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SUR L’AIR D’UN MAÎTRE EN DIVINATION (Lù Yóu)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2023



Illustration: Dai Dunbang
    
SUR L’AIR D’UN MAÎTRE EN DIVINATION

Un chant au prunier
À l’écart de la grand-route, près du pont rompu,
Silencieux, solitaire, il fleurit à sa guise.
Voici déjà le crépuscule, et seul à son chagrin
Il subira encore le vent avec la pluie.

Sans intention de s’acharner pour gagner le printemps,
Seul à soutenir d’une volée de fragrances la jalousie.
Que ses fleurs fanent et tombent, réduites en boue et poussière,
Subsistera toujours ce parfum comme avant.

***

(Lù Yóu) (1125-1210)

Recueil: Quand mon âme vagabonde en ces anciens royaumes Poèmes Song illustrés par Dai Dunbang
Traduction: du Chinois par Bertrand Goujard
Editions: De la Cerise

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SUR L’AIR DE LE PRINTEMPS AUX TOMBEAUX-DES-BRAVES (Li Qing Zhào)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2023



Illustration: Dai Dunbang
    

SUR L’AIR DE LE PRINTEMPS AUX TOMBEAUX-DES-BRAVES

Le vent est tombé, la poussière embaume, les fleurs sont déjà passées,
Il se fait tard et je suis lassée de me peigner.
Le monde est là, il n’y est pas, tout est fini.
Je voudrais parler, mais les larmes coulent en premier.

J’entends dire que sur les Deux-Rivières, le printemps reste beau,
Alors me vient le projet d’aller y canoter.
Je crains pourtant que sur les Deux-Rivières une sauterelle, ce frêle esquif,
Ne puisse emporter autant de chagrin.

***

(Li Qing Zhào) (1084 — après 1149)

Recueil: Quand mon âme vagabonde en ces anciens royaumes Poèmes Song illustrés par Dai Dunbang
Traduction: du Chinois par Bertrand Goujard
Editions: De la Cerise

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Sourate des guérisons (Khayr al-Din al-Asadi)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2023




    
Sourate des guérisons
(extrait)

Je me suis consumé comme bois d’agar dans le feu du repentir
sans avoir même atteint la terrasse du palais de notre union

la colombe de mon cœur a tressailli sous mes côtes
voyant les pièges posés en chaque lieu

une trombe couleur du crépuscule est tombée mais
l’éclair de l’espérance n’a pas lui

j’ai parcouru les quatre coins du monde en quête de soulagement à ma douleur
et j’ai trouvé le chagrin de la passion ivre. Inconsciente

ivre et la voix fanée, elle tisse des rêves de soie
fine et de brocart et elle glane des souhaits

mon ivresse s’est enivrée, ma voix s’est fanée et on est passé
au langage des signes

(Khayr al-Din al-Asadi)

***

Recueil: Poésie Syrienne contemporaine
Traduction:de l’Arabe par Saleh Diab
Editions: Le Castor Astral

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M’en allant par la bruyère (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2022



marie noel 01

M’en allant par la bruyère
– Buisson rouge, buisson blanc –
Pour cueillir la fleur dernière
Qui pousse au milieu du vent.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

Passant vers la clématite
– Le rouge-gorge est dedans –
J’ai rencontré la nourrice
Qui mène au bois ses enfants.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

Les trois plus beaux vont derrière,
Les trois plus gais vont devant,
Mais la petite dernière
Traîne le pied marchant.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

Passant par le champ de trèfle
– Ses frères sont loin du champ –
Elle baisse un peu la tête,
Elle s’arrête en pleurant.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

« Viens-t’en, ma petite rose,
Ma mie, avec moi viens-t’en.
Nous rattraperons les autres
À travers les pays grands.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

« Donne-moi ta main sauvage
Qui tient une fleur au vent;
Donne-moi ton doux visage
Et ton joli cœur battant.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

« Donne-moi ton cœur qui tremble
Avec son chagrin dedans;
Nous le porterons ensemble
Sous mon grand manteau flottant.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

« Et j’endormirai ta peine
Le long des bois en chantant.
Ta peine d’aujourd’hui même
Et celles des autres temps.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

