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Poésie

Posts Tagged ‘chanceler’

Parfois il chancelle (Rezâ Sâdeghpour)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019




    

parfois
il chancelle
sa peur de tomber
est une menace
de mort sur les passants

le petit

pot de

géraniums

***

(Rezâ Sâdeghpour)

 

Recueil: Le Bris lent des bouteilles
Traduction: Amin Kamranzadeh et Franck Merger
Editions: Cheyne

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HYMNE (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



HYMNE

Une âme nouvelle m’entraîne
Dans les antres sacrés, dans l’épaisseur des bois;
Et les monts entendront ma voix,
Les vents l’emporteront vers l’étoile prochaine.

Évan ! ta prêtresse au réveil
Imprime ses pieds nus dans la neige éternelle.
Évan ! j’aime les monts comme elle,
Et les halliers divins ignorés du soleil.

Dieu des Naïades, des Bacchantes,
Qui brises en riant les frênes élevés,
Loin de moi les chants énervés!
Les coeurs forts sont à toi, Dieu couronné d’acanthes!

Évohé I noirs soucis, adieu!
Que votre écume d’or, bons vins, neuf fois ruisselle!
Et le monde enivré chancelle,
Et je grandis, sentant que je deviens un Dieu !

(Leconte de Lisle)

Illustration: Paul Emile Chabas

 

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Ces gigantesques sillons (Julien Vocance)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018



La Mort a creusé sans doute
Ces gigantesques sillons
Dont les graines sont des hommes.

***

Au ras du sol depuis quinze jours,
Mon oeil en connaît les moindres bosses,
Les moindres herbes.

***

Rumeurs de veuves, d’orphelins,
Bourdonnantes, comme un essaim,
Sur ces pauvres corps déteints.

***

La pluie fine et froide, en cinglantes rafales,
Pénètre nos os et nos âmes,
Et les moelles de la terre.

***

Par la fatigue écrasés,
Ils ont les poses écroulées
Des cadavres de la plaine.

***

Les rafales de nos canons
D’une ville à l’horizon
Allument la vision brève.

***

Des croix de bois blanc
Surgissent du sol,
Chaque jour, ça et là.

***

Les obus vampires ont soulevé
Les dalles du cimetière
Dont les croix chancellent.

***

Pour arriver jusqu’à ma peau
Les balles ne pourraient jamais
Se débrouiller dans mes lainages.

***

Dans un trou du sol, la nuit,
En face d’une armée immense,
Deux hommes.

***

Fleur qui respirait la lumière,
Son oeil gît,
La gorge tranchée.

(Julien Vocance)

 

 

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Champ libre (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



Champ libre

L’océan bat son plein
La barrière est ouverte
On voit des chevaux d’or brouter les plantes vertes
Les deux bords du chemin
Les guirlandes de ciel qui passent par nos mains

Un visage se lève
Soir et matin le même rêve
La peau douce du vent
Je pars dans le soleil et tu marches devant
Le temps presse
À chaque pas vers toi je tombe de faiblesse
Le coeur ne répond plus
Je gagnais ton pardon si tu l’avais voulu

Sur le mur qui chancelle une ombre s’épanouit
Un reflet nous égare
Une voix dans la nuit

(René Guy Cadou)

Découvert ici: https://lajumentverte.wordpress.com

Poème pour Le cahier des poésies d’Asphodèle

Illustration: Jennifer Morrison

 

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La Solitude (Faïz Ahmed Faïz)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018


solitude

 

Encore le bruit des pas,
Mon coeur fleuri.
Non, personne.
N’est-ce pas un voyageur
Qui s’éloigne?
La nuit est presque à sa fin.
Les nébuleuses disparaissent.
les flammes somnolentes des palais chancellent.
Le sentier las d’attendre s’endort.
La poussière d’ailleurs a recouvert
Les empreintes des pas.
Eteignez les lampes!
Enlevez le vin et les coupes!
fermez les portes à clef!
Que personne n’entre ici!
Que personne n’entre!

(Faïz Ahmed Faïz)

 

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L’heureuse demeure (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



L’heureuse demeure

La nuit était si douce autour de ma demeure
Et la porte s’ouvrit en la touchant à peine
Je montai l’escalier sans aucun effort
Je retrouvai tout rangé dans la chambre.

Qu’y avait-il qui rendait l’ombre si légère et si belle ?
La fenêtre était un cerf-volant au-dessus du jardin
se dessinant là où  la veille encore
Chancelaient sous la pluie des maisons en démolition.

Si j’approchais des murs, les murs s’éloignaient
Ce n’était plus la chambre étroite de mon jour,
Sur la table des livres aux belles enluminures
Dans l’armoire le linge sentant la blancheur.

Je marchais sans toucher le plancher. Et je m’aperçus
Qu’il suffisait de penser à une chose
Pour que celle-ci apparût. Ainsi je dis la mer
Et la mer se joignit au cerf-volant de ma fenêtre.

