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Je Te Donne (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Je Te Donne

can give a voice, bred with rythms and soul
the heart of a Welsh boy who’s lost his home
put it in harmony , let the words ring
carry your thoughts in the song we sing
Je te donne mes notes , je te donne mes mots
quand ta voix les emporte a ton propre tempo
une épaule fragile et solide a la fois
ce que j’imagine et ce que je crois .

Je te donne toutes mes différences,
tous ces défauts qui sont autant de chance
on sera jamais des standards des gens bien comme il faut
je te donne ce que j’ai ce que je vaux

I can give you the force of my ancestral pride
the well to go on when i’m hurt deep inside
whatever the feeling, whatever the way
it helps me to go on from day to day
je te donne nos doutes et notre indicible espoir
les questions que les routes ont laissées dans l’histoire
nos filles sont brunes et l’on parle un peu fort
et l’humour et l’amour sont nos trésors

Je te donne toutes mes differences…

Je te donne , donne , donne ce que je suis

I can give you my voice, bred with rythm and soul,
je te donne mes notes , je te donne ma voix
the songs that i love, and the stories i’ve told
ce que j’imagine et ce que je crois
i can make you feel good even when i’m down
les raisons qui me portent et ce stupide espoir
my force is a platform that you can climb on
une épaule fragile et forte a la fois
je te donne, je te donne tout ce que je vaux , ce que je suis, mes dons,
mes défauts, mes plus belles chances, mes différences

(Jean-Jacques Goldman)

 

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FERMER LES YEUX (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




FERMER LES YEUX

Et puis cette ombre au fond de l’ombre
Et puis ces deux mains qui se nouent
Ces gestes faits et refaits sans en voir le bout
Et puis cette ombre encore debout

Le cri d’une sirène
Quand le jour a déteint
Parenthèse de peine
L’oubli jusqu’à demain

Longues secondes inertes
Le corps à l’abandon
Gestes lents, cigarettes
Puis s’essuyer le front

Vague regard au ciel
Pour l’heure ou pour le temps
Trop de pluie, de soleil
C’est tout c’qu’il en attend

Déjà loin de ses haines
Aussi loin qu’il le peut
Où ses rêves l’entraînent
Quand il ferme les yeux

Et puis cet otage sans cage
Et puis tous ces hommes en essaim
Son grave visage, maquillage, sans âge
Et puis ces billets dans ta main

Tu peux prendre ses lèvres
Tu peux goûter sa peau
Décider de ses gestes
Même dicter ses mots

Soumettre à tes plaisirs
Tant que le compte est bon
Arracher des sourires
Même changer son nom

Maître d’une apparence
Possédant de si peu
D’un vide, d’une absence
Dès qu’elle ferme les yeux

Quand la peine est trop lourde
Quand le monde est trop laid
Quand la chance est trop sourde
La vérité trop vraie

Comme au dernier voyage
Pour y voir enfin mieux
Enfin d’autres images
Quand on ferme nos yeux
Quand on ferme nos yeux

(Jean-Jacques Goldman)

 

 

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A flancs de coteau du village (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



A flancs de coteau du village
bivouaquent des champs fournis de mimosas.
A l’époque de la cueillette,
il arrive que, loin de leur endroit, on fasse la rencontre extrêmement odorante
d’une fille dont les bras sont occupés durant la journée aux fragiles branches.
Pareille à une lampe ont l’auréole de clarté serait de parfum, elle s’en va,
le dos tourné au soleil couchant.
Il serait sacrilège de lui adresser la parole
L’espadrille foulant l’herbe, cédez-lui le pas du chemin.
Peut-être aurez vous la chance de distinguer sur ses lèvres
la chimère de l’humidité de la nuit ?

(René Char)

Illustration

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Milord (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2019



 

Régis Bernard _Fille_de_joie_a_Amsterdam_78

Milord

Allez, venez, Milord!
Vous asseoir à ma table;
Il fait si froid, dehors,
Ici c’est confortable.
Laissez-vous faire, Milord
Et prenez bien vos aises,
Vos peines sur mon coeur
Et vos pieds sur une chaise
Je vous connais, Milord,
Vous ne m’avez jamais vue
Je ne suis qu’une fille du port,
Qu’une ombre de la rue…

Pourtant je vous ai frôlé
Quand vous passiez hier,
Vous n’étiez pas peu fier,
Dame! Le ciel vous comblait:
Votre foulard de soie
Flottant sur vos épaules,
Vous aviez le beau rôle,
On aurait dit le roi…
Vous marchiez en vainqueur
Au bras d’une demoiselle
Mon Dieu!… Qu’elle était belle…
J’en ai froid dans le coeur…

Allez, venez, Milord!
Vous asseoir à ma table;
Il fait si froid, dehors,
Ici c’est confortable.
Laissez-vous faire, Milord,
Et prenez bien vos aises,
Vos peines sur mon coeur
Et vos pieds sur une chaise
Je vous connais, Milord,
Vous ne m’avez jamais vue
Je ne suis qu’une fille du port
Qu’une ombre de la rue…

