Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘champagne’

Oh le doux champagne (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



oh le doux champagne
de tes vagues un peu
tiédies

pardon de ne pas être devenue
une sirène
ce soir …

(Katell Antoine)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

UTOPIE (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



Illustration: Josephine Wall
    
UTOPIE

Il est en nous des rivages
Si chauds et bleus,
si clairs et sages
Tellement… heureux…

Il est en nous des montagnes
Si belles et pures,
Si bulles de champagne
Tellement… sûres…

Il est en nous des cieux
Si bleus, si blancs,
Si tendres et pieux,
Tellement… aimants…

Il est en nous une vie
Si belle et pure
Si dépourvue d’ennui
Tellement… parure…

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE BASILIC (Jean-Pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



LE BASILIC

Et la fermière aux mains de sel, dès l’aube
S’avance dans la cour, lavande et basilic
Au poing, parmi les poules noires
Baignant dans une aurore d’églantine…

Le monde est un feu de copeaux légers,
On dirait qu’un champagne éblouissant arrose
Les genêts d’or de la poitrine incandescente,
Et je vois dans le soleil bleu ce boulanger
Qui va sur les chemins de seigle et de farine
Vers la ferme lointaine où l’amour lui fait signe.

(Jean-Pierre Schlunegger)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PROGRAMME MATINAL (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Françoise Naudet
    
PROGRAMME MATINAL

Heures claires du lever du Soleil
auxquelles mille trompettes d’or
annoncent le divin réveil !
Salut à toi, Orbe céleste et sonore !

Dans l’angoisse de l’ignorance
de l’avenir, sachons recevoir
la barque chargée de fragrances
dont les rames sont d’ivoire.

Épicuriens ou bien rêveurs,
aimons la Vie triomphante,
toujours couronnés de fleurs,
la torche toujours flamboyante !

Puissions-nous extraire des raisins
de notre existence transitoire
les plaisirs qui animent nos destins
et les champagnes de la gloire.

Dévidons les fils d’Amour,
faisons le Bien — il est amène,
dormons ensuite sans détour,
pour toujours, à jamais. Amen.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si je cesse de vous aimer (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Illustration
    
Si je cesse de vous aimer
c’est que la balance de mon âme
ne peut plus rien retenir ni peser

Vous arrivez trop tard
dans le château illuminé dans l’attente du bal.

Les crapauds marchent sur les nappes
les araignées sont mortes
au centre des cigares de soie
— ô chambellans tombés dans les armures —
le danseur n’est plus qu’un fantôme
la dernière chandelle
s’endort dans la dernière boue du champagne
décor désolé
où votre pas n’éveille plus que poudre.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Montmartre (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



 

moulin_rouge

Montmartre

Dans une bouteille de champagne
Pigalle:
Une rose de néon
A l’aube
Tombent
Les pétales.

***

Montmartre

Pigalle:
A neon rose
In a champagne bottle.
At dawn
The petals
Fall.

(Langston Hughes)

Illustration

Illustration: ArbreaPhotos

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

PÉCHÉ (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017




PÉCHÉ

I
Péché! Tentation du soir ! Chairs profanées,
Lampe éteinte où ne brûle aucun reste de feu,
Lèvres ne sachant plus les douceurs de l’aveu,
Et s’effeuillant pour tous comme des fleurs fanées.

Chambres de volupté, rouge et flambant décor
Dont les miroirs profonds redisent la féerie,
Alcôves où la chair lamentable et fleurie
Offre son plaisir rose et nu sur des fonds d’or.

O baume du Péché ! courtisanes menteuses,
Muses des soirs mauvais, versant des élixirs
Qui sont entremetteurs d’amour et de désirs
Et du champagne blond aux mousses chuchoteuses.

Douceur des seins s’offrant comme un coussin moelleux
Où reposer sa tête endolorie et pâle
Quand l’ivresse, à travers les vins couleur d’opale,
Fait surgir des lits d’or sous de grands rideaux bleus.

Et vers ces lits profonds, baignés d’odeur légère,
On marche, halluciné par des fantômes nus,
Et l’on va demander, dans des bras inconnus,
La minute d’oubli d’une mort passagère!

Oh ! dormir! oublier tout ce qui peut mentir !
Les lèvres et les yeux, amante ou fiancée !
Etouffer les coups d’aile aux murs de sa pensée
Et clamer peu à peu la douleur de sentir.

C’est comme qui dirait une agonie heureuse !
On divague, on s’endort dans un énervement
Et les choses au loin flottent confusément
Dans l’aube du sommeil fragile et vaporeuse !

Et vaincu, tout un soir dans l’ombre, sans flambeau,
On enlace une chair que le spasme importune,
Triste comme les morts caressant sous la Lune
L’ange de marbre blanc couché sur leur tombeau !

