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Poésie

Posts Tagged ‘centre’

Il faut inverser le connu (Serge Pey)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



 

Erik Johansson -11

Il faut inverser le connu
Le dehors nous fait passer au dedans
Le dedans au dehors
Le multiple à l’unique
Le diamètre au centre
Le dispersé au concentré
Il faut inverser aussi l’inconnu
Il faut inverser l’inverser
Ouvrir un angle
ne sert qu’a trouver le point
qu’il ne peut mesurer

(Serge Pey)

Illustration: Erik Johansson

 

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L’omoplate de la nuit (Serge Pey)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2020


 

Duy Huynh -   (39)

I. L’omoplate
II. de la nuit
III. cherche son squelette

IV. Un poème est une affirmation
V. d’apparence contradictoire
VI. ou contraire à l’opinion reçue
VII. qui déborde toutes les opinions

VIII. La part de vérité
IX. d’un poème déborde
X. de la vérité générale

XI. Toute conclusion d’un poème
XII. est un poème lui-même
XIII. qui déborde toute les conclusions
XIV. et le poème lui-même
XV. attaque la conclusion
XVI. qui le déborde
XVII. La posture du poète est
XVIII. celle de l’oeil du cyclone
XIX. Aucun poème n’est extérieur
XX. à la chose qu’il décrit

XXI. À l’intérieur de l’oeil du cyclone
XXII. rien ne se meut
XXIII. et le poète peut observer le mouvement
XXIV. violent des contradictions

XXV. Le seul danger pour le poète est de sortir
XXVI. ou de traverser le cyclone
XXVII. en sortant de l’oeil

XXVIII. Le travail d’un poète
XXIX. consiste à revenir
XXX. d’où il est venu

XXI. L’extrémité du centre
XXII. sa propre disparition

XXXIII. inouïe

(Serge Pey)

Illustration: Duy Huynh

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Quelque part enfin (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2020



quelque part enfin
sans être au centre
l’espace
sans être solitaire

(Werner Lambersy)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Je riais (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2020



Je riais
Du centre vers la périphérie

Je riais
Du ventre et de la gorge
Des mains et des omoplates
Cela secouait tout l’espace
Faisait danser les fantômes
Comme ce mouchoir
Noué aux quatre coins

Dont la poupée dansait sous
Tes doigts
Avant d’aller enfant
Me coucher entre des draps
Amidonnés et froids
Sous la présence
Parfumée d’une chevelure
En chute libre

Je riais pour faire tomber
Les fruits de l’arbre
Du souffle
Au milieu du jardin d’Eden

Maintenant je ris
De la périphérie des autres
Vers le ventre
Avec des mains
Qui essorent les poumons
Comme du linge

Pour en sortir ce qui reste
Avant de passer le fer chaud
Sur les faux plis
De l’âme

(Werner Lambersy)

Illustration: Boleslaw Von Szankowski

 

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Au centre du gris (Elie-Charles Flamand)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2020



Au centre du gris
Tant de soleils s’entrecroisent

(Elie-Charles Flamand)


Illustration

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LE CHEVALERESQUE TIREUR A L’ARC (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2020



LE CHEVALERESQUE TIREUR A L’ARC

Entre deux battements
d’ailes.

Entre deux sauts
du temps.

Entre deux querelles
d’atomes.

Entre deux mots
du poème.

Entre deux paumes
de hasard.

Entre deux regards
qui sèment.

Le centre.

(Jean Mambrino)

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Pour transformer l’absence (Isabelle Courteau)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020


absencejpg

Comment échapper au somnambulisme
D’une souffrance qui, sans répit, nous tance
Nous tient à un voir sans voir
Faux cristal à fendre telle une eau
Pour retrouver le sans éclat
Seule, la contrainte, de l’intérieur
Qui s’allume, s’éteint, puis
S’allume pour s’éteindre.

Le deuil ne finit pas
Nos constructions d’images profondes chancellent
Au-dessus des douleurs profondes
Pas de froid qui morde, ni de vent du nord
Que la difficile joie d’une lumière
Qu’une transparence secrète
Pour être ici autant que là
Mélange.

N’être que fidèle au fond obscur
Malgré mon attention toujours insuffisante
A ce qui sourd et se compose dans l’épaisseur
Centre qui se présente
Comme à la périphérie oculaire
Le regard orgueilleux de sa prise
Défait sans cesse.

La peine de l’exil est si vraie
Mais les larmes sont d’un grotesque théâtre
Ce qui est prison, est éclatement
Ce qui est danger, est liberté
Tu trouveras rien,
Ce rien qui aura épuisé.
Ta soif ne sera que grondement sourd.

A ce silence, tu auras donné ton silence qui,
Dans ton absence, est encore ce que tu m’as laissé
Dans une approche d’une abrupte douceur
Quelque chose qui dit oui.

(Isabelle Courteau)

Illustration

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Il faut que tu écrives au centre de l’espace (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2020



Parce que tu es
Au centre de l’espace
Quand tu écris.

Le poème s’organise
Autour d’un centre.

Parce que le poème
Exige un centre,

Il faut que tu écrives
Au centre de l’espace.

C’est ton devoir de faire
Que les deux autres coïncident.

*

Le tremblement
Qui dans le poème agite
Les mots, les blancs entre les mots,

Qui agite aussi
Tout ce que le poème
Laisse voir ou deviner,
Même l’espace qu’il ouvre,

Ce tremblement
Est peut-être dû

Au fait que les deux centres
Se poursuivent pour s’épouser,

Craignent
De réussir,

(Guillevic)

Illustration: ArbreaPhotos

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NOCTURNE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2020




    
(Recueil Comme ceci, comme cela)
NOCTURNE

Ici s’ouvre un monde nouveau
démasqué par la fin du jour
Le temps bascule J’écoute Je retiens mon souffle.

Une réponse dernière
Un pâle éclat
Un secret promis et tenu

Les mots
un essaim d’astres
Une plume une feuille

La nuit s’éclaire au centre
Au centre est la source de toute couleur
Au centre est l’avenir longtemps mûri sous les cendres

Au centre est mon amour pour ce monde
Ma joie mon espérance invincible et trahie.

J’irai mourir dans mon enfer
Je déchirerai les vestiges de la misère
Ce qui murmure hors de moi en moi-même
est comparable au fleuve
qui traverse tout sans se mélanger à rien

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Centre (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020




Ne pas
ne pas croire
qu’on est au centre

Ne pas
ne pas croire
qu’on n’y est pas

(Henry Bauchau)

Illustration

 

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