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Poésie

Posts Tagged ‘cercle’

La femme émiette un pain friable (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019




…la femme
émiette un pain friable
au cercle des oiseaux bénis

(Jean Follain)

Illustration: Jean-Honoré Nicolas Fragonard

 

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La Création (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019


Ca se passe ainsi : une sorte de langueur;
A mes oreilles les heures tintent sans cesse;
Au loin un roulement de tonnerre s’apaise.
J’entends comme la plainte et le gémissement
De voix inconnues, prisonnières;
Un cercle mystérieux se rétrécit,
Mais de cet abîme qui murmure et résonne
Monte un bruit qui domine tous les autres.
Autour de lui, c’est un silence tel
Que l’on entend pousser l’herbe dans la forêt,
Sur la terre marcher le mal et sa besace…
Mais voici que déjà des mots se font entendre
Et les signaux sonores des rimes légères;
Alors je commence à comprendre,
Et les lignes qui me sont simplement dictées
Se couchent sur mon cahier blanc comme la neige.

(Anna Akhmatova)

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QUADRATURE DU CERCLE (Jan Skacel)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019



Illustration: Adrian Higgins
    
QUADRATURE DU CERCLE

Les diverses distances de l’automne
et l’endroit saupoudré de sciure
qui restera
quand le cirque aura quitté la ville

Et mme longtemps après
en rentrant de l’école
les enfants font un crochet par la place
pour humer le lion

(Jan Skacel)

 

Recueil: Millet Ancien
Traduction: Yves Bergeret & Jiri Pelan
Editions: Atelier la Feugraie

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Oh, comme je voudrais (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




    
Oh, comme je voudrais,
Insaisissable et lisse,
Suivre en volant le rai
Là-bas où je n’existe.

Le seul bonheur qui t’aille :
Rayonner dans un cercle,
Apprenant chez l’étoile
Le sens de la lumière.

Rayon et clarté pure,
Cela vient seulement
D’un tout-puissant murmure,
D’un chaud balbutiement.

Sache que je murmure,
Et je vais, murmurant,
Au rayon qui perdure
Te confier, mon enfant.

(Ossip Mandelstam)

***

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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L’OMBRE (Leonardi Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2019



Illustration  
    
L’OMBRE

L’ombre d’une ligne droite
est toujours une ligne droite ;
mais l’ombre d’un cercle
n’est presque jamais un cercle

***

L’OMBRA

L’ombra di una retta
è sempre una retta ;
non è quasi mai un cerchio
l’ombra di un cerchio.

(Leonardi Sinisgalli)

 

Recueil: Oubliettes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: Atelier La Feugraie

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Nous sommes d’une source (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2019



Illustration
    
Nous sommes d’une source
Qu’aucune pluie n’abreuve
Mais qui ne tarit pas

Nous sommes d’un matin
Arraché à la nuit
Par un autre soleil

Nous sommes d’une origine
Sans étoiles certaines

Nous sommes d’un amour
Aussi vaste que le vent
Aussi nu qu’un désert

Nous sommes d’une communion
Dont nous sommes le centre
Et le cercle infini

Nous sommes d’une symphonie
L’instrument et l’archet
Et la main qui relève

Nous sommes d’un silence
Que nul chant nul feuillage
Ne sauraient contenter

Nous sommes d’un chemin
Sans bornes et sans tracé
Que visite l’Ouvert

Nous sommes d’une foi
Sans rives et sans frontière
Aux doutes traversés

Nous sommes d’une forêt
Dont nous sommes l’aubier
La racine et la cime

Nous sommes d’une mélodie
Que chaque chant d’oiseau
Consent à imiter

Nous sommes des moissons
Le couvert et le pain
La table partagée

Nous sommes de ce pays
Qui nous change à mesure
Où l’on n’arrive jamais

Nous sommes de cette voix
Qui murmure notre nom
Dans le souffle d’un été

Nous sommes de ce printemps
Dont les branches nous frôlent
Sans jamais nous toucher

Nous sommes d’une blessure
Dont le feu couve en nous
Élargit nos foyers

Nous sommes d’une parole
Non encore entendue
Toujours à écouter

Nous sommes pour chacun
L’eau du puits et le seau
La margelle où puiser

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Les Rois Mages (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



Les Rois Mages

Ils perdirent l’étoile, un soir ; pourquoi perd-on
L’étoile ? Pour l’avoir parfois trop regardée,
Les deux rois blancs, étant des savants de Chaldée,
Tracèrent sur le sol des cercles au bâton.

Ils firent des calculs, grattèrent leur menton,
Mais l’étoile avait fui, comme fuit une idée.
Et ces hommes dont l’âme eût soif d’être guidée
Pleurèrent, en dressant des tentes de coton.

Mais le pauvre Roi noir, méprisé des deux autres,
Se dit « Pensons aux soifs qui ne sont pas les nôtres,
Il faut donner quand même à boire aux animaux. »

Et, tandis qu’il tenait son seau d’eau par son anse,
Dans l’humble rond de ciel où buvaient les chameaux
Il vit l’étoile d’or, qui dansait en silence.

(Edmond Rostand)

Illustration: Leopold Kupelwieser

 

 

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Délivrons-nous (Tilemachos Chytiris)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Délivrons-nous
dans les limites du cercle
pas d’autres visions
délivrons-nous.

Errants que nous sommes
dans des hôtels sales
mais avec un coeur de fleur.

(Tilemachos Chytiris)

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EAU MORTE (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




    
EAU MORTE

Eau morte, sommeil des marais
où de larges feuilles de venin macèrent,
tantôt blanche tantôt verte dans les éclairs,
tu es semblable à mon coeur.

Alentour le peuplier grisonne et le chêne vert;
feuilles et glands s’apaisent du dedans
et chacune a ses cercles issus d’un centre originaire
déformés par le sombre bourdon du vent.

Ainsi comme sur l’eau le souvenir dessine
des cercles de plus en plus grands, ainsi mon coeur
part d’un centre et quand il meurt,
eau morte il te ressemble comme une soeur.

***

ACQUAMORTA

Acqua chiusa, sonno delle paludi
che in larghe lamine maceri veleni,
ora bianca ora verde nei baleni,
sei simile al mie cuore.

Il pioppo ingrigia d’interno ed il leccio;
le foglie e le ghiande si quietano dentro,
e ognuna ha i suoi cerchi d’un unico centro
sfrangiati dal cupo ronzar del libeccio.

Cosi, come su acqua allarga
il ricordo i suoi anelli, mio cuore;
si muove da un punto e poi muore :
cosi t è sorella acquamorta.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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SYLLABES À ERATO (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Illustration: Edward John Poynter
    
SYLLABES À ERATO

Pour toi se penche le coeur dans la solitude,
exil de sens obscurs
où aime et se transmue
ce qui paraissait nôtre hier
et qui est à présent enfoui dans la nuit.

Des demi-cercles d’air te font un visage
resplendissant et tu m’apparais
au moment où accourt la première angoisse
et je deviens blanc tandis que tarde
la lumière d’un sourire sur ta bouche.

T’avoir c’est te perdre,
mais tant pis : tu es encore belle,
surprise dans la pose gracieuse du sommeil:
sérénité de la mort joie extrême.

***

SILLABE A ERATO

A te piega il cuore in solitudine,
esilio d’oscuri sensi
in cui trasmuta ed ama
cio che parve nostro ieri,
e ora è sepolto nella notte.

Semicerchi d’aria ti splendono
sul volto; ecco m’appari
nel tempo che prima ansia accora
e mi fai bianco, tarda la bocca
a luce di sorriso.

Per averti ti perdo,
e non mi dolgo: sei bella ancora,
ferma in posa dolce di sonno:
serenità di morte estrema gioia.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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