[…]

(Georges Rodenbach)

Illustration: Franz von Stück

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mon très cher petit Lou je t’aime (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Klimt ; Nu de jeune fille, couché sur le côté gauche, 1914-1915

 

Mon très cher petit Lou je t’aime
Ma chère petite étoile palpitante je t’aime
Corps délicieusement élastique je t’aime
Vulve qui serre comme un casse-noisette je t’aime
Sein gauche si rose et si insolent je t’aime
Sein droit si tendrement rosé je t’aime
Mamelon droit couleur de champagne non champagnisé je t’aime
Mamelon gauche semblable à une bosse du front d’un petit veau qui vient de naître je t’aime
Nymphes hypertrophiées par tes attouchements fréquents je vous aime
Fesses exquisément agiles qui se rejettent bien en arrière je vous aime
Nombril semblable à une lune creuse et sombre je t’aime
Toison claire comme une forêt en hiver je t’aime
Aisselles duvetées comme un cygne naissant je vous aime
Chute des épaules adorablement pure je t’aime
Cuisse au galbe aussi esthétique qu’une colonne de temple antique je t’aime
Oreilles ourlées comme de petits bijoux mexicains je vous aime
Chevelure trempée dans le sang des amours je t’aime
Pieds savants pieds qui se raidissent je vous aime
Reins chevaucheurs reins puissants je vous aime
Taille qui n’a jamais connu le corset taille souple je t’aime
Dos merveilleusement fait et qui s’est courbé pour moi je t’aime
Bouche Ô mes délices ô mon nectar je t’aime
Regard unique regard-étoile je t’aime
Mains dont j’adore les mouvements je vous aime
Nez singulièrement aristocratique je t’aime
Démarche onduleuse et dansante je t’aime
Ô petit Lou je t’aime je t’aime je t’aime.

(Guillaume Apollinaire)

 Illustration: Gustav Klimt

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ROMAN (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2016




ROMAN

I
On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
– Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
– On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bons dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits, – la ville n’est pas loin, –
A des parfums de vigne et des parfums de bière …

II
– Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
D’azur sombre, encadré d’une petite branche,
Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche …

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête …
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête …

III
Le coeur fou Robinsonne à travers les romans,
– Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l’ombre du faux-col effrayant de son père …

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif …
– Sur vos lèvres alors meurent les cavatines …

IV
Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.
Vous êtes amoureux. – Vos sonnets la font rire.
Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
– Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire … !

– Ce soir-là, … – vous entrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade …
– On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade

(Arthur Rimbaud)

Illustration: Fabienne Contat

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

COMMUNION (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2016



daria-petrilli-00

COMMUNION

Belle Regia! Tes veines sont le ferment
de mon antique non-être et du champagne
noir de ma vie!

Ta chevelure est l’obscure radiculaire
de l’arbre de ma vigne.
Ta chevelure est le haillon mitré
du rêve que j’ai perdu!

Ton corps est le combat mousseux
d’un Jourdain rubican;
il ondoie, comme le fouet béatifique
qui humilia le serpent tentateur !

Tels deux arrachis mourants de la croix,
tels deux blancs chemins rédempteurs,
tes bras, avec leurs chastes hespérides de lumière,
donnent une soif d’infini !
Façonnés qu’ils sont, dans le sang invaincu
de mon impossible azur!

Tes pieds sont deux alouettes héraldiques
arrivant éternellement de mon hier !
Belle Regia! Tes pieds sont deux larmes
que je noyai lors que je descendai de l’Esprit,
ce Dimanche des Rameaux où je vins au Monde,
déjà si loin de Bethléem pour toujours!

***

COMUNIÓN

Linda Regia! Tus venas son fermentos
de mi noser antiguo y del champaña
negro de mi vivir!

Tu cabello es la ignota raicilla
del árbol de mi vid.
Tu cabello es la hilacha de una mitra
de ensueño que perdí!

Tu cuerpo es la espumante escaramuza
de un rosado Jordán;
y ondea, como un lago beatífico
que humillara a la víbora del mal!

Tus brazos dan la sed de lo infinito,
con sus castas hespérides de luz,
cual dos blancos caminos redentores,
dos arranques murientes de una cruz.
Y están plasmados en la sangre invicta
de mi imposible azul!

Tus pies son dos heráldicas alondras
que eternamente llegan de mi ayer!
Linda Regia! Tus pies son las dos lágrimas
que al bajar del Espíritu ahogué,
un Domingo de Ramos que entré al Mundo,
ya lejos para siempre de Belén!

(César Vallejo)

 Illustration: Daria Petrilli

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :