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Savez-vous ce qui est comique ? (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018




Savez-vous ce qui est comique ?

Une oie qui joue de la musique
Un pou qui parle du Mexique
Un boeuf retournant l’as de pique
Un clown qui n’est pas dans un cirque
Un âne chantant un cantique
Un loir champion olympique

Mais ce qui est le plus comique
C’est d’entendre un petit moustique
Répéter son arithmétique.

(Maurice Carême)

Illustration

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Cloisons sans plaisir (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



 

Cloisons sans plaisir

Dans les H.L.M.
on entend tout,
les insultes
les verres qui volent
les enfants qui pleurent
Question pour un champion
car la voisine est sourde.

Dans le mien
à 19 heures précises
le mec
du dessus
jetait sa collection de billes
par terre
PLIC PLIC PLIC PLIC PLIC
je n’ai jamais compris
pourquoi.
Ça l’occupait sûrement
de les ramasser
une par une
oubliant
les traites
les gosses
le chômage.

Dans les H.L.M.
on entend le bruit sourd
des corps qui s’écroulent.

Dans les H.L.M. on entend les voisins
dire du mal des voisins
qui auraient dit du mal d’autres voisins
et ainsi de suite.
On entend les youyous
les jours de mariage
et ça franchement
c’est pire
qu’une perceuse
contre un tuyau
métallique…
mais au moins
c’est joyeux.

Dans les H.L.M.
on entendait un con chanter
(c’était moi)
et un autre qui jouait
du djembé
pendant
des heures.
Putains de jeunes.

Mais
dans les H.L.M. j’ai eu beau écouter
pas une fois
au milieu
de ces nuits
les gémissements d’une voisine
ni les
«oh oui!
encore !»
de rigueur.
C’est à se demander
comment ces milliers de gosses
qui courent
dans la cité
ont été conçus.
Dans le silence !
et ça ne fait
que
commencer…

(Balbino)

 

 

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La vendange (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016



 

Otto Dix Painting 026 [1280x768]

La vendange

Les fauves sont partis, soumis au vendangeur
Tandis qu’en la cité, construite à son de flûte,
Au cirque, le laurier se fane après la lutte,
Que le nom des champions s’efface au mur d’honneur.

Le cortège s’éloigne. Il passe les hauteurs,
Des tas de soldats tués pourrissent sous les buttes,
La terre, ivre de sang, transpire, écume, jute
Et d’un fumier puissant submerge les vainqueurs.

Toi seul reste toi-même, ô Vin, dans tes barriques,
Tu teindras notre bouche à tes couleurs magiques,
Puis nous irons rejoindre en terre les palais

(Robert Desnos)

Illustration: Otto Dix

 

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Mes os seront pareils aux herbes arrachées (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



squelette cerf [800x600]

…Ah ! j’ai peut-être été entraîné dans ce passage terrestre
Comme un qui se trouve involontairement mêlé
À quelque histoire honteuse
Il valait mieux que je fusse méconnu
Que personne ne puisse dire :
“Il était comme cela !”
Non rien de particulier dans le visage
Je n’ai été ni champion de force ni chanteur, ni meneur d’hommes
Quelle chance d’être passé inaperçu
Et quand les juges chercheront les noms
Ils ne trouveront le mien ni dans les cadastres des mairies
Ni parmi les titulaires de chèques, ni parmi les porteurs de titres
Non, pas même sur une croix ou sur un morceau de pierre
Quelque part se mêlant aux blancheurs d’un ciel bas
Mes os seront pareils aux herbes arrachées.

(Ilarie Voronca)

 

 

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NOCTURNE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2015



NOCTURNE

Cheval échappé de la clé des songes
Heurtant du sabot l’horloge à minuit :
Les plus lourds dormeurs sortent de leurs plonges
Émergent dans le silence et l’ennui

La chouette ulule au faîte des granges
La lune s’étale sur ses moissons bleues
On entend tinter des cloches étranges
Craquer les grillons sous les cendres feues

C’est l’heure où chassent le brochet, la loutre
Et le maraudeur et le braconnier,
Le contrebandier saigne sur ses outres,
Il pleut quelque plomb sur le faux saunier.

La terre est semée de villages morts
Où grognent des chiens, où des rats galopent
Se crispent des mains sur de vieux remords
Où sur les seins lourds des maries-salopes

Mais l’aurore aiguise au loin ses couteaux
Dans son huile d’or baigne ses flammèches
Pour ressusciter, ouvrant leurs vantaux
Tous ces doux champions du vieux casque-à-mèche

Le jeune et le vieux le gars et la belle
Dans les bras l’un de l’autre alors surpris,
Et dans les vergers lourds de mirabelles
Les merles espiègles et les mulots gris
Les rondes d’enfants tournant à grands cris
A la ri, à la ribe, ribambelle !

(Maurice Fombeure)

 

 

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