Dire qu’il suffit parfois
Qu’il y ait un navire
Pour que tout se déchire
Quand le navire s’en va…
Il emmenait avec lui
La douce aux yeux si tendres
Qui n’a pas su comprendre
Qu’elle brisait votre vie
L’amour, ça fait pleurer
Comme quoi l’existence
Ça vous donne toutes les chances
Pour les reprendre après…

Allez, venez, Milord!
Vous avez l’air d’un môme!
Laissez-vous faire, Milord,
Venez dans mon royaume:
Je soigne les remords,
Je chante la romance,
Je chante les milords
Qui n’ont pas eu de chance!
Regardez-moi, Milord,
Vous ne m’avez jamais vue…
…Mais vous pleurez, Milord?
Ça je l’aurais jamais cru!

Eh ben, voyons, Milord!
Souriez-moi, Milord!
…Mieux que ça! Un petit effort…
Voilà, c’est ça!
Allez, riez, Milord!
Allez, chantez, Milord!
La-la-la…

Mais oui, dansez, Milord!
La-la-la…
Bravo Milord!
La-la-la…
Encore Milord!…
La-la-la…

(Georges Moustaki)

Illustration: Régis Bernard


 

 

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Patience dans l’azur! (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



Patience, patience
Patience dans l’azur!
Chaque atome de silence
Est la chance d’un fruit mûr.

(Paul Valéry)


Illustration

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Pauvre Âme (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Pauvre Âme, dit l’Esprit,
je suis triste avec toi, et même bien plus que toi,
— car moi, dont ce n’est pas le métier,
quand je m’émeus et je m’affecte, je sais pourquoi;
et mon désespoir est encore lumière.

Que tu as cette chance de te lamenter dans tes ténèbres,
où tu ne vois pas s’il y a, ou s’il n’y a pas, de quoi espérer toujours.

Tu veux, ô immédiate,
tu veux qu’elle t’aime comme tu l’aimes.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHEMIN DES RONCES (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2019



    
CHEMIN DES RONCES

I
Mon amour mon amour
je t’appelle sans répit
je te donne des noms inutiles
des noms sans magie
des noms qui n’éclatent pas
comme un mauvais fruit

Mon amour si mal appris
mon détour ma belle eau sale
mon corsage de l’été
déserté par le désir

Tout est toujours à renoncer
à partir d’une larme
le cri de l’oiseau
l’honneur du pain bis
le fruit qui séduit
le pli de la nappe

Et toi mon amour
mon oeillet de soufre
ma nuit qu’il faudrait refaire
pour donner une chance au soleil.

II
Cette larme si terrible
que j’ai serrée dans un mot
maintenant elle déclenche
tous les jeux de l’océan

Dieu connaît le sang des choses
il séduit le naufragé
avant que j’aie dérobé
cette mémoire frivole
il avait planté un cèdre
dans mon coeur pour le nouer

Regarde ce puits confident
cette larme si terrible
ce voile de Véronique
où j’ai préservé ton nom.

III
Poète des chaos
des amours fous des épines
d’un royaume sans pitié
d’un visage sans appel

Par le sacre de la mort
je retrouve l’innocence
je justifie la parole
j’en fais une eau amicale.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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C’est dans l’air du matin (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2019



 

C’est dans l’air du matin
Comme s’il y avait

L’annonce
D’une bonne nouvelle.

Il y a chance
D’unisson.

(Guillevic)

 

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La bouche d’Amaranthe (Pierre de Marbeuf)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2019



 

Sung Jin Kim  Realistic-Lips-Paintings-10-498x296

La bouche d’Amaranthe

Beau corail soupirant, ce pourpre qui me flatte
Allaite d’espérance et d’amour mes esprits :
Belle et petite bouche où s’enfante un souris,
Qui semond à baiser votre vive écarlate.

Vos dents riches remparts d’une voix délicate,
Dessus les diamants emporteront le prix :
Si de votre douceur ils sont tant favoris,
Que votre langue veuille être leur avocate.

Vermeillon merveilleux, prison des libertés,
Trésor de l’Orient, blanches égalités,
Ô rempart précieux que j’assauts d’espérance,

Belles dents, petits dés, avec lesquels l’amour
Gagna mes libertés et mon coeur l’autre jour,
Aujourd’hui livrez-moi quelque meilleure chance.

(Pierre de Marbeuf)

Illustration: Sung Jin Kim

 

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D’UNE PERFECTION (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



D’UNE PERFECTION

ce qui est immortel ressemble
aux cigognes venues
d’un soleil égaré
nous n’avons pas le droit
d’en retenir
fût-ce une plume
fût-ce l’ombre d’un cou
va-t-en vivre chez toi
entre tes seins plus borgnes
que l’horizon mort-né
moi je retourne à mon désert
où les mots sont privés de pétales
car je reste quelconque
c’est mon église
car tu restes quelconque c’est ta chance
d’être avoine qui court
ou avoine couchée sous le galop du vent
séparons-nous
puisque tout est parfait

(Alain Bosquet)

Illustration

 

 

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