Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘cercle’

La nuit tourne (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017




    
La nuit tourne autour de la lampe
comme un oiseau qui doit tomber.
Les hommes meurent, la bouche serrée,
et font à la terre des racines de sang.

Le fourneau est sans doute seul heureux
avec le rire facile de ses flammes.
Au bout du monde, se lève une femme
sur qui se ferme un cercle de regards.

Comment sortir, sans le poids du plafond
à la place où l’épaule étrangle le cou,
sans celui des portes qu’on n’ose pas ouvrir
parce qu’on craint de déranger la douleur?

Pourquoi courir sans cesse les routes
pour faire des pas de plus avec la mort?
De quelle façon croiser ce regard
d’où elle guette déjà un autre regard?

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Vie, la Nuit (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017



La Vie, la Nuit

A la recherche de la première étoile dans le ciel
je vais entre les murs
qui me tutoient.
La lumière qui ne se lève pas
dans les tunnels du sang
attend près du regard
combien de pierres
dont elle s’enveloppe
pavent le ciel.

Les fenêtres de la veille sont mortes
ouvertes aux couchants.
L’humus de la chambre
un peu tiède comme le cœur
est toujours plein de femmes
qui tricotent en songeant à l’amour.

L’ombre fait un cercle autour de la lampe
et le fourneau est sans doute seul heureux
comment sortir de cette maison
sans avoir l’air gauche, sans mentir
comment jouer le rôle de passant
sans penser à la mort
qui compte mes pas
qui me pousse si je m’arrête
comment croiser ce regard
où elle est déjà montée ?

(Lucien Becker)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’ai lu que les âmes sont immortelles (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017



La porte entrouverte,
Les tilleuls sentent bon…
Un gant et une cravache
Sur la table oubliés.

Le cercle jaune de la lampe…
J’écoute les bruits.
Pourquoi es-tu parti ?
Je ne comprends pas …

Demain le matin
Sera joyeux et clair.
Cette vie est belle,
Sois sage, mon cœur.

Tu es trop las,
Tu bats doucement, sourdement…
Tu sais, j’ai lu
Que les âmes sont immortelles.

(Anna Akhmatova)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je mourrai (Amir Gilboa)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



    

Je mourrai
Je mourrai
maître de moi
après moi pas de
traînée pas de
vêtement mais
un flocon de
tristesse à jamais
voltigeant
dans le cercle
de lumière

(Amir Gilboa)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Moses
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’amour (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017




    
L’amour, c’est s’envoler vers le ciel ;
l’amour, c’est déchirer cent voiles à chaque souffle

Dès le premier souffle, interrompre le souffle ;
dès le premier pas, se couper des pas

Regarder ce monde comme rien,
et regarder son propre regard

Je dis : « ô mon cœur, sois le bienvenu,
pour ton arrivée au cercle des amants »

Regarder au-delà du regard,
courir dans les ruelles des poitrines (…)

S’il n’aimait pas d’amour,
le firmament ne contiendrait pas en son sein la pureté

Si le soleil lui-même n’aimait pas d’amour,
sa face n’aurait pas en elle cette clarté

Si la terre et les montagnes n’aimaient pas d’amour,
les plantes, de leur ventre, ne pourraient pas pousser

Et si la mer n’avait eu vent de l’amour,
elle aurait trouvé une attache où se poser

Toi, aime d’amour afin de connaître l’amour,
sois fidèle pour voir la fidélité

Ce fardeau du dépôt, le ciel l’a refusé,
car il aimait d’amour, il eut peur de manquer

(Mawlana Rûmî)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Puisque tu veux dompter les siècles tout-perdants (Abraham de Vermeil)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Puisque tu veux dompter les siècles tout-perdants
Par le rare portrait de ses grâces divines,
Frise de chrysoliths ses tempes ivoirines,
Fais de corail sa lèvre, et de perle ses dents ;

Fais ses yeux de cristal, y plaçant au dedans
Un cercle de saphirs et d’émeraudes fines,
Puis musse dans ces ronds les embûches mutines
De mille Amours taillés sur deux rubis ardents ;

Fais d’albâtre son sein, sa joue de cinabre,
Son sourcil de jayet, et tout son corps de marbre,
Son haleine de musc, ses paroles d’aimant ;

Et si tu veux encor que le dedans égale
Au naïf du dehors, fais-lui un corps d’opale,
Et que pour mon regard il soit de diamant.

(Abraham de Vermeil)

Illustration: James Sant

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un chant de mandarine (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2017




    
Un chant de mandarine,
Autre que mandoline,
Dans le vent dodeline.

Éclatante rondeur
Au soleil de matin,
La saison en offrande !

Les quartiers formant cercle
Autour d’un centre vide
À l’infinie saveur…

L’éternité, un jour
Ici, ô minuscule
Fruit du vaste univers !

Dans le vent dodeline,
Autre que mandoline,
Ce chant de mandarine.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Avec des gestes apeurés (Camille Legrand)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



Illustration: Pierre-Auguste Renoir
    
Avec des gestes apeurés
Tu voiles ta beauté frileuse;
Autour de ta taille onduleuse
L’eau fait des grands cercles moirés.
Et narguant tes pudeurs farouches,
Tes chastes yeux emplis d’effroi.
Toutes les fleurs tendent vers toi
Les baisers tièdes de leurs bouches.

(Camille Legrand)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHANSON DU VAGABOND (Sakutarô Hagiwara)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2017



 

vagabond  _p

CHANSON DU VAGABOND
HYÓHAKUSHA NO UTA

Le jour est monté sur le talus
Et la tristesse rôde sous le pont.
Jusqu’au ciel infini
Les rails s’étirent, et derrière les barrières
Une ombre solitaire erre.

Oh, toi, le vagabond!
Tu viens du passé, et passes l’avenir,
Et poursuis une nostalgie éternelle.
Pourquoi vacilles-tu,
Marche triste des aiguilles du temps?
Comme on tue un serpent avec une pierre
Brise donc ce cercle de renaissance
Et foule et coupe cette lâche désolation.

Ah, plus solitaire que le diable
Tu as supporté l’hiver des frimas!
Sans jamais rien croire
Tu as connu l’exaspération de croire.
Sans jamais le nier
Tu as accusé ton désir.
Aussi pourquoi épuisé de tristesse
Rentrerais-tu là où tendrement enlacé t’embrasserait quelqu’un?
Jamais tu n’as rien aimé
Et on ne doit jamais t’aimer.

Oh, toi, désolation,
Tu montes la côte d’un morne couchant
Et vas errant sur un talus sans volonté
Mais nulle part il ne doit y avoir de pays.
Pour toi, il ne doit y avoir de pays!

(Sakutarô Hagiwara)

Illustration: Théophile Alexandre Steinlen

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le mystère à trois faces (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017



    


Rocher propulsant arbre
Arbre aspirant rocher

Cercle établi renouant
L’alliance terre et ciel

Cercle ouvert renouvelant
Le mystère à trois faces

Dans l’ombre ici offerte
L’homme de longue errance

Assoit enfin royaume

(François Cheng)

 

 

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :