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Poésie

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Les branches en arceaux (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2015



Les branches en arceaux

Les branches en arceaux quand le printemps va naître,
Les ronces sur le mur, le pâturage herbeux,
Les sentiers de mulets, et cet homme champêtre
Qui, pour fendre le sol, guide un couple de boeufs,

La nuit sur la jetée où le phare s’allume,
Et l’horizon des flots lorsque le jour paraît ; –
Qu’importe ! Je respire, ô ville, dans ta brume,
La montagne et les champs, la mer et la forêt.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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APPEL CHAMPÊTRE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2015



APPEL CHAMPÊTRE

Un morceau de pain
couvert de raisiné sombre
est le goûter du garçon assis
sur un mur d’éclatante argile
et ses pieds pendants sont chaussés
de brodequins cloutés de fer ;
lorsqu’on l’appelle de loin
il ne répond pas aussitôt
la même voix
clamant alors plus fort son nom
à l’unique syllabe brève
trouble à peine le calme des îles.

(Jean Follain)

Illustration: Charles Sprague-Pearce

 

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PREUILLY-SUR-CLAISE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2015



PREUILLY-SUR-CLAISE

PREUILLY-SUR-CLAISE
A James.

Allons loin de la ville lasse,
Loin du tonnerre des rouliers,
Des rues, noirs damiers de l’espace ;
Loin des carrefours lanterniers,
De cette lutte sans vainqueurs,
Loin du ciel mou, fouaillé de pluie,
Plus changeant le jour et la nuit
Qu’aux métamorphoses du coeur.

Pour voir neiger les amandiers
Dans le petit froid de l’aurore.
Réjouissez-nous de votre souffle,
Velours des blés, sommeil bruissant
Autour de l’aérien village,
Des forgerons incandescents
Battant une enclume sans âge,
Du boulanger, poitrail de marbre
Qui siffle quand la nuit descend.
Village fracassé d’histoire,
Donjon des légendes d’amour
Au fond de la plus haute tour.
Par delà l’abîme des arbres
Tourne la ronde des vautours ;
Au bas de sa rumeur heureuse,
Des prés fleuris de boutons d’or,
Une rivière enchante l’ombre
Immobile et coule sans bords.

On entend tinter goutte à goutte
La chantepleure d’un cellier ;
Le képi du garde champêtre
Passe entre les jardins mouillés.
Et puis la nuit s’étoile toute,
Efface les rides, les routes,
Apaise les coeurs lourds de doute,
Lâche les souris des greniers
Et les chats qui vont sans souliers…

Nuit vide et creuse où tout écoute
Emporte-nous sur tes voiliers.

(Maurice Fombeure)

Illustration

 

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