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Poésie

Posts Tagged ‘chaise’

Regarder la lune (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2021



Nous demeurons
assis sur le mot chaise
à regarder la lune

(Mathieu Bénézet)


Illustration: René Magritte

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Berceuse (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021



Berceuse

Le ciel ferme ses grands yeux bleus,
La maison ferme tous ses yeux,
Le pré dort sous son édredon.
Endors-toi, mon petit garçon.

Sur ses pattes la mouche a mis
Sa tête et dort. La guêpe aussi,
Avec elles dort leur bourdon.
Endors-toi, mon petit garçon.

Le tramway rêve doucement
Endormi sur son roulement,
Dans son rêve il sonne à tâtons.
Endors-toi, mon petit garçon.

Sur la chaise la veste dort
Et son accroc dort corps à corps.
Il n’en deviendra pas plus long.
Endors-toi, mon petit garçon.

La balle est vaincue, le sifflet
Somnole comme la forêt.
Et même il dort le gros bonbon.
Endors-toi, mon petit garçon.

Tu auras l’espace et la terre
Comme tu as ta bille en verre.
Tu seras géant pour de bon.
Endors-toi, mon petit garçon.

Tu seras pilote et soldat,
Berger des fauves tu seras.
Ta maman dort, et sa chanson.
Endors-toi, mon petit garçon.

(Attila Jozsef)


Illustration: William Bouguereau

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Ces marées d’équinoxe (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



Ces marées d’équinoxe qui découvraient, en se retirant,
la chaise brisée de son petit bouquet d’églantines.

(Bernard Montini)


Illustration

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Il n’est plus rien (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



Il n’est plus rien
il est mort
ratatiné sous sa peau
Mettez sa tête sur
une chaise et ses
pieds sur une autre et
il sera là
comme un acrobate –
L’amour est vaincu. Il
l’a vaincu. C’est pourquoi
il est insupportable –
parce que
… il fait de l’amour
un hurlement contenu
d’angoisse et de défaite –

(William Carlos Williams)

Illustration: Andrea Mantegna

 

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Tremblement de demoiselles (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



La niche de neige est plus lente,
Plus transparente la fenêtre,
Voile turquoise négligemment
Jeté sur une chaise.

Un tissu ivre de soi, sous
La caresse de la lumière,
Éprouve l’été — puisse-t-il
N’être pas touché par l’hiver.

Et si, en diamants de glace,
Le froid ruisselle, ici c’est
Tremblement de demoiselles
Si vivantes, aux yeux bleus.

(Ossip Mandelstam)

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Tremblement de libellules (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



Plus lente, la ruche neigeuse,
Et le cristal des fenêtres plus transparent.
Sur la chaise négligemment
Est posé le voile turquoise.

Ivre de son ébriété
Et comme ignorée de l’hiver,
Attendrie par la caresse de la lumière,
L’étoffe savoure l’été.

Si la froide éternité pleut
Au fond du diamant glacial,
Ce n’est ici que tremblement de libellules
Promptes à vivre et aux yeux bleus.

(Ossip Mandelstam)

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UN JOUR (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020



    

UN JOUR

Un jour nous nous appellerons sans nous entendre,
L’un de nous deux ne répondra plus,
L’aile déchirée un oiseau tombera
Et son oeil effrayé cherchera pourquoi
Dans le hallier le chant ne répond plus;
Pour arriver au nid tu bats de l’aile
Et cette aile frappe la terre
Comme une main qui ne peut plus rien,
Et de l’autre tombent de chaudes gouttes de corail.
Tu cours te cacher, mais pourquoi, de qui ?
Et te voilà seul dans ta solitude.
On aurait dit qu’un coeur battait auprès du tien.
Pourquoi plus, maintenant ?
Oh ! si davantage encore nous nous étions aimés,
Alors, peut-être…
Et tout à coup tu t’entends parler seul,
C’est le vide qui te fait place,
C’est le silence qui t’écoute.
Qui a mis ces linceuls noirs sur les miroirs ?
A table tu tarderas
A prendre la cuiller dans ta main
Et la chaise, tu le sais trop,
Restera vide.
Les allées de l’automne seront beaucoup plus longues
Et tu redouteras de les suivre jusqu’au bout
Et tu n’auras plus envie
De revenir à la maison.

(Mihai Beniuc)

 

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Il pleut, il pleut bergère (Philippe Fabre d’Eglantine)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2020




Il pleut, il pleut bergère
Presse tes blancs moutons
Allons sous ma chaumière
Bergère vite allons
J’entends sous le feuillage
L’eau qui tombe à grand bruit
Voici, venir l’orage,
voici l’éclair qui luit

Entends tu le tonnerre ?
Il roule en approchant
Prends un abri bergère,
à ma droite en marchant
Je vois notre cabane
Et tiens voici venir
Ma mère et ma soeur Anne
qui vont l’étable ouvrir

Bonsoir, bonsoir ma mère
Ma soeur Anne bonsoir
J’amène ma bergère
Près de nous pour ce soir
Va te sécher, ma mie
Auprès de nos tisons
Soeur, fais lui compagnie
Entrez petits moutons

Soignons bien, oh ma mère,
Son tant joli troupeau
Donnez plus de litière
A son petit agneau
C’est fait allons près d’elle
Eh bien donc te voilà
En corset qu’elle est belle
Ma mère voyez la

Soupons, prends cette chaise
Tu seras près de moi
Ce flambeau de mélèze
Brûlera devant toi
Goûte de ce laitage
Mais tu ne manges pas ?
Tu te sens de l’orage,
Il a lassé tes pas

Eh bien voilà ta couche,
Dors-y bien jusqu’au jour,
Laisse moi sur ta bouche
Prendre un baiser d’amour
Ne rougis pas bergère,
Ma mère et moi demain,
Nous irons chez ton père
Lui demander ta main

(Philippe Fabre d’Eglantine)

Illustration

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Temps au soleil (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



Temps au soleil

Assis sur leur seuil prennent le soleil
de vieux commerçants sans clients.
C’est un soleil fait pour eux: mitigé,
peu empressé de brûler. Le soleil des vieux.

Il n’entre plus personne dans la boutique obscure
ou si l’on y entre, on n’y achète rien. Tout est cher
ou bien les marchandises ont oublié
de se montrer. Les vieux commerçants
ne veulent-ils plus les vendre? Une araignée
commence à tisser sur la pendule
murale. Et cette poussière sacrée sur les rayons.

Le soleil vient leur rendre visite. Le chapeau
sur la tête ils le reçoivent. S’il surgit
un acheteur inhabituel, quelle corvée.
Devoir se lever, prendre le mètre,
les ciseaux, déballer la pièce de toile,
répondre, informer, faire l’article.

Assis sur leur seuil, simples statues,
en savates et la barbe non rasée,
leur blanche tête ils remuent lentement
quand passe une connaissance. Qu’il ne s’arrête pas
pour parler des choses du temps. Le temps
est une chaise au soleil, et rien de plus.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration

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Homme et femme (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2020


Sous les cumulus du ciel
des bois fument.
Debout il regarde la chaise
sa paille tressée ses barreaux clairs
l’affluence l’entoure
la nuit reste lointaine encore.
Par-delà les vétustes maisons
le regard perdu
seins dressés sous la laine
tombe la jeune femme
sur le chaume rouge des sarrasins.

(Jean Follain)

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