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Poésie

Posts Tagged ‘cercle’

LE CALICE DES BAISERS (Auguste Angellier)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



LE CALICE DES BAISERS

Le calice d’or des baisers
Porte une émeraude à chaque anse,
La verte pierre d’espérance
Aux rayons jamais apaisés ;

Un cercle pourpre de rubis,
La pierre des fièvres brûlantes,
L’entoure de flammes sanglantes,
De feu sombre et d’éclats subits ;

Mais au fond du calice d’or
Est incrustée une améthyste,
La pierre violette et triste
Des pleurs, du deuil et de la mort.

(Auguste Angellier)

Illustration: Antoine Picard

 

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Mélancolie (Giorgio de Chirico)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

Mélancolie

Lourde d’amour et de chagrin
mon âme se traîne
comme une chatte blessée
— Beauté des longues cheminées rouges

Fumée solide
Un train siffle. Le mur
Deux artichauts de fer me regardent.

J’avais un but. Le pavillon ne claque plus
— Bonheur, bonheur, je te cherche —
Un petit vieillard si doux chantait doucement
une chanson d’amour
Le chant se perdit dans le bruit
de la foule et des machines
Et mes chants et mes larmes se perdront aussi
dans tes cercles horribles
ô éternité.

(Giorgio de Chirico)

 

 

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Arbres d’hiver (Sylvia Plath)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



Arbres d’hiver

Les lavis bleus de l’aube se diluent doucement.
Posé sur son buvard de brume
Chaque arbre est un dessin d’herbier –
Mémoire accroissant cercle à cercle
Une série d’alliances.

(Sylvia Plath)

Illustration

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Le calme, le silence et la nuit (William Shakespeare)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

 

Comme le clair de lune dort doucement sur ce banc !
Venons nous y asseoir, et que les sons de la musique glissent jusqu’à nos oreilles !
Le calme, le silence et la nuit conviennent aux accents de la suave harmonie.
Assieds-toi Jessica. Vois comme le parquet du ciel
Est partout incrusté de disques d’or lumineux.
De tous ces globules que tu contemples,
Il n’est pas jusqu’au plus petit,
Qui, dans son mouvement, ne chante comme un ange,
En perpétuel accord avec les chérubins aux jeunes yeux !
Une harmonie pareille existe dans les âmes immortelles ;
Mais, tant que cette argile périssable
La couvre de son vêtement grossier, nous ne pouvons l’entendre.

***

How sweet the moonlight sleeps upon this bank!
Here will we sit and let the sounds of music
Creep in our ears: soft stillness and the night
Become the touches of sweet harmony.
Sit, Jessica. Look how the floor of heaven
Is thick inlaid with patines of bright gold:
There’s not the smallest orb which thou behold’st
But in his motion like an angel sings,
Still quiring to the young-eyed cherubins;
Such harmony is in immortal souls;
But whilst this muddy vesture of decay
Doth grossly close it in, we cannot hear it.

(William Shakespeare)

Illustration: Vincent Van Gogh

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MARCHAND DE BALLONS (Manuel Bandeira)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



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MARCHAND DE BALLONS

Au marché de petite banlieue
Un homme loquace fait l’article de ses ballons de couleur :
— « Le meilleur amusement pour les enfants! »
Autour de lui, un cercle de petits enfants pauvres,
Regarde avec des yeux extasiés les grands ballons ronds.

Cependant le marché bat son plein.
Voici qu’arrivent les dames pauvres,
Et les servantes des dames riches,
Et les femmes du peuple, et les blanchisseuses des alentours.
Sur l’étal des poissonniers,
Dans les échoppes de céréales,
Auprès des paniers de légumes,
On marchande avec acrimonie pour un sou.

Les enfants pauvres ne voient ni les tendres petits pois
Ni les tomates écarlates,
Ni les fruits,
Ni rien.

On comprend bien que pour eux ici au marché
la seule marchandise utile et vraiment indispensable
ce sont les ballons de couleur.
Le vendeur infatigable bonimente :
– « Le meilleur amusement pour les enfants! »
Et autour de l’homme loquace les petits enfants pauvres font
un cercle inamovible de désir et d’émerveillement.

