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Poésie

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Fidèle et éternel (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017


Le cours de notre temps sur la terre est rapide,
Le cercle du destin étroit,
Mais fidèle et éternel
L’ami inconnu du poète.

(Anna Akhmatova)

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La porte est entrouverte (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



La porte est entrouverte.
Les tilleuls frémissent…
Oubliés sur la table :
Une cravache, un gant.

La lampe fait un cercle de clarté.
Il y a des bruits que j’entends.
Pourquoi es-tu parti?
Je ne comprends pas.

Demain matin la lumière
Sera pleine de joie.
Cette vie est brève.
Sois sage, mon coeur.

Tu es à bout de force,
Tu bats plus sourdement.
Tu sais, je l’ai lu quelque part:
Les âmes sont immortelles.

(Anna Akhmatova)

 

 

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L’amour (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



 


    
L’amour, c’est s’envoler vers le ciel;
l’amour, c’est déchirer cent voiles à chaque souffle

Dès le premier souffle, interrompre le souffle;
dès le premier pas, se couper des pas

Regarder ce monde comme rien, et regarder son propre regard
Je dis: «ô mon cœur, sois le bienvenu, pour ton arrivée au cercle des amants»

Regarder au-delà du regard,
courir dans les ruelles des poitrines
(…)

S’il n’aimait pas d’amour,
le firmament ne contiendrait pas en son sein la pureté

Si le soleil lui-même n’aimait pas d’amour,
sa face n’aurait pas en elle cette clarté

Si la terre et les montagnes n’aimaient pas d’amour,
les plantes, de leur ventre, ne pourraient pas pousser

Et si la mer n’avait eu vent de l’amour,
elle aurait trouvé une attache où se poser

Toi, aime d’amour afin de connaître l’amour,
sois fidèle pour voir la fidélité

Ce fardeau du dépôt, le ciel l’a refusé,
car il aimait d’amour, il eut peur de manquer

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Nous savons tout l’un de l’autre (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



Illustration: Antonio Canova
    
Nous savons tout l’un de l’autre
puisque nous pensons sans cesse à notre amour.
Les mots ne restent pas entre nous
comme des bornes entre deux champs.

De ton coeur au mien,
juste la distance de tes seins.
De toi à moi,
à peine le temps d’un désir.

Quand je remonte du sommeil vers le jour,
tu es la première bouée qui vient vers moi
et de très loin dans les hauteurs encore grises de la nuit,
je la vois faire au-dessus de moi des cercles de plus en plus proches.

Tu es plus nue sous mes mains
que la pluie sur les toits,
qu’un feuillage dans le matin,
que les dents au bord des lèvres.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Cette page, c’est la nuit (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




    

Cette page, c’est la nuit, elle brûle.
Toutes les pages et les nuits brûlent,
nuits sans étoiles mais avec beaucoup de formes délirantes
qui sont les constellations de l’homme adulte.
On y entre et nul ne sait quand il en sortira.

Une nuit de draps froissés et d’herbes fortes, une nuit de forêt,
une nuit paysanne, une nuit faite de miroirs, et de chuchotements,
de spasmes, d’arbres qui frottent leurs branches,
une nuit sans suite, de désespoir et de combat.
Une nuit aveugle.

La femme que j’aime est belle et mon sang lui appartient.
C’est une nuit que je poursuis depuis toujours, jamais la même,
puisque je ressemble à l’éclair qui se fraie un passage entre les branches
et déracine la plainte qui habite le cœur de la terre.

Tendu à l’extrême comme pour faire jouir l’amour dans les années,
j’y vais de tout le poids de mon âge et de ma science.
Depuis que j’aime, je sais qu’elle approche quand les feuilles frémissent
et derrière la poésie, par-delà le cercle de feu, dont la Walkyrie.

Je voudrais inventer tous les mots, et cette page, c’est ton corps,
c’est le poème qui chante comme une blessure.

(Jean Malrieu)

 

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Les trois cercles (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Les trois cercles

J’aurai vu.
J’aurai saisi, à force, les trois cercles:
le commun, le propre et celui de l’arcane.
J’aurai su le désir et le vide.

Parfois, trop proche de comprendre,
j’aurai baisé les lèvres de l’abîme.
Quelques chances m’auront sauvé.
Il me faudra beaucoup d’esprit,
à la dernière passe,
pour rire de l’infime chemin parcouru.

(Franck André Jamme)


Illustration

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MÊME FÉERIE (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



 

Caspar David Friedrich  cygnes

MÊME FÉERIE

La lune mince verse une lueur sacrée,
Comme une jupe d’un tissu d’argent léger,
Sur les masses de marbre où marche et croit songer
Quelque vierge de perle et de gaze nacrée.

Pour les cygnes soyeux qui frôlent les roseaux
De carènes de plume à demi lumineuse,
Sa main cueille et dispense une rose neigeuse
Dont les pétales font des cercles sur les eaux.

Délicieux désert, solitude pâmée,
Quand le remous de l’eau par la lune lamée
Compte éternellement ses échos de cristal,

Quel coeur pourrait souffrir l’inexorable charme
De la nuit éclatante au firmament fatal,
Sans tirer de soi-même un cri pur comme une arme?

(Paul Valéry)

Illustration: Caspar David Friedrich

 

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Au midi des contradictions (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017




Au midi des contradictions

Il n’y a pas de vague plus fatale que la mer ;
pas d’arbre plus illustre que la forêt.

Ni du limon, ni de l’étoile ;
nous tenons de l’un et l’autre à la fois.
Les contraires embroussaillent nos chemins ;
notre avance se réalise à la lente cadence du choix.

Le souffle court, nous ne marchons que par étapes ;
le regard impatient, nous ne savons pas séjourner.
Avancer, reprendre joie, défier l’obstacle,
peut-être le vaincre, puis aller de nouveau : tels sont nos possibles.
Aimons les rayons d’un soleil menacé ;
qu’il nous soit cher l’étang qui retient sa part de ciel.

Incertains de nos sources, qu’aurons-nous à livrer à la nuit ?
Peut-être ces lueurs qui dénoncèrent l’opaque, peut-être
la trace bleue d’un bonheur qui fuit.

«L’amour est toute la vie », Il est vain de prétendre
qu’il y a d’autres équilibres.
Le dénué d’amour trace partout des cercles dont le centre n’est pas.

Ceux qui s’aiment dénouent, en leur saison privilégiée,
toutes les amarres.
Étrange et doux espace.
S’entremêlant, les fleuves chantent déjà la mer.

Le coeur se rit de l’absurde.
Sa vérité est au midi des contradictions.

Regarder, écouter, c’est un peu la même chose :
une attention passionnée à la transparence de l’ami.

(Andrée Chedid)


Illustration: Sylvie Lohmann   » Pensées Contradictoires »

 

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L’invisible (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017




    
L’invisible

Où fut la truite il reste un éclair blanc,
Où fut l’oiseau le paraphe dans l’air.

Cette fleur morte a laissé son parfum,
Ce tournesol éteint sa graine d’ambre.

Le rossignol a déposé la nuit
Sur le lilas des gouttes de musique.

Pour les roseaux, l’avenir est caresse
Et le passé rit dans chaque platane.

Il reste un goût de soleil sous les ailes
Des guêpes d’or à leur dernier voyage.

Dans ce jardin superbe tout est trace
Et l’on entend ce qui ne parle plus.

L’éternité, c’est un caillou dans l’onde
Agrandissant les cercles d’infini.

Moi le passant je réserve mes gestes
Où mon silence a même son écho.

Où fut mon ombre une autre passera
Qui sera moi le temps de me connaître.

Je lui dédie un reste de mystère
Pour qu’il le cueille ainsi qu’un fruit tardif.

Que le jour s’ouvre à ces coeurs désertés
Pour que la nuit soit l’étreinte furtive.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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Fusains, cercles et courbes (Francis Tessa)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017



Fusains, cercles et courbes.
Chevaux captent l’espace, projettent cerceaux, volutes;
hanches et cuisses.
Toute ressemblance serait douleur

(Francis Tessa)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration

 

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