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Poésie

Posts Tagged ‘cerceau’

Le poème ne se fabrique pas (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2019




    
Le poème ne se fabrique pas
Il ne se possède pas
Il ne s’obtient pas au mérite
Il ne prouve pas sa conformité
C’est un chant clandestin
Un don reçu
Un présent inespéré
Un cerceau faisant rouler la nuit
Autour des hanches du silence
Une main posée sur la tempe bleue du temps
Une ombre qui tient tête au soleil
L’éblouissement d’un amour gracieux
La simplicité d’un pardon sans aveu

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Pour accéder à une vie nouvelle (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018




    
Pour accéder à une vie nouvelle, à la Sainte-Brigide,
Il fallait traverser sa ceinture de paille tressée :
Les hommes devaient passer d’abord la jambe droite,

Puis le bras droit, l’épaule droite, la tête, enfin l’épaule,
Le bras et la jambe gauches. Les femmes l’enfilaient
De la tête jusqu’aux pieds, puis sortaient de ce cercle.

L’espace ouvert soudain par ces gestes
Etait plus ouvert, dans la chute des cerceaux
Chacun pouvait sentir encore la douceur

De l’air de février sur sa tête, imaginer la tresse
Qui vacillait en s’effilant comme glanes au vent
Ou un chardonneret survolant les labours.

***

On St Brigid ‘s Day the new life could be entered
By going through her girdle of straw rope:
The proper way for men was right leg first,

Then right arm and right shoulder, head, then left
Shoulder, arm and leg. Women drew it down
Over the body and stepped out of it.

The open they came into by these moves
Stood opener, hoops came off the world,
They could feel the February air

Still soft above their heads and imagine
The limp rope fray and flare like wind-borne gleanings
Or an unhindered goldfinch over ploughland.

(Seamus Heaney)

 

Recueil: La lucarne
Traduction: Patrick Hersant
Editions: Gallimard

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A FORCE D’AIMER (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



 

A FORCE D’AIMER

A force d’aimer
Les fleurs, les arbres, les oiseaux,
A force d’aimer
Les sources, les vals, les coteaux,
A force d’aimer
Les trains, les avions, les bateaux,
A force d’aimer
Les enfants, leurs dés, leurs cerceaux,
A force d’aimer
Les filles penchées aux rideaux,
A force d’aimer
Les hommes, leur rage de ciel,
A force d’aimer
Il devint, un jour, éternel

(Maurice Carême)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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Graduel (Jude Stéfan)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



Graduel

mon enfant,
fais le signe de croix
peigne tes cheveux
coupe tes ongles
ne fends pas le pain
fuis les femmes
(songe à ta mère)
fuis l’ivresse
(songe à ton oncle)
essuie bien tes pieds
appâte les oiseaux
dédaigne les fleurs
ne ris pas à table
ne joue qu’au cerceau
n’apprends rien
attends le soir
attends le pire
remercie le Vide

(Jude Stéfan)


Illustration

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VOYAGEUSE (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Illustration: John William Waterhouse
    
VOYAGEUSE

Nous sommes nés de la douceur. Notre pays
N’appelle pas la mort du chant de ses oiseaux.
Même le sable était tranquille sur les allées,
Comme nous parcourions les roseraies, le long de la rivière.
Le soleil caressait nos cheveux et les feuilles.
Quelle ombre a visité le jour du chêne, quel automne
A jeté sur le dallage ces chevauchées de feuilles cramoisies ?

Souviens-toi, semble dire
La source qui reproche faiblement. Souviens-toi, dit encore
Caché dans la nuit d’arbre, le rossignol de l’ancienne folie
Qui a brisé l’ordonnance du monde et divisé ton coeur.
Tu n’aimeras qu’au prix de douleurs infinies. Tes mains
Se fermeront vainement sur les objets du monde,
Sur l’eau qui t’abandonne, le jour qui t’aimait
Sera comme une nuit.

En vain l’enfant du square pousse un cerceau d’or,
Jason

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mauvais voisin (Paul Vincensini)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



Mauvais voisin

L’amour ne viendra plus
Coller son nez sur mes carreaux
Ni enfoncer ma porte

Plus rien n’est vrai
Que la grimace atroce du zéro
Et ma maison était un mensonge

Je dors debout comme un cerceau
Au milieu de la pluie et des arbres

(Paul Vincensini)

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L’EOLIENNE (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



L’EOLIENNE

« Vent, tu te crois le gouvernant,
tu n’es qu’un âne, tu n’es qu’un sot ! »
Et sa couronne elle fait rouler
devant elle comme un cerceau
(la route est si belle, le ciel est si grand !)
et file et freine et fouette le vent…
A la cime de son pylône,
avec le ciel sous sa couronne,
avec le vent à ses côtés,
l’éolienne
est comme une reine
et fait ses quatre volontés.

Aux quatre coins de l’horizon
elle fait la roue en riant,
sans souci du qu’en dira-t-on.
Par tous les temps, sur tous les tons,
cette rouée, elle module,
tourne le vent en ridicule :

« Vent, tu te crois le gouvernant,
tu n’es qu’un âne, tu n’es qu’un sot ! »
Et sa couronne elle fait rouler
devant elle comme un cerceau
(la route est si belle, le ciel est si grand !)
et file et freine et fouette le vent…

L’éolienne, avec sa roue de rire,
sa roue d’argent qui vire vire,
de l’horizon est le point de mire :
tout l’horizon est à ses pieds
Avec des éclats de rire argentés,
du matin au soir, jamais enrouée,
notre éolienne, elle se promène
et mène le vent
par le bout du nez…

(Christiane Barrillon)

Illustration

 

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Funérailles (Suzanne Paradis)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



Funérailles

Je ne serai pas lourde à mettre en terre
je pèse le poids d’à peine un désir
d’un oiseau lancé du bout de la terre
et qu’un seul roseau porte sans souffrir.

Je veux un cerceau tout brûlé de terre
un cheval qui passe et qui rue exprès
pour m’ensevelir en vivante terre
apportée des prés et des grands marais.

Puis romps les enfants aux danses prochaines
depuis trop de jours ils ont oublié
comme on fait les bonds comme on fait la chaîne
les cheveux troublants et le col plié.

Je ne serai pas triste, pour la fête
choisis les enfants parmi les plus gais,
et dis à la mort, crie-lui à tue-tête
si Dieu n’est pas là que je l’attendrai.

(Suzanne Paradis)

 

 

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Quand le chat met ses chaussettes (Jean-Luc Moreau)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2017



Quand
le chat
met ses
chaussettes,
c’est
la fête
aux sou-
ricettes.

Quand
le chat
joue au
cerceau,
c’est
la fête
aux sou-
riceaux.

(Jean-Luc Moreau)

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Par toi moineau se prolonge (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2016




Par toi moineau se prolonge

Tu civilises
quelques objets: vitrail, livre de bord,
cerceau d’orphelinat.
Tu apportes l’espoir
à quelques fleuves
qui n’osaient pas partir pour l’océan.
Tu défends quelques chênes
comme on défend sa langue
contre un verbe étranger.
Par toi la pomme
devient pomme qui parle.
Par toi moineau se prolonge.

(Alain Bosquet)

Illustration: René Magritte

 

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