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Posts Tagged ‘(Cesare Pavese)’

De lentes hirondelles (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018




De lentes hirondelles
volent sur le terne crépuscule.
Jamais je ne serai plus morne: seulement
un peu plus fatigué, à l’agonie finale.

Ce n’est pas lâcheté:
les moribonds qui se laissent étreindre
par un râle à la gorge
sont-ils lâches aussi?

Les hirondelles haletantes,
prisonnières du ciel,
rendent fou de monotonie.

Dans mon sang qui mugit,
un atroce désir de folie
bouleverse mon esprit.

(Cesare Pavese)

Illustration

 

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L’unique joie au monde (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Tatiana Deriy -   (33) [1280x768]

L’unique joie au monde est de commencer.
Il est beau de vivre car vivre c’est commencer, toujours, à chaque instant.
Quand ce sentiment fait défaut – prison, maladie, habitude, stupidité –
on voudrait mourir.

(Cesare Pavese)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Tatiana Deriy

 

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La mort viendra et elle aura tes yeux (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018




La mort viendra et elle aura tes yeux –
cette mort qui est notre compagne
du matin jusqu’au soir, sans sommeil,
sourde, comme un vieux remords
ou un vice absurde. Tes yeux
seront une vaine parole,
un cri réprimé, un silence.
Ainsi les vois-tu le matin
quand sur toi seule tu te penches
au miroir. O chère espérance,
ce jour-là nous saurons nous aussi
que tu es la vie et que tu es le néant.

La mort a pour tous un regard.
La mort viendra et elle aura tes yeux.
Ce sera comme cesser un vice,
comme voir resurgir
au miroir un visage défunt,
comme écouter des lèvres closes.
Nous descendrons dans le gouffre muets.

(Cesare Pavese)

Illustration: Fred Einaudi

 

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Écouter dans le coeur les passions lointaines (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017




Le jardin sur la place, enfoui
dans la fraîcheur et dans l’obscurité.
Dans la nuit, les maisons
qui se perdent dans le noir, gigantesques,
font entrevoir entre leurs masses des lumières.

Un désert terrifiant au fond du ciel
lointain, entre les étoiles.
La grande fièvre splendide
s’assourdit lorsqu’elle atteint ce noir.
Ici c’est le silence,
l’immobilité haute d’un cimetière.

Les bruits et les lumières
parviennent du lointain,
d’au-delà de ces arbres.

De vivantes lumières
jaillissent dans le noir,
les voix les plus joyeuses
hululent frénétiques
dans le triste abandon.

Étouffées elles viennent mourir
dans le noir insondable
comme de pâles suicidés
encore fous d’amour pour la vie.

Écouter dans le coeur
les passions lointaines,
les écouter qui montent dans la nuit,
sur le moite parfum de la terre.

Une flore inconnue
de désir, enfermée dans ce ciel
de noir et de silence.

Une flambée qui perce dans le noir
comme la lueur rouge
qui saigne entre les arbres.

(Cesare Pavese)

Illustration

 

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Ce qui donne d’abord sa tension à la poésie (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2016



Ce qui donne d’abord sa tension à la poésie
c’est l’anxiété de réalités spirituelles
ignorées pressenties comme possibles

(Cesare Pavese)

Illustration

 

 

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Tu seras aimé (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2016



 

Duy Huynh -   (52)

Tu seras aimé le jour où tu pourras montrer ta faiblesse
sans que l’autre s’en serve pour affirmer sa force

(Cesare Pavese)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Duy Huynh

 

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ETE (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2016



 

Eugène Grasset  -Girl-in-Garden,- m [1280x768]

