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Poésie

Posts Tagged ‘chant’

Ensevelie la parole (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



    

Ensevelie la parole qui nous sommait de vivre
Hanche nue au bord de la nuit d’été,
Si perdue sous les ronces folles des mots
Que plus jamais le chant n’en pourra retentir.

Qui voudrait arracher ce poids de nos fautes?
Quel enfant soudain retrouvé hors de tout espoir
Viendrait sous son regard désigner ô mes frères
La source enfouie où s’abreuvèrent nos premiers songes?

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’intimité est un chant de l’esprit (Sobonfu Somé)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



En général, l’intimité est un chant de l’esprit
qui convie deux personnes à se réunir pour partager leur esprit.
C’est un chant auquel nul ne peut résister.

(Sobonfu Somé)


Illustration

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Si c’est oui, espère ! (Maurice Bourg)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018




Librement, dans l’épaisseur de la terre,
l’extase de l’arbre, de l’oiseau, de la fleur.
Le chant devient l’oiseau qu’il désire.
La fleur, le soleil même qu’elle efface.
Tout chant, toute fleur, à volonté changera d’oiseau, de soleil.

Que nul ne se fige sur le roc !
mais que la fleur se fasse chant, le soleil,oiseau.

Si c’est oui, espère !

*

Il faudra pourtant bien la partager
cette tendresse propre aux feuilles naissantes.
Ce baiser chlorophyllé.
Ce grand spasme de feu et d’eau.

L’instant du bourgeon, du fruit.
L’aube de l’arbre.

A lire comme une fête, à vivre sans comprendre.
Tout le corps fait nuit pour mieux absorber la verte lumière.
Seul, en cette branche extrême, et pourtant l’autre.

(Maurice Bourg)

Illustration: James LeGros

 

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Entourée d’une nuée d’or (Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018


nuée d'or

 

Les pleurs des retrouvailles, les étreintes
des retrouvailles, ton regard dans le sien:
je pourrai tout prédire et pour toi chanter
le destin du philtre d’amour

Mais maintenant aussi, jeune Fée, tu as la beauté,
même si tu es seule; et la fille des Muses se réjouit
et se nourrit de ton esprit
et du tendre chant de ton coeur.

Mais tout sera bien différent en son heureuse présence:
ton âme se reconnaîtra dans son regard immédiatement
Tu seras sereine, de ses yeux contemplée,
tu marcheras de nouveau entourée d’une nuée d’or

(Hölderlin)

 

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Irons-nous trouver les sources (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
irons-nous trouver les sources
pour apprendre leurs chants solennels
laissons plutôt l’eau vagabonde
déshabiller nos prénoms
jusqu’à les rendre imminents

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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DANS LE TEMPS (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Mariana Stauffer
    
DANS LE TEMPS

la plaine rauque endurait nos pas brefs
intestats mouraient bien des lieux

la pluie glosait les douleurs familières
un colporteur aux yeux violents passa

vendant des mots si simples qu’ils brûlaient
et des enfances dont le chant t’affola

nous habitions le donjon de l’hiver
chaque nuage savait qui nous étions

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Ouvrant l’incertitude (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



 

    

ouvrant l’incertitude d’où naissent tous les chants
légères tes mains cherchent un clavier enfui
ou peut-être conjurent l’impérieux
éboulis du passé qui surplombe
si je les prends les calme et leur dis la terre
nos regards brûlent de tant d’oiseaux qui naissent

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Constellation de la Vache (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Constellation de la Vache

Cette traîne d’étoiles est mon linceul
dans le ciel déplié
au-dessus du champ d’oliviers
où pleure la flûte seule

Tu savais mes yeux comme des puits
où tu venais te rafraîchir
mais si tu veux me voir partir
c’est au firmament que je suis

Mes sabots sonnent dans la nuit
ma queue frappe, mon museau brille
ma robe de lait et de suie
forme des lacs et des villes

Ce soir regarde les signes
gravés le long de mon collier
ô chant tremblant et oublié
d’un berger d’une autre colline

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Jour puis nuit (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



Illustration: Jean-Jacques Grandville
    
C’était une pierre qui se plaignait
d’être à l’écart du chemin
« Où sont les joyeux pèlerins
et leurs bâtons et leurs paniers ?

— Tu exagères, répondait Soeur Verveine
je viens te voir de temps en temps
sur le dos de ma jument
Mon amitié serait-elle vaine?

— Facile à dire pour une amazone
qui sur tout l’Orient rayonne
Si j’en fais vraiment tout un plat
reste donc sept jours avec moi»

Verveine confia sa jument à une jeune cousine
et revint près de la pierre prendre racine

Jour puis nuit
il y eut la rosée du matin
le chant d’un serin
un rideau de pluie

Jour puis nuit
il y eut le ciel imberbe
une étoile qui fuit
la table d’émeraude de l’herbe

Jour puis nuit
le silence s’installa
l’envie de partir partit
Verveine voulut vivre là

Et il arrive assez souvent
qu’un pèlerin quitte le chemin
pour respirer son parfum
et s’asseoir sur la pierre un moment

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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En vous attendant (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    

En vous attendant
j’ai confectionné un bijou d’écume
que je porte à mon front comme un diadème arc-en-ciel
reine dans ma solitude
et pourtant je n’avais pas prévu de
vivre en solo près du rien

Étrange timbre du frigo
note ténue dans le silence
où vos voix joyeuses ne font pas tapage
mais le chant des oiseaux et le prélude
du muezzin à la nuit rendent cette idée moins absurde
vivre en solo près du rien

Je joue mon rôle dans votre univers
et vous dans le mien
Ne m’oubliez pas
A chacun sa complétude
même si vous n’aviez pas prévu de
vivre en solo près du rien

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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