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Poésie

Posts Tagged ‘chant’

Naissance du chant (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



Naissance du chant

Venu de plus loin que l’espace
De plus loin que le temps

Le Chant

Aborde le couloir sidéral
Se mêle au solfège des mondes
S’inscrit dans l’accord des planètes
Adopte la cadence des astres
Se rapproche

Puis se coule
Dans l’onde l’argile et l’air

S’éprenant des humains

Le Chant

Pénètre la pulpe des corps
Imprègne nerfs et sang
S’abrite au creux de l’âme
S’unit au souffle
S’empare de la parole
Saisit nos gorges
Éclot sur nos lèvres
Et devient

(Andrée Chedid)


Illustration: Sandra Jayat

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Je suis riche de soirs et d’aurores (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2019



 

Antoine Calbet (3)

Je suis riche de soirs et d’aurores,
De chants, de parfums, de clarté ;
Quel fruit cueillerais-je encore
Au verger de ta beauté ?

Je suis ivre d’étés et d’automnes,
De fleurs, de fruits et de vins ;
Tu m’as fait de toi-même aumône :
Qu’aurais-je imploré demain ?

Mon rêve est réalisé
(L’avais-je rêvé si beau ?)
Et pourtant mon cœur est brisé,
Et je songe qu’on rêve au tombeau.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Antoine Calbet

 

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CHANT DES OBSCURS (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019


 


 

Ettore Aldo Del Vigo 657

CHANT DES OBSCURS

N’oubliez pas surtout les solitaires
Avec leurs fronts et leurs poings dédaignés.
Quand s’accomplit la folle cavalcade,
On les retrouve aux pieds de vos chevaux.

Il fut la joie. Il n’est plus que ravines,
Rides sans eau pour en faire des fleuves,
Et sans rameurs, sans rêves navigables,
Même le temps ne les reconnaît plus.

Cet amoureux enchâssant une perle
Dans un poème et croyant qu’une aurore
Se lèverait sur son geste magique :
L’autre la prit pour orner sa cravate.

Et celui-là qui jetait des fleurettes
Sur les tombeaux des enfants inconnus.
Le poing s’ouvrant pour demander l’aumône
S’est refermé sur des ronces cruelles.

Tout l’or du temps, tout l’ambre, tout le sable
Pour ces obscurs. Un flacon d’amour pur
Pour enivrer leur chaste souvenir,
Et pour leur mort un silence de vie.

(Robert Sabatier)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Intérieurement (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2019


Factory 7

Intérieurement
nous parlions du mur en termes confus,
à peine vêtu de pierres
nous l’imaginions venu à nous
pour retenir la terre,
avec sa propre clarté.

Il appelait en nous un chant obscur
pour gagner le jour.

Nous le pensions au-dessus,
hors d’atteinte,
accordé au temps.

(Georges Drano)

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La Poésie (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2019



La Poésie

Un oiseau migrateur
Me rongera le cœur
Comme un oiseau de proie
Vorace de ma joie.

Il fend le ciel d’acier
De son aile mobile
Dans quoi s’ indélébile
Son œil froid de glacier.

Il est la poésie,
Simple point dans l’azur,
A la source saisie
Dans son chant le plus pur.

(Jean-Baptiste Besnard)

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LE NOM TERRESTRE (Marina Tsetaeva)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2019



Illustration: Ben Madeska
    
LE NOM TERRESTRE

Un verre d’eau ! Lors d’une soif torride
« Donne-moi à boire, sinon je meurs. »
Insistant, faible, comme un chant,
Telle une plainte dans la chaleur…

Et je redis, et je répète, plus fort,
Et à nouveau, encore, encore,
Comme la nuit, quand on veut tant dormir
Et que sans cesse le sommeil fuit.

Comme si on manquait d’herbes dans les prés,
D’herbes qui soignent de tous les maux !
J’insiste, je perds les mots, je dis encore,
Telle la syllabe d’un mot d’enfant,

À chaque instant, toujours unique,
Le plus serré, la corde au cou,
Car ici-bas le nom terrestre
Ce n’est pas ça, ce n’est pas tout.

(Marina Tsetaeva)

 

Recueil: Mon dernier livre 1940
Traduction: Véronique Lossky
Editions: Cerf

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La poésie (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



La poésie n’est pas un genre littéraire parmi d’autres;
elle est le chant de l’origine
qui se dégage des silences et des cris de l’homme
en quête de son propre secret
en même temps que de l’Enigme de l’univers.

Ici, l’âme s’exprime au plus près de la transparence
dans l’éclat d’une illumination fugace
mais qui aspire follement à la durée.

A la fois chemin et cheminement vers l’Etre,
la poésie est une aventure extrême,
exigeante et périlleuse,
qui engage la totalité de l’individu.

Le poète est conçu, écrit, raturé, éternisé
ou gommé par son oeuvre:
il est un texte vivant, le poème de son poème.

(Marc Alyn)


Illustration: Odilon Redon

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Je le sais bien (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



Je le sais bien, que tu déposes
O jour, en moi cet air, cette eau,
Ce vol, ce chant, cette corolle
Qui se closent et se reposent
Et qui vont s’endormir en moi.
Mais vienne un jour, un autre jour,
Du fond de ces jours qui me restent,
Du fond de l’effort et des veilles,
De cette hâte sans répit,
De cette impatiente angoisse,
Pourquoi jaillis et d’où germés
Le vol et le chant ressuscitent.

Je suis venue au monde avec des cheveux blancs,
La souffrance, je la savais avant de naître
Et j’ai séché vos pleurs avec des doigts tremblants.
Je sais qu’ils vont s’ouvrir les liens que je me tresse !
La mort enfin sera peut-être la jeunesse ?

A moitié je surgis du tronc, la prisonnière
Dont les bras libres sont tendus vers les nuages.

Un pays sans oiseaux légers, plein d’ailes lourdes
Et noires, de corbeaux par troupes et criantes
Dans l’air et sur la terre immobile des champs
Où pesamment ils avancent, comme des poules.

Larges les feuilles, sous l’étale
Fraîcheur de l’air, et sous les ailes
Sans un battement, qui se mêlent
Au soir immobile, pétales.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Ricardo Fernandez Ortega 

 

 

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Encore une fois mon coeur (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



Encore une fois mon coeur,
encore une fois le piège de tendre verdure et de chants.
Il n’y a plus, dans le monde, qu’un dépliement mouillé de pluie
où les feuilles sont menues et minutieuses.

Des radeaux d’herbes et de fleurs hésitent et explosent.
Chaque nuit, de ses doigts cachés,
prépare au matin les claires arabesques qui tremblent d’innocence.

Seuls les chênes, non pas noueux ici, mais rigides,
s’obstinent dans leur dépouillement,
refusent encore la parure fée.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Piel-Colombo

 

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Le chant du merle (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2019


 

Le chant du merle
Se souvient

De la hauteur
De la montagne,

De la lenteur
De la rivière,

Du fait
Qu’ils l’écoutent.

(Guillevic)

 

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