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Poésie

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Fillette de l’argile fiancée au feu (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Fillette de l’argile fiancée au feu
enfant de la terre moite
villageoise de mousse
d’herbes amères
et d’insectes miroitants
de lierre
et de feuilles
promise au danseur des fagots
chaque branche du bûcher
brindille ronce et genévrier
témoigne de ta folle aventure
au confluent d’Isis et de Geneviève
bergère de nature
et reine d’épée
toi la sainte et toi la fée
toi que l’amour a brûlée.
Fille des souches et des eaux
des flammes s’apprivoisent
du cep au ciel
entre tes doigts
oiseaux cruels.

(Armand Lanoux)

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NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



Illustration: Charles de Groux
    
NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE

Les cloches essèment au vent
La joi’ de leur carillonnée,
Qui vient me surprendre, rêvant,
Dans le coin de ma cheminée ;
Noël ! Noël ! c’est aujourd’hui
Que Jésus vint sur sa litière,
Noël ! mon ventre a tressailli
Sous les plis de ma devantière.

O toi qui vas, dans mon sabot,
Me descendre, avec un petiot,
De la misère et de la peine,
Noël ! Noël ! si ça se peut
Attends encore ! Attends un peu ! …
Attends jusqu’à l’année prochaine !

Noël ! Noël !cette anné’-ci
Le froid tua les blés en germe,
Tous nos ceps ont été roussis ;
Le « jeteux d’sorts », sur notre ferme,
A lancé son regard mauvais
Qui fait que sont « péri’s » mes bêtes,
Que mes pigeons se sont sauvés
Et que mon homme perd la tête.

Tous mes gros sous, à ce train-là,
Ont filé de mon bas de laine,
Quand reviendront ? Je ne sais pas !
Mais, à la récolte prochaine,
J’espère voir les blés meilleurs
Et meilleure aussi la vendange,
Pour mon bonheur et le bonheur
De l’enfant dont j’ourle les langes.

(Gaston Couté)

 

 

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La tempête passe (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017




    
La tempête passe entre les doigts ouverts
en renversant le ciel parmi les feuilles mortes
et la terre ne dépasse plus de la terre
que par quelques arbres coulant avec leur mâture.

Les oiseaux perdus dans les branches se taisent,
les bielles s’arrêtent dans les machines souterraines,
les chambres sans plafond sont nues dans la bourrasque
qui troue la cendre froide où les hommes se cachent.

Les noeuds de rosée n’ont pas tenu dans l’herbe
qui pourchasse le vent en toute liberté,
surprise de voir la terre si dure et si passive
aux coups que lui donne le nuage en plein vol.

Les ceps transis restent seuls dans les champs
au milieu des os que tendent les chaumes.
Le monde est soudain vide comme un couloir
où le moindre pas, le moindre mot résonne.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Autour du toit qui nous vit naître (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2016



Autour du toit qui nous vit naître
Un pampre étalait ses rameaux;
Ses grains dorés, vers la fenêtre,
Attiraient les petits oiseaux.

Ma mère, étendant sa main blanche,
Rapprochait les grappes de miel,
Et les enfants suçaient la branche,
Qu’ils rendaient aux oiseaux du ciel.

L’oiseau n’est plus, la mère est morte ;
Le vieux cep languit jaunissant,
L’herbe d’hiver croît sur la porte,
Et moi je pleure en y pensant.

C’est pourquoi la vigne enlacée
Aux mémoires de mon berceau,
Porte à mon âme une pensée,
Et doit ramper sur mon tombeau.

(Alphonse de Lamartine)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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EPARS SUR LE MONT (Carlo Betocchi)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016



EPARS SUR LE MONT

Nous cherchions alors des fraises,
nos mains posées sur l’hirsute manteau
herbeux qui les cachait : et sous les souches
des hêtres la main en quête de ceps.

Mains jeunes et vieilles – épars sur le mont
nous cherchions dans l’herbe : dans l’herbe
craignant la vipère, risquant au hasard,
comme ignorants et pourtant conscients, dans la douceur

de l’existence et dans le vent si frais,
buvant à ces vifs effluves, tournés
vers la vie mais non sans l’ivresse
du risque – sans une ombre dans l’âme.

***

SPARSI PEL MONTE

Allora noi cercavamo le fragole,
poste le mani là dove l’irto mantello
erboso le nascondeva : e sotto ceppate
di faggio lieta la mana andava per funghi.

Mani giovani e vecchie, sparsi pel monte,
noi cercavamo nel verde : nel verde
temendo la vipera, o come inconsci
azzardando, e pur consapevoli, nel dolce

del vivere, el nel vento freschissimo,
bevendo a quell’aure vitali, volti
alla vita ma non senza ebbrezza
di rischio, e senza, nell’anima, un’ombra.

(Carlo Betocchi)

Illustration

 

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