Je nommai les vacances, je nommai les montagnes,
Je nommai la joie, l’amour, la quiétude,
Je nommai la halte auprès du ruisseau
Et à genoux je bus l’eau fraîche dans mes paumes.

J’essayai de me rappeler : qu’avais-je donc fait ?
D’Assy le seuil avait commencé ce miracle
Qu’est-ce qui pesait si lourd autrefois sur mes épaules ?
Quelle était cette tristesse et quels étaient les pleurs ?

Il n’y avait que les rires, les mots affectueux
Qui sonnaient à mes oreilles en cette nuit
J’étais comme un pommier ténébreux la veille
Et qu’à l’aube on trouve ivre de ses fleurs.

Ah Tout cela se passait au delà de mon âge
J’étais revenu là où j’avais tant souffert
Sans savoir que la peine aurai pu être douce
Ici où mon profil s’éclaire dans la mort.

(Ilarie Voronca)

Illustration: Edward Hopper

 

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LA MORT EST NATURELLE (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

Ana Cruz b

LA MORT EST NATURELLE
(Extrait)

Une balle, une roue,
par la fièvre ou le froid,
la mort est naturelle,
et toujours naturelle.

Ni l’or ni le hasard
ne soudoient son étreinte.
Elle n’a pas d’injures ;
elle fait son travail.

Qui cesse doit l’aimer.
Qui chancelle, savoir
ce qu’elle a de complice
avec ceux qu’elle frappe.

(Axel Toursky)

Illustration: Ana Cruz

 

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Avec des paroles d’homme (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Avec des paroles d’homme

1

Ô forêt millénaire aux feuilles juvéniles,
Tu chuchotes la nuit de sauvages secrets.
C’est là que sont tapis, dans leurs plaisirs tranquilles,
D’odieux assassins. Et les voilà tout prêts

A tourner… retourner… dans un geste sauvage
Le dard de ton sourire en mon cœur pantelant.
Ailleurs, amours… beautés… offrent une autre image
Et font en fredonnant le berceau de l’enfant.

Ta blondeur est le ciel quand apparaît l’aurore.
Je la poursuis sans trêve en essoufflé dément.
L’homme bouleversé qu’un feu d’amour dévore
Fait des pas d’une lieue et touche au firmament.

Et son désir si vif, incandescente échelle,
Enjambe l’infini. Tel autre n’a pas su
Appliquer son échelle. Il titube, il chancelle.
Il n’atteint pas le ciel. Partout il a couru.

Le bronze de ton sein est une motte ronde.
Sens-tu l’odeur de germe où mainte déité
Veut rêver d’une terre infinie et profonde?
Je désire l’étreindre en sa féminité

Quand le déluge a fui, lorsque son corps immense
Halète… exhale. Et toi, étreins-moi, fais-moi roi!
Dans l’instant, j’étreindrai toute femme, je pense,
Toute fille. Et toutes à la fois. Grâce à toi.

2

Oh! la belle inconnue, authentique maîtresse!
Elle a le corps qui chante. En haut de notre cœur,
Elle trône, elle vit. A ce cœur plein d’ivresse,
Elle nous mène aussi, toute force et douceur.

Afin que nous osions gravir sa raide pente,
Son vaste amour s’étend le long d’un champ profond.
Alors, de temps à autre, une comète ardente
Dans notre âme vient choir, procédant de son front.

Son rire? Un océan, jaillissement limpide.
Et c’est ce triste éclat que… purificateurs,
Affamés, les rires d’autres femmes avides
S’empressent de rejoindre, ineffables fraîcheurs.

Toujours caresseront ses mains douces et pures,
Et de ses tendres yeux des perles jailliront.
De nos sourdes douleurs, éternelles blessures,
Des violes pour nous tout à coup écloront.

(Attila Jozsef)


Illustration: Alexandre Séon

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MOUVEMENT (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018




MOUVEMENT

Ce qui ne peut revenir
descend le long des murailles des villes
avec des suintements glacés
ce sont les visages tristes
entrevus au coin d’une rue d’hiver
les prunelles sont cachées
on ne voit qu’une larme peinte
qui ne cesse de couler

Ce sont les paroles gardées
dans la gorge tiède au fond de la poitrine
ce sont les deux ou trois paroles
d’amour ou d’amitié
qui n’ont pas été dites

Et déjà tout va plus vite
la fenêtre s’est refermée
on n’entend plus que le silence de la pluie
et le monde
qui continue de chanceler.

(Luc Decaunes)

Illustration: Mitty Desques

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Moment cendré de l’étendue (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Moment cendré de l’étendue
Chancelant

Et notre pauvreté nous vient d’un même exil
Dans le temps

Grandir a dissipé le seul voyage
Entre l’arbre et le seuil
Entre nos mains

Désormais c’est l’herbe qui nous dure
Sa cécité très douce à nos pas retranchés

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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