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Posts Tagged ‘chanceler’

Voici que chancelle le ciel (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



 

Voici que chancelle le ciel avec ses étoiles
Vives comme des chèvres parmi les buissons.
Le printemps secoue la mauvaise odeur
Tenace des fondrières. Toutes les choses
Sont tellement sûres d’exister
Cette nuit, dans ce chant
De vieille grenouille à Abbasanta.

***

Ecco vacilla il cielo

Ecco vacilla il cielo, le stelle
Vive come capte tra i cespugli.
La primavera scuote il lezzo
Pungente dei pantani. Ogni cosa
E talmente sicura di esistere
Questa notte, in questo canto
Di vecchia rana ad Abbasanta.

(Leonardo Sinisgalli)

 

 

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Passion sans mesure (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2019



Passion sans mesure

Dans l’espace où s’inscrit notre passion
Dans le champ où s’assouvissent nos désirs
Et dans l’épaisseur de la chair
D’un paysage déchiqueté
La terre chancelle et se renverse
Dans l’effusion de nos corps.

Sur le sentier
J’écarte pour toi les ronces
Au milieu des rafales
A travers la brume
Le ciel s’habille de gris

Tu te blottis contre mon corps

Incertitude d’une voix qui pousse
Un cri dans la nuit
Dans l’ombre des sommets
Des êtres d’obscurité
Abordent aux rives du néant

Moi je veux seulement voir
Ton visage dans le silence
Avant que le matin ne teinte de rose
La surface de l’eau

(Jean-Baptiste Besnard)

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REVENIR (Michel Monnereau)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019



Illustration
    
REVENIR

Passé l’horizon d’enfance
commence l’exil.

Ici ont vécu des êtres humains
dissous dans le temps.

Les années ont braconné
ce qu’il restait de traces.

L’édifice de la mémoire
chancelle au moindre manque.

J’ai espéré longtemps
le retour de l’innocence.

(Michel Monnereau)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: 125-126
Traduction:
Editions: Arpa EXILS

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Parfois il chancelle (Rezâ Sâdeghpour)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019




    

parfois
il chancelle
sa peur de tomber
est une menace
de mort sur les passants

le petit

pot de

géraniums

***

(Rezâ Sâdeghpour)

 

Recueil: Le Bris lent des bouteilles
Traduction: Amin Kamranzadeh et Franck Merger
Editions: Cheyne

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HYMNE (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



HYMNE

Une âme nouvelle m’entraîne
Dans les antres sacrés, dans l’épaisseur des bois;
Et les monts entendront ma voix,
Les vents l’emporteront vers l’étoile prochaine.

Évan ! ta prêtresse au réveil
Imprime ses pieds nus dans la neige éternelle.
Évan ! j’aime les monts comme elle,
Et les halliers divins ignorés du soleil.

Dieu des Naïades, des Bacchantes,
Qui brises en riant les frênes élevés,
Loin de moi les chants énervés!
Les coeurs forts sont à toi, Dieu couronné d’acanthes!

Évohé I noirs soucis, adieu!
Que votre écume d’or, bons vins, neuf fois ruisselle!
Et le monde enivré chancelle,
Et je grandis, sentant que je deviens un Dieu !

(Leconte de Lisle)

Illustration: Paul Emile Chabas

 

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Ces gigantesques sillons (Julien Vocance)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018



La Mort a creusé sans doute
Ces gigantesques sillons
Dont les graines sont des hommes.

***

Au ras du sol depuis quinze jours,
Mon oeil en connaît les moindres bosses,
Les moindres herbes.

***

Rumeurs de veuves, d’orphelins,
Bourdonnantes, comme un essaim,
Sur ces pauvres corps déteints.

***

La pluie fine et froide, en cinglantes rafales,
Pénètre nos os et nos âmes,
Et les moelles de la terre.

***

Par la fatigue écrasés,
Ils ont les poses écroulées
Des cadavres de la plaine.

***

Les rafales de nos canons
D’une ville à l’horizon
Allument la vision brève.

***

Des croix de bois blanc
Surgissent du sol,
Chaque jour, ça et là.

***

Les obus vampires ont soulevé
Les dalles du cimetière
Dont les croix chancellent.

***

Pour arriver jusqu’à ma peau
Les balles ne pourraient jamais
Se débrouiller dans mes lainages.

***

Dans un trou du sol, la nuit,
En face d’une armée immense,
Deux hommes.

***

Fleur qui respirait la lumière,
Son oeil gît,
La gorge tranchée.

(Julien Vocance)

 

 

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Champ libre (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



Champ libre

L’océan bat son plein
La barrière est ouverte
On voit des chevaux d’or brouter les plantes vertes
Les deux bords du chemin
Les guirlandes de ciel qui passent par nos mains

Un visage se lève
Soir et matin le même rêve
La peau douce du vent
Je pars dans le soleil et tu marches devant
Le temps presse
À chaque pas vers toi je tombe de faiblesse
Le coeur ne répond plus
Je gagnais ton pardon si tu l’avais voulu

Sur le mur qui chancelle une ombre s’épanouit
Un reflet nous égare
Une voix dans la nuit

(René Guy Cadou)

Découvert ici: https://lajumentverte.wordpress.com

Poème pour Le cahier des poésies d’Asphodèle

Illustration: Jennifer Morrison

 

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La Solitude (Faïz Ahmed Faïz)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018


solitude

 

Encore le bruit des pas,
Mon coeur fleuri.
Non, personne.
N’est-ce pas un voyageur
Qui s’éloigne?
La nuit est presque à sa fin.
Les nébuleuses disparaissent.
les flammes somnolentes des palais chancellent.
Le sentier las d’attendre s’endort.
La poussière d’ailleurs a recouvert
Les empreintes des pas.
Eteignez les lampes!
Enlevez le vin et les coupes!
fermez les portes à clef!
Que personne n’entre ici!
Que personne n’entre!

(Faïz Ahmed Faïz)

 

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L’heureuse demeure (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



L’heureuse demeure

La nuit était si douce autour de ma demeure
Et la porte s’ouvrit en la touchant à peine
Je montai l’escalier sans aucun effort
Je retrouvai tout rangé dans la chambre.

Qu’y avait-il qui rendait l’ombre si légère et si belle ?
La fenêtre était un cerf-volant au-dessus du jardin
se dessinant là où  la veille encore
Chancelaient sous la pluie des maisons en démolition.

Si j’approchais des murs, les murs s’éloignaient
Ce n’était plus la chambre étroite de mon jour,
Sur la table des livres aux belles enluminures
Dans l’armoire le linge sentant la blancheur.

Je marchais sans toucher le plancher. Et je m’aperçus
Qu’il suffisait de penser à une chose
Pour que celle-ci apparût. Ainsi je dis la mer
Et la mer se joignit au cerf-volant de ma fenêtre.

Je nommai les vacances, je nommai les montagnes,
Je nommai la joie, l’amour, la quiétude,
Je nommai la halte auprès du ruisseau
Et à genoux je bus l’eau fraîche dans mes paumes.

J’essayai de me rappeler : qu’avais-je donc fait ?
D’Assy le seuil avait commencé ce miracle
Qu’est-ce qui pesait si lourd autrefois sur mes épaules ?
Quelle était cette tristesse et quels étaient les pleurs ?

Il n’y avait que les rires, les mots affectueux
Qui sonnaient à mes oreilles en cette nuit
J’étais comme un pommier ténébreux la veille
Et qu’à l’aube on trouve ivre de ses fleurs.

Ah Tout cela se passait au delà de mon âge
J’étais revenu là où j’avais tant souffert
Sans savoir que la peine aurai pu être douce
Ici où mon profil s’éclaire dans la mort.

(Ilarie Voronca)

Illustration: Edward Hopper

 

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LA MORT EST NATURELLE (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

Ana Cruz b

LA MORT EST NATURELLE
(Extrait)

Une balle, une roue,
par la fièvre ou le froid,
la mort est naturelle,
et toujours naturelle.

Ni l’or ni le hasard
ne soudoient son étreinte.
Elle n’a pas d’injures ;
elle fait son travail.

Qui cesse doit l’aimer.
Qui chancelle, savoir
ce qu’elle a de complice
avec ceux qu’elle frappe.

(Axel Toursky)

Illustration: Ana Cruz

 

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