(Manuel Bandeira)

Illustration

 

 

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GESTATION (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

Brendan Monroe

GESTATION

Je ne parle pas de ce qui est
Je parle de ce qui se fait
De ce qui vient

Je chante pour prendre souffle
Ecouter ma voix multiple

Exercice d’oiseau

J’aime l’impatience des lèvres closes
Les cercles que font les fleuves
Les bruits des plaines
Et l’arôme inconnu qui troue le verre
En ouvrant des fissures mystérieuses
Aux dimensions d’immortalité

Je n’écoute pas les oiseaux voler dans un siècle vide

Un siècle est une harpe
Et la roue du soleil va devant
Parmi les nombres et les êtres

J’écoute un bruit nouveau
Sur le blanc troupeau des tombes fraîches

Des milliers de fleurs dorment enterrées
Sous les feuilles de la délicatesse
Les fleurs dont je rêve

Le feu annonce la venue
Brûlant comme une procession d’été
D’une rangée de morts

Je franchis le seuil de la cendre
Je salue les arbres qui penchent
Des coeurs et des sourires matériels

Au-delà de la terre qui a soif
Et des horizons légers
Les désirs passent au bout des ailes
La voix des oiseaux change
Et parle de mystérieux amours immaculés
De grands espoirs pendus au ciel
De calices pleins de sang et d’indicibles gestations

Attente étoilée
Couronne sur le temps de l’angoisse

Victoire du fond de la dimension et de l’infini
Domination de la beauté main météore
Arbre idéal qui éclate de sève et de douleur
Roule comme un fleuve puissant
Géométrie multiforme, désir, rêve, action
Sur tous ceux qui dorment

Sur toutes choses
Qui attendent

(Georges Themelis)

Illustration: Brendan Monroe

 

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Interrogations (Gabriela Mistral)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



Interrogations

Comment dorment-ils donc, Seigneur, les suicidés ?
Un caillot sur la bouche et les deux tempes vides,
les lunes de leurs yeux blanches, écarquillées,
et les mains orientées vers une ancre invisible ?

Ou arrives-Tu quand les hommes sont partis
pour fermer leurs paupières sur leurs yeux aveugles,
pour sans douleur ni bruit disposer leurs viscères
et pour croiser leurs mains sur leur poitrine muette ?

Le rosier que sur eux arrosent les vivants,
ne donne-t-il à ses fleurs formes de blessures ?
Son parfum n’est-il âcre et sombre sa beauté ?
Des serpents tressent-ils son feuillage chétif ?

Réponds, réponds, Seigneur : Quand leur âme s’enfuit
par la porte mouillée des longues déchirures,
entre-t-elle en tes lieux fendant l’air avec calme
ou entend-on claquer des ailes affolées ?

Livide, un cercle étroit se ferme-t-il sur eux ?
L’éther est-il un champ où fleurissent les monstres ?
Dans leur effroi retrouvent-ils pourtant ton nom ?
Ou crient-ils sans espoir sur ton cour endormi ?

Un rayon de soleil les atteint-il un jour ?
Est-il une eau qui lave leurs stigmates rouges ?
Pour eux seuls tes entrailles restent-elles froides,
sourds tes tympans parfaits, à jamais clos tes yeux ?

C’est ce que l’homme affirme, égaré ou pervers ;
mais moi qui t’ai goûté comme du vin, Seigneur,
laissant les autres t’appeler sans fin Justice,
je ne te donnerai jamais qu’un nom : Amour !

L’homme a toujours été, je le sais, griffe dure ;
vertige, la cascade ; âpreté, la sierra.
Mais Toi tu es la coupe où mêlent leur douceur
les nectars de tous les jardins de cette Terre !

