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Poésie

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Nous partirons sans avoir percé tous les secrets (Gaëlle Josse)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2022




    

nous partirons sans avoir percé tous les
secrets sans avoir entendu tous les chants sans
avoir cueilli tous les fruits

nous partirons inachevés
comme un poème juste
commencé sur une table face à
la fenêtre auprès d’une tasse de
café à demi pleine

(Gaëlle Josse)

Recueil: et recoudre le soleil
Traduction:
Editions: NOTAB/LIA

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Tenir la ligne de chant (Gaëlle Josse)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2022




    
tenir la ligne de chant
jusqu’à ce qu’elle se brise
et fasse de nous un enfant
du silence à la recherche
d’une trace couleur de ciel
tombée sur le chemin

(Gaëlle Josse)

Recueil: et recoudre le soleil
Traduction:
Editions: NOTAB/LIA

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Poésie, fille-mère du silence (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2022


museendormie

Poésie, fille-mère du silence,
son âme soeur et son chant d’amour
dans la toute-clémence du néant

(Michel Camus)

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Le chant des cloches (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022




Le chant des cloches

Lorsque le soir s’égare dans les fontaines
mon pays perd sa couleur.

Je suis au loin, je me souviens de ses grenouilles,
de la lune, du triste chant des grillons.

Rosari sonne et s’époumone dans les prés
je suis mort au son des cloches.

Etranger, lorsque je volerai doucement au-dessus de la plaine,
n’aie pas peur: je suis un esprit d’amour
qui, de loin, revient au pays.

(Pier Paolo Pasolini)

 

 

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Il est des moments dans la vie (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022



 

Il est des moments dans la vie où l’on a presque l’impression d’entendre
l’ironique froufrou du temps qui se dévide,
Et la mort marque des points sur nous.
On s’ennuie un peu, et on accepte de se détourner provisoirement de l’essentiel
pour consacrer quelques minutes à l’accomplissement d’une besogne ennuyeuse et sans joie
mais que l’on croyait rapide,
Et puis on se retourne, et l’on s’aperçoit avec écoeurement
que deux heures de plus ont glissé dans le vide,

Le temps n’a pas pitié de nous.

À la fin de certaines journées on a l’impression d’avoir vécu un quart d’heure
et naturellement on se met à penser à son âge,
Alors on essaie d’imaginer une ruse une sorte de coup de poker
qui nous ferait gagner six mois et le meilleur moyen est encore de noircir une page,
Car sauf à certains moments historiques précis
et pour certains individus dont les noms sont écrits dans nos livres,
Le meilleur moyen de gagner la partie contre le temps
est encore de renoncer dans une certaine mesure à y vivre.

Le lieu où nos gestes se déroulent et s’inscrivent harmonieusement dans l’espace
et suscitent leur propre chronologie,
Le lieu où tous nos êtres dispersés marchent de front et où tout décalage est aboli,
Le lieu magique de l’absolu et de la transcendance
Où la parole est chant, où la démarche est danse
N’existe pas sur Terre,

Mais nous marchons vers lui.

(Michel Houellebecq)

Illustration: Edward Hopper

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LES BLÉS (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2022



LES BLÉS

Elle chantait
Devant le mur d’une grosse ferme
Des chants de bonne.

C’était un jour de ses vacances,
Demain elle ira à la pêche aux grenouilles,
Tout à l’heure en partant dîner
Elle arrachera des fleurs au sentier,
Mardi on mangera le poulet qui encore
Tout à l’heure se sauvait
Par l’échelle dans le grenier,
Et mercredi s’il ne pleut pas
On ira en carriole
Chez des voisins très riches
Prendre un autre bon repas.

Elle chante de plus en plus belle
Et tricote en avançant parfois ses bras,
Sa vie se trouve dans mon air
Devant le mur d’une ferme.

(Pierre Morhange)

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A un enfant turc (Michel Cosem)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2022



    

à un enfant turc

Ton sourire ouvre la porte du monde
ton geste doux parle d’un pays
d’arbres et de sources
de chants ensoleillés
de tambours qui battent dans la nuit
de légendes au coeur gros
du blé qui pousse si haut dans la montagne
et du vent au goût de résine

Ton sourire ouvre la porte du monde
il est comme un cerf-volant dans l’azur
il va et vient et ne veut jamais s’arrêter

(Michel Cosem)

Recueil: La cour couleurs Anthologie de poèmes contre le racisme
Traduction:
Editions: Rue du monde

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C’EST AINSI QU’ON ÉCOUTE (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2022




    
C’EST AINSI QU’ON ÉCOUTE

Que peuvent faire le bâtard et l’aveugle
Dans un monde où chacun
A son père et des yeux ? Où passions
Et jurons traînent sur tous les remblais,
Où les larmes s’appellent rhumes de cerveau ?

Qu’ai-je à faire moi, chanteuse de métier,
Sur un fil, glace, soleil, Sibérie !
Obsessions, danses et chants sur les ponts
Moi légère, dans ce monde
de poids et de comptes ?

Qu’ai-je à faire moi — chanteur et premier-né,
Dans ce monde où l’on met les rêves en conserves,
Où le plus noir est gris… Un monde de mesure
Avec mon être — tout de démesure !

C’est ainsi qu’on écoute (l’embouchure
écoute la source).
C’est ainsi qu’on sent la fleur :
profondément — à en perdre le sens !

C’est ainsi que dans l’air, qui est bleu,
la soif est sans fond.
C’est ainsi que les enfants dans le bleu des draps
regardent dans la mémoire ;

C’est ainsi que ressent dans le sang
l’adolescent — jusqu’alors un lotus…
C’est ainsi qu’on aime l’amour :
on tombe dans le précipice.

(Marina Tsvétaïéva)

 

Recueil: Insomnie et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le bois sec (Liliane Wouters)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2022




    
Le bois sec

Brûler Je songe à ma cendre
quand m’appellent des forêts
Ô feux Mais à leur voix tendre
répond votre chant secret

Je suis né pour cette fête
barbare ces rites purs
ce mortel assaut de bêtes
contre le défi des murs

J’aime la gloire soudaine
des flammes j’aime le bref
sursaut de passion de haine
du feu saluant son chef

Brûler Mon sang me calcine
Pas un coin de chair ombreux
Et si pourtant mes racines
trouvaient un sol généreux

un peu d’eau de sable Le sable
d’où je sors verrait des fruits
Non De cette paix durable
la fin seule me séduit

Je ne porte ni lumière
ni chaleur en mon corps mais
ce n’est qu’au centre des pierres
qu’on trouve un feu qui dormait

Verdoyez branches dociles
aux commandements des dieux
Je montre mon bois fossile
C’est lui qui flambe le mieux.

(Liliane Wouters)

 

Recueil: Poésie au féminin
Traduction:
Editions: Folio

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Susurre le vent (Wang Bo)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022



Illustration: Shen Zhou  
    
Susurre le vent : ombres, fraîcheurs
Purifiant pour moi vallons et bois
Il fouille, près du torrent, la fumée d’un logis
Et porte la brume hors des piliers de montagne

Allant, venant, sans jamais laisser de traces
S’élève, s’apaise, comme mû par un désir
Face au couchant, fleuve et mont se calment :
Pour vous, il éveille le chant des pins

(Wang Bo)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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