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Posts Tagged ‘chameau’

Qu’abrites-tu là sous ta bosse ? (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



– Qu’abrites-tu là sous ta bosse ?
dit le chameau à la tortue.

La tortue lui a répondu
– Et toi, que dis-tu aux oranges ?

Un poirier a-t-il plus de feuilles
qu’À la recherche du temps perdu ?

Pourquoi, se sentant jaunissantes,
les feuilles se suicident-elles ?

(Pablo Neruda)

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Chameau par un chas d’aiguille (Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



Illustration: Vladimir Kush
    
(Passer par l’orgasme,
chameau par un chas d’aiguille,
puis atterrir encore, vide, sur la terre glacée.)

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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Cette rue, je la connais (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
Cette rue, je la connais,
je la connais, cette maisonnette.
Le chaume bleu de ses chenaux
a glissé par-dessus la fenêtre.

Il y eut les années de détresse,
le déchaînement de forces insensées.
Je me suis souvenu de ma jeunesse,
souvenu de ma campagne bleue.

Je n’ai cherché ni la tranquillité
ni la gloire, dont je connais la vanité.
Aujourd’hui si je ferme les yeux
je ne vois que la maison paternelle.

Je vois le jardin sous la bruine bleue,
août en silence tapi contre la haie.
Et les saules dont les pattes vertes
abritent le ramage des oiseaux.

Si je l’ai aimée, notre maison de bois
aux poutres craquelées, inquiétantes !
Les nuits de pluie, notre vieux poêle
poussait d’étranges plaintes sauvages.

Râles déchirants, voix puissante
comme d’un vivant à l’agonie.
Que voyait-il, notre chameau de briques,
à travers le gémissement de la pluie ?

Quelque pays lointain sans doute,
rêves d’antan, époques florissantes,
les sables d’or d’Afghanistan,
les soirs cristallins de Boukhara.

Ces pays, je les connais aussi.
Que de chemin n’y ai-je parcouru.
Mais aujourd’hui je n’ai qu’un souhait :
Revoir les lieux de mon enfance

Pourtant ce tendre espoir n’est plus,
n’est plus que cendres dans la brume bleue.
Paix à toi, chaume de mes champs
paix à toi, ma maison de bois !

***

(Sergueï Essénine)

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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LE CHAMEAU (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



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LE CHAMEAU

Un chameau entra dans un sauna.
Il eut chaud,
Très chaud,
Trop chaud.

Il sua,
Sua,
Sua.

Une bosse s’usa,
S’usa,
S’usa.

L’autre bosse ne s’usa pas.

Que crois-tu qu’il arriva ?

Le chameau dans le désert
Se retrouva dromadaire.

(Pierre Coran)

Illustration

 

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Il a su toucher mon coeur (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Il a su toucher mon coeur
ou Les Deux jumeaux

1
L’autre soir j’ai rencontré
Un séduisant jeune homme
Et nous avons folâtré
Et dégusté la pomme
Dans le lit que j’étais bien!
Car le lit c’était le sien.

Refrain 1
Il avait su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Et j’aimais déjà la saveur
De ses lèvres
Au bout d’un petit instant
Un instant
Qui dura longtemps
Mais qui me parut trop rapide
Il me quitta d’un air languide
Pour aller se laver les mains
Tout près, dans la sall’ de bains.

2
Peu après il est rentré
Tout rempli de courage
Et il a recommencé
Plein de coeur à l’ouvrage
Car douze fois dans la nuit
La même chose il refit.

Refrain 2
Il avait su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Et je garde encor la saveur
De ses lèvres
Mais le lendemain matin
Du festin
Sur le traversin
Je vis qu’il y avait trois têtes
Et je compris toute la fête
C’était tour à tour deux jumeaux
Qui s’étaient donné le mot.

3
J’ai gardé ces deux chameaux
Ne sachant lequel prendre
Maint’nant j’aim’ les deux jumeaux
Qui sav’nt bien me le rendre
Et je cherche chaque nuit
Si c’est l’autre ou si c’est lui.

