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Poésie

Posts Tagged ‘centre’

Les mots (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2022




    
Les mots de celui qui parle ou écrit
en demeurant enfoui en son centre,
quand tu les accueilles,
ils ont ce pouvoir
de faire tressaillir en toi
le plus intime.

(Charles Juliet)

Recueil: Pour plus de lumière anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Gallimard

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La sphère n’a pas de centre (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2022



    

La sphère n’a pas de centre.
Son centre est fixe et mobile,
proche, lointain, hors du temps,
chaque fois perdu.

Centre. Sphère.
D’un rien rayonne
la profusion de l’immense.

(Charles Juliet)

Recueil: Pour plus de lumière anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tentation (Benoît Conort)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2021


carré

Dans le cercle il y avait un carré
Dans le carré un autre cercle
Au centre était un centre
On le devinait on ne le voyait pas
L’énigme demeurait

(Benoît Conort)

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LA BLANCHEUR (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2021




    
LA BLANCHEUR

Elle a connu les visages et la beauté nuptiale.
Elle a mûri dans l’espace, construit le sens
mystérieux et connu le cri
de la nuit. La main inscrit les signes
dans la pierre, et l’ocre et la cendre
s’exhalent dans le silence, s’effacent dans la blancheur.
Elle ne sait pas et elle sait, car elle est devenue le centre
où elle respire : poisson, colombe, serpent.
Le songe s’est fait espace et son flanc
retient le soleil sous la voûte des arbres.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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LE GRAND DÉFI (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021




LE GRAND DÉFI

I

Ton corps était tendu de grâce et d’insolence :
Le grand défi brillait d’un feu de diamant
dans tes yeux où l’amour en pleine virulence
rutilait comme un astre au fond du firmament.

Nous reprîmes le chant de nos premières fêtes :
Le monde de nouveau chancela sous nos poids,
tellement nous étions lourds de tous nos émois ;
royale tu m’ouvris les alcôves secrètes.

Aussitôt jaillissant du sarcophage d’or
telle tu m’apparus qu’en songe j’avais prise :
reine Néfertiti sans voile ni trésor,

ayant pour seul atour sa beauté reconquise
ou bien, livrée à la caresse de nos brises,
ondine d’Alassour, nymphe des lacs du Nord.

II

Royale tu m’ouvris les alcôves du ciel :
Par quel prodige, par quelle métamorphose
dans ton lit devenu l’axe de toute chose,
l’Univers retrouva son centre essentiel !

Ce fut le tourbillon fantastique des sens
pris soudain dans la ronde éternelle des astres.
Et tel fut le combat que jouant les désastres
il nous rongea les os et nous brilla le sang.

Cherchant de nos volcans les plus riches vestiges
nous tournions, nous tournions sur nos propres vertiges
avant la chute d’or dans le cratère en feu.

Le bonheur renaissait de la chaude coulée
des laves dévalant les flancs nus et nerveux
de ta divinité de nouveau révélée.

III

O Déesse, voici le temps de l’apogée :
La terre disparaît avec son rituel
et son cortège de soucis habituels.
C’est l’ivresse du ciel par l’amour propagée

qui déferle sur nous en beaux cyclones d’or.
Quelle force nous lance au-delà de nous-mêmes,
plus haut que notre rêve et plus loin que la mort.
Le zénith nous délivre un message suprême

pour franchir la frontière au col de l’infini.
Nous avons à passer la charge la plus lourde
dont un simple mortel se soit jamais muni.

Notre soif est si grande et si fraîche la gourde
que du désert brillant le sable et les rocailles
s’en trouvent attendris jusque dans les entrailles.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration

 

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L’IMAGE VAGABONDE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021




    
L’IMAGE VAGABONDE

En quelle bouche boit la lumière, en quel lieu brille
le monde ? Il n’y a pas de portes dérobées
et le rêve est autant dehors que dedans, une image
évanescente qui laisse une ligne fine
sur la peau du temps. Comme si j’entendais
un arc très blanc tendu sur un feuillage rougeoyant.
Aimer cette lumière d’herbes, cette ombre de la terre ?
Mon doigt effleure une tige sous des cendres,
et ce n’est pas un oeil qui roule au centre d’un cratère,
mais le sang d’un bois, un incendie vagabond
de mots et de cris parmi les étoiles du vent.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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DANS L’ÉGALITÉ DU TORRENT (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021




    
DANS L’ÉGALITÉ DU TORRENT

Dans l’égalité du torrent, un seul arbre,
des mots et des pierres accueillant un
visage au rythme des vagues, et une
ombre ovale sur les épaules, respirant
lentement le cercle d’air, les reflets
dans les branches, semblants de
souffle, les anneaux du jour, sans bord
ni centre l’arche inachevée, errante, qui
sur la mer est la permanence.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Entre le désir et les fleurs (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021



Illustration: Pascal Renoux

    

Entre le désir et les fleurs les longues jeunes filles
mesurent l’opacité d’une pureté impure,
elles jouent le jeu -intense de la majesté et de l’usure,
jeunes filles soulevées par des lignes fluctuantes.

Vivre les jeunes filles dans la pudeur du noir,
les vivre noblement, les prendre
aux aisselles le plus rapidement jusqu’au centre,
le feu tourbillonnant dans leur ventre, pour les mériter.

Ô filles vivantes de la couleur du souffle même,
attachez-moi au mur, ou bien je tomberai parmi vous
dans le parfum délié de vos corps limpides.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Quel artiste ne voudrait s’établir là (Paul Klee)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021



Illustration: Paul-Klee
    
Quel artiste ne voudrait s’établir là,
où le centre organique de tout mouvement dans l’espace et le temps
— qu’il s’appelle cerveau, ou coeur de la création —
détermine toutes les fonctions ?

(Paul Klee)

 

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Quand tu te tiens dans la proximité du centre (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2021



Illustration: Josephine Wall
    
Quand tu te tiens
dans la proximité du centre
la moindre parcelle de vie
est intégrée à la sphère

Avoir la force de t’arracher
aux joies plaisirs émotions
que te donnent tes semblables

Pour boire à cette source
où capiteuse se fait la vie

Combien seul
combien étranger à ce monde
celui que le manque
contraint à chercher
une vie plus haute

Instants
de folle ébriété

Quand un même flux
mêle en son torrent
la lumière et les eaux

Ce feu doux
de l’amour
quand l’oeil
a clarifié la flamme

Femme
c’est de toi
que me vient la vie
et je n’en finirai pas
de te louer te célébrer

que comprendre

comment rendre compte

parfois c’est le dégoût
la détresse

cette fureur du sang
parce que tout avorte

que chaque effort est vain

que rien n’échappe à la faux

ou parfois
c’est cette vénération cette joie
jubilante cette suffocante
lumière

et chaque visage m’émeut
alors jusqu’aux larmes

je déambule
dans la rue
parmi la foule

désobstrué
transparent
anonyme

avec
oui
avec
comme une lumière invaincue
qui pétille
et bat dans mes veines

minutieusement
goulûment
je vois les visages
happe cette vie
qui déferle

je me livre à chacun
je me love en chacun

en moi
s’enlacent des regards
se nouent des étreintes
s’ébauchent des nuits d’amour

et soudain me saisit
le sentiment suffocant
du mystère de la vie

hautes lames
de l’immense

dévotion éperdue

spacieux vertige

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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