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Poésie

Posts Tagged ‘cerner’

Les bras copiés collés (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration
    
Les bras copiés collés
unis au ras du sexe
beaucoup de bruit
la nuit
une fente de noir
greffée dans la matière
Sa tête
tachée de rouge exprès
bien mal payée la chair
Les yeux fermés
on se dit tout
ou presque
Mots tièdes
hachés menu
on cerne le silence
on parle sous la lumière

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Tu traverses la nuit (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



Albert Ritzberger  de1

Tu traverses la nuit plus douce que la lampe
Tes doigts frêles battant les vitres de ma tempe
Je partage avec toi la cinquième saison
La fleur la branche et l’aile au bord de la maison
Les grands espaces bleus qui cernent ma jeunesse

(René Guy Cadou)

Illustration: Albert Ritzberger 

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La cinquième saison (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017




Illustration: Marc Chagall

    
La cinquième saison

S’il faut nommer le ciel je commence par toi
Je reconnais tes mains à la forme du toit

L’été je dors dans la grange de tes épaules
Les hirondelles de ta poitrine me frôlent

Dressées contre ma joue les tiges de ton sang
Le rideau de ta chevelure qui descend

Je te cache pour moi dans la ruche des flammes
Reine du feu parmi les frelons noirs des âmes

Par l’automne épargné tes yeux sont toujours verts
Les fleuves continuent de passer au travers

Ton souffle achève au loin le clapotis des plaines
On ne sait plus si c’est le soir ou ton haleine

En hiver tu secous la neige de ton front
Tu es la tache lumineuse du plafond

Et je ferme au-delà des mers le paysage
Avec les hautes falaises de ton visage

L’étrave du printemps glisse entre tes genoux
Lentement le soleil s’est approché de nous.

Tu traverses la nuit plus douce que la lampe
Tes doigts frêles battant les vitres de ma tempe

Je partage avec toi la cinquième saison
La fleur la branche et l’aile au bord de la maison

Les grands espaces bleus qui cernent ma jeunesse
Sur le mur le dernier reflet d’une caresse.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Le vent je l’entends qui soupire (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Le vent je l’entends qui soupire
L’automne n’a pas plus triste accent,
Au sol les feuilles mortes gisent
Aussi serrées que fleurs du printemps —

Cette nuit sombre m’a invitée
À vagabonder au loin.
Des sentiments anciens sur moi fondent
Comme vautours cernant leur proie —

Tendres ils furent jadis, et chéris,
Mais froids et sans joie à présent —
Que leur ombre tenace n’a-t-elle péri
Quand leur lumière a fui mon front !

On dirait la vieillesse qui feint
La souplesse de l’enfant,
Mon âme faussée durcie quand elle se plie
À leurs fantaisies sauvages

Pourtant je pourrais avec les plaisirs d’hier,
Du malheur d’hier obtenir l’oubli —
Afin que par la mort de mes plus chers trésors
Meurent mes plus mortels soucis

Oh alors l’aube d’un nouveau jour
Poindrait peut-être là-haut —
Un autre été dorerait ma joue,
Mon âme, un autre amour —

***

The wind I hear it sighing
With Autumn’s saddest sound,
Withered leaves as thick are lying
As spring flowers on the ground —

This dark night has won me
To wander far away.
Old feelings gather fast upon me
Like vultures round their prey —

Kind were they once, and cherished,
But cold and cheerless now —
I would their lingering shades had perished
When their light left my brow

Tis like old age pretending
The softness of a child,
My altered hardened spirit bending
To meet their fancies wild

Yet could I with past pleasures,
Past woe’s oblivion buy —
That by the death of my dearest treasures
My deadliest pains might die

O then another daybreak
Might haply dawn above —
Another summer gild my cheek,
My soul, another love —

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

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À ma mère (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017



Illustration: Jeannie Lynn Paske
    
À ma mère

La nuit est descendue, elle est grosse de brumes,
La nuit trouble d’hiver, à mon coeur fraternelle.
L’impuissance de la tâche, la quiétude inquiète,
Un manque — de quoi ? — cernent l’esprit perdu.

Comment serrer la trace du mal qui ronge l’âme,
Et, douce amie, quel remède à nos plaies ?
Dans les brumes d’hiver, oomment pourrions-nous
Déceler le pourquoi d’une douleur si grande ?

La raison croirait-elle que du péché d’un autre
Nous devrions porter le lourd fardeau?
Inquiète est la quiétude, et nous ployons
Sous la tâche impuissante, et le manque innommé.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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2ème retouche à l’orage (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2017



Illustration
    
2ème retouche à l’orage

à mi-pente cahote
le jour à bruit de charrette

l’odeur du tremble
cerne l’étang
où la lumière se rassemble
en grand oiseau sur une patte

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie
Editions: Gallimard

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CERNÉES (Carole Zalberg)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017




    
CERNÉES

Les femmes fatiguées
s’inventent des beautés
vitales

le temps cavale
il faut parer

Sous l’oeil enluminé
bienheureusement
des ombres évasives
ne se laissent pas chasser

c’est la plainte furtive
des belles épuisées.
Qui l’entend ?

(Carole Zalberg)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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Les douves (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017




    
Les douves

J’irai cueillir la fleur que cerne l’eau des douves
Avec sa pâleur morne, avec sa chair lunaire
Dans l’ombre sans merci des créneaux qui la couve
S’ouvrant comme une étoile au pré crépusculaire.

J’irai cueillir la fleur où mon rêve se frôle,
La fleur hiératique et que sertit la maille
D’un vitrail reflétant au ras des vases molles
Quelque écusson brisé dont le fronton s’écaille,

Et dont la splendeur morte au creux des joncs se terre.
La livide corolle en son odeur de fièvre,
Mes doigts la saisiront, effeuillant son mystère,
Et son pollen glacé parfumera ma lèvre.

Alors s’évoquera à son malsain arôme
Le couple enseveli par les verts marécages,
Et j’y verrai dormant les humides fantômes
De la reine adultère et de son jeune page,

Partageant à jamais, telle qu’ils l’ont choisie,
Avec son traversin sombre, la même couche,
Grisés du même amour où leur coeur s’extasie,
Rigides, les yeux clos, et bouche contre bouche.

(Marie Dauguet)

 

 

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Être l’Être (Raphaële George)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017


Et parce que la souffrance est une force,
la nuit de l’attente mène à la sagesse.

Qui peut-être plus homme que l’homme lui-même?

L’exigence du constat se mue en prière.

Désir puissant d’être profond,
d’être l’Être.

La profondeur ne se gagne pas, elle n’a pas de
profondeur, on ne la cerne pas en la plaçant devant soi,
comme quelque chose à atteindre.

(Raphaële George)

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Infirmes, nos gestes (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017




   
Infirmes, nos gestes,
ils se détachent
les uns des autres,
accumulent
les saccades, plus
acérées, urgentes,
mais ce qui les attire,
qu’ils réussissent
à ne pas le cerner, ils s’aèrent,
ils se suivent,
laissant à vif ces lèvres
que rien ne fermera
d’une blessure : à nous
maintenant de répondre,
d’accomplir leur rôle,
sans prudence
ils ont rendu l’espoir

(Pierre Dhainaut)

 

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