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Poésie

Posts Tagged ‘chaleureux’

Crépuscule au bord des fenêtres (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019




    
Crépuscule au bord
des fenêtres, fleurs
fidèles, corolles
chaleureuses, puis la nuit

avec ses légendes, ses
miroirs sous l’obscurité,
la nuit refermée sur
les gestes humains,

la nuit paisible — et
la gourmandise du silence
lorsqu’un chat, avec
sa tiédeur, se glisse
contre toi pour
réparer le monde.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quelle empoignade (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Illustration: Eliette Graf
    
Quelle empoignade
dans le tilleul, entre
le vert qui se rebiffe

et la rouille de l’automne
entêté ! ça claque au
vent! ça se brouille !
ça grelotte ! ça proteste !

Où sont donc nos
anciennes cachettes,
si chaleureuses, si
discrètes? et nos

amours sans importance,
qu’ils seraient bien
venus, à présent!

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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Terres Chaleureuses (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Terres Chaleureuses

Moi, altéré de vie, enfant des impatiences,
Je chanterai les noces de l’ombre et de l’ardent.

Avec mon peu de souffle, jusqu’au temps sans lisière,
Je tiendrai promesse envers l’unique mort.

Aux chemins divisés, l’horizon est le même ;
Nos jours furent ce miracle pareil aux moissons.

Songe à l’oiseau délié en nos arbres meurtris ;
Nous avons eu l’herbe et l’eau du seul amour.

Songe à l’espérance, sa tige doublée de terre ;
Songe au cœur dénoué par la voix de l’ami.

Un champ raidi prête naissance au pavot ;
Et le grain fut, chaque fois, le contraire de la nuit.

Mon amertume se noie, si légère est sa trame ;
Si vaste est l’univers où tout s’accomplira.

Oui, je te chante ô mort, jusqu’à l’ultime absence,
Gardienne de l’inconnu, douce prairie des errants !

Je chante, car ici-bas l’épi échappe aux cendres ;
La parole délivre, l’aile trouve sa raison.

Un soir, je m’en irai loin des terres chaleureuses ;
Le masque, couleur d’aube, sur ma face de vivant.

Un soir je m’en irai, ayant pour seule peine
De quitter tout amour enlacé aux saisons.

Ô mort, tu me viendras, et je le veux ainsi.

(Andrée Chedid)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

 

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Le corps grandi (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration: Lena K.    
    
Le corps grandi

Renoncement nocturne Ô fête
De ce qui fut la beauté
D’une maison des corps désencombrés

Adieu aux cercles de la grâce
Qui entrouvraient tes yeux dans la lumière cave

Adieu maintenant comme une aile, j’ai un corps
Aux clartés des limites humaines et chaleureuses
Et retour et je suis parmi vous les vivants
Vos sommeils aux bras longs m’accueillent pour revivre

Moins de nuage cette nuit, moins de vent
Je suis dans la passion dont l’âge m’abandonne
C’est dans l’âge plus haut d’un autre qu’a grandi

La beauté maintenant où s’attarde mon corps.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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L’amour (Marion Haas)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018




    
L’amour

L’amour a-t-il des mots ?
L’amour a des regards
L’amour a des mains
L’amour a des yeux.
Que l’amour d’un enfant est beau !
Qu’il est tendre et qu’il est chaud !
Qu’il est doux de savoir lui répondre,
l’entendre chaque jour,
l’aimer sans crier gare,
toucher son corps si plein,
regard si chaleureux
qu’il saurait faire fondre
un tout vieux cœur ridé
par tant et trop d’années !

(Marion Haas)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Fragments d’espoir
Traduction:
Editions: Pic de la Mirandole

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DE QUI PINÇAIT TES CORDES ÉTRANGÈRES (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



Illustration: Gérard Segear
    
DE QUI PINÇAIT TES CORDES ÉTRANGÈRES

De qui pinçait tes cordes étrangères,
Ce coeur, autant qu’il semble, n’a plus cure :
D’où vient dès lors l’émoi que tu réveilles
En mon esprit chagrin, vieille guitare?

