laissera sa lie aux terrains d’épandage
Alors plus pur plus libre il s’en va vers l’aval
retrouver loin des ports le trésor des possibles

(Raymond Queneau)

 

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J’ai vu la femme éclater (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



Illustration: Letinha
    
j’ai vu la femme éclater
dans le silence de la fleur
refermée
les membres épars étaient des allumettes
jonchant le cendrier de la
vie
un oeil était de ces diamants
trouvés par hasard dans
la bouche écartelée
d’une glèbe griffée
le sang coulait dans les méandres
d’une pensée là oubliée

j’ai vu la femme éclatée
dans le silence de la fleur
refermée

(Mathieu Bénézet)

 

Recueil: … Et nous apprîmes
Editions: Flammarion

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Déjeuner du matin (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Il a mis le café
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourné
Il a bu le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler
Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder
Il s’est levé
Il a mis
Son chapeau de pluie
Parce qu’il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder
Et moi j’ai pris
Ma tête dans ma main
Et j’ai pleuré.

(Jacques Prévert)

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URGENCE (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2016



 

URGENCE

Du temps a passé sur les braises et les cendres.
On a remis les dieux aux calendes
sans penser qu’ils n’étaient
que flambeaux pour irriter le vide.

Mortelle éternité on dirait
qu’il manque des statues et des temples
où jeter les fleurs coupées,
on dirait qu’il manque une peur.

Où aller?
Désir violent et douloureux
de déserter,
d’atteindre une mémoire blanche.

Comme suis saturé d’urgence
je me tue à tuer le temps
à cramer cartes ou gants
dans le cendrier de la chance.

Je voudrais vivre à l’heure du feu
sans secret ni attente —
être tout entier dans l’éphémère qui brûle
son linceul de mystère…

(André Velter)

Illustration: Didier Traulle

 

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Cent mille fois la chute… (Jean-Louis Giovannoni)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2016



Aucun arbre ne quitte sa famille.
Dans nos chambres, les meubles parlent au fond d’eux…
Une nuit pleine de branches, de feuilles retenues.

De ce côté-ci du monde
Rien que l’appel,
L’appel avant l’envol

Les mots sont des vêtements endormis.
Ce besoin de toujours traîner un corps dans les rêves!
Peut-être viendra-t-on nous délivrer à l’instant de l’ultime fatigue?

J’ai toujours cette fâcheuse croyance que les
Femmes m’ouvriront à ce que je ne peux voir.
J’insiste. Elle ne baisse pas les yeux.
Peut-être passerai-je en elle?
Je suis descendu du wagon.
Toujours rien.

Pourquoi faudrait-il que l’on soit sauvé
Et pas ce chat, ce cendrier, ce stylo-plume?
Des paquets de rêve agglutinés, avec une sorte de gélatine autour,
Que certains appellent: moi.
Cent mille fois la chute…
Et cette impossibilité d’admettre en toi le vide

(Jean-Louis Giovannoni)

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Tu me regardes (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2015



Tu me regardes

Tu passes toujours et tu reviens.
D’autres t’ont donné un nom. Pourtant
tu n’en as aucun, tu les as tous.
Je dis cendrier, purée, pollen,
je dis visage, herbe, bol, silex.
Tu sors de l’un pour entrer dans l’autre.
Tu tisses des fils qu’on ne voit pas
mais qu’on sent partout. J’ouvre la porte,
je suis sur le seuil: tu me regardes.

(Jacques Ancet)

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