Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘cerise’

SOMMATION IRRESPECTUEUSE (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Danielle Duer

SOMMATION IRRESPECTUEUSE

Rire étant si jolie,
C’est mal. O trahison
D’inspirer la folie,
En gardant la raison !

Rire étant si charmante !
C’est coupable, à côté
Des rêves qu’on augmente
Par son trop de beauté.

Une chose peut-être
Qui va vous étonner,
C’est qu’à votre fenêtre
Le vent vient frissonner,

Qu’avril commence à luire,
Que la mer s’aplanit,
Et que cela veut dire :
Fauvette, fais ton nid.

Belle aux chansons naïves,
J’admets peu qu’on ait droit
Aux prunelles très vives,
Ayant le coeur très froid.

Vous saurez, attendrie,
Le charme de l’instant
Terrible, où l’on s’écrie :
Ah ! vous m’en direz tant !

Vous saurez, vous qu’on gâte,
Le destin tel qu’il est,
Les pleurs, l’ombre, et la hâte
De cacher un billet.

Oui, — pourquoi tant remettre ? —
Vous sentirez, qui sait ?
La douceur d’une lettre
Que tiédit le corset.

Vous riez ! votre joie
A Tout préfère Rien.
En vain l’aube rougeoie,
En vain l’air chante. Eh bien,

Je ris aussi ! Tout passe.
O muse, allons-nous-en.
J’aperçois l’humble grâce
D’un toit de paysan ;

L’arbre, libre volière,
Est plein d’heureuses voix ;
Dans les pousses du lierre
Le chevreau fait son choix ;

Et, jouant sous les treilles,
Un petit villageois
A pour pendants d’oreilles
Deux cerises des bois.

(Victor Hugo)

Illustration: Danielle Duer

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Devenir chat cerise ou merle (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021



Devenir chat cerise ou merle
dormir d’un oeil faire noyau
siffler

(Jean Joubert)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | 2 Comments »

Un poète disait (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2021



Illustration: Louis Pierre Verwee
    
Un poète disait que, lorsqu’il était jeune,
il fleurissait des vers comme un rosier des roses.
Lorsque je pense à elle, il me semble que jase
une fontaine intarissable dans mon cœur.
Comme sur le lys Dieu pose un parfum d’église,
comme il met du corail aux joues de la cerise,
je veux poser sur elle, avec dévotion,
la couleur d’un parfum qui n’aura pas de nom.

(Francis Jammes)

 

Recueil: Clairières dans le Ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Parfois (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2021



Parfois d’un vol les oiseaux choisissent mon jardin
Et je les guette
Et j’aveugle ma tête
Mes cerises leur plaisent

Dans mes mains des cartes à jouer ont été mises
Et je vois que je suis attablé

(Pierre Morhange)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le cerisier derrière la maison (Morten Søndergaard)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2020



    
Le cerisier
derrière la maison
est en fleurs.
Personne ne l’a vu,
mais maintenant
c’est fait.
Et voilà que
je pense
aux cerises noires
que nous avons mangées
de cet arbre
l’an passé.
Et elles me font
souhaiter
que le temps
aille plus vite,
pour que les cerises
soient bientôt mûres.
En même temps je souhaite
aussi
que le temps reste
immobile,
pour que je puisse
continuer à
regarder
les fleurs du cerisier.
Mais le cerisier
se fiche
de ces histoires.
Il se contente de rester
immobile,
comme un enfant
heureux
qui vient
juste
de prononcer
son premier
mot :
Cerise.

***

Kirsebærtræet
bag ved huset
er sprunget ud.
Ingen så det,
men nu
er det sket.
Jeg kommer
til at tænke
på de sorte kirsebær,
vi spiste
fra det træ
sidste år.
Og de far mig
til at ønske,
at tiden
gik hurtigere,
så kirsebærrene
snart blev modne.
Samtidig ønsker jeg
også,
at den skal
stå stille,
så jeg kan
blive ved
med at se
på kirsebærblomsterne.
Men kirsebœrtræet
bekymrer sig ikke,
om den slags.
Det står bare
stille,
som et lykkeligt
barn,
der lige
har sagt
sit første
ord:
Kirsebær.

(Morten Søndergaard)

 

Recueil: Trois poètes danois
Traduction: Christine Berlioz / Laila Flink Thullesen
Editions: du Murmure

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le poème nous émeut. (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2020




    
Le poème nous émeut.
L’émotion, cette force vive.
Celle qui, au sens étymologique du terme, nous met en mouvement.
Nous l’accueillons.
Nous la réfléchissons.
Dans le silence que génèrent les mots du poème, quelque chose a lieu.
Au plus profond de nous.
De ces plongées nos vies sortent changées.

