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OÙ LE PRINTEMPS S’EN VA-T-IL ? (Huang Tingjian)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2021




    
OÙ LE PRINTEMPS S’EN VA-T-IL ?
(Sur l’air « Musique belle et pure »)

Où le printemps
s’en va-t-il?
Partout la solitude,
pas même un chemin.
Si quelqu’un sait
où le printemps se cache,
qu’il lui dise
de revenir !

Le printemps disparaît
sans laisser de trace,
qui sait où?
Peut-être les loriots
le savent-ils ?
Mille chants
et personne
qui les comprenne !
Avec le vent
pouvoir survoler les roses…

(Huang Tingjian)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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LE CHANT D’UN MOINE BOUDDHISTE (Suan You)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




    
LE CHANT D’UN MOINE BOUDDHISTE

Qu’ils me diffament
et me calomnient,
qu’ils enflamment et brûlent le ciel,
en vain ils se donnent çes peines.
J’absorbe tout cela
comme la rosée claire,
purifié, soudain régénéré,
j’entre dans le monde
qui échappe à leur pensée.

(Suan You)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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AUBE DE PRINTEMPS (Meng Haoran)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



Illustration
    
AUBE DE PRINTEMPS

Printemps,
je dors,
insouciant de l’aurore.
Et maintenant
j’entends partout.
le chant des oiseaux.
Hier soir, c’était
le bruit du vent
et de la pluie…
Les fleurs sont tombées,
qui sait combien ?

(Meng Haoran)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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CHANSON TRISTE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021




    
CHANSON TRISTE

Au lieu de larmes,
un petit chant triste.
Au lieu du retour,
ce regard vers l’horizon.
Je pense à mon pays,
et le chagrin m’étouffe.
Retourner chez moi?
— personne ne m’attend.
Traverser la rivière
— il n’y a pas de barque.
Parler de ma peine ?
— il n’y a pas de mots
Dans ma poitrine,
les roues d’un char
tournent sans fin.

(Anonyme)

Dynastie Han

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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Le clair sourire (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2021



Le clair sourire

(…)

Derrière un éventail de fraîche mousseline,
Ton rire ruisselait en source près de moi ;
Je vois encore mes fleurs s’ouvrir sur ta poitrine ;
J’entends le rythme clair et le chant de ta voix !

Hélas ! tu es plus loin de moi que l’astre frêle,
Enveloppé de soir et fleuri de rayons,
Et dans mon souvenir tes sombres cheveux vont
Comme des rêves las, meurtris, blessés à l’aile.

Cherchant au loin ta forme exquise et mon bonheur,
Sur une barque blanche a fui mon rêve aride,
Et je vois revenir là-bas ma barque vide,
Et ton noir éventail se ferme sur mon cœur…
(…)

(Jules Supervielle)

 Illustration: Gustav Klimt

 

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LA LUMIÈRE (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2021




    
LA LUMIÈRE

Il y a tant de lumière
aujourd’hui
que les aveugles
assis sur des pierres
l’entendent comme un chant d’oiseau.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: Mon soleil
Traduction: Traduit du grec par Ioannis Dimitriadis
Editions: ainigma.net

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Mère et enfant réfugiés (Chinua Achebe)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021




    
Mère et enfant réfugiés

Nulle Vierge à l’Enfant ne pourrait se mesurer
à cette image de la tendresse maternelle
pour un fils qu’elle devrait bientôt oublier.
L’air était lourd d’odeurs

de diarrhée d’enfants non lavés
aux côtes délavées et aux derrières
décharnés qui avancent d’un pas laborieux
traînés par des ventres vides et gonflés. Tant
de mères avaient cessé depuis longtemps
de prodiguer leurs soins, mais pas celle-ci; elle arborait
un sourire fantôme entre ses dents
et dans ses yeux le fantôme de l’orgueil
d’une mère tandis qu’elle peignait telle la touffe de cheveux
couleur rouille qui restait sur son crâne et puis –

dans ses yeux un chant – elle a commencé à les
séparer avec soin… Dans une autre vie ça
aurait été un peu banal
un acte sans conséquence avant son
petit-déjeuner et l’école; mais en cet instant

son geste était de fleurir
une tombe minuscule

(Chinua Achebe)

Traduit de l’anglais par Frieda Ekotto, &ware Sou! Brother, Heinemann, 1971.

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Je campe dans tes chevelures (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2021



 

Alexander Sigov  (17) [1280x768]

Je campe dans tes chevelures
Le chant se plie à tes pieds et prie
Le bec de tes seins m’ouvre
Voici des fontaines des renards pris aux cris
Alors tu danses Tatouée Cristal nu
Je n’irai jamais plus avant que ta nuit
Pour moi tu inventes les siècles les batailles les épopées les légendes
Tu fais l’Histoire obscène
Tu chevauches l’envers des mots

Je te veux lente peureuse un peu lourde d’ornements ôtés
Je t’ai logée dans le creux des arbres où rien ne vient
que l’air craintif le péché et la salsepareille

(Hubert Juin)

Illustration: Alexander Sigov

 

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Pour dix mille imbéciles… (Lambert Schlechter)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2021




    
Pour dix mille imbéciles…

pour dix mille imbéciles un Spinoza
pour mille assassins un Véronèse

et chaque matin la rosée
et chaque soir le chant du merle

vivre dans le chaos des contradictions
survivre en se blindant, faisant semblant

à défaut d’une métaphore pour les génocides
on fait l’éloge de la pivoine

et plastronne que la vie est belle

(Lambert Schlechter)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Milliards de manières de mourir
Traduction:
Editions: 99 neuvains

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CHANGENT LES TEMPS… (Luis De Camôes)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2021




    

CHANGENT LES TEMPS…

Changent les temps et changent les désirs,
Et change l’être et change la confiance;
Tout l’univers est fait de changement,
Prenant toujours des qualités nouvelles.

Sans cesse nous voyons des nouveautés
Différentes en tout de notre attente;
Des maux, le souvenir garde la peine,
Et des biens, s’il y en eut, l’amer regret.

Le temps couvre le sol d’un vert manteau
Après l’avoir couvert de neige froide,
Et change en pleurs la douceur de mon chant.

Et non content de changer chaque jour,
Changeant ainsi il nous surprend encore,
Car il ne change plus comme il faisait jadis.

Sonnets, XXX.
Trad. Portugais : Anne-Marie Quint et Maryvonne Boudois.

***

MUDAM-SE OS TEMPOS…

Mudam-se os tempos, mudam-se as vontades,
Muda-se o ser, muda-se a confiança;
Todo o Mundo é composto de mudança,
Tomando sempre novas qualidades.

Continuamente vemos novidades,
Diferentes em tudo da esperança;
Do mal ficam as mágoas na lembranca,
E do bem, se algum houve, as saudades.

O tempo cobre o chão de verde manto
Que já coberto foi de neve fria,
E em mim converte em choro o doce canto.

E afora este mudar-se cada dia,
Outra mudança faz de mor espanto,
Que não se munda já como sofa.

(Luis De Camôes)

 

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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