Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘chant’

Il pleut (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



Il pleut.

C’est le chant habituel.
les fougères sont
plus belles qu’ailleurs
corsetées de vert.
En fin d’été une
rousseur amère
les couche superposées.

(Katell Antoine)


Illustration

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Les longs jours les jours bas (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



Les longs jours les jours bas les nuits les jours les veilles
et chaque heure envolée sur le rayon des heures
veille qui ressemble à la veille… Les sommeils
submergent étonnés dans l’étang des malheurs
les dormeurs engourdis par le poids des matins.
Les grisards et les pies singent des vols plus doux
dans ces immenses ciels ouverts comme les ports.
Le ballet des vivants lointains comme des morts
les morts les vrais morts moins morts que leurs survivants
du troupeau des amours le bruit sourd qui s’éteint
accordent en mineur et font durer en nous
le chant du temps perdu de la lande et du vent.

(Armand Lanoux)


Illustration

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Comme un naufragé (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2018



    

Comme un naufragé indemne je me retourne
et je vois derrière moi, attendris
par le passé, des océans de rares
violettes, de primevères silencieuses.
Mais ce paysage de jeunes pousses azurées
que le clair Avril adoucissait
est déjà un songe plus lointain que le ciel.

Le temps se dissipe sans vague :
papillons aux vols pudiques,
fleurs violentes, paix hérissée…

Et saurais-je encore m’effrayer si
un son désaccordait la musique ténue
des champs ? Lever les yeux comme un enfant
angoissé par les gouffres célestes
que voile le cours paisible des nuages ?
Et si dans l’azur aride
l’irascible rossignol exhalait son chant diurne
je l’écouterais avec ferveur, mais sans espoir.
Je ne rêve pas, je ne veille pas…

***

Corne un naufrago incolume mi volgo
e vedo, inteneriti dal passato,
alle mie spale, oceani di rare
viole, di silenziose primule.
E già un sogno lontano più del cielo
il paesaggio di germogli azzurri
che il trasparente Aprile intiepidiva.

Il tempo è dileguato senza moto:
le farfalle che volano pudiche,
i fiori violenti, l’irta quiete…

E so ancora atterrirmi ad un accento
che disaccordi con la fioca musica
dei campi? Alzare il capo, puerilmente,
angosciato dai baratri celesti
tra i veli tranquilli delle nuvole?
Se l’iroso usignolo nell’azzurro
arido, esala i suoi canti diurni,
lo ascolto ardente, ma non ho speranza.
Io non sogno, non veglio…

(Pier Paolo Pasolini)

 

Recueil: Je suis vivant
Traduction: Olivier Apert et Ivan Messac
Editions: NOUS

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De flamme et d’azur (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2018



    
De flamme et d’azur
Alouette au chant pur,
D’un bond, tu accèdes
À la plus haute fête!

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ici (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2018



    
Ici la gloire? Oui, c’est ici
Que, damnés, nous avons appris
À nous sauver par le chant — Aum
Qui nous conduit au vrai royaume.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ce moment partagé (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

Ce moment partagé, nous nous en souviendrons
Un jour, comme d’un mont par-delà les nuages,
Où tout demeure en soi et se change en son autre :
Arbre en fleur chant de source, feuille au vent papillon.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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IMAGE METRIQUE (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2018



 

IMAGE METRIQUE

IL y a un oiseau dans les peupliers —
C’est le soleil !
Les feuilles sont de petits poissons jaunes
Nageant dans la rivière ;
L’oiseau les effleure :
Le jour est sur ses ailes.
Phénix !
C’est lui qui fait
Cette grande lueur parmi les peupliers.
C’est son chant
Qui recouvre le bruit
Des feuilles qui se heurtent dans le vent.

***

METRIC FIGURE

THERE is a bird in the poplars
It is the sun !
The leaves arelittle yellow fish
Swimming in the river ;
Thebird skims above them
Day is on his wings.
Phoenix !
It is he that is making
The great gleam among the poplars.
It is his singing
Outshines the noise
Of leaves clashing in the wind.

(William Carlos Williams)

Illustration: Claude Monet

 

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EN CHINE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018



EN CHINE

Alors, la jambe, ça va, père Wan-tou-fou ?
Vous êtes alerte, ce matin.
— Guérie, cher enfant, elle est meilleure que l’autre maintenant.
— Et madame Wan-tou-fou ?
— Rajeunie, délicieuse, de nouveau dix-sept ans ;
les seins de jade et elle m’adore.
— C’est le bonheur, ô Wan-tou-fou et cependant ce fils mort et la guerre ?
— Ressucité, mon ami, resssucité. Il remplit la maison de ses chants.
J’ai demandé ces bienfaits à Bouddha qui m’a tout accordé sur l’heure.

Et Wan-tou-fou s’en fut, claudiquant de plus belle.

(Norge)

 

 

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Femmes, soleil (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018


 

Le chant de leurs corps,
Toute la vie dans leurs yeux, dans leur chair
M’aimait.
Ô fer, ô sève, le voyage et le fleuve.
Chevaux
chevaux de pierre
au loin
cavalcadez,
Moi je reste en cet or léger où la douceur fraîchit.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

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DIALOGUE (Dominique Lallier)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2018



Stanislaw Wyspianski  Panna_Sternbachowna [800x600]

DIALOGUE

L’enfant a doucement posé sa tête, comme un pétale
sur son bras
il est là
il me regarde
le silence nous tient lieu de conversation
je reçois en plein visage son regard étonné
dis pourquoi
mon être tout entier se disculpe
le monde est injustifiable
et lentement je sens glisser de moi sa confiance aveugle
ses yeux repartent en voyage vers un domaine sans trahison
petit, comment te conquérir, te retrouver, t’expliquer, te comprendre,
Mais tu es déjà si loin
sans chiffre sans lettre
sans autre musique que ce chant intérieur qui te devance

(Dominique Lallier)

Illustration: Stanislaw Wyspianski

 

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