Comment penser qu’un mot peut changer une vie?
Il faut imaginer.
Il n’y a pire fou que celui qui n’imagine pas.
Celui qui conduit à la mort des cortèges d’êtres humains parce qu’il en a reçu l’ordre.
Celui qui peut ouvrir et fermer la porte d’une chambre à gaz.
Celui qui appuie sur le bouton qui envoie le missile.
Celui qui appuie le canon sur la tempe de l’autre.
Tous ceux-là n’imaginent pas.
Ils sont coupés de cette part humaine si profonde si fertile : l’imaginaire.
Il est beaucoup plus facile d’imposer lois et décrets iniques
à des êtres à qui on a retiré la faculté d’imaginer.
C’est un temps que les humains connaissent.
C’est ainsi que toutes les formes de pouvoir totalitaire se sont maintenues.
Partout.
Et de tout temps.

Alors plus que jamais, le poème a sa place.
Parce que nos vies, mouvantes dans le temps, éphémères et fragiles, valent leur poème.
Chacune.
Et ce n’est pas, comme la littérature aux yeux de qui cela arrange, la «cerise sur le gâteau ».
Non, c’est le pain.
Le seul le vrai qui nourrisse au plus profond notre être.

(Jeanne Benameur)

 

Recueil: Notre nom est une île
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Balistique (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2020




    
Balistique

Si maman retirait ses boucles d’oreille
Je lui mettrais des boucles de cerises
Des cerises rouges comme le soleil
Des soleils tout rouges sur les oreilles.
Quand je reviendrai de l’église
Où j’aurai juré de n’être plus jamais gourmand,
Vite, j’irai mordre les cerises
Sur les oreilles de maman.
Et surtout
Quand le monsieur au chapeau mou
Que je n’aime pas du tout
Viendra lui faire de l’oeil à maman
Avec sa caisse à boniments’
Et rira pour montrer ses dents,
Je prendrai toutes les fois
Les noyaux entre mes doigts
Les noyaux de cerise pleins de sang
Et j’appuierai sans qu’on me voie.
Mors, bien retranché dans mon incognito
Ils partiront comme des bombes, les noyaux
Et taperont juste dans l’oeil
Du monsieur qui fait de l’oeil.

(René de Obaldia)

 

Recueil: Innocentines
Traduction:
Editions: Gracet & Fasquelle

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

FRUCTIDOR (Jacqueline Commard)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2020



Illustration: Jean-Gabriel Domergue
    
FRUCTIDOR

Velouté de pêche… sur un teint d’abricot…
Un charme rayonnant jusque dans ses prunelles !
La cerise rougit comme un coquelicot
Devant cette nature à la fraîcheur d’airelles.

Ses cheveux flamboyants, aux tons de mirabelle
Possèdent un toucher pareil au lait d’amande
Ses bras prêts à l’envol, telle une tourterelle
Ont la fragilité des raisins qui se fendent.

Dans la douceur du soir d’un automne annoncé
Elle promène ainsi sa beauté printanière
Offrant au monde entier comme une panacée
Sa jeunesse éclatante… et pourtant éphémère.

Au jardin d’Hespérides , elle était une fée
Sylphide vaporeuse… éclat de volupté…
Par le chant d’un zéphyr, joliment décoiffée
Cueillant les pommes d’or de l’Immortalité ! …

(Jacqueline Commard)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 11 Comments »

LE TEMPS DES CERISES (Jean-Baptiste Clément)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020




LE TEMPS DES CERISES

Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur

Seront tous en fête !

Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux, du soleil au cœur !
Quand nous chanterons le temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur !

Mais il est bien court, le temps des cerises
Où l’on s’en va deux, cueillir en rêvant

Des pendants d’oreilles…

Cerises d’amour aux roses pareilles,
Tombant sous la feuille en gouttes de sang…
Mais il est bien court, le temps des cerises,
Pendants de corail qu’on cueille en rêvant !

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d’amour,

Évitez les belles !

Moi qui ne crains pas les peines cruelles,
Je ne vivrai point sans souffrir un jour…
Quand vous en serez au temps des cerises,
Vous aurez aussi des peines d’amour !

J’aimerai toujours le temps des cerises :
C’est de ce temps-là que je garde au cœur

Une plaie ouverte !

Et dame Fortune, en m’étant offerte,
Ne pourra jamais fermer ma douleur…
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur !

(Jean-Baptiste Clément)

Illustration: Sophie Costa

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

La fille aux cheveux de lin (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



Daniel F. Gerhartz - Tutt'Art (11) [800x600]

La fille aux cheveux de lin

Sur la luzerne en fleur assise,
Qui chante dès le frais matin ?
C’est la fille aux cheveux de lin,
La belle aux lèvres de cerise.

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ta bouche a des couleurs divines,
Ma chère, et tente le baiser !
Sur l’herbe en fleur veux-tu causer,
Fille aux cils longs, aux boucles fines ?

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ne dis pas non, fille cruelle !
Ne dis pas oui ! J’entendrai mieux
Le long regard de tes grands yeux
Et ta lèvre rose, ô ma belle !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Adieu les daims, adieu les lièvres
Et les rouges perdrix ! Je veux
Baiser le lin de tes cheveux,
Presser la pourpre de tes lèvres !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

(Leconte de Lisle)

Illustration: Daniel F. Gerhartz 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
<span>%d</span> blogueurs aiment cette page :