« La plus vive, la plus folle
Qui sort du monde au printemps
Et celle qui vient d’automne
Pour faire mourir les champs.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

(Marie Noël)

Découvert ici: https://lilousoleil.wordpress.com

Poème pour Le cahier des poésies d’Asphodèle

 

 

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Le « fu » de la Chouette (Jia Yi)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2022



Illustration: Shan Sa
    
Le « fu »* de la Chouette

Le grand homme ne fléchit pas.
Il reste droit au coeur de mille changements ;
Ils ne sont pour lui qu’une même compromission.
L’homme abêti s’enchaîne aveugle à la coutume
Et souffre sans fin comme un prisonnier qui s’engeôle.
Le sage sait plier au bel abandon des choses.
Il lie sa vie au rythme saint du Tao seul.
Mais voici la foule qui s’enténèbre
Dans la soif et la haine qui plombent leur coeur.
Limpide et calme, l’homme véritable
Trouve la paix céleste dans le Tao seul.
Écartant la sagesse, oublieux des formes,
Dégagé, hors du souci de soi, vif et sauvage,
Plein d’une ampleur vide, il vole sur les ailes du Tao.
Porté par le flux, il navigue à la proue du monde.
Il trouve repos sur les îlots du fleuve,
Libérant son corps au destin,
Départie des craintes égoïstes,
Sa vie est flottaison,
Sa mort est grand repos.
Dans le calme tranquille
Qui rappelle au coeur des printemps,
Une barque sans amarre au courant sans objet.
Il regarde la perle de vide que sa vie a sertie.
Son destin ajouré le libère du chagrin d’exister.

(Jia Yi)

(201-169)

(*Fu: poème chinois en prose)

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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Comment ? (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022



Je me demande comment les enfants
survivent à leur chagrin

(Christian Bobin)

Illustration: Marie-Paule Deville Chabrole

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Songe (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022


Mon coeur repose au bord de la froide fontaine
(Couvre-la de tes fils
Araignée de l’oubli.)

L’eau lui disait tout bas sa douce cantilène
(Couvre-la de tes fils
Araignée de l’oubli.)

Mon coeur qui s’éveillait lui conta ses chagrins
(Araignée du silence
Voile sa confidence.)

Et l’eau en l’écoutant reflétait sa tristesse
(Araignée du silence
Voile sa confidence.)

Voici mon coeur qui glisse à la froide fontaine
(O blanches mains lointaines
Retenez l’eau légère.)

Et l’eau chantant de joie le saisit et l’entraîne
(O blanches mains lointaines
L’eau demeure déserte!)

(Federico Garcia Lorca)

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Je ne sais pas ce que c’est que vivre une vie équilibrée (Rupi Kaur)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2022




Illustration: Rupi Kaur
    

je ne sais pas ce que c’est que vivre une vie équilibrée
quand je suis triste
je ne pleure pas je coule à flots
quand je suis heureuse
je ne souris pas je rayonne
quand je suis en colère
je ne hurle pas je brûle

l’avantage de ressentir les extrêmes c’est que
quand j’aime je leur donne des ailes
mais ce n’est peut-être pas
une si bonne chose parce que
ils ont toujours tendance à partir
et vous devriez me voir
quand mon coeur est brisé
je n’ai pas du chagrin
je vole en éclats

(Rupi Kaur)

Recueil: lait et miel
Traduction: de l’anglais (USA) par Sabine Rolland
Editions: Charleston

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LA ROUTE (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022




LA ROUTE

Les nuages de poussière se soulèvent.
Les cailloux se brisent.
Les claquements de fouets, des hennissements,
des grincements de charrettes montent de la route.
J’ai entendu des essieux gémir,
des jurons et des malédictions,
des chagrins d’enfants et des cris de mères,
des abois et des meuglements,
des complaintes et des prières.
Mais je n’ai rien vu.
Interrogés, les vieux ont eu des regards mystérieux et,
baissant la voix m’ont dit:
« C’est l’Ancien Temps qui passe ».

(Jean-Baptiste Besnard)

 

 

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Le cri des canards sauvages (Okamoto Hitomi)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2022



Si le chagrin avait une voix
ce serait
le cri des canards sauvages

(Okamoto Hitomi)

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