ETE

Il est un jardin clair, herbe sèche et lumière,
Entouré de murets, qui réchauffe sa terre
Doucement. Lumière qui évoque la mer.
Tu respires cette herbe. Tu touches tes cheveux
Et tu en fais jaillir le souvenir.
J’ai vu
Bien des fruits doux tomber sourdement sur une herbe
Familière. Ainsi tressailles-tu toi aussi
Quand ton sang se convulse. Ta tête se meut
Comme si tout autour un prodige impalpable avait lieu
Et c’est toi le prodige. Dans tes yeux,
Dans l’ardent souvenir, la saveur est la même.
Tu écoutes.
Les mots que tu écoutes t’effleurent à peine.
Il y a sur ton calme visage une pensée limpide
Qui suggère à tes épaules la lumière de la mer.
Il y a sur ton visage un silence qui oppresse
Le cœur, sourdement, et distille une douleur antique
Comme le suc des fruits tombés en ce temps-là.

(Cesare Pavese)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Eugène Grasset

 

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Tu es comme une terre (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2016




Tu es comme une terre
que personne jamais n’a nommée.
Tu n’attends rien
si ce n’est la parole
qui jaillira du fond
comme un fruit dans le branches.
Un vent vient jusqu’à toi.
Arides et fanées, des choses
t’encombrent et vont au gré du vent.
Membres et mots anciens.
Tu trembles dans l’été.

(Cesare Pavese)

Illustration: Marie-Paule Deville Chabrole

 

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Le jardin sur la place (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2016



 

Giampaolo Ghisetti -  (19)

Le jardin sur la place, enfoui
dans la fraîcheur et dans l’obscurité.
Dans la nuit, les maisons
qui se perdent dans le noir, gigantesques,
font entrevoir entre leurs masses des lumières.

Un désert terrifiant au fond du ciel
lointain, entre les étoiles.
La grande fièvre splendide
s’assourdit lorsqu’elle atteint ce noir.
Ici c’est le silence,
l’immobilité haute d’un cimetière.

Les bruits et les lumières
parviennent du lointain,
d’au-delà de ces arbres.

De vivantes lumières
jaillissent dans le noir,
les voix les plus joyeuses
hululent frénétiques
dans le triste abandon.

Étouffées elles viennent mourir
dans le noir insondable
comme de pâles suicidés
encore fous d’amour pour la vie.

Écouter dans le cœur
les passions lointaines,
les écouter qui montent dans la nuit,
sur le moite parfum de la terre.

Une flore inconnue
de désir, enfermée dans ce ciel
de noir et de silence.

Une flambée qui perce dans le noir
comme la lueur rouge
qui saigne entre les arbres.

***

Il giardino profondo, sulla piazza,
di oscurità et freschezza.
Nella notte, le case
che si perdono enormi nel buio
mostrano tra le masse qualche luce.

Un deserto pauroso in fondo al cielo
remoto, tra le stelle.
La grande febbre splendida
s’attutisce giungendo in questo buio.
Qui è silenzio,
l’alta immobilità di un cimitero.

I rumori et le luci
giungono di lontano,
di là da queste piante.

Dentre l’oscurità
sgorgano luci vive,
ululano frenetiche
nell’abbandono triste
le vo più gioiose.

Giungono soffocate
a morire nel buio senza fondo
come suicidi pallidi
folli ancora di amore per la vita.

Ascoltare nel cuore
le passioni remote,
ascoltarle salire nella notte
sul profumo umidiccio della terra.

Una vegetazione sconosciuta
di desiderio, chiusa in questo cielo
di buio e di silenzio.

Uno sboccio di fuoco dentro il buio,
come quel lume rosso
che sànguina tra gli alberi

(Cesare Pavese)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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Toi aussi tu es l’amour (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2016




Toi aussi tu es l’amour.
Tu es de sang et de terre
comme les autres. Tu marches
tel celui qui ne peut s’arracher
au seuil de sa maison.
Tu regardes tel celui qui attend :
sans rien voir. Tu es terre
qui souffre et se tait.
Tu as des sursauts, des peines,
des paroles — tu marches
en attente. L’amour
est ton sang — et c’est tout.

(Cesare Pavese)

 

 

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