Refrain 3
Car ils ont su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Il me faut toujours la saveur
De leurs lèvres
L’un à l’autre fait pendant
C’est charmant
Mais c’est fatigant
Je me demande très anxieuse
Quel serait mon sort d’amoureuse
Si leur mère mieux stimulée
Avait fait des quintuplés.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Avec un cheval… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Avec un cheval…

Avec un cheval
Ou bien un chameau
On peut aller jusqu’au Sénégal
Avec dix chevaux
Par monts et par vaux
On peut aller jusqu’à l’hôpital
On peut même aller jusqu’au tombeau
Mais le plus beau
C’est qu’on a une contravention
Désolation
Pour avoir
Sans savoir
Encombré
Le pavé
Et maculé
L’asphalte avec son sang.
C’est inique
Agaçant
Pathétique
Et mécanique
Ce n’est plus dix chevaux
Mais plutôt dix chameaux
Moins la sobriété,
Car à votre santé,
Ça boit l’essence à flots
C’est inique
Agaçant
Pathétique
Épuisant
La dix chevaux
C’est une dix chameaux.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Non merci (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration: Marchal Mithouard
    
Non merci, pas de corps !
ce pollen me suffit.
Non merci, pas de terre !
cette étoile me porte
comme un chameau docile.
Non merci, pas de dieu!
je ne crois qu’en ce fleuve
qui se moque de moi :
je suis ce que les hommes,
conseillés par la grêle,
inventent pour donner
un visage à l’oubli.

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le tombeau de Tchao-kiun (Chang Jian)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2017




    
Le tombeau de Tchao-kiun

Elle n’eût point évité la mort
en restant au palais des Han,
Mais elle eût évité la douleur de mourir
seule loin de son pays,
Cette belle jeune fille
que ne purent racheter cent chameaux chargés d’or,
Et dont il reste à peine aujourd’hui
quelques ossements desséchés.

Le soir venu, nos chars furent retournés vers la frontière,
Mais les chevaux demeuraient immobiles,
personne ne se décidant à partir ;

Chacun maudissait
l’odieuse mémoire du peintre infidèle,

La lune nous surprit autour du tombeau ;
tous les yeux brillaient, mouillés de larmes.

(Chang Jian)

 

 

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Regarde (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




    
Regarde, chamelier, d’un bout à l’autre de la caravane,
les chameaux sont ivres!
Ivre le prince, ivre le seigneur,
ivres le compagnon et l’étranger
Ô jardinier, le tonnerre du musicien est devenu nuage de l’échanson
Et sont devenus ivres jardins et pelouses,
ivres, boutons de rose et épines
Ô ciel,combien de temps tourneras-tu ?

Regarde le mouvement des quatre éléments !
L’eau est ivre, le vent est ivre,
la terre et le feu sont ivres
Tu vois dans quel état est la forme,
ne demande rien sur l’essence!

L’âme est ivre et la raison de même,
ivre est la terre et ivres sont les secrets
Va, abandonne ta toute puissance,
deviens poussière afin de voir
Atome après atome,
chaque poussière remplie du Créateur Tout Puissant, et ivre !

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Diapasons Tordus (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2017



Diapasons Tordus

Si ma tête était un bocal mes yeux déploieraient leurs nageoires.
Si l’amour n’était pas le pansement il serait la plaie ouverte à la belle étoile et nous pourrions dormir dessus.
Si j’étais double je serais l’amie de l’autre mais je suis une et méfiante à mon égard.
Si la réalité perdait son âme nous ferions des cauchemars moins troglodytes.
S’il n’y avait pas d’oasis cachés dans les sabliers on verrait le temps se promener à dos de chameau.
Si les mots contenaient le réel je tatouerais ton nom sur chaque personne que je rencontre.
Si je pouvais dire la vérité elle me raconterait des mensonges.
Si le hasard ne jouait pas les bouffons à la cour de la mort nous ne serions que fées d’hiver.
S’il n’y avait pas la menace d’un supplice sous la moindre goutte d’eau je craindrais moins de disparaître.
Si le rêve devenait absurde et sournois il s’appellerait la vie et nous aussi.
Si je savais de quoi j’espère être sauvée je cesserais toute résistance.
Si j’attendais l’avenir il viendrait certainement en armure brinquebalante me demander l’aumône.
Si l’oubli ne dirigeait pas l’esprit je serais un livre fermé sans voie aux chapitres.
Si j’étais dupe du malheur je chercherais le bonheur.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: Lucarne Poétique

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