(Gabriela Mistral)

Illustration:John Everett Millais

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L’écho du corps (Gherasim Luca)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Dorina Costras r

 

L’écho du corps

prête-moi ta cervelle
cède-moi ton cerveau
ta cédille ta certitude
cette cerise

cède-moi cette cerise
ou à peu près une autre
cerne-moi de tes cernes

précipite-toi
dans le centre de mon être
sois le cercle de ce cercle
le triangle de ce cercle

la quadrature de mes ongles
sois ceci ou cela ou à peu près
un autre
mais sois-moi précède-moi

séduction

entre la nuit de ton nu et le jour de tes joues
entre la vie de ton visage et la pie de tes pieds
entre le temps de tempes et l’espace de ton esprit
entre la fronde de ton front et les pierres de tes paupières

entre le bas de tes bras et le haut de tes os
entre le do de ton dos et le la de ta langue
entre les raies de ta rétine et le riz de ton iris
entre le thé de ta tête et les verres de tes vertèbres

entre le vent de ton ventre et les nuages de ton nu
entre le nu de ta nuque et la vue de ta vulve
entre la scie de tes cils et le bois de tes doigts
entre le bout de tes doigts et les bout de ta bouche

entre le pois de tes poils et la poix de ta poitrine
entre le point de tes poings et la ligne de tes ligaments
entre les pôles de tes épaules et le sud-est de ta sueur
entre le cou de tes coudes et le coucou de ton cou

entre le nez de tes nerfs et les fées de tes fesses
entre l’air de ta chair et les lames de ton âme
entre l’eau de ta peau et le seau de tes os
entre la terre de tes artères et le feu de ton souffle

entre le seing de tes seins et le seins de tes mains
entre les villes de ta cheville et la nacelle de tes aisselles
entre la source de tes sourcils et le but de ton buste
entre le musc de tes muscles et le nard de tes narines

entre la muse de tes muscles et la méduse de ton médius
entre le manteau de ton menton et le tulle de ta rotule
entre le tain de ton talon et le ton de ton menton
entre l’œil de ta taille et les dents de ton sang

entre le pulpe de ta pupille et la serre de tes cernes
entre l’oreiller de tes oreilles et la taie de ta tête
entre le lévrier de tes lèvres et le poids de tes poignets
entre les frontières et le visa de ton visage

entre le pouls de tes poumons et le pouls de ton pouce
entre le lait de tes mollets et le pot de ta paume
entre les pommes de tes pommettes et le plat de tes omoplates
entre les plantes de tes plantes et le palais de ton palais

entre les roues de tes joues et les lombes de tes jambes
entre le moi de ta voix et la soie de tes doigts
entre le han de tes hanches et les halo de ton haleine
entre la haine de ton aine et les aines de tes veines

entre les cuisses de tes caresses et l’odeur de ton cœur
entre le génie de tes genoux et le nom du nombre
du nombril de ton ombre

(Gherasim Luca)

Illustration: Dorina Costras

 

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APAISEMENT NOCTURNE (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

Franz Skarbina  79

APAISEMENT NOCTURNE

Le souffle lent du soir défleurit les lilas
Amoncelant au pied d’odorantes jonchées
De ces petites fleurs qui craquent sous mes pas.

Mon âme est douloureuse et mon coeur est très las.
Sur la toiture, des colombes sont perchées
Attristant l’air du soir d’un long roucoulement ;
Il tombe de leur bec des plumes arrachées.

Il neige dans mon coeur des souffrances cachées.

Au bassin, le jet d’eau rejaillit tristement
Ridant l’onde qui dort de cercles concentriques,
Et les plantes du bord ont un tressaillement.

Au cour les souvenirs pleurent confusément.

Voici la nuit qui vient et ses folles paniques
Le vent ne souffle plus, le ramier s’est enfui,
Le jet d’eau se lamente en des plaintes rythmiques,

Et tes yeux grands ouverts me suivent dans la nuit.

(Henri de Régnier)

Illustration: Franz Skarbina

 

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Le corps grandi (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration: Lena K.    
    
Le corps grandi

Renoncement nocturne Ô fête
De ce qui fut la beauté
D’une maison des corps désencombrés

Adieu aux cercles de la grâce
Qui entrouvraient tes yeux dans la lumière cave

Adieu maintenant comme une aile, j’ai un corps
Aux clartés des limites humaines et chaleureuses
Et retour et je suis parmi vous les vivants
Vos sommeils aux bras longs m’accueillent pour revivre

Moins de nuage cette nuit, moins de vent
Je suis dans la passion dont l’âge m’abandonne
C’est dans l’âge plus haut d’un autre qu’a grandi

La beauté maintenant où s’attarde mon corps.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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