C’est comme si le chaleureux soleil
S’attardait encore au fin fond du val
Après que des nues d’orage et de nuit
En auraient offusqué le globe père.

C’est comme si le miroir du ruisseau
Toujours retenait l’image des saules
Encor que la hache eût de longue date
Couché leurs cheveux d’argent dans la poudre.

Pareillement, guitare, ta magie
A fait jaillir les pleurs, éveillé le soupir,
Enjoint à l’ancien torrent de couler
Quand la source même en était tarie!

***

FOR HIM WHO STRUCK THY FOREIGN STRING

For him who struck thy foreign string,
I ween this heart hath ceased to care;
Then why dost thou such feelings bring
To my sad spirit, old guitar?

It is as if the warm sunlight
In some deep glen should lingering stay,
When clouds of tempest and of night
Had wrapt the parent orb away.

It is as if the glassy brook
Should image still its willows fair,
Though years ago the woodman’s stroke
Laid low in dust their gleaming hair.

Even so, guitar, thy magic tone
Has moved the tear and waked the sigh,
Has bid the ancient torrent flow
Although its very source is dry!

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Qui donc vous a surpris… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Luana Béatrice Lazar

    
Qui donc vous a surpris…

Qui donc vous a surpris, ô concert de parfums,
Musique résonnant comme au bord d’un abîme,
Vert chaleureux d’un pâtre en l’arc-en-ciel des cîmes,
Orage sombre pleurant sur nos bonheurs défunts.

Plus parfaits, plus moelleux qu’un contour mélodique,
Vous parlez à notre âme et ravagez nos sens,
Et vous nous caressez, tels des doigts frémissants,
Gestes enténébrés qu’aucun devin n’explique.

L’accord des buis amers et des oeillets musqués
Nous verse des liqueurs aux sûres attirances,
Je percois à travers leurs subtiles fragrances
Le piège que nous tend le désir embusqué.

Au secret éternel seul accent qui déroge,
Les parfums sont des fleurs aux vases du Léthé;
Plus clairs que le reflet des ruisseaux enchantés,
Les magiques miroirs que mon coeur interroge.

Fruits blets des bois rouillés, feuillages des sureaux,
Il suffit qu’au flacon merveilleux je m’abreuve
Pour que tout ce qui dort épars en moi s’émeuve,
Que s’agitent des morts au fond de leurs tombeaux.

Plus loin que la raison vaine et la conscience,
Jusqu’aux instincts gisants à jamais ignorés,
Dieux qu’on a détrônés, parfums, vous pénétrez:
Vous êtes l’infini distillant son essence.

(Marie Dauguet)

 

 

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Rester entière (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Rester entière

Étreindre le jardin
Sous une pluie de marrons tombant

Parcourir les bruits du temps
De voix en voix

Aimer
Des lettres chaleureuses

Se heurter à tous les coins
A s’en ouvrir des plaies
Et rester entière

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Pays maternel
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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Tout au fond de votre coeur (Roland Delisle)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



 

Tout au fond de votre coeur,
un germe de tendresse
n’attend qu’un sourire chaleureux
pour se développer.

(Roland Delisle)

 

 

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INERTIE (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



INERTIE

De tous tes arbres, de tous tes oiseaux
qui boivent la rosée, de tous tes coeurs
que ravage le doute, tu t’accroches
à la vie, ma planète. Le dernier
des hommes va mourir. Sur la montagne
écartelée s’installe le mépris
de l’espace. On a beau te torturer
chaque jour, il existe un petit coin
de néant chaleureux qui se souvient
de tous tes arbres, de tous tes oiseaux,
de tous tes coeurs qui n’ont jamais aimé.

(Alain Bosquet)

 

 

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